Verdun est un quartier et arrondissement de la ville de Montréal au Québec (Canada). Il est situé sur la rive sud-ouest de l'île de Montréal et borde le fleuve Saint-Laurent, en aval des rapides de Lachine. Verdun est délimité au nord par l' et le pont Samuel-De Champlain, à l'ouest par le canal de l'Aqueduc et au sud-ouest par l’arrondissement de LaSalle, englobant au passage l'Île des Sœurs. Sa population est de en 2021..
La rive du fleuve Saint-Laurent en aval des rapides de Lachine est fréquentée depuis plus de et occupée continuellement depuis au moins par les peuples autochtones de la région de Montréal. Concédé au temps de la Nouvelle-France en contexte de guerres franco-iroquoises, le fief de Verdun est d'abord un avant-poste français en amont de Ville-Marie. Au cours des , le territoire porte les noms de Côte des Argoulets, Côte-de-la-Rivière-Saint-Pierre et Côte-Verdun. Marécageux, agricole et peu peuplé, il est traversé par le chemin de Lachine (boulevard LaSalle) puis par le chemin de la Rivière-Saint-Pierre (rue de l'Église). La croissance soutenue de Montréal dans la seconde moitié de entraîne le développement du tramway et de ses banlieues; le village de Verdun est incorporé en 1876. Sous l'effet d'une urbanisation rapide au début du , Verdun devient une ville en 1907 puis une cité en 1912. Dans les années 1930, Verdun est la troisième ville la plus peuplée au Québec avec plus de . En 1956, Verdun annexe l'Île-des-Sœurs qui entame son développement à la fin des années 1960 puis la ville de Verdun est finalement annexée à la Ville de Montréal en 2002.
Verdun est aujourd'hui un quartier à vocation principalement résidentielle, majoritairement francophone et populaire, traversé du nord au sud par la rue Wellington, la principale artère commerciale de l'arrondissement. On y retrouve l'Hôpital de Verdun, l'Institut universitaire en santé mentale Douglas, l'Église Notre-Dame-des-Sept-Douleurs, et, sur l'Île-des-Sœurs, quatre édifices de l'architecte allemand Ludwig Mies van der Rohe. Verdun possède de berges aménagées sur la rive du fleuve Saint-Laurent..
Toponymie Le toponyme « Verdun » prend son origine de Saverdun, une ville située dans le département de l'Ariège en France. Il s'agit de la ville d'origine de Zacharie Dupuis, parfois appelé sieur de Verdun, auquel un fief noble sur le territoire de l'actuel arrondissement est concédé en 1671Commission de toponymie du Québec - fiche descriptive - Montréal (Verdun).
Un autre toponyme utilisé jusqu'au début du est « Côte des Argoulet ».
Géographie Situé à la fois sur l'île de Montréal et sur l'île des Soeurs, l'arrondissement de Verdun est riverain des rapides de Lachine sur le fleuve Saint-Laurent à quelques kilomètres en amont du centre-ville de Montréal. Son étendue totale est d'environ . Verdun est le troisième plus petit arrondissement de Montréal, après Outremont et Le Plateau-Mont-Royal.
L’arrondissement de Verdun est délimité à l'ouest par le canal de l'Aqueduc et au nord par l'ancienne rivière Saint-Pierre qui est aujourd'hui entièrement canalisée à côté de l'autoroute 15. À l'est, Verdun borde le fleuve Saint-Laurent. L'île des Sœurs est séparée d'environ du reste de l'arrondissement par un bras du fleuve. La rue Fayolle marque la frontière sud avec l'arrondissement LaSalle. Dans l'est de l'arrondissement, le boulevard LaSalle devient la rue D'Argenson dans le Sud-Ouest et marque ainsi la frontière avec le quartier Pointe-Saint-Charles.
Quartiers sociologiques L'Île-des-Sœurs Wellington-de-l'Église
Quartiers de référence Q64 Verdun-Centre Q65 Île-des-Sœurs Q66 Desmarchais-Crawford
Arrondissements et municipalités limitrophes
Géologie, relief et hydrographie
thumb|Rive du fleuve Saint-Laurent à Verdun. En arrière-plan : des tours résidentielles de l'Île des Soeurs et la silhouette du Mont Saint-Hilaire. Verdun fut érigé sur des terres basses marécageuses riveraines du fleuve Saint-Laurent qui ne dépassent pas au-dessus du niveau de la mer. L'établissement des premières fermes fut grandement retardé par l'aspect des sols et par les crues printanières du Saint-Laurent et de la rivière Saint-Pierre. L'endiguement et le remblayage partiel des rives du fleuve et la canalisation de la rivière Saint-Pierre complétés au tout début du permettront l'urbanisation rapide du secteur.
L'Île de Montréal est située au centre de la région géologique des basses-terres du Saint-Laurent. Les sols de Verdun et de l'Île des Sœurs sont composés de dépôt de tillite et, plus près de la rive du Saint-Laurent, de sédiments argileux marins. Les rives originales de Verdun furent remblayés sur plusieurs centaines de mètres. On dénote aussi la présence de schiste d'Utica.
À l'exception de sa frontière sud avec l’arrondissement LaSalle, Verdun est entouré d'eau. La frontière ouest de l'arrondissement de Verdun longe le canal de l'Aqueduc qui achemine sur l'eau du Saint-Laurent à l'usine de filtration Atwater qui borde l’arrondissement au nord-ouest. Au nord, l'arrondissement est délimité par l'ancienne rivière Saint-Pierre qui coule aujourd'hui sous l'autoroute 15 comme canal de dérivation du canal de l'Aqueduc. Verdun est bordé à l'est par le fleuve Saint-Laurent.
Secteurs et urbanisme thumb|Différents secteurs de Verdun : Wellington-de-l’Église Desmarchais-Crawford L’Île-des-Sœurs
Verdun est un arrondissement marqué par de grands contrastes autant sur le plan socioéconomique que sur le plan urbanistique. Il peut être divisé en trois secteurs hétérogènes : Wellington-de-l’Église, le secteur le plus populeux et le plus défavorisé, Desmarchais-Crawford, davantage habité par la classe moyenne et L’Île-des-Sœurs, le secteur insulaire, plus nanti et né d'un développement immobilier plus récent. La terre ferme : Wellington-de-l’Église et Desmarchais-Crawford thumb|left|Boulevard LaSalle dans le secteur Wellington-de-l’Église. Wellington-de-l’Église est considéré comme le centre-ville historique de Verdun. On y retrouvait environ en 2016 concentrés dans soit ; il s'agit du secteur le plus densément peuplé de Verdun.
thumb|Maisons « de vétérans » dans le secteur Desmarchais-Crawford. Le secteur Desmarchais-Crawford s'est développé dans les années 1930 et 1940; on y retrouve la plupart des maisons individuelles de Verdun. Environ y résidaient en 2016 répartis dans soit .
Île-des-Sœurs thumb|left|Tours résidentielles à la pointe sud de l'île des Sœurs.
L'Île-des-Sœurs possède une dynamique qui lui est propre et une grande autonomie par rapport au reste de l'arrondissement. Le secteur connaît un développement immobilier continu, principalement la construction de tours d'habitations, depuis le début des années 1970 ; uniquement entre 2011 et 2016, la population de l'île s'est accrue de près de 12 %. Environ Verdunois y résidaient en 2016 répartis dans soit
Aménagement thumb|Publicité de la Greater Montreal Land Co. pour le développement immobilier de la , , et avenue à Verdun dans les années 1910. Le traçage des rues et avenues de Verdun ne débute qu'à la fin du . Avant cette époque, deux chemins structurent le territoire : le chemin Lachine (ou Lower Lachine Road, aujourd'hui boulevard LaSalle) qui longe la rive et qui était vraisemblablement à l'origine un sentier de portage dont l'usage précède la colonisation et le chemin de la Rivière-Saint-Pierre (aujourd'hui rue de l'Église).
À la fin du , le développement du premier quartier résidentiel de Verdun est effectué du côté nord de la rue de l'Église, vers Montréal. Les rues sont tracées perpendiculairement à la rue de l'Église. Une décennie plus tard, dans les années 1910, le traçage des rues et avenues résidentielles au sud est effectué en parallèle à la rue de l'Église, perpendiculaire aux rues Wellington, Verdun et Bannantyne.
Transports Transports en commun thumb|Sortie Wellington de la station de métro De l'Église. Verdun est desservi par trois stations du métro de Montréal sur son territoire, toutes situées sur la ligne verte, d'est en ouest, les stations LaSalle, De l'Église et Verdun. Ces trois stations sont toutes mises en service en . Elles affichaient un transit annuel combiné d'environ six millions de passagers par année en 2015. La station De L'Église, située sous le croisement des rues Wellington et De l'Église, est la plus achalandée de Verdun.
Verdun est traversé par huit lignes d'autobus de la Société de transport de Montréal : la 12 Île-des-Sœurs, la 21 Place du Commerce, la 37 Jolicoeur, la 58 Wellington, la 61 Wellington, la 107 Verdun, la 108 Bannantyne, la 168 Cité du Havre, la 178 Pointe-Nord/Île-des-Sœurs et la 350 LaSalle-Verdun (service de nuit).
On retrouve aussi du réseau de vélos en libre-service Bixi à Verdun.
Histoire Peuplements ancestraux et exploration européenne du Sault Saint-Louis thumb|Pointe d'ardoise trouvée à Verdun datant de l'Archaïque laurentien (6500-4000 AA) Le territoire actuel de Verdun commence à émerger progressivement il y a avec le retrait progressif de la mer de ChamplainArkéos - Nouveau pont sur le Saint-Laurent - Étude de potentiel archéologique (Lire en ligne). La première présence amérindienne connue de la région de Montréal date d'il y a environ et le secteur serait fréquenté, de manière plus ou moins continu, depuis au moins .
À Verdun, le site sur lequel on retrouve la Maison Nivard-De Saint-Dizier, situé au pied des rapides de Lachine où le portage est inévitable, est fréquenté depuis plus ou moins Laurence Renault, Un aspect méconnu de l’île de Montréal : Les occupations amérindiennes du Sylvicole supérieur à la fin du , Département d’anthropologie Faculté des Arts et des Sciences, Université de Montréal, 2012, (Lire en ligne) et occupé continuellement depuis au moins École de fouille à la Maison Nivard-De Saint-Dizier - Saviez-vous que….
Entre le et la fin du , l'île de Montréal est fréquentée et occupée par les Iroquoiens du Saint-Laurent, qui sont semi-sédentairesCentre d'interprétation du site archéologique Droulers/Tsiionhiakwatha, Le peuple iroquoiens, 2012. Lors de son deuxième voyage, l'explorateur Jacques Cartier rencontre les Iroquoiens à Hochelaga (aujourd'hui Montréal) en sans jamais franchir les rapides de Lachine sur l'île de Montréal.
Lors de son voyage au Canada en 1611, Samuel de Champlain explore les rives des rapides de Lachine :
Établissement de la Côte des Argoulets dans le contexte d'un conflit franco-iroquois
thumb|Carte du Sault St-Louis en 1611 par Samuel de Champlain. L'expansion territoriale de la Nouvelle-France vers l'Ouest est marquée par une résistance des Iroquois, principalement la nation mohawk. L'établissement de forts toujours plus en amont dans la vallée du Saint-Laurent au cours des années 1640 entraîne de nombreuses escarmouches entre Français et Mohawks. La construction en 1642 du Fort Richelieu (aujourd'hui Sorel-Tracy) à l'embouchure de la rivière Richelieu entrave sévèrement l'accès des Mohawks au territoireJosé António Brandão, Your fyre shall burn no more : Iroquois Policy toward New France and Its Native Allies to 1701, U of Nebraska Press, 2000, .. La même année, Ville-Marie (aujourd'hui Montréal) est établie par Paul de Chomedey, sieur de Maisonneuve et Jeanne Mance pour convertir les peuples autochtones de la région au christianisme.
Les vingt-cinq années de Ville-Marie précédant le premier peuplement sur l'actuel territoire de Verdun sont marquées par une précarité soutenue par de nombreuses incursions iroquoises.. Dans le but de protéger Ville-Marie, Maisonneuve fait bâtir éventuellement plusieurs avant-postes militaires autour de Montréal et en 1655 charge le sergent-major Lambert Closse, le commandant de la garnison Adam Dollard des Ormeaux, les officiers de la garnison Pierre Picoté de Belestre et Zacharie Dupuis de se stationner à l'extérieur de Ville-Marie pour prévenir les attaques..