L’Académie royale de peinture, sculpture et architecture de Toulouse a été créée par lettres patentes par Louis XV le . Elle disparaît à la suite du décret du de la Convention nationale qui supprime « toutes les académies et sociétés littéraires patentées ou dotées par la Nation ».

Historique Les premières écoles des beaux-arts de Toulouse Jean Chalette a été un des premiers peintres toulousains à organiser l'enseignement du dessin par l'étude du modèle vivant dans son atelier, dès 1612.. Après la mort de Chalette, Ambroise Frédeau a accueilli de nombreux jeunes gens désireux de recevoir ses leçons..

Le peintre Hilaire Pader, après son retour d'Italie, fonde une académie à Toulouse, enregistrée chez un notaire le , sur le modèle de celles qu'il avait connu en Italie. Il a ouvert un cours de modèle vivant en 1643, mais elle doit fermer. D'autres artistes toulousains ont essayé d'ouvrir une école dans leur atelier comme Jean de Troy.. Joseph Malliot a écrit que Raymond Lafage a proposé aux capitouls de fonder une école publique et gratuite de dessin à Toulouse, en 1683. Bernard Dupuy du Grez a précisé qu'il se proposait d'enseigner dans cette école moyennant une pension de la ville de Toulouse, mais ajoute que son inconduite l'a amené à quitter la ville..

Un Confrérie de Saint-Luc avait été fondée à Paris, organe de la corporation des maîtres peintres et sculpteurs par lettres patentes du . Cependant, parmi les peintres, artisans, les artistes, ne se sentant pas protégés contre la lourdeur des règlements professionnels, se sont rapprochés de Charles Le Brun à son retour d'Italie pour former une académie placée sous la protection royale. L'Académie royale de peinture et de sculpture de Paris a été fondée par lettres patentes du . En 1655, l'Académie a établi sous son patronage des écoles pour propager les enseignements de ses membres pour les substituer aux enseignements des corporations. Thomas Blanchet reçu académicien en 1676, s'est établi à Lyon et a souhaité y créer une école pour y « enseigner dans les artz de peinture et de sculpture selon les ordonnances du Roy et la discipline de l'Académie Royalle ». Pour répondre à cette demande, Charles Le Brun a rédigé les statuts destinés aux nouvelles sociétés académiques qui ont été discutés par l'Académie, approuvés par Jean-Baptiste Colbert le . Louis XIV a accordé des lettres patentes pour la création d'Écoles académiques enregistrées au parlement de Paris le . Dans ces lettres patentes, le roi prévoit que ces Écoles académiques, dont il prévoit l'ouverture dans les principales villes du royaume, doivent être subordonnées à l'Académie royale de peinture et de sculpture. Malgré des tentatives de fondation à Lyon, Reims, Bordeaux, Montpellier, elles n'ont pas pu se maintenir avant le ..

L'avocat et amateur Bernard Dupuy du Grez a établi, en 1680, sous son seul patronage une école privée de dessin et de peinture et faisait poser à ses frais un modèle vivant et donnait des prix aux meilleurs élèves. Il a publié en 1699 un Traité sur la Peinture (réimpression Genève, Minkoff, 1972). Dans ce traité il défend la nécessité d'une école de dessin sur modèle vivant. Il disserte sur la meilleure façon d'organiser cette étude, avec une discussion sur les meilleures heures utiles, sur les saisons, sur les prix à distribuer. Il demande que cette école soit publique. Face à l'opposition des milieux religieux à l'étude sur modèle vivant pouvant poser nu, il rappelle que cette étude et les prix sont autorisés par les lettres patentes données par Louis XIV à la demande des membres de l'Académie royale de peinture et de sculpture qui ont été enregistrées par le parlement de Paris le . Il mentionne les écrits faits par différents peintres sur les proportions du corps humain par Vitruve, Albrecht Dürer, Giovanni Paolo Lomazzo traduit par Hilaire Pader. Dans ce livre, après avoir écrit sur Le Caravage, Le Corrège, Giorgione, Titien, Raphaël, Poussin, Véronèse, il étudie les œuvres des peintres établis à Toulouse, dans les églises des Grands-Augustin, des Dames Maltaises, des Cordeliers, des Chartreux, des Carmes déchaussés, des Grands Carmes, des Dominicains, exécutés par Nicolas Tournier, d'Antoine Durand, de Simon Vouet, d'Ambroise Frédeau. À sa mort, en 1720, l'école est fermée.

Les élèves de cette école se sont alors rapprochés des élèves d'Antoine Rivalz, peintre de l'hôtel de ville. Ayant trouvé le moyen de créer un fond pour payer les frais de modèle vivant, ils se sont adressés à Antoine Rivalz pour qu'il leur prête une salle contigüe à son atelier qu'il occupe à l'hôtel de ville et leur donne des conseils. Antoine Rivalz a accepté cette proposition. L'école s'est alors ouverte dès que tout a été prêt. L'école a pris la forme d'un atelier libre. Quelques mois plus tard, les capitouls se sont intéressés à cette école. Au cours de la réunion du du conseil de ville est présenté la demande d'Antoine Rivalz d'ériger dans son atelier une académie de peinture où toutes sortes de personnes de divers arts, graveurs, orfèvres, brodeurs, peintres, sculpteurs, architectes, menuisiers qui peuvent s'y instruire des règles du dessin. Il a proposé de former d’habiles artisans autant que de bons artistes. Antoine Rivalz demande aussi au corps de ville de se rendre protecteur de cette école et lui accorder des secours. Le , le conseil de ville a accepté d'accorder une allocation annuelle de . Finalement, le , sur la proposition des Capitouls le conseil de ville a accepté que cette allocation doit être continuée pendant toute la vie du sieur Rivalz. À la mort d'Antoine Rivalz, en 1735, l'école ferme.

Juste après le décès d'Antoine Rivalz, Guillaume Cammas est nommé peintre de l'hôtel de ville. Il a rétabli l'école à ses dépens le . Il s'est chargé des leçons de dessin et de peinture et s'est adjoint Pierre Lucas pour donner des leçons de sculpture. Dès le début des années 1740 un cours d'architecture a été ajouté aux enseignements de dessin, peinture et sculpture. Après une visite de l'école par les capitouls, l'allocation de est rétablie en supprimant la condition de temps. Devant le succès de l'école, le conseil de ville a décidé au cours de la séance du d'attribuer une somme annuelle de pour l'« achat de médailles d'or et d'argent de valeurs différentes pour être distribuées à ceux des élèves qui auraient fait les meilleurs ouvrages de peinture, sculpture, architecture et de dessin d'après le modèle vivant, d'après la bosse et d'après l'estampe ».

La Société des beaux-arts de Toulouse Devant ce succès, Guillaume Cammas et les amis de l'école ont remis un mémoire proposant que les personnes chargées d'attribuer ces prix forment une « société qui fût assujettie à des règlements, qui s'assemblât à certains jours marquées, et dont les arts et le moyen de les faire fleurir seraient l'objet ». Le projet a été approuvé et délibéré dans les conseils de la ville tenus du 8 au ..

Pour éviter les susceptibilités des capitouls et des membres du conseil de ville ainsi que des artistes pour la création d'une nouvelle société, il a été proposé de prévoir dans les statuts de la société des représentants de tous les éléments capables capables de la seconder : capitouls, membres du conseil de ville, hommes du monde, amateurs et artistes. Dans les premiers statuts de la société il a été prévu qu'elle serait composée de « huit capitouls en exercice, du syndic de la ville, de quatre anciens capitouls renouvelables tous les trois ans et appelés, de ce fait, commissaires triennaux, de six associés honoraires et de sept associés artistes. De plus, la nomination les premiers titulaires dans toutes les classes était réservée au conseil de ville », puis ce serait la société qui choisirait les membres des deux classes honoraires et artistes dans le cas de vacances ultérieures.

Les premiers membres de la société ont état : huit capitouls en exercice : M. Laporte, chef du consistoire, M. Raynaud, M. Delfau, M. Lassaigne, M. Prevost, M. Badole et deux autres dont les noms ne sont pas connus ; quatre commissaires triennaux : Jean Poisson, Nicolas d'Héliot, Barnard de Cèze, baron de Caupenne, et Jean-Antoine Destadens ; le syndic de la ville : Louis-Guillaume Bailot ; six associés honoraires : abbé de Sapte, le comte de Caraman, lieutenant général des armées du roi, le comte de Fumel, Louis de Mondran, Pierre de Lagorrée, abbé Maduron, chanoine de Saint-Sernin. Le comte de Caraman et le comte de Fumel étaient mainteneurs de l'Académie des jeux floraux, le comte de Caraman, le comte de Fumel et l'abbé de Sapte étaient membres de la société des sciences qui allait devenir l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse, les comtes de Caraman et de Fumel, ainsi que Louis de Mondran étaients francs-maçons, sept associés artistes : Guillaume Cammas, peintre de l'hôtel de ville, et en cette qualité directeur de l'école, Jean-Baptiste Despax peintre, Pierre Rivalz, peintre, M. Simonin aîné, graveur, Pierre Lucas, sculpteur, Marc Arcis fils, sculpteur, Étienne Rossat, sculpteur. Ils se sont assemblés pour la première fois chez Guillaume Cammas, le . Le , les premiers lauréats des prix pour les travaux réalisés l'année précédente ont été Bastide et Jean Antoine Gros qui ont reçu un prix de 15 livres et Louis-Jean-François Lagrenée qui a reçu le prix de modèle de 30 livres. Le lendemain a été tenu le concours dans la galerie de peinture du Capitole. Gaubert Labeyrie a obtenu le prix de l'estampe de 15 livres et de peinture de 60 livres, Lagrenée le prix de sculpture de 60 livres. D'autres élèves, Gilles Pin et Jean-Baptiste-François-Hyacinthe Labat de Savignac, ont été couronnés au cours de l'assemblée publique du .

Jusqu'en 1751, les professeurs de la Société des beaux-arts n'ont pas eu d'émoluments.

Certains capitouls ne sont pas favorables à cette société car ils jugent que la subvention de qu'elle reçoit de la ville est trop coûteuse par rapport à son utilité pour la ville. M. Lasserre, chef du consistoire de la ville, ayant posé la question au Conseil de ville d'obtenir des lettres patentes pour transformer la Société en Académie, il n'y a eu qu'une seule voix de majorité au conseil pour éviter que la Société des beaux-arts ne soit supprimée.. Le comte de Caraman a eu le projet de la réunir à l'Académie des sciences, inscriptions et belles-lettres de Toulouse qui venait d'être créée. Louis de Mondran défendait plutôt l'obtention de lettres patentes pour créer une institution royale. Le comte de Caraman quitta Toulouse pour s'installer à Paris où l'appelaient ses affaires et le comte de Fumel s'est retiré à Bordeaux.. Louis de Mondran est alors désigné comme modérateur de la Société des beaux-arts. Il va mener plusieurs actions en même temps, éviter que le Corps de ville supprime la Société des beaux-arts, modifier son règlement pour augmenter le nombre d'associés honoraires en créant huit nouvelles places d'associés ordinaires approuvé par le conseil de ville en 1747 (pour conserver sa position dans la Société, le Corps de ville a réservé quatre des places à d'anciens capitouls), adopter de nouveaux statuts le ., agir auprès de ses relations parisiennes pour transformer la Société des beaux-arts en Académie par lettres patentes royales pour la sortir de sa dépendance au Corps de ville. En même temps, Louis de Mondran a fait acheter par la ville, en 1749, aux héritiers du sculpteur Philippe Parant, mort à Béziers, les moulages de toutes les statues antiques qu'il avait réalisés à Rome sur ordre de Louis XIV, et en fit faire des moulages en creux pour les reproduire à volonté.

L'Académie royale de peinture, sculpture et architecture de Toulouse Cette Académie a été souhaitée par des personnalités toulousaines membres de la Société des beaux-arts pour donner à l'enseignement des beaux-arts une structure pérenne.