Abou al-Mouhajir Dinar al-Ansari (en ) mort en 682 ou 683 à Tabouda (aujourd'hui Sidi Okba, en Algérie), est un émir de l'Ifriqiya, de 675 à 681, sous la dynastie des Omeyyades.

Biographie Sa biographie est compliquée de par l'existence de deux versions de l'histoire de la conquête musulmane du Maghreb, celles écrites avant le et celles écrites plus tardVoir Benabbès (2005), Modéran (2005).. Il était probablement arabe mais peut avoir été un copte. Il est à l'origine un esclave de Maslama ibn Mokhallad, un membre de l'ansâr, qui lui a donné sa liberté. Maslama, l'un des compagnons de Mohammed, est nommé par le premier calife omeyyade Muawiya au poste de gouverneur de l'Égypte et de l'Ifriqiya. L'incorporation de l'Ifriqiya est symbolique, car jusque-là les Omeyyades n'ont fait que des raids temporaires dans cette direction sans tenter de contrôle le territoire de manière permanente.

En 675Ibn Abd al-Hakam, du texte arabe de Torrey, mais à la de la traduction anglaise, la date donnée est 10 années plutôt. C'est parce que la traduction est basée sur un seul manuscrit. La date antérieure n'est pas supportée par de meilleurs manuscrits., Maslama nomme Abou al-Mouhajir au poste d'émir ou de général des forces omeyyades en Ifriqiya. Cette position est déjà occupée par Oqba ibn Nafi, un membre des Quraych. Maslama conseille à Abou al-Mouhajir de relever Oqba de sa position en due déférence, mais il semble que cela ne soit pas arrivé. Oqba est enchaîné et jeté en prison, d'où il n'a été libéré que lorsque le calife a demandé à le voir. Comme Oqba a quitté l'Ifriqiya pour Damas, il a juré de traiter Abou al-Mouhajir comme il a été traitéIbn Abd al-Hakam, du texte arabe de Torrey, de la traduction anglaise..

En 670, Oqba a établi un camp à Kairouan. Abou al-Mouhajir l'a abandonné (dans certains récits, l'a détruit) et a construit une autre colonie à de làLocation non-connue avec certitude. Ibn Abd al-Hakam, du texte arabe ou de la traduction, déclare que c'était à 3 kilomètres de Qayrawan (Kairouan). Ibn Idhari ajoute que c'est en direction de Tunis. Solignac p. 22 suggère une colline ressemblant à un Tell au nord-est de Qayrawan appelée Draa Temmar.. Selon les sources écrites plusieurs siècles plus tard, cette ville était appelée Tākarwān (en )Ad-Dabbagh / Ibn Naji, de l'édition du Caire. Dans les post-scriptum, l'éditeur donne deux variations : Tīkīrwān (en ) de Al-Nowaïri () et Tīkarwān (en ) de Ibn Abi Dinar au .. Jusque-là, les émirs de l'Ifriqiya ont coutume de retourner en Égypte entre les raids, et Abou al-Mouhajir est le premier émir à rester en permanence à Ifriqiya.

Les faits d'arme qu'aurait accompli Abou al-Mouhajir comme commandant les armées musulmanes est diversement appréciés par les historiens selon l’époque ou les faits sont relatés. Les sources écrites au IXe siècle précisent que le général s'est avancé jusqu’à la prise de la ville de Mila, dans l'actuelle AlgérieOu alternativement, le fort saharien de Gemellae. Khalifa ibn Khayyat, Tarikh, fide Benabbès (2005), Modéran (2005)., tandis que des sources plus tardives, écrites à partir du , lui attribuent la conquête de Tlemcen.

Le calife Yazid , qui succède à son père Muawiya 1er rétablit l’autorité de Oqba à la tète des armées Ibn Abd al-Hakam, du texte arabe de Torrey, p. 322 de la traduction anglaise.. Il arrive à Ifriqiya (Tunisie actuelle) , en 682 et a immédiatement accompli son vœu. Abou al-Mouhajir est enchaîné et forcé d'accompagner Oqba chaque fois qu'il part en expédition.

En 683Ibn Abd al-Hakam, du texte arabe de Torrey, de la traduction anglaise., l’armée de Oqba, au retour d'une expédition à l'ouest de l'Ifriqiya, est prise dans une embuscade par le chef berbère Koceïla près de Tahouda - l'ancien fort romain de Thaboudeos - en Algérie. Oqba aurait proposé à Abou al-Mouhajir de le libérer de ses chaines pour qu'il ait une meilleure chance de se battre, mais Abou al-Mouhajir a dit qu'il préférait mourir en se battant avec ses chaînesIbn Abd al-Hakam, du texte arabe de Torrey, de la traduction anglaise.. Les deux hommes sont tués dans cette bataille avec 300 membres de la cavalerie personnelle d'Oqba.

Il est enterré à Tabouda (aujourd'hui Sidi Okba, en Algérie), dans le cimetière d'Al-Shurafa avec les morts de la bataille de Tahouda, devant la mosquée de Sidi Okba, ou ce qui est la tombe d'Oqba ibn Nafi.

Il a fait bâtir en 675 la Mosquée Sidi Ghanem de Mila, (anciennement elle était baptisée à son nom Mosquée Abou Al-Mouhajir Dinar), une mosquée historique située dans la ville de Mila, en Algérie.

Notes et références Notes

Références

Bibliographie Ibn Abd al-Hakam, Kitab Futuh Misr wa'l Maghrib wa'l Andalus. La seule traduction substantielle de ce travail du est celle de Torrey (qui a aussi édité la version critique en arabe, Yale University Press, 1932) : "The Muhammedan Conquest of Egypt and North Africa in the Years 643-705 A.D., traduit de l'arabe originel d'Ibn 'Abd-el Hakem'", Biblical and Semitic Studies vol. 1 (1901), 279-330 Abou Zaïd Abd ar-Rahman ibn Mohammed ad-Dabbagh (, mis à jour par Abou al-Fadl Abou al-Qasim ibn Naji au ), Ma'alim al-Aman fi Ma'arufat Ahl al-Qayrawan. Édition critique en arabe par Ibrahim Shubbuh, Makataba al-Khananaji, Le Caire, 1968

Articles connexes Koceïla Oqba ibn Nafi al-Fihri Conquête musulmane du Maghreb Issa ibn Abi al-Mouhajir

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