LAlliance bolivarienne pour les peuples de notre Amérique - Traité de commerce des Peuples (ALBA - TCP ; ) est une organisation politique, culturelle, sociale et économique pour promouvoir l'intégration des pays de l'Amérique latine et des Caraïbes. Elle est construite sur les principes de solidarité, de complémentarité, de justice et de coopérationALBA-TCP nouvel acteur intergouvernemental en Amérique latine, et place l'être humain au centre de ses principes. L'ALBA assume des positions de défense des droits de la Terre-Mère (en référence à la Pachamama) et des droits de l'Homme (bien que ses pays fondateurs, Cuba et le Venezuela, soient des États autoritaires connus pour leurs violations des droits de l'homme) ; pour le rétablissement de la paix et pour l'autodétermination des peuples. Elle se veut constructrice d'un nouvel ordre international multicentrique et pluripolaire. À ce titre, elle souhaite promouvoir et diffuser les coutumes, croyances et caractéristiques originelles et modernes des peuples membres de l'Alliance.

L'ALBA (qui signifie « aube » en espagnol) est née le à La Havane par la déclaration conjointe signée par Hugo Chávez et Fidel Castro, en opposition à la proposition de Zone de libre-échange des Amériques (ZLEA) promue par les États-Unis. Elle entre officiellement en vigueur le .

Au , l'Alliance compte dix membres : Cuba, le Venezuela, le Nicaragua, la Dominique, Antigua-et-Barbuda, Saint-Vincent-et-les-Grenadines, Sainte-Lucie, Saint-Christophe-et-Niévès et la Grenade (dans l'ordre d'adhésion).

Histoire Genèse gauche|vignette|upright|Portrait de Simón Bolívar, qui a donné son nom à l'alliance. Sa création est pour la première fois évoquée par le président Hugo Chávez lors du troisième sommet des chefs d’État de la Communauté caribéenne (Caricom), en , comme alternative à la zone de libre-échange des Amériques promue par les États-Unis. Se réclamant en partie du « libérateur » Simón Bolívar, Chávez l'a décrite ainsi : « Il est temps de repenser et de réinventer les processus affaiblis et agonisants d’intégration sous-régionale et régionale dont la crise constitue la plus évidente manifestation d’un manque de projet politique commun. Heureusement, en Amérique latine et dans les Caraïbes, il souffle un vent favorable au lancement de l’ALBA en tant que nouveau schéma intégrateur qui ne se limite pas au simple commerce mais qui se fonde sur nos bases historiques et culturelles communes et qui vise à l’intégration politique, sociale, culturelle, scientifique, technologique et physique ».

Création L'Alliance bolivarienne pour les Amériques naît officiellement en à La Havane, par la signature d'un Traité commercial des peuples (TCP) entre le Venezuela et Cuba. Le but du traité est d'échanger des services médicaux cubains contre du pétrole vénézuélien.

Le TCP est signé une année plus tard, le , par Evo Morales, le président de la Bolivie Leftist trio seals Americas pact - BBC News, 29 avril 2006, quelques jours avant que ce dernier annonce sa volonté de nationaliser les hydrocarbures. Les trois chefs d'État s'engagent à lutter contre l'analphabétisme et le chômage, tandis que Cuba s'engage à prendre en charge les soins ophtalmiques des Boliviens qui ne pouvaient s'offrir ces traitements.

Ralliements d'autres pays Le , les nouveaux présidents des républiques du Nicaragua (Daniel Ortega) et d'Équateur (Rafael Correa) ont annoncé de concert leur intention de participer à l'ALBA. Le Nicaragua a depuis rejoint l'ALBA Nicaragua Steps up for ALBA - Prensa Latina, 23 février 2007 (consulté en septembre 2008)., mais l'Équateur a fait part, en , de sa décision de ne pas intégrer l'organisation Ecuador no formará parte de la Alternativa Bolivariana para América Latina y el Caribe (ALBA) - Communiqué du gouvernement de l'Équateur (site de la présidence), 13 juin 2008 (lien périmé).. Rafael Correa avait posé comme précondition à l'intégration de son pays que Caracas rejoigne la Communauté andine, organisation que le Venezuela avait quittée en 2006 à la suite de la signature d'accords de libre-échange entre les États-Unis, la Colombie et le Pérou.

En , la Dominique rejoint l'ALBA Dominca Joins ALBA Revolution - Prensa Latina, 22 janvier 2008 (consulté en septembre 2008)..

Le , Manuel Zelaya, président de la république du Honduras, signe un accord pour que son pays rejoigne l'ALBA Honduran leader: US apathy made him turn to Chavez - Associated Press, 19 septembre 2008., en présence de plusieurs chefs de gouvernement de pays membres, dont Hugo Chávez et Evo Morales. Cet allié traditionnel des États-Unis l'a fait contre la promesse de Chavez de souscrire à de dollars d'émissions obligataires du gouvernement, de dollars de prêts supplémentaires et des fournitures de matériel agricole ou électrique. La décision a été très mal accueillie au Honduras, avec une très forte baisse de popularité du président Zelaya plays the Chávez card - The Economist, 30 octobre 2008. L'exécutif s'est en outre distancé de la posture antiaméricaine de Chavez, revendiquant par la voix d'un conseiller son « non-alignement ». Manuel Zelaya est renversé en juin 2009 par un coup d’État. L'armée remet ensuite le pouvoir à des politiciens conservateurs qui annulent le rapprochement avec l'ALBA.

En , Saint-Vincent-et-les-Grenadines rejoint l'organisation, lors du sommet extraordinaire des chefs d'État et de gouvernement de l'ALBA à Cumaná. Puis c'est Antigua-et-Barbuda qui se joint pleinement à son tour en juin de la même année.

L'Équateur décide enfin de rejoindre l'alliance en . Le président équatorien, Rafael Correa, ratifie publiquement cette adhésion, le , durant le extraordinaire de l'ALBA tenu au Venezuela Ecuador, Antigua y Barbuda y San Vicente y las Granadinas se adhieren a la ALBA - Telesur (lien périmé). Lors de ce sommet, l'Équateur, Saint-Vincent-et-les-Grenadines et Antigua-et-Barbuda formalisent totalement leur adhésion. Parallèlement, l'ALBA change de nom et devient l'Alliance bolivarienne des Peuples d'Amérique ALBA pasa a ser Alianza Bolivariana de los Pueblos de América. Le président vénézuélien Hugo Chavez a précisé qu'il s'agit d'un changement de sens et de fond, pas seulement de forme. Il a aussi affirmé que désormais, .

Le Suriname, pays limitrophe de la Guyane française, enclenche le processus d'adhésion à l'Alliance lors du sommet de l'ALBA-TCP le à Caracas.. Il s'agit du douzième État à rejoindre l'Alliance bolivarienne. Il assiste régulièrement aux grandes réunions de l'organisation en tant que membre invité spécial..

Lors du sommet de l'ALBA-TCP à La Havane le , Salvador Sánchez Cerén, président du Salvador présent en tant qu'invité, déclare que les réalisations sociales de l'ALBA « montrent le chemin à suivre » pour son pays..

Après une parenthèse d'une année, à la suite de la démission et à l'exil du président Evo Morales, la Bolivie réintègre l'Alliance le , à l'occasion du anniversaire de l'organisation..

Dans son programme pour l'élection présidentielle française de 2017, Jean-Luc Mélenchon propose que la France, notamment les Antilles et la Guyane françaises, rejoigne l'alliance...

Départs et suspension En , le Honduras se retire de l'ALBA après que le Congrès national en a réclamé sa sortie. Celui-ci redoute la supposée ingérence du Venezuela dans ses affaires internes.

Le , l'Équateur annonce qu'il quitte l'organisation à la suite d'une vaste crise migratoire venue du VenezuelaCrise au Venezuela : le Pérou comptera bientôt un demi-million de réfugiés - France Info/AFP, 24 août 2087..

Après la victoire de Rodrigo Paz à l'élection présidentielle d' en Bolivie, l'ALBA annonce que le pays est suspendu de l'Organisation..

350px|vignette|center|Sommet de l'ALBA en mars 2017.

Mission Économiquement, l'ALBA préfère que ses pays membres s'entraident et coopèrent. Elle ne veut pas d'un système comme celui proposé par les États-Unis, où les pays doivent supprimer leurs taxes de douane pour faire circuler librement les marchandises. Elle s'oppose ainsi directement au « consensus de Washington » qui prônait dans les années 1990 la déréglementation et la mise en place de mesures néolibérales. Plutôt que d'ordonner des privatisations, l'ALBA favorise au contraire le secteur publicRicardo Daher, L’ALBA combat avec succès la globalisation du néolibéralisme, Alternatives économiques, 2008.

Le Venezuela peut compter sur ses ressources pétrolières pour convaincre certains États de la région, énergétiquement dépendants. L'ALBA ambitionne par exemple de créer une compagnie pétrolière commune, Petrosur, une équivalente à l'échelle de l'Amérique latine de PetroCaribe, qui regroupe des États membres du CARICOM. Outre Petrosur, Tele Sur, une télévision transcontinentale latino-américaine, a été lancée en 2005 afin de concurrencer les chaînes CNN et ABC. Le capital de TeleSUR est réparti entre le Venezuela, l'Argentine, Cuba, l'Uruguay et la Bolivie (dans l'ordre d'importance).

La coopération bolivarienne s'exprime dans de nombreux domaines : santé : l'opération Miracle, lancée par Cuba et le Venezuela en 2004, a permis à plus de deux millions de pauvres d'Amérique latine et du reste du monde de retrouver la vue gratuitement. Le cas emblématique de cette opération fut la guérison de l'assassin de Che Guevara, l'ancien sous-officier à la retraite Mario Terán, par les médecins cubains. agroalimentaire : mise en place du programme dAugmentation de la production agroalimentaire : financement de pays des Caraïbes, d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud pour des projets agroalimentaires favorisant la sécurité alimentaire. culture : création du Fonds culturel ALBA-Maisons de l'ALBA. Les œuvres les plus représentatives de la littérature latino-américaine y ont été publiées, de même que des classiques : L'Âge d'or de José Marti, Caliban de Roberto Fernández Retamar, ou encore Bolivar : penseur précurseur de l'anti-impérialisme de Francisco Pividal. Selon Fernand Rojas, vice-ministre cubain de la Culture, le programme de l'ALBA « privilégie les valeurs spirituelles plutôt que l'appât du gain ». Une attention toute spéciale est accordée aux projets émanant des populations autochtones. défense des droits de la Terre-Mère : soutien ferme à la Conférence mondiale des peuples sur le changement climatique et les droits de la Terre-Mère de Cochabamba, à la suite de la conférence des Nations unies de Copenhague, perçue comme un échec par les États bolivariens.

Socialisme du Le , au Forum social mondial de Porto Alegre (Brésil), Hugo Chávez affirme : « Nous devons réinventer le socialisme. Il ne s'agit pas du socialisme que nous avons connu en Union soviétique ». Faisant siennes les idées de l'écrivain péruvien José Carlos Mariátegui, Chávez voit le socialisme du non comme une simple application des thèses marxistes, mais comme une . L'objectif est de mettre en œuvre un socialisme démocratique enraciné dans les cultures nationales-populaires, . Chávez partage avec Mariátegui l'idée que le socialisme héroïque est tributaire des Indiens d'Amérique latine, et doit donc se réaliser avec leur pleine coopération.

Le , lors du sommet de l'ALBA à Caracas, les chefs d’État d'Antigua-et-Barbuda, de Bolivie, de Cuba, de la Dominique, de l’Équateur, du Nicaragua, de Saint-Vincent-et-les-Grenadines et du Venezuela ont signé le Manifeste de Caracas pour la consolidation de la nouvelle indépendance où est formulée la volonté commune de se libérer des interventions étrangères, des mandats impérialistes ; et d'avancer vers le socialisme..

Une nouvelle monnaie de référence : le SUCRE