Mawupé Valentin Vovor, né le à Kpalimé et mort le à ParisRelevé des fichiers de l'Insee, est un médecin, universitaire et homme politique togolais.
Formé en biologie et en médecine en France, il devient professeur de médecine des universités françaises dans les années 1960. Il participe à la formation médicale dans plusieurs pays d'Afrique francophone et exerce différentes fonctions publiques au Togo, dont celles de ministre de la Santé, président de la Cour suprême et président de l'Assemblée nationale.
Biographie
Formation Mawupé Valentin Vovor naît le à Kpalimé, au Togo. Il fréquente l'école primaire de Kpalimé, où il obtient le certificat d'études primaires élémentaires en 1938. Il poursuit ensuite ses études secondaires à Atakpamé puis à Lomé.
Sélectionné par l'administration du territoire du Togo pour rejoindre l'École de médecine ouest-africaine de Dakar, rattachée à l'École normale William-Ponty, il part ensuite en France. Il étudie à Marseille, Montpellier et Dijon. Il obtient un diplôme en sciences biologiques en 1954, le grade de docteur en médecine en 1956, puis une spécialisation en chirurgie générale et gynécologique en 1957.
Carrière médicale vignette|Valentin Vovor Mawupé utilisant un pistolet injecteur pour vacciner un enfant en 1966.
Mawupé Valentin Vovor commence sa carrière médicale à Béziers puis à Dijon, avant de retourner au Togo en 1957. Il travaille à l'hôpital national de Lomé, puis rejoint Dakar, au Sénégal, où il dirige la clinique chirurgicale générale de l'hôpital Aristide-Le-Dantec en 1959.
En 1961, il est rappelé au Togo par le gouvernement et occupe la fonction de chef des études médicales au ministère de la Santé, à Lomé. Il crée et dirige l'École nationale des sages-femmes du Togo, tout en conservant des responsabilités à l'hôpital national et au ministère de la Santé. En 1964, il participe à la création de l'École des sages-femmes du Togo et en assure la direction jusqu'à sa retraite de l'administration publique togolaise en 1981.
Carrière universitaire Mawupé Valentin Vovor obtient le grade de professeur de médecine des universités françaises dans les années 1960. Il rejoint ensuite Dakar, où il participe au développement de l'enseignement médical francophone en Afrique subsaharienne. À partir de 1966, il enseigne la médecine générale, la chirurgie et la gynécologie à l'École de médecine de Dakar.
Il contribue à la formation de médecins originaires de plusieurs pays africains, dont le Bénin, le Burkina Faso, le Cameroun, la République centrafricaine, le Congo, la Côte d'Ivoire, le Gabon, le Mali, le Niger, le Sénégal, le Tchad et le Togo.
Il cumule ses responsabilités universitaires à l'université de Dakar, devenue université Cheikh-Anta-Diop, avec ses fonctions au Togo. À Lomé, il poursuit le développement de l'École nationale des sages-femmes et contribue à la structuration de l'enseignement médical supérieur. Le diplôme délivré par l'établissement permet alors à ses anciennes élèves d'exercer au Sénégal et en France sans formation complémentaire.
Il crée également une école de gynécologie et d'obstétrique à l'École de médecine de l'université du Bénin, devenue université de Lomé. L'établissement accueille des étudiants venus d'autres écoles de médecine africaines et développe des partenariats avec des institutions françaises, dont l'université de Lille et l'hôpital Cochin à Paris.
En 1973, Mawupé Valentin Vovor est élu membre de l'Académie nationale de chirurgie française. Il est alors présenté comme l'un des premiers médecins originaires d'Afrique subsaharienne admis dans cette institution.
De 1975 à 1981, il est directeur national de l'enseignement supérieur au sein du ministère togolais de l'Éducation et de la Recherche.
Carrière politique Mawupé Valentin Vovor entre au gouvernement en 1963, après le coup d'État du au Togo. Il est nommé ministre de la Santé, tout en conservant certaines responsabilités médicales et administratives. Il démissionne du gouvernement en 1965 afin de poursuivre ses travaux universitaires en France.
En 1966, après validation par l'Assemblée nationale de la République togolaise, il est nommé président de la Cour suprême du Togo. Il occupe cette fonction jusqu'en 1978.
En 1969, après la création du Rassemblement du peuple togolais (RPT), parti unique du Togo, il intègre son bureau politique avec des responsabilités liées aux relations internationales. Il représente le Togo dans plusieurs rencontres politiques africaines.
Élu député du district de Kpalimé en 1985, il devient président de l'Assemblée nationale togolaise de 1985 à 1988. Il démissionne avant la fin de son mandat.
Engagement religieux et humanitaire Mawupé Valentin Vovor est membre de l'Ordre souverain militaire et hospitalier de Saint-Jean de Jérusalem, de Rhodes et de Malte. Avec cet ordre, il participe à la construction d'un hôpital dans la région de l'Est-Mono, au centre du Togo.
Vie privée Mawupé Valentin Vovor est marié à Emilia Moreira. Le couple a trois filles et deux fils.
Décoration en 1982.
Notes et références
Voir aussi
Bibliographie Yves Marguerat, Les stratégies scolaires au Togo à l'époque du mandat français. Olivier Assiongbor, Discours et allocutions par Gnassingbé Eyadéma : 1967-1975. K. V. Mawupé Vovor, Contribution à l'étude de la maladie thrombo-embolique en Afrique noire : la rareté des thromboses veineuses des membres inférieurs chez les Noirs africains, thèse de doctorat d'État en médecine, Montpellier, 1957. Nicoué Gayibor, Histoire des Togolais : des origines aux années 1960.
Liens externes
Historique du ministère de la Santé du Togo Présentation au drapeau et cérémonie de baptême à l'ESSAL
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