Le Musée d'art du Valais est un musée d’art suisse fondé en 1947 dans la vieille ville de Sion, capitale du canton du Valais, dans les châteaux médiévaux du Vidomnat et de la Majorie. Il occupe à partir de 2025 le château du Vidomnat.
Il abrite une collection d’œuvres axées sur le thème du paysage, des artistes de l'École de Savièse autour de 1900 et de l'art contemporain lié au Valais.
Historique
Avant le Musée d'art du Valais La création d’un musée d’art à Sion est intimement liée à la volonté de préserver le patrimoine historique valaisan. Dès la première moitié du siècle, le père jésuite Étienne Elaerts exprime ce souci en créant un cabinet des antiquités, intégré au cabinet de physique et d’histoire naturelle créé peu de temps auparavant. En 1883, le Musée de Valère voit le jour. Sa mission est justement la conservation et l’exposition du patrimoine valaisan. Si ce musée est, au départ, surtout destiné à recevoir des objets historiques et archéologiques, le legs d’un lot de dessin de Raphaël Ritz à l’État du Valais en 1936 lance l’idée d’une salle destinée aux beaux-arts au sein du Musée de Valère. Le manque de locaux et les impératifs liés à la Première Guerre mondiale coupent court à ce projet.
Création du Musée d'art du Valais En 1940, le peintre Raphy Dallèves, représentant de l’École de Savièse, lègue la majorité de ses œuvres à l’État du Valais et à la Ville de Sion, avec comme condition la création d’un musée portant son nom.. La réalisation de ce projet est freinée par l'absence de capital et de lieu. En 1940, l’armée libère le Château de la Majorie, qu’elle occupait depuis le siècle. Ce château, ancienne résidence principale de l'Évêque de Sion du , est aussitôt pressenti pour héberger les toiles de Raphy Dallèves..
Le projet évolue pour devenir le Musée cantonal des beaux-arts. La création du musée est soutenue par plusieurs personnalités, dont Albert de Wolff, artiste, qui deviendra le premier directeur de l'institution, Maurice Zermatten, président de la commission des constructions, André Donnet, chef du service des archives, et Cyrille Pitteloud, conseiller d’État..
En 1947, après des travaux de réaménagement, le Musée cantonal des beaux-arts ouvre ses portes.. Il ne s’agit pas d’un musée monographique consacré à Raphy Dallèves. En effet, même si deux salles présentent son legs, bien d’autres artistes sont représentés. Parmi les neuf salles, l'une réunit des paysages de Berthe Roten-Calpini, une autre présente des artistes alors dits « modernes » tels que Ernest Biéler, Edmond Bille et Albert Chavaz, une salle est occupée par de la peinture religieuse et la dernière salle par la peinture du et les dessins provenant du legs de Raphaël Ritz. La condition du legs de Raphy Dallèves n’est donc pas respectée, ce qui conduira l'État du Valais et la Ville de Sion à restituer une partie du legs à la famille de l'artiste en 1996.
Albert de Wolff : un musée régional Artiste cultivé et passionné d’histoire, Albert de Wolff (1916-1978) assume dès 1944 la charge de conservateur du Musée de Valère et du futur Musée cantonal des beaux-arts. Il oriente le musée vers un axe régional. Très actif dans le monde culturel valaisan, il privilégie les expositions d’artistes locaux. En 1973, il ouvre la galerie de la Grange-à-l’Évêque. Cet espace, situé en face du musée d’art, accueillera des expositions d’artistes contemporains jusqu’en 2013, date à laquelle s'y installe le Musée de la nature du Valais.
Le Musée d'art du Valais collabore également avec l’École cantonale des beaux-arts (aujourd’hui École de design et haute école d'art du Valais – EDHEA) en exposant des travaux d’élèves et en octroyant le Prix de la Majorie aux meilleurs d'entre eux. En 1977, le château du Vidomnat est attribué au Musée d'art du Valais, à la suite du départ de l’École d’art du Valais (fondée à Saxon en 1949 et implantée à Sion de 1954 à 1977) et après des travaux de rénovation.
Albert de Wolff acquiert de nombreuses œuvres en lien avec le Valais (artiste ou sujet valaisan), notamment grâce au dépôt de la ConfédérationPour plus d’informations, voir bundesmuseen.ch ou à celui de la Fondation Gottfried Keller. La constitution d’une collection reste cependant une activité secondaire, l'institution se concentrant sur l’organisation d’expositions temporaires.
Marie Claude Morand : la fonction didactique des musées cantonaux Après la mort accidentelle d’Albert de Wolff en 1978., le Musée d'art du Valais vit une phase de transition. Différents remaniements s’étendent jusqu’à la nomination de l'historienne de l'art Marie Claude Morand (*1950) à la tête des Musées cantonaux du Valais en 1984. Durant cette période intérimaire (1979-1984), administrée par l'ethnologue Rose-Claire Schüle (1921-2015), l’accent est mis sur l’inventorisation de la collection du Musée d'art du Valais, précédemment négligée, et sa professionnalisation.
À partir de 1984 et à la suite de l’arrivée en fonction de Marie Claude Morand, « les Musées cantonaux vont assumer pour la première fois une fonction avant tout didactique ». Il s’agit d’inscrire tous les musées cantonaux dans un projet commun, celui de mettre en valeur le patrimoine artistique et historique valaisan. Durant cette période, les responsables des musées cantonaux s’efforcent d’avoir une politique d’exposition cohérente, privilégiant des cycles d’expositions et des variations autour d’un même thème. Pour le Musée d'art du Valais, cela se traduit par une présentation mieux commentée des expositions et par la participation à des expositions transdisciplinaires. L'institution est dirigée par Marie Claude Morand avec les conservateurs historiens de l’art Bernard Fibicher (*1957) de 1983 à 1991, puis Pascal Ruedin (*1963) de 1998 à 2010. En outre, elle se donne aussi pour mission de montrer les recherches artistiques récentes du canton. Des expositions temporaires d’art contemporain sont organisées par Bernard Fibicher. À cette fin, la galerie de la Grange-à-l’Évêque est transformée en centre d’art contemporain.
Entre 2004 et 2011, les six musées cantonaux se regroupent en trois institutions : le Musée d’histoire, le Musée de la nature et le Musée d’art du Valais. Dès 2003, le Réseau Musées ValaisRapport Vallesia, 2003 est également créé avec, en plus des musées cantonaux, sept institutions partenaires (Musée de Bagnes, Musée valaisan de la Vigne et du Vin, Musée du Lötschental, Jardin botanique alpin Flore-Alpe, Musée d’Isérables, Musée des Bisses et Musée C.C. Olsommer).. Il permet d’élaborer des projets de recherche en commun et favorise la conservation des collections.
En 2007, le château du Vidomnat est rénové. Le Musée d'art du Valais prend son nom actuel. Par ailleurs, il accueille depuis cette date le Prix culturel Manor et lance également plusieurs projets d’expositions, dans le contexte de la Triennale d’art contemporain, en partenariat avec l’Association Label’Art.
En 2010, Pascal Ruedin prend la direction du Musée d’art du Valais à la suite d'un remaniement des fonctions au sein des musées cantonaux. Cette même année, les dispositifs « Toucher voir » sont mis en place, grâce au soutien de la Fédération suisse des aveugles et malvoyants (FSA) afin de proposer des visites aux personnes souffrant d’un handicap visuel. Ce projet sera récompensé en 2011 par le Prix suisse de la Canne blanche décerné par l’Union centrale suisse pour le bien des personnes aveugles..
Le Musée d'art du Valais aujourd'hui En 2013, Pascal Ruedin est promu au poste de directeur des Musées cantonaux et Céline Eidenbenz (*1978) devient la nouvelle directrice du Musée d’art du Valais.. Sous sa direction, l’accrochage permanent est repensé en 2016. Intitulé « Regarder le paysage », le nouveau parcours permet d’adopter un autre point de vue sur les collections à travers différentes thématiques axées autour de la notion de paysage, avec une approche visuelle forte.. L’exposition, à l'origine dépourvue des cartels ajoutés en 2022, était accompagné d’un guide de visite trilingue.
À l’occasion de cette nouvelle présentation des collections, l’Association des Amis du Musée d’Art est fondée en .. Elle a pour buts principaux de favoriser le développement du musée, de faciliter la restauration et l’acquisition d’œuvres, et d’éveiller l’intérêt du public pour le Musée d’art du Valais.
En 2017, le Musée d'art du Valais fait partie des institutions nominées au Prix du musée européen de l'année 2018.
En , à la suite du départ de Céline Eidenbenz, Laurence Schmidlin (*1982) est nommée directrice du Musée d’art du Valais.. Elle commence son mandat en organisant le jubilé des 75 ans de l'institution avec l'exposition « Alabaster », réunissant 44 artistes et s'intégrant à l’accrochage permanent « Regarder le paysage ».. Depuis 2025, elle propose un nouveau projet culturel sous la forme de cycles d’expositions annuels, dans une perspective de durabilité, permettant d’explorer les collections du Musée d'art du Valais et de les diffuser auprès des publics.
Collections
vignette|redresse|Raphy Dallèves, L'Homme à l'écuelle (1910), gouache, aquarelle et crayon sur carton, , musée d'art du Valais.En 2022, le Musée d’art du Valais conserve environ 6 000 œuvres, dont 3 000 œuvres sur papier (dessins, estampes, photographies).
La collection n’est pas seulement centrée autour des œuvres de l’« École de Savièse », de ses déploiements Art nouveau autour de 1900 et de la création contemporaine liée au Valais. Une identité axée sur le paysage, de la fin du siècle à nos jours s'est progressivement constituée – avec des œuvres signées par les incontournables peintres de vues alpestres suisses comme Alexandre Calame, François Diday ou Caspar Wolf, mais aussi Ursula Biemann, Julian Charrière ou Hamish Fulton.
La collection se distingue par plusieurs fonds :
un fonds comprenant les artistes actifs en Valais au et durant la première moitié du : Ernest Biéler, Edmond Bille, Marguerite Burnat-Provins, Raphy Dallèves, , Raphaël Ritz et Édouard Vallet ; un fonds d'artistes orthodoxes des décennies d’après-guerre : Leo Andenmatten, Albert Chavaz, Paul Monnier, etc. ; un fonds regroupant des artistes ayant joué le rôle d’avant-garde en Valais durant la seconde moitié du : Suzanne Auber, François Boson, Gustave Cerutti, Ángel Duarte, Fernand Dubuis, Josée Pitteloup, Olivier Saudan, Gottfried Tritten, André-Paul Zeller et Pierre-Alain Zuber. vignette|Ernest Biéler, La ramasseuse de feuilles mortes (1909), gouache, aquarelle et crayon sur carton, , musée d'art du ValaisLe Musée d'art du Valais a bénéficié d'importantes donations et legs au fil des ans ainsi que des dépôts, parmi lesquelsAutres donations, legs et dépôts : Depuis 1947, le dépôt de la Confédération suisse avec notamment des œuvres de Miriam Cahn, Verena Loewensberg, Raphael Ritz, Hugo Suter, Pierre Vadi. Contrat renouvelé en 2020. En 1968, 1977 et 1985, les donations de l’épouse et des enfants de Charles-Clos Olsommer. La donation de Jean-Philippe et Line Racine, qui ont confié en 2008 à titre définitif 61 œuvres de leur collection comportant des tableaux, des dessins, des estampes, des sculptures, ainsi que plusieurs tapisseries d’artistes suisses et internationaux. Dès 2020, le versement d’œuvres d’abord acquises par le Fonds cantonal d’art contemporain (FCAC), initialement Fonds cantonal de décoration, avec des œuvres conservées par le MAV depuis leur acquisition (Latifa Echakhch, JocJonJosch, Delphine Reist, Sabine Zaalene). Le Musée d'art du Valais a la gestion du FCAC. En 2020, la donation de la Fondation Albert Chavaz contenant 13 œuvres sur toile et sur papier signées par Albert Chavaz ainsi qu’un dépôt de deux œuvres attribuées à Jean- François Millet. Cf. . : Le legs de Raphy Dallèves (1878-1940), peintre valaisan, à l’origine de la création du musée en 1947 ; Dès 1949, le dépôt de la Fondation Gottfried Keller, avec notamment des œuvres de René Auberjonois et Raphaël Ritz ;