Les chrétiens appellent « symbole » un résumé des croyances de la foi chrétienne. L'usage réserve essentiellement ce terme aux plus anciennes formules, citées ci-après, dites aussi « symboles œcuméniques », car, du fait de leur ancienneté, elles ont été adoptées par la quasi-totalité des chrétiens.
Étymologie Le sens premier du mot symbole dans le contexte chrétien est : « formulaire qui contient les principaux articles de la foi. » Le mot symbole est utilisé dans ce sens depuis la fin du . Il provient du latin , « pièce justificative d'identité, signe de reconnaissance », lui-même emprunté au grec συμβολον, « signe de reconnaissance », ce qui désignait concrètement un objet cassé en deux, dont deux personnes conservaient chacune la moitié. Ce substantif grec provient du verbe συμβαλλω, qui signifie « jeter ensemble, réunir » s'il est transitif, et « se rencontrer avec (quelqu'un) » s'il est intransitifDictionnaire Grec ancien-Français Bailly, p.1821. S'appuyant sur cette étymologie, le théologien catholique et futur pape Joseph Ratzinger pouvait déclarer en 1969 : « Chaque homme ne détient la foi que comme un “symbole”, comme une pièce incomplète et brisée, qui ne saurait trouver son unité et son intégralité qu'en s'unissant aux autres. » Termes proches ou équivalents Le terme « confession de foi » est quasiment synonyme de symbole et également en usage depuis l'Antiquité. Tiré du latin « confessio fidei » qui traduit le terme grec « ὁμολογία » signifiant "même langage, affirmation commune, accord", il implique l'idée d'une parole prononcée distinctement à voix haute et ensemble. Le latin a aussi utilisé le termes de tessera qui vient aussi du grec τέσσαρες, signifiant "quatre", donc primitivement un dé à 4 faces, qui désignait une tablette de terre cuite que l'on cassait lorsqu'on voulait créer un signe de reconnaissance, donc un sens très proche de symbolum. Certains ont aussi utilisé le terme de « règle » (latin regula, grec κανών) sous la forme « κανών της αληθειας » (règle de vérité, terme utilisé par Irénée), ou sous la forme « regula fidei » (règle de foi, utilisé par Tertullien).
Histoire Origines des symboles La pratique des symboles, cette expression très synthétique de la foi chrétienne, s'est fait jour pour trois raisons : pour adresser à Dieu une réponse à son appel, par exemple lors d'un culte ou lors d'un baptême. Des exemples de telles réponses spontanées se trouvent dans les évangiles, par exemple l'exclamation de Thomas (Jean 20.28): « Mon Seigneur et mon Dieu », ou la déclaration de Marthe (Jean 11.27): « Oui, Seigneur, je crois que tu es le Christ, le fils de Dieu qui devait venir dans le monde », ou encore la réponse de Pierre à Jésus (Jean 6.68-69): « Seigneur, à qui irions-nous? Tu as les paroles de la vie éternelle. Nous avons cru et nous avons connu que tu es le Christ, le Saint de Dieu. » Le symbole résume l'engagement du chrétien envers Jésus. pour témoigner publiquement : pour prêcher et transmettre la foi, il est nécessaire de pouvoir en résumer l'essentiel en de courtes formules. Dans les persécutions que connaissait l'église primitive, ce témoignage avait souvent lieu devant une autorité ou un tribunal hostile. On trouve cette notion dans I Timothée 6.13 : il y est dit que Jésus a « fait une belle confession devant Ponce Pilate ». Avant d'être des martyrs, les chrétiens persécutés sont des confesseurs qui annoncent au monde la bonne nouvelle [en grec, ] devant leurs juges et parfois sur les lieux de leur exécution. enfin pour aider les chrétiens à être fidèles à leur foi devant la menace de l'hérésie. Les nombreuses déviations et hérésies des premiers siècles confèrent souvent aux premiers symboles un caractère polémique marqué.
Développement des premiers symboles Les premiers symboles se résument souvent à une affirmation forte de la résurrection du Christ. C'est là l'essentiel, surtout dans un contexte où les juifs dominaient et où l'affirmation de la venue du Messie sur terre était l'élément clé, alors que le rappel d'une foi dans le Dieu créateur était de toutes façons un point commun entre juifs et chrétiens. L'évolution des textes au cours des 3 premiers siècles de l'histoire de l’Église va dans le sens d'une amplification et d'une unification des formules par les contacts mutuels entre communautés. Ce mouvement centralisateur est plus rapide en Occident où Rome est la seule église qui peut revendiquer une origine directement apostolique, et plus lent en Orient.
A titre d'exemple, voici la plus ancienne trace d'un symbole qui préfigure le symbole des apôtres, qui se trouve dans les écrits de Justin martyr (décédé en 165) :
Vers 200, Hippolyte donne cette version :
Le symbole apostolique est déjà tout à fait reconnaissable, il sera complété de quelques adjonctions explicatives par la suite.
En Orient, la diversité des symboles a été plus marquée et s'est maintenue plus longtemps. Ce n'est que vers le qu'une certaine convergence s'observe autour d'un modèle tel que celui-ci :
L'unification des symboles orientaux n'aura lieu qu'au , le Symbole de Nicée faisant disparaître graduellement tous les autres.
Les symboles œcuméniques Le Symbole des apôtres
thumb|left|upright=1.1|Icone des pères du concile de Nicée (autour de l'empereur Constantin), avec le texte du credo Le symbole de Nicée-Constantinople
Le symbole d'Athanase
Acceptation des symboles œcuméniques par les différentes branches du christianisme Catholicisme L’Église catholique adhère aux symboles œcuméniques. Elle considère en particulier le Symbole de Nicée-Constantinople comme revêtu d'une « grande autorité du fait qu’il est issu des deux premiers conciles œcuméniques (325 et 381) et qu'il demeure commun, aujourd’hui encore, à toutes les grandes Églises de l’Orient et de l’Occident. » D'autre part, elle utilise volontiers le Symbole des apôtres, « le plus ancien catéchisme romain », et le plus simple des symboles. Enfin elle reconnaît, avec d'autres, le symbole d'Athanase .
Protestantisme Dans la Confession de foi de La Rochelle en 1559, les Églises Réformées de France déclarent reconnaître « les trois Symboles, à savoir des Apôtres, de Nicée, et d'Athanase, parce qu'ils sont conformes à la parole de Dieu ». En 2017, l'Église Protestante Unie de France (issue de l'union de l'Église Réformée de France et de l'Église Évangélique Luthérienne de France), publie sa nouvelle Déclaration de Foi. Orthodoxie Les orthodoxes et les orientaux utilisent le Symbole de Nicée mais ignorent le Symbole des apôtres.
Bibliographie
Notes et références
Liens externes Recueil de Symboles de Foi. Denzinger, 1996.
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