Sissy est un terme anglophone désignant un garçon ou un homme efféminé et/ou homosexuelVoir la définition du terme sissy sur le site du Cambridge Dictionary. Le plus souvent péjoratif, il est aussi parfois assumé par les personnes qu'il désigne, dans un processus de réappropriation de l'insulte. Si les équivalents français de tante ou tapette existentVoir les traductions de sissy sur le site WordReference.com, la différence culturelle entre les contextes francophones et anglophones ne permet pas un recouvrement total des terminologies.
Origine du terme Une première occurrence du terme , dans son sens originel de « sœur », apparaît aux États-Unis dans les années 1840-1850. Ce n'est qu'autour de 1885-1890 qu'il acquiert pour la première fois une connotation péjorative. Le verbe apparaît quant à lui quelques années plus tard, vers 1900-1905Random House Dictionary, .. À titre de comparaison, le terme tomboy, qui définit une fille ou une femme avec des traits ou des intérêts masculins, souvent considéré comme son opposé sémantique, est apparu bien plus tôt, entre 1545-55Random House Dictionary ..
Dans les années 1930, il n'y a, selon le joueur de football américain , et le mot est largement utilisé par les entraîneurs et les journalistes sportifs pour dénigrer les équipes rivales et encourager un comportement féroce de la part des joueursOriard, M. (2001), King Football: Sport and Spectacle in the Golden Age of Radio and Newsreels. University of North Carolina Press. .. L'utilisation du mot est « omniprésente » parmi la jeunesse américaine des années 1930 ; le terme est utilisé pour inciter les garçons à rejoindre des gangs, rabaisser les garçons qui ont violé les normes du groupe, pousser à se conformer à une forme de masculinité stricte, et justifier la violence (y compris la violence sexuelle) contre les jeunes et les plus faibles des enfantsGrant, J. (2014), The Boy Problem: Educating Boys in Urban America 1870-1970. Johns Hopkins University Press, New York, . .. Les bons élèves sont alors insultés de et les styles de vêtements associés aux classes sociales plus élevées sont qualifiés de .
La variante orthographique est attestée en anglais britannique, au moins avant le milieu des années 1970The World Book Dictionary (1976 Edition), Chicago, IL, Doubleday & Company, Inc., and 1951. ..
Sémantique
Sens péjoratif est utilisé pour qualifier péjorativement tout garçon ou tout homme qui n'est pas conforme aux « normes » des stéréotypes du genre masculin. Le terme peut alors impliquer, par analogie, un manque de courage, de force, d'athlétisme, de testostérone, voire de libido, qui sont traditionnellement associés à la masculinité hégémonique occidentale. Il peut également désigner tout homme portant un intérêt à une activité perçue comme féminine.
Si le terme peut être considéré comme l'équivalent du terme tomboy, il porte des connotations plus fortement négatives. Une recherche publiée en 2015 suggère que ces termes n'ont pas la même portée : est presque toujours péjoratif et transmet une plus grande gravité, tandis que génère rarement autant d'inquiétude, quoiqu'il incite également à se conformer à un rôle de genre normatifCompton, D. and Knox, E. (2015), "Sissies and tomboys." The International Encyclopedia of Human Sexuality, . Ces termes sont une forme de contrôle social et se basent souvent sur un lien infondé entre non-conformité de genre et homosexualité.
Depuis 2015, le terme est identifié comme « sexiste » dans les institutions scolaires du Royaume-UniGoodfellow, M., "New guidelines released to 'counter gender stereotyping' in UK schools". www.independent.co.uk, 2015. où est considéré comme Institute of Physics, "Opening Doors: A guide to good practice in countering gender stereotyping in schools". www.iop.org, 2015..
Donné aux filles, (ou sis) correspond par ailleurs à un surnom formé à partir de (sœur). Au sein d'une famille, il désigne le plus souvent la plus âgée des filles de la fratrie. Entre amis, il s'agit également d'un terme affectueux.
Réappropriation À la fin des années 1980, certains hommes commencent à revendiquer le terme de dans un processus de retournement du stigmatePronger, B. (1990), The Arena of Masculinity: Sports, Homosexuality, and the Meaning of Sex, New York, St Martin's Press. , processus qui s'observe également en contexte francophone vis-à-vis du terme pédé. À partir de 2009, l'émission RuPaul's Drag Race popularise l'expression « » (litt. : « féminise cette démarche ») auprès des publics queer américain et international.
Dans les études queer Dans son ouvrage de 1987, le sexologue Richard Green compare deux groupes de garçons qu'il a étudiés sur une période de 15 ans : l'un est composé de garçons « conventionnellement masculins » et constitue son groupe témoin ; l'autre comprend des « garçons féminins » (selon Green) ou des « » (selon les autres enfants), qui jouent à la poupée et adoptent des comportements associés aux filles. Durant leur enfance, Green analyse des caractéristiques telles que l'intérêt pour le sport, les préférences en matière de jouets dans la salle de jeux, les fantasmes de jeu à la poupée, le comportement physique (« agir comme une fille » par opposition au jeu brutal), le travestissement et le comportement psychologique, en utilisant des tests, des questionnaires, des entretiens et des suivis. Il étudie également l'influence des relations parentales et les réactions vis-à-vis des comportements atypiques. Des suivis ultérieurs montrent que, finalement, 3/4 des garçons féminins ou « » analysés deviennent des hommes gays ou bisexuels, contre un seul garçon du groupe témoin. L'analyse de la question de la nature et de l'éducation n'a pas été concluante.
Plus récemment, la sissyphobie (discrimination à l'égard des hommes efféminés) a fait l'objet d'études dans le champ des études queer contemporaines. À ce terme, d'autres auteurs et autrices préfèrent ceux d'efféminiphobie, fémiphobieBailey, Michael (1995). "Gender Identity", The Lives of Lesbians, Gays, and Bisexuals, p. 71–93. New York: Harcourt Brace., femmephobie, ou effemimania.
Pour le chercheur en psychologie , la sissyphobie se pose comme la combinaison de la misogynie et de l'homophobie. Le spécialiste de la communication Shinsuke Eguchi déclare à ce titre en 2011 :
Il ajoute : ().
Dans les sous-cultures sexuelles Dans la pratique du BDSM, il existe deux types de « » : la féminisation forcée (pour humilier le soumis en lui faisant utiliser des codes féminins, ce qui est vu par la société patriarcale comme dégradant pour un homme) et la féminisation non forcée (le soumis souhaite découvrir ses plaisirs et s'émanciper des codes dictés par la société). Cependant, les deux formes se confondent souvent. Par exemple on verra couramment des personnes recherchant une "féminisation forcée", à la fois de façon BDSM et dans une exploration du genre lui-même, par exemple transgenre. L'accent quasi-systématique mis sur le contraste entre et être (donc féminisé et humilié), parfois dénoncé comme misogyne ou transmisogyne, est aussi souvent revendiqué comme source d'euphorie de genre et comme manière cathartique et facilitée de briser un rôle "masculin", parfois à l'intérieur d'un parcours de transition de genre, ou même comme façon de se réapproprier des oppressions sexistes, transmisogynes ou homophobes vécues soi-même.
Les codes représentés sont le plus souvent ceux d'une féminité rejetant majoritairement toute expression qui serait "masculine" (par opposition aux "butchs" par exemple) ou "neutre". Il s'agira alors souvent de porter des vêtements féminins (parfois sous des vêtements masculins), des coiffures, des perruques, du maquillage, mais aussi de s'épiler le corps ou même de se muscler des zones comme les fesses ou les hanches.
La sissyfication comprend souvent des jeux d’entraînements et des explorations sur le long terme, qu'il s'agisse de maquillage, de musculation ou fitness, mais aussi d'approcher des rôles "bottoms" (rôles passifs et/ou soumis, ici le plus souvent de personne pénétrée) dans la sexualité, ou d'apprendre des postures physiques dites féminines, des manières de marcher L'idée d'un mode de vie, ou d'un jeu de rôle de longue durée, qu'elle soit mise en pratique ou fantasmée, est très fréquente. Les métiers porteurs ou symboles d'oppression sexiste sont souvent mis en scène, notamment avec des rôles de soubrette, de travailleuse du sexe ou de femme au foyer.
Un élément quasi-systématique de la pratique sissy est la chasteté "forcée", souvent par le port d'une cage de chasteté. Un imaginaire récurrent est celui du verrouillage de la cage comme début de la féminisation forcée. Il s'agit à la fois de déviriliser la personne sissyfiée, mais aussi de jouer sur des mises en scènes ou des tensions réelles de frustration sexuelle. Le port de la cage redirige souvent la sexualité vers des expressions alternatives comme la pénétration anale ou l'usage de vibromasseurs sur le sexe. Par ailleurs, une absence d'orgasme peut permettre de prolonger l'état d'excitation (ou de sursensibilité à celle-ci), et potentiellement de désinhiber la personne, le temps de jeux parfois longs et/ou perlés (parfois plusieurs semaines), et requérant parfois des efforts réels et la confrontation d'éventuelles dysphories de genre chez les femmes transgenres.
Dans l'infantilisme paraphilique, un « » est un homme qui aime à jouer le rôle d'une petite fille.
Références
Voir aussi
Bibliographie
Random House Dictionary of the English Language - Deuxième Édition Intégrale, Random House, New York (1987). Padva, Gilad et Talmon, Miri (2008). Gotta Have An Effeminate Heart: The Politics of Effeminacy and Sissyness in a Nostalgic Israeli TV Musical. Feminist Media Studies 8(1), 69-84. Padva, Gilad (2005). Radical Sissies and Stereotyped Fairies in Laurie Lynd's The Fairy Who Didn't Want To Be A Fairy Anymore. Cinema Journal 45(1), 66-78. Jana Katz, Martina Kock, Sandra Ortmann, Jana Schenk et Tomka Weiss (2011). Sissy Boyz. Queer Performance. thealit FRAUEN.KULTUR.Du TRAVAIL, de Brême. http://www.sissyboyz.de
Articles connexes Assignation à contre genre Efféminement Femboy Gay (identité) Pédé Queer
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