Jean-Pierre Romeu, né le à Thuir (France), est un joueur international français de rugby à XV évoluant au poste de demi d'ouverture.
Après avoir d'abord joué avec l'US Carmaux jusqu'en 1969, il rejoint l'AS Montferrand. Avec le club auvergnat, dont il devient le meilleur réalisateur avec inscrits avant d'être dépassé par Gérald Merceron, il remporte le Challenge Yves du Manoir en 1976 mais échoue en finale du Championnat de France en 1978.
International à avec le XV de France, il est pendant un temps le meilleur réalisateur de cette sélection avec inscrits avant que Didier Camberabero ne le dépasse. Avec son pays, il remporte le Tournoi des Cinq Nations en 1973 puis en 1977 où la France réalise son deuxième Grand Chelem. Il n'est ensuite plus appelé en sélection à partir de la fin d'année 1977.
Il met un terme à sa carrière sportive en 1981 mais reste impliqué dans le monde du rugby.
Biographie Jeunesse et débuts sportifs Jean-Pierre Romeu est le fils de Pierre Romeu qui joue au rugby à XV au poste d'arrière à l'US Thuir et travaille aux caves Byrrh. Par la suite, son père décide de déménager à Carmaux afin de commencer un nouveau travail aux mines, à la compagnie minière de Carmaux, et rejoint le club de l'US Carmaux. En 1948, sa mère, enceinte de Jean-Pierre, émet le souhait de donner naissance à son enfant sur la terre de ses ancêtres. Jean-Pierre Romeu naît à Thuir le dans le département français des Pyrénées-Orientales.. La famille retourne ensuite à Carmaux où il grandit dans une petite maison de la cité des mineurs à Saint-Benoît-de-Carmaux. Cinq ans après sa naissance, son frère Georges naît. Dans la cité des mineurs, il commence la pratique sportive en jouant au football ainsi qu'au rugby à XV avec des jeunes de plusieurs nationalités.
Étant attiré par le sport en général, il fait ses débuts dans la compétition lors d'un cross où il termine premier, marchant sur les traces de son père qui a remporté les titres de champion du Roussillon du 1 500 mètres et de champion de la Côte d'Azur sur 1 500 et 3 000 mètres. Huit jours plus tard, il s'impose de nouveau dans une autre course, est sélectionné pour une épreuve départementale en cadets qu'il gagne encore une fois et va jusqu'à remporter un championnat régional organisé à Toulouse. Grâce à cette victoire, il se qualifie pour le cross de L'Humanité à Paris, la plus grande épreuve française de cette discipline. Sur , il termine dans les quarantièmes.
Débuts à l'US Carmaux et travail à la mine En 1960, à douze ans, un ami lui propose de venir jouer au rugby à XV à l'US Carmaux. Il rejoint alors les minimes du club où il est entraîné par Monsieur Jalras, un ancien joueur du club, qui lui apprend les bases du joueur de rugby et évolue d'abord au poste de troisième ligne. Monté en cadets, son entraîneur le déplace au poste de demi d'ouverture de par son gabarit correspondant mieux à ce poste. Dans cette catégorie, il dispute une demi-finale du championnat des Pyrénées à Toulouse où il rencontre Jack Cantoni, déjà considéré comme un phénomène, qui marque l'essai de la victoire pour les adversaires en fin de match.
À seize ans, n'ayant pas le , il fait le choix de partir travailler à la mine, comme la plupart de ses camarades de classe, alors que ses parents souhaitent le voir continuer ses études au lycée. De ce fait, il travaille durant trois ans aux houillères d'Aquitaine, descendant à sous terre dans les puits Tronquié et Sainte-Marie. Rapidement, il se rend compte des dangers de ce métier qui peuvent l'empêcher de continuer sa pratique sportive au sein de l'US Carmaux. Il exprime alors son envie de quitter le métier de mineur, perdant notamment son entraîneur chez les juniors, Monsieur Peccoro, à cause d'un coup de grisou où quatorze autres mineurs perdent la vie à Carmaux.
thumb|left|Puits des mines de Carmaux. À gauche, le chevalement du puits de Sainte-Marie où Jean-Pierre Romeu descend travailler.|alt=Photographie d'un chevalement et d'un puits de mine.
En 1965, toujours à seize ans, alors qu'il évolue depuis peu avec les juniors de son club, il est convoqué pour jouer son premier match en équipe première de l'US Carmaux, à l'occasion d'un déplacement au Stade beaumontois, car plusieurs joueurs seniors sont absents pour cause de congés. Pour son premier match en Championnat de France, il inscrit tous les points de son équipe. La semaine suivante, il est reconduit et joue son premier match à domicile contre le Stadoceste tarbais, l'un des meilleurs clubs de l'époque, où il affronte Jean Dupuy l'un de ses idoles de jeunesse. Durant la rencontre, il inscrit un drop dès la première minute de jeu mais un des troisièmes lignes adverses lui assène des plaquages à retardement pendant le match, ce qui provoque des pénalités en faveur de Jean-Pierre Romeu que son coéquipier de la charnière Claude Pagès transforme afin de permettre à leur équipe de s'imposer. Après ses débuts en équipe première, ses collègues de travail font en sorte de lui éviter les travaux pénibles ou dangereux.
L'année suivante, il est retenu en équipe de France scolaire, faisant partie de l'école de la mine de Carmaux, afin d'affronter l'Angleterre le à Pau. Durant la rencontre, il inscrit un drop dès la deuxième minute et ils battent les Anglais 18 à 9 avec ses coéquipiers Jean-Louis Bérot, Roger Bourgarel, Henri Cabrol, Claude Dourthe, Daniel Herrero, Jean-Pierre Hortoland et Claude Spanghero entre autres.. Plus tard cette année-là, en octobre, il est également sélectionné en équipe de France juniors par Jean Baladier, où il retrouve Jack Cantoni et rencontre le demi de mêlée Richard Astre. Ils lient des liens d'amitié et sont surnommés les par Baladier. À cette occasion, ils affrontent l'Allemagne le à Forbach. Les jeunes Français s'imposent 38 à 3 et Romeu inscrit un essai. Le , à Catane en Italie, il joue son deuxième match et dernier match avec l'équipe de France juniors contre leurs homologues italiens, la France gagne par 15 à 3.
Durant ses années en équipe première de l'US Carmaux, l'objectif du club est le maintien. De ce fait, son meilleur résultat sportif est un seizième de finale où ils sont éliminés 14 à 12 par le Stade toulousain sur le terrain de Cognac en 1968. Peu après ses vingt ans, il indique aux dirigeants de l'US Carmaux qu'il souhaite changer de métier, ces derniers interviennent pour qu'il soit engagé à l'usine à gaz de Carmaux. Il y travaille pendant six mois jusqu'à son départ pour le service militaire où il retrouve Richard Astre et Jack Cantoni. Durant son service militaire au bataillon de Joinville, il joue en équipe de France militaire. Avec cette équipe, il affronte le XV de l'armée de Tchécoslovaquie à Bourges, où siègent en tribunes deux représentants de l'AS Montferrand (ASM) : le dirigeant et ancien joueur Maurice Savy ainsi que l'entraîneur Robert Poulain. À leur retour à Clermont-Ferrand, ils indiquent au comité directeur de l'ASM que Jean-Pierre Romeu, qui a produit un bon match contre les Tchèques, serait une bonne recrue pour le club et qu'il voudrait échanger son métier de mineur contre un poste de moniteur d'éducation physique. Cette année-là, il joue également en équipe de France B, à Agen contre une sélection du Sud-Ouest, faisant la rencontre de Jacques Fouroux avec qui il est associé à la charnière mais ils réalisent tous les deux une mauvaise prestation.
Départ à l'AS Montferrand, changement de situation professionnelle et sélections en équipe de France Quelques mois plus tard, en , alors que Jean-Pierre Romeu joue toujours à l'US Carmaux et travaille désormais dans un café géré par ses parents, le dirigeant montferrandais Charles Dupuy vient lui proposer un poste de moniteur d'éducation physique aux usines Michelin ainsi qu'une place au sein de l'effectif de l'AS Montferrand. Il prend donc la décision d'accepter cette proposition et se marie avec sa fiancée Patricia avant de partir tous les deux de Carmaux. À son arrivée à l'AS Montferrand, en 1969, il est accueilli par Michel Ringeval et évolue de nombreux matchs avec lui en équipe réserve, ce dernier se remettant d'une blessure, jusqu'à l'issue de la saison 1969-1970 en vertu de la licence rouge qui lui est attribuée. Pendant cette période en équipe réserve, le fils du coureur cycliste Raphaël Géminiani, Jean-Louis qui est journaliste à La Montagne, le repère et conseille à son père de venir voir jouer l'équipe réserve De ce fait, Raphaël Géminiani suit les conseils de son fils et est par Romeu. Ils deviennent amis et Géminiani lui prédit déjà un grand avenir : . En parallèle, avec Michel Ringeval, ils font des travaux de secrétariat et s'occupent des écoles de sport, encadrant des cours pour les employés de Michelin, avant d'obtenir quelques mois plus tard son diplôme de maître d'éducation physique.
thumb|right|200px|Le dirigeant de l'AS Montferrand, Maurice Savy, qui repère Jean-Pierre Romeu lors de son match avec l'équipe de France militaire.|alt=Photographie d'un homme de face.
Jean-Pierre Romeu intègre l'équipe première de l'AS Montferrand à partir de la saison 1970-1971, prenant la place de l'ouvreur Guy Darbas, le club ayant terminé finaliste du Championnat de France contre La Voulte sportif (0 à 3) la saison précédente. Cette saison-là, son ami Michel Ringeval cède sa place de demi de mêlée à l'arrivant international français Michel Pebeyre qui devient également un proche. En 1970, il est à nouveau sélectionné en équipe de France B et affronte l'Écosse dans un match où ils sont battus et il délivre une mauvaise performance.
Au cours de la saison 1971-1972, il dispute la première finale de sa carrière, en Challenge Yves du Manoir, mais le club montferrandais est battu largement 37 à 6 par l'AS Béziers..
Le à Clermont-Ferrand, il dispute une rencontre avec la sélection de l'Auvergne contre les Gallois du Cardiff RFC remportée 36 à 0., où il réalise une bonne performance en compagnie de son coéquipier de l'ASM Michel Droitecourt, soulignée par la presse régionale avec La Montagne mais également par la presse parisienne. Deux jours après ce match, les sélectionneurs de l'équipe de France convoquent et titularisent les deux coéquipiers auvergnats pour la première fois afin d'affronter la Roumanie à Constanța le suivant. Lors de ses débuts internationaux, alors que les sélectionneurs ont choisi Michel Droitecourt pour buter, ce dernier demande à Jean-Pierre Romeu de tirer à sa place. Finalement, il inscrit onze points et le XV de France s'impose 15 à 6 dans des conditions hivernales difficiles. Pour ce match, il est aligné avec Jacques Fouroux à la charnière, joueur qui devient ensuite un ami proche de Romeu, et fait la connaissance de Jo Maso qui lui prodigue de nombreux conseils bien qu'étant remplaçant et n'entrant pas en jeu.
Débuts et succès dans le Tournoi des Cinq Nations