Hans Fässler (né le à Saint-Gall) est un historien, homme politique (Parti socialiste suisse), cabarettiste et enseignant suisse. Il est impliqué à la fois dans les institutions politiques et les mouvements sociaux de base et il écrit des articles pour divers journaux, magazines et autres publications.
Biographie Hans Fässler est né en 1954 à Saint-Gall et a grandi dans le quartier "Lachen" à l'ouest de la ville. Du côté de sa mère, sa famille venait de la région de Glaris, du côté de son père de la région d'Appenzell. Il a fréquenté l'école primaire "Feldli" et l'école secondaire "Schönau", puis il a rejoint l'école cantonale (lycée) de "Burggraben" en 1969, où il a obtenu son baccalauréat (maturité B) en 1973. Il a ensuite étudié la langue et la littérature anglaises, l'histoire générale et l'histoire anglo-américaine à l'Université de Zurich et, après un séjour linguistique d'un an à Penarth (Pays de Galles du Sud), il a obtenu sa licence d'anglais et d'histoireVoir son diplôme Licence de l'Université de Zurich et son diplôme d’enseignement pour les écoles de maturitéVoir son Diplôme d’enseignement pour les écoles de maturité. En tant qu'enseignant suppléant et enseignant d'anglais et de culture générale, Hans Fässler a travaillé dans l'enseignement secondaire, l'école professionnelle, l'éducation des adultes et le lycée.
1992–2018, il a enseigné l'anglais à l'école cantonale d'Appenzell Rhodes-Extérieures (lycée) de Trogen. Il est le père de deux fils adultes et marié pour la deuxième fois. Ses loisirs incluaient le volley-ball (première ligue régionale avec STV St. Gallen) et l'alpinisme (première ascension de la face ouest directe de l'Öhrli à proximité du Säntis).
Historien Toussaint Louverture et Haïti right|thumb|Jeannot Hilaire (historien et représentant d'Haïti auprès de l'ONU à Genève) et Hans Fässler à Trogen, 2003. Les recherches pour le programme de cabaret politique "Louverture meurt en 1803"Page d'accueil de «Louverture stirbt 1803» lors du anniversaire du canton de Saint-Gall (2003) ont conduit Hans Fässler à étudier l'histoire de Toussaint LouvertureEn 2002, Hans Fässler fut le cofondateur du pèlerinage annuel au Fort de Joux, ou Toussaint mourut le 7 avril 1803, d'Haïti, de l'esclavage en général et de la participation suisse à l'esclavage. C'est ce qui l'a amené en 2005 à la publication du livre "Reise in Schwarz-Weiss. Schweizer Ortstermine zur Sklaverei" (Voyage en noir et blanc. Inspections sur place en matière d'esclavage). Le livre a été traduit en français et publié en 2007 sous le titre "Une Suisse esclavagiste. Voyage dans un pays au-dessus de tout soupçon" chez Duboiris à Paris, avec un préface de Doudou Diène (ancien rapporteur spécial de l'ONU sur le racisme et la discrimination raciale)Site web de Librairie Payot.
Recherches postcoloniales Depuis lors, Hans Fässler a travaillé comme journaliste et conférencier, principalement dans les domaines de l'esclavage, de l'histoire (post)coloniale, des réparations et du racisme anti-noir. Il essaie d'intégrer les résultats de ses recherches historiques dans les discours politiques actuels et vice versa. Par exemple, dans le cadre du débat sur la Suisse en tant que société coloniale sans colonies, qui a débuté à la fin des années 1990, il a lancé de nombreuses initiatives politiques aux niveaux fédéral, cantonal et communalListe des initiatives parlementaires. Des voyages politiques l'ont conduit à Haïti (Port-au-Prince) en 2003, en France (Ports atlantiques et triangulaires La Rochelle, Nantes, Bordeaux) en 2007 et 2008, au Sénégal (Dakar et Djilor) en 2005 et 2008, à la Guyane française (Saint-Laurent-du-Maroni) en 2013, et à Antigua en 2019.
Depuis le printemps 2019, Hans Fässler propose des visites guidéesAngebote für Stadtführungen de la ville de Saint-Gall "Sur les traces du racisme"Material auf der Website des Kantons SG et "De la 'lutte des races' et la lutte des classes".
Démonter Louis Agassiz Il s'est engagé depuis 2007 et au nom du "Comité Transatlantique 'Démonter Louis Agassiz'", dont il est le fondateur, pour une ré-évaluation de l'œuvre du glaciologue et naturaliste suisse Louis Agassiz (1807-1873). Dans cette intention, il s'est adressé entre autres au Club Alpin Suisse CAS qui, en 1865, avait nommé Louis Agassiz Membre d'honneurCelia Luterbacher: Swiss Alpine Club stirs debate over history’s racist scientists. Swissinfo, 29. September 2017.. Dans son travail sur Louis Agassiz, il collabore étroitement avec l'artiste suisse-haitienne-finlandaise Sasha Huber ainsi qu'avec le romaniste fribourgeois Hans Barth qui, entre autres, a convaincu le Dictionnaire historique de la Suisse (DHS) de réviser son article sur Louis AgassizHLS: Louis Agassiz.. En 2012, l'exposition "Glaciologue, Rassist: Louis Agassiz (1807-2012)" a été montrée pour la première fois au Musée régional de Grindelwald. Cette exposition a été conçue et développée en collaboration avec la typographe Hannah Traber et avec Hans BarthDani di Falco: Brauner Schnee. In: Die Zeit, 28. Juni 2012.. Les initiatives de Hans Barth et Hans Fässler étaient également à l'origine de la décision, en , de la ville et de l'université de Neuchâtel de renommer l'Espace Louis Agassiz en "Espace Tilo Frey"Neuchâtel: la femme de couleur Tilo Frey remplace Louis Agassiz. Swissinfo, 6 juin 2019..
Une Suisse esclavagiste Dans sa campagne la plus récente, il a exhorté la ville de Chicago de réévaluer le degrés de conformité de la banque Suisse UBS avec la "Slavery Era Disclosure Ordinance"Pour le texte de l'ordonnance voir: American Legal Publishing et d'analyser si le non-respect de cette ordonnance par la banque pourrait rendre tout contrat avec UBS comme nul et non avenu au nom de la ville. Cette ordonnance est l'œuvre de la conseillère municipale Dorothy Tillman, qui l'avait parrainée en 2003. Après le cas du marchand banquier suisse Jakob Laurenz Gsell (1815-1896)UBS acknowledges slavery ties, in: Chicago Sun-Times, November 3, 2006, Fässler fait référence au cas du marchand suisse Johann Ulrich Zellweger (1804-1871)Reportage "Kulturplatz" à la télévision nationale suisse sur "L'esclavage d'hier et d'aujourd'hui", qui faisait de gros profits grâce au commerce de l'esclavage sucrier cubain et de la traite des noirs, et qui plus tard est devenu le fondateur d'une banque prédécesseur de l'UBSLettre du 5 janvier 2018 au "Département des services d'approvisionnement" de Chicago. En , il a fondé le "Comité suisse de réparation de l'esclavage" (Swiss Committe on Reparations für Slavery, SCORES), qui regroupe une centaine de personnalités de la Suisse ou en Suisse qui sont en faveur de la réparation de l'esclavage (également par la Suisse)Les noms des signataires de SCORES. En , il a pu annoncer publiquement cette fondation pour la première fois dans un discours prononcé lors d'une réunion de l'ONU à GenèveTexte anglais de la conférence à l'ONU. À l'appui des demandes pour des réparations suisses et pour documenter les relations esclavagistes de la confédération, il gère – en coopération avec Dr. Klaus Stuckert – les archives CARICOM Compilation Archive, probablement la collection la plus complète des relations esclavagistes suisses avec les Caraïbes et ailleursCARICOM Compilation Archive, ab 2018.
En 2026, Hans Fässler a rédigé, dans le cadre de la plainte pénaleTexte allemand de la plainte pénale du 1er septembre 2026 sur le site web de l'ACRRA déposée par Shelley Moorhead (Îles Vierges américaines) contre les cantons de Zurich, Berne et Soleure pour complicité d'esclavage, l'expertise historique intitulée «Zürich, Bern, Solothurn und die Sklaverei 1719–1839»Texte allemand de l’expertise historique du 18e mars 2026 sur le site web de l'ACRRA.
Politicien Politiques partisanes Pendant ses années de lycée, Hans Fässler a été actif dans un groupe d'étudiants de droite, parmi eux Konrad Hummler, Adrian Rüesch et Valentin LandmannHans Fässler: Vom Spitzel-Chaffeur zum PUK-Mitglied. Wie Ernst Rüesch junge Spitzel zum Einsatzort fuhr. In: Jakob Tanner, Jürg Frischknecht, Paul Rechsteiner: Schnüffelstaat Schweiz. Hundert Jahre sind genug. Limmat Verlag, Zürich 1990, S. 79-84.. En 1978, il entre au parti socialiste (PS) de la ville de Saint-Gall dans le cadre du rétablissement de la "Jeunesse socialiste de Saint-Gall" (JS) et en 1979 il entre au syndicat des services publics SSP. À partir de 1980, il a été observé par les services de renseignements de la police cantonaleVoir: ; des fiches d'informations existaient également auprès de la ville de ZurichVoir: Document du service secret concernant l'initiative populaire 'Pour une Suisse sans armée' sur le site de Hans Fässler, du Ministère public de la Confédération et auprès du service de sécurité militaire. En 1984, Hans Fässler a été élu au Grand Conseil du canton de Saint-Gall où il reste député jusqu'en 1994. De 1986 à 1993, il était secrétaire du parti et du groupe parlementaire du PS du canton de Saint-Gall.
Militantisme politique En 1986, les poursuites engagées contre lui pour violation de secrets militaires ont été suspendues pour raison d'immunité parlementaireHans Fässler, Kriegsvorbereitungen. Eine kürzere Satire samt zehn längeren Dokumenten. In: Roman Brodmann, Andreas Gross, Marc Spescha (Hrsg.): Unterwegs zu einer Schweiz ohne Armee. Z-VERLAG, Basel 1986, S. 158–166.. En 1989, il a été acquitté par le tribunal de district de Saint-Gall de l'accusation conformément à l'article 292 du Code pénal suisse dans le cadre d'un piquet du mouvement anti-apartheid contre la filiale de la banque UBS au Rösslitor à Saint-Gall. En 1990, il a été condamné à une amende pour violation de la paix et coercition dans un blocus des travaux de construction pour la place d'armes de Neuchlen-AnschwilenVoir: Richard Butz, Hansueli Trüb, Peter Weishaupt (Hrsg.), Widerstand gegen Waffenplätze in der Schweiz, Zürich 1992. Hans Fässler a contribué au préambule de la constitution cantonale de Saint-Gall de 2001 dans le cadre de la conférence des groupes de travailTexte de la the constitution de 2001. De 2005 à 2009, il a été président du syndicat des enseignants de l'école cantonal (lycée) de Trogen et membre de la délégation syndicale de négociation auprès de la conférence du partenariat social du canton d'Appenzell Rhodes-Extérieures.
Mouvements de base En dehors du cadre institutionnel, Hans Fässler a été actif dans différents contextes politiques : Il a été co-initiateur de l'initiative populaire « Pour une Suisse sans armée et pour une politique globale de paix » et de l'initiative populaire municipale saint-galloise "Pour une ville sans voitures". En tant que membre fondateur de l'association "Justice pour Paul Grüninger", il a participé à la réhabilitation du commandant de la police saint-galloise, qui avait sauvé la vie de plusieurs centaines de réfugiés Juifs en tolérant et même facilitant leur entrée illégale en SuisseWulff Bickenbach, Gerechtigkeit für Paul Grüninger: Verurteilung und Rehabilitierung eines Schweizer Fluchthelfers (1938-1998), Köln Weimar 2009, S. 235ff.. Cette réhabilitation a finalement abouti à la création de la « Fondation Paul Grüninger » en 1998. Avec le mouvement anti-apartheid de Saint-Gall, il a réussi en 2009 à changer le nom de la rue "Krügerstrasse" dans le quartier "Vonwil" de Saint-Gall, qui rappelle le pionnier de l'apartheid Paul "Ohm" Krüger. Elle porte aujourd'hui le nom de l'auteur suisse Friedrich DürrenmattRede von Hans Fässler anlässlich der Feier zur Umbenennung der Krügerstrasse am 8. Juni 2009..
Cabarettiste et chansonnier right|thumb|Hans Fässler chante pour la manifestation lors de la Journée internationale de la paix de l'ONU à Saint-Gall 2014
De la chanson à la satire