Les Flamands de France ou Flamands français sont traditionnellement les Flamands qui habitent la Flandre française, un territoire qui représente depuis 1790 la moitié nord du département du Nord.
Étant au nombre de en 2008, ils se divisent linguistiquement en deux : les flamandophones, habitant la Flandre flamingante et les romanophones, habitant la Flandre romane. Les Flamands de France constituent par ailleurs une part du peuple françaisIl serait nécessaire de replacer l'histoire du peuple flamand dans un contexte historique, indiquer que le Nord de la France a été déchiré et en partie conquis par les armées françaises au . Voir à ce sujet l'ouvrage de Jacques Buttin et co-auteurs intitulé 1677 - La Bataille de la Peene - La Flandre déchirée, Maison de la Bataille, 2017..
Anthropogéographie Les Flamands de France sont voisins des Flamands de Belgique d'un côté et des Artésiens de l'autre.
Ethnonymie Ils se nomment en néerlandais Vlamingen van Frankrijk De eendragt: veertiendaegsch tijdschrift voor letteren, kunsten en wetenschappen, Gent, Michiels, 1859 et en flamand occidental Vlamingen van VrankrykVlaemsch komiteit van Vrankryk, Lettervruchten der Vlamingen van Vrankryk, Duynkerke, Vanderest, 1855, autrement écrit Vlamingen van Frankryk.
Au , les habitants de la Flandre romane sont plus souvent appelés Ch'tis que Flamands, en référence au dialecte Chtimi. À cause de cet appellatif, ils sont confondus avec leurs voisins Pas-de-Calaisiens, qui sont également appelés Ch'tis.
Anthropologie et ethnologie .
Dans la première moitié du , d'après Abel Hugo et le préfet du département du Nord, les Flamands français allient communément des mœurs douces et pacifiques à une teinte de rudesse qui tient aux habitudes du pays. Aimant le calme et la fixité, ils sont naturellement froids et peu communicatifs avec leurs compatriotes, ils le sont encore moins avec les étrangersAbel Hugo, France pittoresque, ou description pittoresque, topographique et statistique des départements et colonies de la France, Paris, Delloye, 1835.. L'humeur flegmatique s'altère à mesure que l'on descend du Nord au Sud du département et, sur le plan physique, l'embonpoint et la hauteur de la taille augmentent à mesure que l'on avance vers le Nord et la Belgique. Les Flamands sont peut-être de toute la France le peuple qui, à cette époque, attache le plus de prix à la propreté : leurs maisons sont toujours nettes et bien tenues, elles ont un bon aspect. Leurs jardins, à allées sablées, à compartiments entourés d'arbustes taillés, à tonnelles de charmilles ou de treillage, indiquent encore leur goût pour la régularité. Les Flamands réfléchissent avant de comprendre : ils ont l'imagination lente mais le jugement sain, ainsi qu'un esprit solide et une bonne sagacité. Ils sont .
À la même époque, la nourriture des paysans flamands est généralement plus substantielle que celle des habitants des autres parties de la France. La viande, le beurre et le pain en sont les principaux éléments. Ils boivent par ailleurs de la bière et sont mêmes accusés d'être enclins à faire un usage peu modéré de toutes les boissons fortes. C'est un penchant qui, dans les arrondissements de Dunkerque et d'Hazebrouck, parait même être commun aux femmes et aux jeunes filles : le dimanche et les jours de fête, elles ont l'habitude de passer une partie de la journée au cabaret. Dans les environs d'Hazebrouck, les plus jeunes des femmes tiennent tête, comme leurs aïeules, à leurs parents, avec le verre à la main du couchant à l'aurore.
En général, vers 1841, ils encouragent les travaux de l'imagination et de la science, bien que leur esprit manque de la verve et de la vivacité propres au caractère français. Toutes les inclinations naturelles des Français de la Flandre sont à cette époque tournées vers le plaisir, le repos et l'industrie ; bien que l'amour de l'indépendance leur a fait soutenir des luttes perpétuelles par le passé. Religieux, et ennemis du désordre parce qu'ils sont graves, ils se tiennent cependant à l'abri des superstitions et du fanatisme, parce-que leur jugement est solide. Cette dernière qualité a antérieurement facilité le développement de leur commerce et le progrès de leur agriculture. Les Flamands de France aiment qu'on les instruise des us et coutumes de leurs ancêtres qu'ils respectent et admirent, l'archéologie et l'histoire sont en honneur dans le Nord, où ces goûts très répandus corroborent les sentiments de l'amour de la patrie. Dans la plupart des villes, les lumières de la civilisation ont tiré le flamand de sa naïveté dont les traces ne se peuvent trouver que dans les villages du nord du département. Au sud du pays de Douai, le long de la Sambre, les mœurs sont loin d'avoir autant de simplicité ; mais à mesure qu'on s'approche de la Belgique, l'esprit des habitants s'alourdit et leur complexion va se refroidissant. Ce caractère s'explique jusqu'à un certain point par la nature du sol flamand, par le climat de ces contrées et par la manière de vivre de ces hommes tout matériels.
Selon Francis Wey, le naturel bon, paisible et accommodant du Flamand, cache une humeur assez impérieuse : il n'aime pas à être contredit et sa ténacité prouve qu'il n'a point l'habitude d'avoir tort. Ce trait de son caractère est même un de ceux qui signalent le mieux le Lillois hors de chez lui. Du reste, quand des amis flamands se séparent, loin de conserver de la rancune, il semble que leurs démêlés rendent leur amitié plus étroite, en l'exornant d'un bon souvenir. La jalousie n'est pas plus développée en eux que la passion, ils ne se donnent point la peine de surveiller leurs femmes. La logique imperturbable de ces dernières les empêche de s'occuper d'un autre homme que du leur, attendu, disent-elles, que « c'est bien assez déjà d'en avoir un ». Quant aux époux, leur naturel positif qui les éloigne de tout labeur inutile, ou dont la fin n'est pas sensée, ne leur montre dans l'amour d'une femme mariée, ou même d'une fille que l'on ne veut pas pour épouse, aucun but qui vaille d'être poursuivi. Ces Flamands sont indifférents par rapport aux choses du sentiment, leurs goûts sont tournés à la matière seule, le platonisme leur est inconnu. La preuve la plus sensible de leur froideur est dans le peu de mystère dont ils entourent ce que, ailleurs, on tient dans le secret. Aussi étrangers aux idées pudiques qu'aux pensées immorales, ils sont à la fois cyniques et vertueux. Ils tiennent par exemple avec insouciance les propos les plus « gras », sans rien voiler par des métaphores et ils iraient, sans s'aviser de rougir, avec des costumes très bas décolletés ou même sans costumes. Cette singularité est d'ailleurs commune aux deux Flandres.
D'autre part, le « trop bien vivre » leur alourdit l'esprit et l'imaginative, néanmoins ils se plaisent aux arts et surtout à ceux qui flattent la sensualité, c'est pourquoi la musique est chez eux un goût dominantLes Français peints par eux-mêmes : province, tome 2, Paris, Curmer, 1841.. Les Flamands aiment la représentation, pour les divertir il faut des spectacles magnifiques et étranges. Le beau, pour eux, c'est le bizarre et, sous ce rapport, ils conservent des analogies avec des individus du Moyen Âge. Ils ont introduit le burlesque jusque dans les cérémonies de la religion. En Flandre, les fêtes patronales nommées kermesses ou ducasses, commencent par des processions et se continuent dans l'ivresse. La danse, qui y est très suivie, ne manque pas d'originalité : les hommes y font des « ronds de jambe » en se tenant les poings sur les hanches et le coude en avant, tandis que les femmes, en agitant les bras, tournent sur elles-mêmes avec vivacité. Ils ont encore en 1841, comme les Comtois, leurs tirs à l'arc, à l'arbalète et au fusil, jeux célébrés avec un grand appareil et où se manifeste encore le goût des Flamands pour les distinctions sociales. Les vainqueurs proclamés « Rois », décorés d'un oiseau d'argent, empanachés et enrubanés, sont portés en triomphe par leurs sujets jusqu'au cabaret voisin. Souvent on joint à ce monarque un « Roi du plaisir » chargé de veiller à ce que le désordre ne soit pas troublé un seul instant.
Une union flamande de France (Vlaamsch Verbond van Frankrijk), ayant en partie pour but de défendre les Flamands, est active de 1924 à 1944. Plus tard un parti fédéraliste flamand (Vlaemsche federalistische party), visant à la préservation de la langue flamande et du patrimoine de la Flandre française, est actif de 1984 jusqu'au milieu des années 1990.
Concernant les flamandophones, une vaste recherche linguistique montre en 1972 que le flamand local est encore largement en usage dans une grande partie de l'arrondissement de Dunkerque et, dans de nombreuses communes, il l'est même plus que le français. En 1999, les flamandophones ne sont plus que INSEE, chiffres de 1999, dans Population et sociétés, bulletin mensuel de INED, , février 2002., alors qu'ils étaient environ en 1830Mélanges sur les langues, dialectes et patois, Paris, Bureau de l'almanach du commerce, 1831. D'autre part, cette population est souvent considérée à tort comme étant ch'ti, cela depuis la sortie en 2008 du film Bienvenue chez les ch'tis qui a été tourné à Bergues, une commune située en zone flamandophoneAlex Vanneste, Taaltoestand in Frans-Vlaanderen - 1. Een recent onderzoek, in Ons Erfdeel, , nr. 3, .
Concernant les romanophones, autrement dit les Ch'tis, ils deviennent sérieusement médiatisés à la suite du film cité précédemment, cela en partie via des émissions de téléréalité diffusées à partir de 2011 (voir Les Ch'tis).
Costumes
Personnalités
Notes et références Note
Références
Voir aussi Bibliographie complémentaire Louis de Backer, Les Flamands de France : Études sur leur langue, leur littérature et leurs monuments, Hebbelynck, 1850 Louis de Backer, La Noblesse flamande de France : suivie de l'origine de l'orthographe des noms de famille des Flamands de France, A. Aubry, 1859 Raymond de Bertrand, Dévotions populaires chez les flamands de France, Vanderest, 1854 Alexandre Bonvarlet, Epigraphie des Flamands de France, Lefèvre-Ducrocq, 1862 Désiré Carnel, Noëls dramatiques des flamands de France, Vanderest, 1855 Comité flamand de France, Les Flamands de France : qui sont-ils ? que veulent-ils ?, Éd. des Beffrois, 1983 Edmond de Coussemaker, Chants populaires des Flamands de France, Gyselinck, 1856 Victor Derode, Les ancêtres des flamands de France, Lefebvre Ducrocq, 1865 « Qui sont les Flamands de France ? », in Audrey Gaquin, Peuples et langues de France, Lanham, University Press of America, 1996 Klerktje, Gedenkschrift van een Vlaming van Frankryk : Mémoires d'un Flamand de France, SOS Blootland, 2014 Meyers, Les collaborateurs flamands de France et leurs contacts avec les milieux flamingants belges, in Revue du Nord, , 1978 Robert Noote, Mon dictionnaire illustré des Flamands de France, 1999 Gérard Pottrain, Un adolescent dans la Flandre des années 50, Nord avril, 2006 Émile Vanden Bussche, Bibliographie des Flamands de France, Lefebvre-Ducrocq, 1867 Éric Vanneufville, Histoire de Flandre - Le point de vue flamand, éditions Yoran embanner, 2009, 2011.
Articles connexes Comité flamand de France Démographie du Nord Nationalisme flamand
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