Le pont du Veurdre est un pont routier de type Cantilever (ou pont à poutres en porte-à-faux) construit en 1948 sur l'Allier et inauguré le . Il est situé entre les communes du Veurdre (Allier) et de Livry (Nièvre). Il serait l'un des premiers ponts en Europe construits avec la technique du pont Cantilever. Il remplace un pont en béton construit par Eugène Freyssinet en 1910 et détruit pendant la Seconde Guerre mondiale, premier pont construit avec cette technique.
Histoire thumb|Le pont Freyssinet tout juste achevé dans les années 1910 à côté de l'ancien pont suspendu avant son démantèlement. Au siècle, l'Allier était franchi à cet endroit par un pont suspendu."Le pont du Veurdre : des histoires de béton armé et d’armée", La Montagne, 21 juin 2012.. Ce pont fut construit en 1833, à une seule voie et comportait trois travées d'une ouverture totale de 191,4m, c'était un pont à péage jusqu'en 1890 puis le passage était libre.
En 1910, l'ingénieur Eugène Freyssinet construisit à sa place, le premier d'une série de trois ponts au-dessus de l'Allier, d'un genre identique en béton avec le pont Boutiron à Creuzier-le-Vieux, au nord de Vichy, et le pont de Châtel-de-Neuvre. Il avait mis au point une technique de décintrage du béton pour les ponts qu'il avait testé en 1907 au pont Prairéal sur la Besbre: décintrage par vérinage à la clé. L'année précédente, lors de la construction d'une arche d'essai à Moulins, avec deux articulations, il avait testé et réussi le décintrage par poussées aux deux extrémités. Au Veurdre, il a dû revenir à trois articulations imposées par les règlements en vigueur.
Le 18 juin 1940, une quarantaine de soldats français sous le commandement du capitaine Paul-Dominique BastianiFils du colonel Tibère Bastiani, Paul-Dominique Bastiani naît en 1901 à Albi où son père sert au régiment d'infanterie. Après sa sortie de l'école militaire de Saint-Cyr, en 1931, il demande à être affecté aux sapeurs-pompiers de Paris qui est un corps militaire. Lors du déclenchement de la guerre, il rejoint à sa demande une unité combattante. Le 16 juin 1940, alors que les unités françaises refluent en désordre dans la région, il rassemble quelques dizaines d'hommes pour empêcher le franchissement de l'Allier par les Allemands. Il réussit à les bloquer avec un canon et quelques mitrailleuses pendant une journée, les Allemands réussissant finalement à les prendre à revers après avoir fait traverser des troupes sur des pneumatiques en amont de la rivière. Lui et six autres soldats français sont tués dans ce combat. Ils sont enterrés dans un carré du cimetière du Veurdre. En 2000, grâce à l'action de l'Amicale tarnaise des pompiers de Paris, une plaque a été apposée sur sa maison natale au 120 boulevard Valmy (source : « Cet Albigeois a-t-il changé le cours de la guerre ? » sur ladepeche.fr, 7 mai 2000, et Pompiers dans Paris en guerre (1939-1945) par Jean-Claude Demory, 2004). et du lieutenant Pierre Legris s'opposèrent à une colonne allemande estimée à plus de 1000 hommes en les bloquant pendant une journée. SeptUne plaque sur le monument commémoratif rappelle les noms de sept tués. Il y est écrit : "Les combattants du pont ont été honorés", La Montagne, juin 2015 soldats français furent tués, dont le capitaine Bastiani et le lieutenant Legris. Un monument commémoratif à proximité du pont rappelle cet épisode. Le 7 septembre 1944, la Résistance dynamita le pont en vue d'empêcher le passage des colonnes allemandes.
Il fut reconstruit en 1948 en béton précontraint, en réutilisant les anciennes piles qui n'avaient pas été détruites, suivant la nouvelle technique du pont Cantilever, (pont à poutres en porte-à-faux) , structure « Cantilever » qui est parmi les premières utilisées en Europe selon la maire du Veurdre Jacqueline Berthet. Le nouvel ouvrage présente une ouverture totale de 225,5m entre parement des culées avec trois travées principales pour une largeur de 9m. Ce qui en fait à sa construction le plus grand de ce type en France devant celui de Villeneuve-Saint-Georges, celui de La Madeleine à Nantes et il n'est dépassé en Europe que par celui de Waterloo sur la Tamise.
Curieux retour, le pont Freyssinet du Veurdre de 1910, construit en béton armé est remplacé en 1948 par un béton précontraint. Cette technique du béton précontraint, utilisée en 1948, a été inventée et brevetée par Freyssinet en 1928. Il en avait eu l'intuition en construisant à Moulins une arche d'essai en 1908 précisément pour le pont du Veurdre.
Notes
Références
Annexes
Bibliographie . Pierre Bordes, « Le pont du Veurdre, plus d'un siècle de vicissitudes (1836-1949) », Cahiers bourbonnais, , hiver 2012-2013, . Ingénieurs des ponts et chaussées : Chavagnac, Ducoussot, Marme, Wennagel, Riobé, Rambaud, Lehuédé, 1940 - 1948 40 Ouvrages reconstruits - inauguration du pont du Veurdre par M. Christian Pineau, imprimeurs : Crépin Leblond, n° d'édit 109, dépôt légal , n° d'imp 47222 ,
Jean-Claude Demory, Pompiers dans Paris en guerre (1939-1945), éd. Altipresse, 2004 Articles connexes Liste de ponts de l'Allier Liste des ponts sur l'Allier
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