La font Gaillarde est à la fois le nom d'une source et d'un système souterrain situés sur la commune de Thorame-Haute, dans le Haut Verdon, département des Alpes-de-Haute-Provence.

Toponymie

Au début du , la « grotte de Fontgaillarde » est mentionnée par l'entomologiste Paul-Marie de Peyerimhoff de FontenellePeyerimhoff Paul de - (1909-1910) – Recherches sur la faune cavernicole des Basses-Alpes (suite et fin). Annales des Basses-Alpes, t. XIV, pp. 9-19.. L'adjectif gaillard, du radical gaulois gall- « fort, force », indique une source puissante.

Spéléométrie

La dénivellation du système de la Font Gaillarde est de pour un développement d'environ . Le système souterrain comprend deux entrées : l'entrée inférieure ou première entrée (alt. ) et l'entrée des BoudraguesCréac'h Yves (1987) – Grottes et gouffres divers des Alpes de Haute Provence. In Inventaire spéléologique des Alpes-Maritimes, tome IV,.pp. 915-967. (alt. ). Il existe également deux grottes, l'une s'ouvrant au-dessous du système : la grotte du Captage (alt. ), et l'autre, au-dessus : la grotte de Font Gaillarde (alt. ). Bien que cette dernière grotte atteste l'étagement des galeries de la Font Gaillarde, elle n'est pas reliée au réseau souterrain. Toutefois, un tronçon prolongeant cette galerie (+79) a été découvert dans le système de la Font Gaillarde en 2016. Le développement total (galeries topographiées et non topographiées) est estimé à .

Géologie Le système souterrain se développe dans les calcaires et marno-calcaires du Crétacé supérieur.

La fontaine de Colmars

La fontaine de Colmars est un phénomène naturel mentionné dans les textes anciens ; quelques humanistes du se passionnent pour cette source aux caractéristiques étonnantes. Partageant son temps entre Digne et Paris, le philosophe Pierre Gassendi visite vers 1635 toute la Provence alpestre, et notamment la fontaine de Colmars sur laquelle il fait quelques observationsLettres des 20 et 25 mai 1635 de Gassendi à Peiresc in Tamizey de Larroque Philippe (1887-1888) – Impressions de Voyage de Pierre Gassendi dans la Provence alpestre. Annales des Basses-Alpes, t. III, pp. 92-107.. Les observations sont rapportées par l'abbé PaponPapon Jean-Pierre (1787) – Voyage de Provence. Ed. La Découverte édit., Réédit. de 1984, 301 p. : « Il y a près de Colmars une fontaine intermittente, remarquable par la fréquence de ses retours. Gassendi, qui l'avait examinée, assure qu'elle coule quatre fois dans une heure, et pendant sept minutes à chaque fois, après lesquelles il y a une cessation absolue tantôt de huit, tantôt de sept, et tantôt de six minutes. Le mécanisme de ces fontaines est connu. C'est le même que celui du siphon. »

À la fin du , Claude-François Achard rend compte de l'intérêt des savants et précise que DarlucDarluc Michel (1782-1784-1786) – Histoire naturelle de la Provence. Avignon, Niel, 3 volumes. est le seul qui ait dit que le tremblement de terre de Lisbonne () la fit tarir : « cela est pourtant si vrai qu’elle n’a reparu avec des variations qui annoncent que les Naturalistes n’avaient pas bien connu la cause de ses suspensions. M. Poilroux, Médecin de Castellane, paraît avoir saisi la cause de ce phénomène dans la Dissertation qu’il a écrite sur cette fontaine intercalaire »Zerubia Roger (1977) – Les communes de Haute-Provence (extrait du dictionnaire de Claude Achard, 1787). Ann. des Basses-Alpes, tome XLVI, , pp. 290-294..

Cependant, la fontaine de Colmars n'a pas été retrouvée ; aucune observation directe du phénomène d'intermittence n'a été effectuée depuis l'époque des philosophes. Certes, Colmars est une localité située sur le cours du Haut Verdon, mais aucune source proche n'a les caractéristiques de la fontaine. Toutefois, il serait possible de confondre la fontaine de Colmars avec une source puissante, comme la font Gaillarde située un peu plus en aval de Colmars sur le Verdon.. La font Gaillarde est un phénomène karstique remarquable qui s'assèche et grossit en fonction des saisons. Ainsi, le régime pluvio-nival de la source a pu susciter l'intérêt des savants du qui se déplaçait rarement sur les lieux pour observer d'eux-mêmes, mais envoyaient plus souvent des émissaires comme cela a été le cas à l'antre du mont Coyer à Peyresq (Thorame-Haute).

Explorations spéléologiques

La grotte reçoit la visite de Pierre Martel en 1954Parein René & Languille André (1981) – La Haute Provence souterraine. Contribution à l’étude spéléologique du bassin d’alimentation présumé de la fontaine de Vaucluse. Chez les auteurs, 422 p.. En 1980, le Spéléo Club de Draguignan reprend l’exploration et parvient jusqu'à la trémie terminale à la cote +60. En 1981, les autres entrées sont reliées au système souterrain de la Font GaillardePaillier Alain (1981) – L'exsurgence de Font Gaillarde. Voconcie, Bull. S.C. Voconcien, , pp. 33-37.. En 2016, Lionel Catsoyannis et Marie-Line Madelaine découvrent une suite dans les amonts et parviennent à la cote + 79 dans une grande galerie.

Notes et références Notes

Références

Voir aussi Bibliographie .

Articles connexes Liste de grottes Spéléologie en France Liste des cavités naturelles les plus longues des Alpes-de-Haute-Provence Liste des cavités naturelles les plus profondes des Alpes-de-Haute-Provence

Liens externes

Font Gaillarde Catégorie:Thorame-Haute