La constitution apostolique Divini cultus ou Divini cultus sanctitatem est un document pontifical du pape . Publié en date du , à l'occasion du 25e anniversaire du motu proprio de Pie X sur le chant grégorien, cette 'constitution apostolique' cherche à promouvoir la qualité et à encourager à nouveau la pratique de la musique liturgique, notamment du chant grégorien largement utilisé dans les liturgies catholiques romaines de l'époque.

Histoire thumb|upright=0.85|Le pape . La constitution apostolique du pape promeut la pratique de la liturgie, du chant grégorien et de la musique sacrée. Publié le , le document est comme un renouvellement et développement du motu proprio Inter pastoralis officii sollicitudes, publié auparavant par le saint pape le . De sorte que cette constitution peut être pareillement considérée comme jubilé () du motu proprio.

Cependant, celle-ci est de l'ordre d'un encouragement pontifical: « Nous voulons faire quelques recommandations répondant aux vœux de nombreux Congrès de musique et particulièrement du récent Congrès tenu à Rome ; ce congrès à la ville éternelle reste inconnu.. » Il s'agit donc d'une synthèse des sujets qui concernent, en faveur de tous ceux qui exécutaient la musique liturgique.

En France, elle s'appelle normalement Divini cultus tandis que, d'après le texte officiel en latin, il s'agit de la Divini cultus sanctitatem.

Caractéristique Objectif Lorsque le motu proprio Inter pastoralis officii sollicitudes fut annoncé en 1903, les 'éditions vaticanes' n'existaient pas encore. Vingt-cinq ans plus tard, cette édition était en train d'évoluer ( : « édition authentique publiée par l'imprimerie vaticane »). Mais surtout, une fois publiée, celle-ci demeurait indispensable, et cela resta en vigueur jusqu'au . En conséquence, cette constitution apostolique était une adaptation à la circonstance, en 1928, dans le domaine liturgique de l'Église. En effet, quoique fût obligatoire l'usage du chant grégorien, dorénavant le chant officiel de l'église universelle ( : « chant grégorien dont l'usage est prescrit dans toutes les églises »), il existait plusieurs difficultés. Ainsi, l'utilisation des pièces non autorisées subsistait encore, notamment par certains musiciens. Ou, on déplorait l'exécution insuffisante du chant grégorien. Divini cultus fut donc publiée en vue d'améliorer la pratique de la musique sacrée, avec onze articles de recommandations.

Il est donc logique que la constitution souligne, d'abord, l'autorité de la liturgie, y compris la musique liturgique traditionnelle, issue de Jésus-Christ. Le pape n'oublia pas d'ajouter l'autorité du chant grégorien avec saint Grégoire le Grand (604), selon l'apprentissage de cette époque-là. Afin de justifier l'exécution obligatoire des chants liturgiques anciens, le document pontifical remarque la splendeur et la richesse de ces types de musique, notamment celles du chant grégorien.

Recommandations Pour proposer ses recommandations, la constitution bénéficiait de vingt-cinq ans d'expérience, après le motu proprio du pape saint .

Il est à noter que l' annonça déjà la réforme liturgique du , en soulignant la participation des fidèles. Évolution La constitution confirme l'une des caractéristiques de la musique sacrée, présentée en 1903 : la voix humaine avec le texte sacrée demeure supérieure aux instruments (). Le document de 1928 exclut surtout la symphonie, mais, avec l'article suivant, il recommande davantage l'usage de l'orgue. Cet instrument est considéré comme un excellent moyen pour mettre en valeur la splendeur de la liturgieCette utilisation avait été favorisée, au maximum, dans le Cérémonial de Clément VIII (1600), mais diminuée d'après la tradition et l'intention de saint pape . Il est vraisemblable que l'usage d'orgue était favorisé, en raison de caractère du chant grégorien, chant monodique assez modeste. En effet, évolua considérablement, après la parution de l'Édition Vaticane, la publication de livres du chant grégorien accompagnés de l'orgue. Un certain nombre de fidèles n'auraient pas été contents de ce chant modéré.

Certes, le pape définissait, dès la Lettre pastorale sur le chant de l'Église (1895), le chant grégorien et la polyphonie, en tant que chant de l'Église en deux formes. Depuis cela, le chant grégorien est considéré toujours comme de premier rang. Mais, celui-ci est suivi de la polyphonie, un autre sommet de la musique liturgique catholique. Si Divini cultus respecte cette classification, la fonction de la polyphonie devint plus importante en 1928. Notamment, son rôle est bien souligné dans l'.

Cette constitution souhaitait donc que les scholæ traditionnelles soient remplacées par les scholæ et capellæ musicorum (chapelles musicales), qui sont capables de réaliser convenablement la musicalité du chant grégorien et de la polyphonie (). Il existe en outre quelques nouveautés. thumb|upright=1.5|center|La constitution recommande fortement les pièces de Palestrina (notation de la messe du Pape Marcel). thumb|centre|upright=1.48|Partition de la même œuvre, publiée vers 1565 (cantus (dessus), chanté par les garçons à la Renaissance. La constitution recommande cette même façon - .)

Nouveauté Une particularité se trouve au début des recommandations, déjà, avec l'. Il s'agit d'un conseil pour les enfants, favorisant l'enseignement du chant grégorien, auprès de petits séminaires ainsi que dans tous les autres établissements religieux de formation. Si la constitution ne le mentionne pas, c'était Justin Ward (1975), enseignante américaine, qui avait trouvé que les enfants sont plus adaptés à l'apprentissage de ce type de musique. Celle-ci était devenue un grand défenseur des papes , et . La constitution réclame en conséquence que cette recommandation favorise une excellente connaissance des religieux pour leur exécution liturgique et musicale, une fois que leur formation sera terminée.

Au regard des enfants, encore, l' propose l'établissement ou le rétablissement de la Schola puerorumLe Saint-Siège possède de nos jours encore la Schola puerorum (http://www.cappellamusicalepontificia.org/la-scuola-paritaria/). auprès des paroisses, selon l'ancienne tradition. Il s'agit plus précisément d'une école réservée au choeur de garçons (manécanterie)L'idée était répartie par, par exemple, Norbert-Georges-Pierre Rousseau, nommé évêque du Puy-en-Velay en 1925 par le pape . Cet évêque, théologien et musicologue grégorien effectivement lié au Vatican, avait refondé en 1926 la Marécanterie Notre Dame au Puy.. La constitution souhaite que la voix de dessus (cantus, soprano) soit chantée par des garçons, et non par les femmes, en faveur des œuvres de la polyphonieCar, les œuvres de la polyphonie de la Renaissance étaient écrites en faveur des garçons desquels la voix reste plus pure que celle des femmes. En effet, la voix de ces dernières contient plusieurs sons en octave. C'est pourquoi les qualités entre deux sont différentes. Donc, afin de rétablir la couleur originale d'harmonie conçue par les compositeurs de la renaissance, il vaut mieux adopter les voix de garçon. Par ailleurs, par exemple en France, dans les églises, la voix de femmes était toujours interdite (« Que les femmes se taisent dans les assemblées » (saint Paul de Tarse, Première épître aux Corinthiens, 14, 34 - 35)) jusqu'à ce que le roi de France charge de chanter à une de deux filles du compositeur Michel-Richard Delalande à la Chapelle royale (Ancien Régime), en septembre 1702. Cela provoqua une grosse opposition des religieux tandis que Delalande commença à écrire ses pièces pour son épouse et ses filles, toutes chanteuses.. Avec cet article, la constitution recommande cette création des chorales même auprès des paroisses de taille modeste. Cela favorise l'exécution de qualité, exactement réalisée à la Renaissance.

Il faut remarquer que la constitution souhaite fortement la participation des fidèles aux chants liturgiques (). Lors des célébrations, il leur faut chanter avec le chœur, et ne pas rester des spectateurs muets. Aussi faut-il la « formation liturgique et musicale du peuple », de laquelle demeurent responsables les évêques et les supérieurs (). Il est vrai que, dans le moto proprio de 1903, ce rôle des fidèles n'était pas évident. Le pape saint soulignait en effet à Camille Bellaigue, lors d'une audience en : « je veux que mon peuple prie sur de la beauté. »René Bazin, , , Ernest Flammarion, Paris 1928 ; citation du livre et Rome de Camille Bellaigue Avec cette constitution, le pape annonce déjà une réforme liturgique, celle du . À dire vrai, avait fait exécuter une messe et des hymnes selon le rite byzantin, quand il présidait le jubilé en 1925R. Fontenelle, Sa Sainteté , 2 édition, , Spes, Paris 1937.

Contenu .Quel que soit l'âge, quel que soit le type d'établissement de formation, il faut commencer à enseigner, aux petits enfants, le chant grégorien et la musique sacrée. En effet, les enfants sont plus capables d'apprendre ces musiques liturgiques. Si cette initiation est correctement tenue, les élèves pourront adapter plus facilement à l'apprentissage musical et théologique dans les champs plus développés, tels que la polyphonie, l'orgue.

.De même, il faut que ce chant grégorien et cette musique sacrée soient plus recommandés aux séminaires ainsi qu'à toutes les autres maisons d'études et de formation. L'enseignement doit y évoluer de telle sorte que les élèves puissent apprendre ces musiques avec joie. Dans ces établissements, les schola cantorum et chorales fonctionnent afin de retrouver la splendeur de ces œuvres anciennes.

.Il demeure encore important que soit promu l'office du chœur dans les basiliques, cathédrales, églises collégiales ou conventuelles de religieux. Il faut que cette promotion soit achevée avec dignité, attention et dévotion, notamment la perfection pour la psalmodie, tout comme les séraphins chantant le Sanctus, Sanctus, Sanctus.

.En faveur de la liturgie de l'Église, il faut garder l'exécution correcte selon la tradition authentique et ancienne, sous la direction des maîtres, qui doivent corriger les erreurs des chorales et d'autres exécutants. En tant que répertoire, l'Édition Vaticane doit être strictement et obligatoirement en usage. Il s'agit des reproductions des éditions officiellement publiées par la Typis vaticanis (Édition Vaticane).

.Ce document se caractérise surtout par une solide recommandation de la pratique de la polyphonie. distingue ces œuvres composées entre les , qui se placent en première position après le chant grégorien. Désormais, il faut que les scholæ traditionnelles soient remplaçées par des chapelles musicales qui sont capables d'exécuter ces pièces ainsi que le chant grégorien.

.Il faut que les scholæ d'enfants soient dorénavant formées, non seulement dans les cathédrales mais également dans les églises de taille modeste. Avec une bonne éducation musicale, ces enfants seront chargés de chanter correctement les œuvres traditionnelles de l'Église. Il s'agit surtout des polyphonies du , par exemple celles de Giovanni Pierluigi da Palestrina.

.Dans l'optique de la célébration de l'Église, la voix humaine est toujours préférée à tout instrument de musique. Les œuvres de l'orchestre, telle la symphonie, demeurent vigoureusement déconseillées.

.Toutefois, le pape apprécie, en tant qu'instrument aisément adapté à la liturgie de l'Église, l'orgue. L'usage de ce dernier est autorisé, soit avec la chorale, soit exécution en solo, à condition que le répertoire soit soigneusement choisi, en évitant les pièces profanes.

.Divini cultus conseille fortement la participation des fidèles à la liturgie, notamment à l'exécution du chant grégorien, en manière d'alternance avec les clercs ou la schola. Donc, il ne faut pas qu'ils soient des spectateurs muets.