L’incendie de la bibliothèque de l'université catholique de Louvain est une des conséquences du sac de Louvain après sa prise par les troupes allemandes le .
Déroulement vignette|La bibliothèque de l'université catholique de Louvain détruite. vignette|La grande salle de la bibliothèque après l'incendie. Après l'entrée des troupes allemandes dans Louvain, le , des fusillades éclatent. Le mardi , vers 3 heures de l’après-midi, un officier allemand, accompagné de deux soldats en armes, se fait ouvrir la porte de la grande salle, dite des Pas Perdus, du rez-de-chaussée de la bibliothèque, qui en formait le centre depuis le , et ordonne de l’aménager aussitôt en écurie pour les chevaux d’un train d’approvisionnement. À 20 h, des fusillades éclatent dans plusieurs rues. Les Allemands se croyant visés par des francs-tireurs cachés dans les maisons, tirent par erreur sur leurs propres troupes. En riposte, ils prennent deux otages, en fusillant 248 personnes et en mettant le feu aux habitations.
Dès avant minuit, le feu est mis presque simultanément à divers endroits, notamment au rez-de-chaussée du bâtiment de la Bibliothèque, au Vieux-Marché. Rapidement, des incendies sont volontairement lancés dans la bibliothèque. Tandis que, l’incendie une fois allumé, les Louvanistes s’emploient à retirer des vieillards, des femmes et des enfants, des maisons en flammes, un prêtre s’efforce d’attirer vainement l’attention d’un soldat sur l’imminence du danger couru par la riche Bibliothèque. Les Allemands empêchent même un habitant essayant de circonscrire le feu dans le bloc de maisons au milieu duquel s’élevait la Bibliothèque. Ils avaient d’ailleurs rendu inutilisable la pompe à incendie. Vers le matin du 26, le bloc de constructions limité par les rues de Namur, aux Gordes, Kraeken et le Vieux Marché n’était plus qu’un brasier immense. Il a été dit que des manuscrits ou des livres de la bibliothèque avaient été enlevés par les Allemands, mais aucun d’entre eux n’y a pénétré ni avant ni pendant l’incendie..
Des milliers de livres, certains datant du Moyen Âge, et au moins 113 incunables, sont irrémédiablement détruits. Le lendemain, une main inconnue dépose sur les ruines fumantes de la bibliothèque un écriteau laconique : « Ici finit la culture allemande ». Il s'agit d'ailleurs d'un chronogramme : la lecture des lettres pouvant être interprétées comme des chiffres romains donne la suite « ICI II L CVLV LLMD », dont la somme témoigne de la date de l'incendie, 1914..
Cette bibliothèque date de la création de l'Université catholique de Malines en 1834. Elle s'était depuis lors enrichie de nombreux volumes, par dons et par achats, et avait alors son siège rue de Namur dans un bâtiment du . Elle avait acquis certains documents et ouvrages anciens dont la charte de fondation de l'ancienne université de Louvain, qui reposait au séminaire de Bois-le-Duc, offerte à l'université catholique en 1909 à l'occasion de son anniversaireLeuven University, p. 24, note 4 : .. Celle-ci fut malheureusement détruite lors de l'incendieLeuven University, p. 24.. C'est ainsi que 300 000 ouvrages, principalement des époques moderne et contemporaine, partirent en fumée, tout comme de nombreuses archives administratives de l'université.
Notes et références
Bibliographie
Voir aussi Viol de la Belgique Bibliothèques universitaires de Louvain
Bibliothèques Louvain Louvain Catégorie:Histoire de Louvain Catégorie:1914 en Belgique Catégorie:Août 1914 Catégorie:Bibliothèque en Belgique Catégorie:Incendie en milieu scolaire