La bataille de Sanaa débute le lors de la guerre civile yéménite. Elle oppose les Houthis et les partisans de l'ancien président Ali Abdallah Saleh, qui trouve la mort lors des combats, le .
Prélude
À la fin de l'année 2017, la situation au Yémen est au point mort : les lignes de front n'ont presque pas évolué depuis deux ans, la population est au bord de la famine et un blocus maritime, aérien et terrestre est imposé depuis le par la coalition menée par l'Arabie saoudite..
Le , les Houthis et le Congrès général du peuple, forment un gouvernement dissident, dirigé par Abdel Aziz ben Habtour.. Celui-ci démissionne le , après des tensions avec les Houthis.. En effet, Saleh al-Sammad avait refusé que le ministre des Affaires étrangères Hicham Charaf Abdallah soit, comme voulu par le Congrès général du peuple, aussi ministre du Plan.. En , les Houthis font remplacer le ministre de la Santé, proche de Saleh., et limogent des fonctionnaires proches de l'ancien président., puis, en octobre, ils assiègent le ministère des Affaires étrangères, lui aussi dirigé par un pro-Saleh.. D'une manière générale, les Houthis nomment leurs membres à la tête des renseignements et de l'armée et infiltrent également le Congrès général du peuple...
À l'été 2017, la fragile alliance conclue entre les Houthis et les partisans de l'ancien président yéménite, Ali Abdallah Saleh, commence à vaciller. Alors qu'Ali Abdallah Saleh qualifie les Houthis pour la première fois depuis leur alliance de , Abdul-Malik al-Houthi l'accuse de , d'être un et le menace de .. Ensuite, des négociations permettent un retour au calme après des heurts ayant fait trois morts. et commencés le , date anniversaire de la fondation du Congrès général du peuple., mais l'ex-président Saleh commence alors à se rapprocher de l'Arabie saoudite ; selon Adam Baron, chercheur associé au Conseil européen des relations internationales son retournement s'explique par . Selon Louis Imbert, journaliste du Monde : .
Déroulement vignette|droite|Partisans d'Ali Abdallah Saleh retirant la bannière des Houthis, le 2 décembre 2017.
Le , les combats éclatent à Sanaa.. Les premiers heurts surviennent lorsque les Houthis tentent de prendre le contrôle de la mosquée al-Saleh, la plus grande du Yémen ; les gardes, acquis à l'ancien président, s'y opposent. Le , les Houthis réalisent une démonstration de force en rassemblant plusieurs dizaines de milliers de manifestants dans une place de la capitale.
vignette|Carte avant l'offensive houthiste. Le , Ali Abdallah Saleh tend la main à l'Arabie saoudite, ce que les Houthis dénoncent aussitôt comme une « grande trahison »Georges Malbrunot, Yémen : Sanaa s'enflamme depuis que les forces de Saleh attaquent leurs ex-alliés, Le Figaro, 4 décembre 2017.. L'ex-président Saleh se déclare prêt à « tourner la page » à condition que la coalition militaire soutenue par l'Arabie saoudite suspende ses opérations militaires et mettent un terme à son blocus. Le même jour, le Congrès général du peuple appelle la population à se soulever contre les Houthis. Des manifestants pro-Saleh défilent à leur tour dans la capitale, déchirant les drapeaux et les affiches du mouvement houthi.
Les premiers jours de combats sont plutôt à l'avantage des forces pro-Saleh. Le , ces dernières se déploient en nombre et bloquent plusieurs rues du centre-ville, avant de tenter de prendre le contrôle du quartier d'Al-Jarraf, un bastion des Houthis.
De son côté, l'Arabie saoudite mène des raids aériens le à l'aube contre des positions houthies au sud de Sanaa. Ces raids se poursuivent le lendemain, près de l'aéroport international et du ministère de l'Intérieur, tombé aux mains des Houthis..
Le nord de la capitale est alors contrôlé par les Houthis et le sud par les forces pro-Saleh, mais l'équilibre des forces finit par pencher en faveur des premiers ; ils s'emparent notamment du siège de la télévision de SalehLouis Imbert, Au Yémen, le retournement d’Ali Abdallah Saleh, Le Monde, 4 décembre 2017., Yemen Today.
Le matin du , Ali Abdallah Saleh est tuéYémen : l'ex-président Saleh a été tué, Le Figaro, 4 décembre 2017.. Sa mort survient lors de l'attaque de son convoi dans le quartier de Sanhan dans le sud-est de SanaaGeorges Malbrunot, Yémen : Saleh finit sous les balles houthistes, Le Figaro, 4 décembre 2017., peu de temps après la proclamation de la victoire par les Houthis. Selon Le Figaro : . Le lieu de sa mort demeure également flou, certaines sources affirment qu'elle a eu lieu dans sa résidence, tandis que d'autres affirment que c'est dans une embuscade au sud de Sanna qu'il est mort en tentant de fuir vers Marib, tenue par les loyalistes. Le domicile de Saleh, situé au sud de la capitale, a également été dynamité par les Houthis dans la matinée.. Arif al-Zouka, le secrétaire général du Congrès général du peuple, est également tué dans l'attaque du convoi.. La mort du secrétaire général adjoint Yasser al-Awadi a été annoncée puis démentie.. Un des fils de l'ancien président, Khaled, aurait pour sa part été fait prisonnier. Le chef des Houthis, Abdul-Malik al-Houthi, salue la mort de Saleh en parlant d'un et d'un .
Les combats se poursuivent à l'avantage des Houthis le soir du , mais dans une moindre intensité, alors que la coalition saoudienne continue ses raids aériens sur la capitaleLouis Imbert, Au Yémen, les houthistes seuls maîtres de Sanaa, Le Monde, 5 décembre 2017.. Dans la soirée, toutes les positions tenues par les pro-Saleh à Sanaa sont aux mains des Houthis.. La mort de Tarek Saleh, le neveu de l'ancien président Saleh et l'un de ses plus importants commandants militaires, est également annoncée, puis démentie, lorsqu'on apprend sa fuite vers les territoires loyalistes. Le , il fait son apparition à Chabwa lors des funérailles du secrétaire général du CGP, Arif al-Zouka.
Les pertes Le , le Comité international de la Croix-Rouge (CICR) donne un bilan provisoire de et , en précisant que les combats livrés dans la nuit du 3 au ont été les plus durs. Au matin du , le bilan passe à au moins et ..
Réactions Le retournement d'Ali Abdallah Saleh contre les Houthis est accueilli positivement par l'Arabie saoudite et les Émirats arabes unis ; Riyad salue son initiative pour .
Le , le président Abdrabbo Mansour Hadi ordonne à ses troupes de passer à l'offensive contre les Houthis dans le district de Nihm, à l'Est, afin de reprendre la capitale ; il propose également une à tous ceux qui se détourneront des Houthis..
Le , Ahmed Ali Abdallah Saleh, précédemment assigné à résidence aux Émirats arabes unis, appelle depuis l'Arabie à venger la mort de son père et affirme vouloir mener le combat contre les Houthis..
Le jour même, Ahmed Aboul Gheit, secrétaire général de la Ligue arabe, affirme que la mort de Saleh et que cet ..
Analyses Pour l'anthropologue Franck Mermier, directeur de recherche au CNRS, ..
Selon Louis Imbert, journaliste pour Le Monde : .
Pour Maged Almadhaji, du Sanaa Center for Strategic Studies, , ajoutant que et que . Il ajoute que par sa mort . Pour l'institut Soufan, et que . Pour Randa Slim, employée au Middle East Institute, et que ..
Conséquences Le , Abdel Aziz ben Habtour décide de retirer sa démission..
Le , Sadeq Amin Abou Rass devient président du Congrès général du peuple..
Parlant sous couvert d'anonymat, un dirigeant du parti, se décrivant comme un fidèle de Saleh et affirmant ne pas avoir souhaité une telle fin pour celui-ci, affirme en , que des membres du parti, dont il fait partie, avaient décidé de se rallier aux Houthis, qu'ils considèrent comme une force puissante sur le terrain, pour éviter de subir le même sort que Saleh lui-même et garantir ainsi leur sécurité et celle de leurs familles.. Mohammed al-Dalaïmi, un analyste yéménite membre des Houthis, affirme que son groupe est prêt à continuer à accepter le soutien de ces membres du congrès, arguant que Saleh avait demandé à ses troupes d'aller au combat pour obtenir des fonds de la part des saoudiens, et que la plupart de ces troupes combattent désormais la coalition aux côtés des Houthis.
Le , à la suite d'une médiation omanaise, les Houthis libèrent deux des fils de Saleh, Salah et Madyan, qui embarquent alors pour Amman..
Liens externes .
Notes et références
Sanaa Sanaa Sanaa Catégorie:2017 au Yémen Catégorie:Décembre 2017 Catégorie:Assassinat d'un chef d'État