Manuel Joaquim de Sousa ( - ) est une des figures de proue du mouvement anarchiste portugais« La notoriété de Reclus, Kropotkine, Manuel Joaquim de Sousa, Neno Vasco, Campos Lima et autres « étoiles » de l'anarchisme, a été acquise par l'effort individuel de l'écriture, car ici les structures de la promotion politique, le parti, les élections, les commissions parlementaires, n'existent pas. », Charles Amiel, Kongreßschrift, École des hautes études en sciences sociales, Centre d'études portugaises, Société française d'histoire du Portugal, Barbosa & Xavier, 1987, page 267. et un dirigeant anarcho-syndicaliste important de la Confédération générale du travail portugaise pendant la Première République.
Orateur influent, journaliste et polémiste, il a marqué une génération de syndicalistes libertaires.
Au début des années 1920, il est l'un des premiers à défendre l'idée d’unification du mouvement anarchiste ibérique, ce qui se concrétise par la création, en 1927, de la Fédération anarchiste ibérique (FAI).
thumb|300px|right|Manuel Joaquim de Sousa en meeting le à Lisbonne.
Biographie Né dans une famille pauvre dans un faubourg de Porto, il commence à travailler à l'âge de 12 ans comme apprenti.
En 1904, il milite dans le Grupo de Propaganda Libertária à Porto* Carlos Da Fonseca, Introduction à l'histoire du mouvement libertaire au Portugal suivi de Caractéristiques de l'activité fouriériste dans la péninsule ibérique, Éditions ArqOperaria / Vosstanie, 2017, , page 21. » et participe aux événements qui mènent à la Première République.
En 1911, il publie la brochure O sindicalismo e a acção directaMiguel Chueca, Maurizio Antonioli, Le syndicalisme révolutionnaire, la charte d'Amiens et l'autonomie ouvrière, Éditions CNT Région parisienne, 2009, page 97., plusieurs fois rééditée depuis.
Entre 1912 et 1913, il est le secrétaire général de l'União Geral de Trabalhadores da Região Norte (Union générale des travailleurs de la région Nord) et, en au Congrès de Tomar, il participe à la constitution de l'União Operária Nacional (Union nationale des travailleurs - UON).
En 1916, il déserte l'armée et se réfugie à Barcelone, où il est arrêté au cours de la grève des Postes et Télégraphes.
Il revient en 1918 à Lisbonne.
Le , il participe et préside, en tant que secrétaire de l'UON, le Congrès National des Travailleurs à Coimbra et à la fondation de la Confédération générale du travail (CGT). Il en est élu secrétaire généralDictionnaire international des militants anarchistes : Manuel Joaquim de Sousa..
Le , après le coup d'État de Primo de Rivera, il est arrêté à Séville lors d'une réunion du Comité national de la CNT.
En 1925, en tant que membre de la CGT, il vote au Congrès de Santarém l'adhésion de la CGT à l'Association internationale des travailleurs (anarcho-syndicaliste).
C'est à cette époque qu'il présente un projet de regroupement organisationnel entre anarchistes espagnols et portugais dans une Fédération anarchiste ibérique (FAI)Edgar Rodrigues, Humains et idées sans patrie, Le Monde libertaire, 3 novembre 1994, .. Le , il est l'un des fondateurs de la FAI.
Son intense activité contre la dictature militaire et le fascisme de Salazar lui valent de nombreuses arrestations en 1928, 1932 et 1934/35.
À partir de 1943, il participe au réseau clandestin de la CGT qui tente de promouvoir des initiatives de « relance de la propagande et de l'organisation libertaire » et l'action antifasciste.
Il meurt, le , à Lisbonne.
Publications Dans les années 1920, il contribue, en tant que rédacteur en chef, à la rédaction de .
Sindicalismo e Acção Directa, 1931. O Sindicalismo em Portugal : esboço histórico, 1931. O sindicalismo em Portugal, préf. Emídio Santana, Porto, Ediçoes Afrontamento, 1974, Últimos tempos de acção sindical livre e do anarquismo militante, Lisboa, Antígona, 1989, , .
Bibliographie et sources
João Freire, Les anarchistes du PortugalCatalogue collectif de France, « Version réduite, simplifiée et mise à jour d'une thèse de doctorat, présentée en 1988 à l'ISCTE, Université technique de Lisbonne. Bibliogr. », ., Éditions CNT-Région parisienne, 2002, , présentation éditeur, notice.
José Pacheco Pereira, L'historiographie Ouvrière Au Portugal, Le Mouvement Social, 123, 1983, , , .
Dictionnaire international des militants anarchistes : notice biographique.
E. Rodrigues, Sousa, Manuel Joaquim de (1883-1944), Arquivo Histórico-Social, 1982, .
Estel Negre : notice biographique.
Articles connexes
Anarchisme au Portugal Mário Castelhano Libertaire Histoire de l'anarchisme
Liens externes
Notes et références
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