Le Mouvement radical , abrégé en MR ou MRSL, est un ancien parti politique social-libéral français. Il est fondé en 2017 par la réunion du Parti radical et du Parti radical de gauche, qui sont alors tous deux mis en sommeil.
Le Parti radical de gauche quitte le parti pour recouvrer son indépendance en 2019 ; il perd cependant à ce moment-là une très grande partie de ses fédérations et adhérents décidant de rester au Mouvement radical. En 2021, le Parti radical est relancé, entraînant de facto la disparition du MR.
Histoire En , est envisagée une fusion du Parti radical et du Parti radical de gauche.., souvent présentée comme une réunification s'agissant de deux partis revendiquant leur filiation avec le Parti républicain radical et radical-socialiste (nom officiel du Parti radical, qui en est juridiquement le seul continuateur, le PRG ayant été fondé par les soutiens d'une motion minoritaire lors du congrès de Suresnes en 1971).
Le 15 et , les deux partis se rassemblent lors d'universités d'été communes à Montpellier..
Congrès fondateur gauche|vignette|220x220px|Logotype du congrès fondateur du Mouvement radical. La de la famille radicale est soumise au vote lors de congrès organisés par chacun des deux partis le , avant une transition de deux ans.. Les nouveaux statuts ont été adoptés avec 86 % des voix et la plate-forme politique à 89 %..
Il est co-présidé, durant une période de transition de deux ans, par Laurent Hénart et Sylvia Pinel.. Il est donc l'héritier direct du Parti républicain radical et radical-socialiste, plus ancien parti de France, fondé en 1901.
Le siège du mouvement est situé 1, place de Valois, dans les locaux historiques du Parti radical, le PRG quitte donc son siège du 13 rue Duroc..
Plusieurs personnalités et membres des deux partis se sont opposés à cette création ou à ses modalités (cf. infra).
Dénomination Le parti est statutairement dénommé « Mouvement radical (social libéral) ».. Les votants au congrès fondateur avaient également le choix pour la dénomination (15 % des voix). D'autres propositions comme « Les progressistes » avaient été formulées lors du débat préalable au vote qui porta, notamment, sur l'adjectif radical qui . A contrario, André Rossinot et Jean-Michel Baylet (présidents d'honneur respectifs du Parti radical et du Parti radical de gauche) ont défendu le maintien du terme radical.
Ses membres sont appelés les radicaux..
Oppositions à la réunification et départs Peu avant le congrès de , deux tentatives de réunion des membres du Parti radical au sein de l'UDI interviennent : Les Valoisiens, autour d'Yves Jégo, et Génération 1901., mené par Michel Zumkeller (député) et Sophie Joissains (sénatrice). Aucune de ces deux initiatives ne sont ensuite actives.
Du côté du PRG, Virginie Rozière (ancienne députée européenne) et Stéphane Saint-André (ancien député et maire de Béthune) signent une tribune contre la réunification., qui précède la fondation d'un nouveau parti, Les Radicaux de gauche..
Départ du Parti radical de gauche Le , avant l'extinction de la période transitoire de deux ans à l'issue de laquelle les deux partis devaient fusionner, le comité exécutif du PRG décide de quitter le MR, redoutant que le parti ne rejoigne la majorité présidentielle d'Emmanuel Macron lors de son congrès du .. Guillaume Lacroix est élu à cette occasion président du PRG.. Le , Sylvia Pinel s’associe à cette démarche et renonce à sa co-présidence du parti.. Harold Huwart succède à Guillaume Lacroix au poste de co-secrétaire général du Mouvement radical. Si quatre présidents de fédération quittent le Mouvement radical pour rester au PRG., la grande majorité des élus et militants issus du PRG restent au MR..
Fin du Mouvement radical En 2021, le Mouvement radical décide de redevenir le Parti radical, ce qui provoque la disparition du premier. Par ailleurs, le Parti radical entre dans la majorité présidentielle d'Emmanuel Macron, Ensemble citoyens.
Valeurs, idées et programme politiques À l'occasion de son congrès fondateur, le Mouvement radical a réaffirmé sa fidélité aux valeurs défendues par le parti radical :
Dans la déclaration politique. adoptée ce même jour, le Mouvement radical pose : liberté (libertés publiques, liberté d'entreprendre, libertés locales) ; égalité (égalité des chances, égalité réelle, Inégalités hommes-femmes) ; fraternité (justice sociale, solidarisme, solidarité internationale) ; laïcité (liberté de conscience, unité nationale, liberté de religion) ; sécurité (ordre républicain, défense nationale) ; protection de l'environnement ; engagement pour l'Europe (paix durable, organisation fédérale) ; humanisme.
Positionnement politique, alliances, réseaux Positionnement politique Le Mouvement radical se place et peut logiquement être positionné au centre de l'échiquier politique en ce qu'il procède de la fusion d'un parti généralement positionné au centre gauche (PRG) et d'un parti généralement positionné au centre droit (Parti radical). Néanmoins, le MR ne revendique que rarement un positionnement centriste (souvent associé à la tradition démocrate-chrétienne en France), mais se réclame du radicalisme. Le parti est également régulièrement positionné au centre droit. par les médias.
À sa fondation, certains de ses membres, comme l'ancien député Roger-Gérard Schwartzenberg (qui a depuis quitté le parti), souhaite que le MR s'ancre au centre gauche .
Au niveau parlementaire, le positionnement du Mouvement radical n'est pas évident (cf. infra).
Sur le plan européen, le parti déclare porter un projet fédéraliste.
Au niveau national, entre majorité présidentielle et opposition parlementaire Au niveau national, le Mouvement radical se revendique indépendant des alliances qui étaient celles du PRG (notamment avec le Parti socialiste) et du Parti radical (notamment avec Les Républicains), mais aussi vis-à-vis de La République en marche.
Bien que deux de ses membres siègent au Conseil des ministres, le Mouvement radical ne soutient pas l'action du gouvernement dans sa globalité.
Avant la création du MR, les six députés qui en sont membres aujourd'hui ont tous voté en faveur de la déclaration de politique générale prononcée par le Premier ministre Édouard Philippe à l'Assemblée nationale, au titre de l'article 49 de la Constitution (engagement de la responsabilité du gouvernement).. En , quatre députés se sont abstenus sur le projet de loi finances pour 2018 (Jeanine Dubié, Olivier Falorni, Bertrand Pancher, Sylvia Pinel) et deux, membres également de LREM, ont voté pour (Stéphane Claireaux, Philippe Huppé).. Il est traditionnellement admis qu'un député membre de la majorité parlementaire manifeste son appartenance à celle-ci en votant la confiance au gouvernement et en faveur du budget lors de son adoption chaque année. Majoritairement, les futurs députés du Mouvement radical ont donc adopté une position intermédiaire, similaire à celle d'une partie des députés centristes ou de droite et plus distante de celle des trois députés socialistes qui ont voté la confiance au gouvernement en , mais contre le budget 2018 en novembre.
La majorité des députés MR a voté contre la loi pour une immigration maîtrisée, un droit d'asile effectif et une intégration réussie. le alors que les députés LREM, MoDem composant la majorité et UDI (opposition constructive) ont très largement voté en sa faveur..
À l'occasion des élections européennes, le Mouvement radical intègre la liste de la majorité présidentielle. Cette option engendre le départ d'une partie des membres du PRG.
Persistance des alliances respectives du PRG et du PRV au niveau local Dans les collectivités territoriales, le Mouvement maintient les alliances locales que ses deux partis fondateurs avaient pu préalablement nouer. Il en résulte que dans plusieurs collectivités, des élus membres du MR sont susceptibles de siéger dans des groupes politiques différents, voire opposés politiquement. C'est par exemple le cas en région Auvergne-Rhône-Alpes, où une partie siège au sein du groupe centriste « Les Démocrates » (UDI-MoDem) au sein de la majorité de Laurent Wauquiez et d'autres dans son opposition au sein du groupe du Parti radical de gauche..
En , André Rossinot, président de la métropole de Nancy et ancien président du Parti radical, annonce qu'il apporte son soutien à Emmanuel Macron. Nadine Morano considère que ce ralliement entre LR et les centristes à Nancy. Laurent Hénart précise quant à lui qu'« André Rossinot ne quitte pas le Mouvement radical »..
Élections Élections législatives partielles Pour le second tour de l'élection législative partielle de dans la première circonscription de Mayotte, le Mouvement radical soutient la candidate divers gauche (ex-PS, députée sortante siégeant au groupe LREM) Ramlati Ali.
Élections européennes de 2019 Lors de son conseil national du consacré à l'Union européenne, Laurent Hénart pose comme condition que tous les partis qui s'uniraient s'engagent à siéger au groupe ADLE. Sylvia Pinel exprime ses doutes sur le principe même d'une liste commune avec LREM.. Cette divergence cause le départ de Sylvia Pinel et plusieurs cadres du parti en .
Lors de son congrès du , le Mouvement radical se prononce officiellement en faveur d'une alliance avec LREM, le MoDem et Agir, qui se traduit par la participation du parti à la liste Renaissance. Le député européen sortant Dominique Riquet est réélu à l'issue du scrutin.
Organisation, instances nationales Direction nationale En 2021, la composition de la direction nationale du MR est la suivante. : Président : Laurent Hénart Secrétaire générale : Nathalie Delattre vice-président délégué, président de l'Atelier : Harold Huwart Trésorier : Jean-Marc Gabouty Vice-président : Bruno Bonnell Secrétaire général adjoint : Christian Brisset Trésorière adjointe : Isabelle Mérand Président du groupe RDSE au Sénat : Jean-Claude Requier Co-président du groupe LT à l'Assemblée : Bertrand Pancher Président des Jeunes Radicaux : Henry Dupas
Fonctionnement Le MR prévoit un statut d'adhérent. qui paie une cotisation, ce qui lui donne le droit de participer pleinement à la démocratie interne du mouvement ainsi qu'un statut de coopérateur, qui ne paie pas de cotisation et ne détient donc pas de droit de vote pour désigner les instances locales et nationales.
L'organe suprême du Mouvement radical est le congrès qui réunit, au moins une fois l'an, des délégués (seuls détenteurs d'un droit de vote) et l'ensemble des adhérents et coopérateurs qui souhaitent y participer. Le MR est aussi doté d'une instance de réflexion organisée en commissions thématiques dénommée « Atelier ».
Les fédérations départementales élisent un comité national qui met en œuvre les résolutions adoptées par le congrès. Le bureau national est une émanation de ce comité, destinée « à la réflexion du mouvement ».
La présidence nationale du Mouvement radical est directement élue par les adhérents.
Le , le MR réunit à Paris son premier comité national en présence de ses deux co-présidents et, notamment, de Jacques Mézard, Didier Bariani, Émile Zuccarelli, André Rossinot, Jean-Michel Baylet, Roger-Gérard Schwartzenberg et Thierry Cornillet..
Au niveau territorial Au niveau territorial, le Mouvement radical se structure principalement en fédérations départementales (ex. Aude., Cher.) dirigés par un délégué départemental et regroupées au niveau régional ou interrégional (ex. Centre-Val de Loire - Auvergne-Pays de la Loire - Rhône-Alpes., Bretagne - Normandie.) sous l'autorité d'un président ou de co-présidents régionaux. Au sein des fédérations, le Mouvement radical peut aussi se structurer en cercles locaux.
Congrès
: Paris, : refondation du parti : Paris, : proclamation de l'élection de Laurent Hénart à la présidence
Personnalités membres du Mouvement radical Membres du gouvernement