Talbot Baines Reed est un écrivain, expert en typographie et imprimeur anglais, né le dans le borough londonien de Hackney et mort le à Highgate.
Il est connu pour avoir popularisé la , un genre littéraire dont les trames se déroulent dans les établissements scolaires anglais. L'une de ses œuvres les plus connues est The Fifth Form at St. Dominic's. Son père, Charles Reed, est un imprimeur londonien qui devient plus tard député. Talbot Baines Reed fréquente la avant de quitter l'école à l'âge de dix-sept ans pour travailler dans la fonderie typographique fondée par sa famille. Sa carrière littéraire commence lorsque (B.O.P.) est lancé en 1879, magazine où il publie la plupart de ses œuvres de fiction. Il devient un éminent typographe et écrit un ouvrage de référence sur le sujet : . Contrairement aux autres auteurs de son temps, Reed n'écrit pas ses histoires à des fins moralisatrices, et il considère avec dédain les premiers auteurs de qui ont utilisé leurs œuvres pour propager des messages à vocation chrétienne, comme l'a fait Frederic Farrar. L'affinité de Reed avec les garçons, sa compréhension instinctive de leur point de vue sur la vie quotidienne et son don pour créer des personnages crédibles contribuent à sa popularité qui traverse plusieurs générations.
Touché par la tuberculose et affaibli par l'excès de travail, Reed décède en à l'âge de 41 ans. Des hommages sont rendus à sa contribution à la littérature d'enfance et de jeunesse et à son expertise sur l'histoire de la typographie anglaise.
Biographie Famille Les Reed sont les descendants de John Reed, un colonel de l'armée d'Oliver Cromwell qui a combattu pendant la première révolution anglaise. La famille s'installe à Maiden Newton dans le comté de Dorset avant de déménager à Londres vers la fin du . Le grand-père de Talbot Reed, Andrew Reed (1787-1862), est ministre du culte au sein de l'Église congrégationaliste et fondateur de plusieurs institutions caritatives, dont l' de Londres, mais aussi un hôpital réservé aux patients atteints de maladies incurables. Il est également un auteur de renom, et son cantique figure dans plusieurs recueils d'hymnes du et du . alt=Photo représentant une église moderne.|gauche|vignette|180x180px|Les membres de la famille de Reed sont des fervents fidèles de l'Église congrégationaliste. Andrew Reed a cinq fils, dont Charles Reed (1819-1881), qui est apprenti dans une usine de laine à Leeds, où il devient également secrétaire du syndicat local de l'École du dimanche. Dans le cadre de ce travail, il rencontre Edward Baines, propriétaire du journal et député de la ville. Les Baines ont une solide tradition d'implication des membres de leur famille dans la vie politique et publique britannique. C'est ainsi que les deux fils d'Edward Baines le suivent au parlement tandis que l'aîné, Matthew Talbot Baines, atteint le rang de ministre. Charles Reed vit plus tard une romance avec la plus jeune des filles de Baines, Margaret, qu'il épouse en 1844. C'est pendant cette période que Charles quitte l'industrie de la laine et retourne à Londres, où il fonde sa première entreprise, une imprimerie.
La famille s'installe dans le borough londonien de Hackney où Charles s'investit dans les affaires publiques et religieuses, en plus d'un intérêt particulier pour le secteur de l'éducation. Il devient membre, puis président du conseil d'administration du (chargé de l'enseignement primaire à Londres) et contribue à la mise en place du . Entre 1868 et 1881, il obtient l'un des sièges de député de la ville de Hackney. Il a cinq fils. Talbot Baines est le troisième. Nommé en l'honneur de son oncle, il est né dans la maison familiale, , le . Au fil des ans, Charles diversifie ses activités commerciales et, en 1861, il possède suffisamment de fonds pour acquérir une fonderie typographique de type sur , dans la Cité de Londres.
Jeunesse et études
vignette|La sur Milk Street.|alt=Fresque représentant un vieux établissement scolaire.|250x250px Talbot Baines Reed grandit dans une famille dominée par la rigueur religieuse de Charles Reed et son usage des sports de plein air comme moyen efficace pour éduquer ses fils. Cette atmosphère de est, selon un ami, . Il commence ses études à l'école de Upper Clapton et, en 1864, s'inscrit dans un internat de la , un établissement fondé en 1837 situé sur à . Le frère aîné de Talbot, Charles junior, y rencontre un franc succès en tant que figure de proue dans les équipes de cricket et de football. Talbot ne tarde pas à se faire également remarquer dans le domaine sportif. Un de ses camarades d'école le décrit ainsi : . Reed montre plus tard une certaine médiocrité dans ses résultats scolaires. Il affirme même que l'un de ses rares succès a été de gagner , réservé aux élèves ayant peu de dispositions en mathématiques. Conformément à la tradition de l'école à vouloir des hommes de lettres et des experts en linguistique, Reed est obligé de faire des efforts et obtient plus tard d'excellents résultats en latin, en grec et en français et se présente même au concours de latin en sixième année. Parmi ses camarades d'école figure Herbert Henry Asquith, futur Premier ministre britannique.
Malgré la preuve d'une capacité intellectuelle certaine, Reed ne suit pas les traces de son frère Charles, qui continue ses études au de Cambridge. Il préfère quitter l'école afin de travailler dans l'entreprise familiale, connue à l'époque sous le nom de , et également appelé le . Il entame dès lors une association à vie avec le secteur de l'imprimerie. Il trouve en outre le temps de s'intéresser à d'autres centres d'intérêt comme la physique, l'art et le domaine intellectuel. À deux reprises, il parcourt à pied les reliant Londres et Cambridge et, à chaque fois, il part le vendredi après-midi pour arriver au le samedi à l'heure du petit déjeuner. Reed est un très bon nageur et reçoit même une médaille de la pour avoir sauvé son cousin de la noyade. Il est également pianiste, illustrateur, et possède un style d'écriture assez captivant. Plus tard, il utilise ses talents artistiques afin de produire un magazine familial intitulé , dont il s'occupe de l'édition (et une grande partie de l'écriture) à partir du milieu des années 1870. Cependant, le magazine ne circule qu'au sein des membres de la famille Reed, avec notamment des articles assez sérieux (comme ) ainsi que des bandes dessinées.
Vie privée
En 1876, Reed épouse Elizabeth Greer, la fille de Samuel MacCurdy Greer, avocat et ancien député du comté de Londonderry dans le Nord de l'Irlande.. Le couple a d'abord une fille, qui meurt en bas âge, suivi par trois autres enfants en parfaite santé : Charles qui naît en 1879, Margaret en 1882 et Talbot en 1886. Les liens avec l'Irlande sont très importants pour Reed, et il passe régulièrement des vacances avec sa famille sur les rives du Lough Swilly dans le comté de Donegal. Le train de vie débordé mais assez épanoui de Reed est ponctué de temps en temps par des tragédies familiales. La perte de sa fille est suivie, peu de temps après, par la mort de son frère cadet Kenneth, noyé avec un ami à Lough Allen dans le comté de Leitrim, en voulant explorer la rivière Shannon. En 1883, son frère aîné, le révérend Charles Reed, son , meurt après avoir été victime d'une chute lors d'un voyage en Suisse .
Décès
vignette|Pierre tombale ornée d'une croix celtique sur la tombe de Reed à Abney Park.|253x253px|alt=Photo d'une croix celtique en pierre. Reed est un homme assez vigoureux et en bonne santé. Cependant, au début de l'année 1893, l'abondance de travail commence à lui peser et, en janvier de la même année, il quitte Londres pour un séjour prolongé en Irlande, afin de se ressourcer physiquement. Il reprend ses fonctions en mai mais tombe gravement malade après avoir contracté la tuberculose. Par la suite, il renonce au secrétariat de la et retourne en Irlande où, bien que confiné la plupart du temps à l'intérieur de sa maison, il continue d'écrire sa chronique hebdomadaire pour le et termine également son dernier roman, Kilgorman. Entre-temps, Il continue à écrire des lettres à ses amis en affirmant qu'il a bon espoir de se rétablir. Toutefois, son état s'aggrave et on lui conseille de rentrer à Highgate afin de recevoir un traitement médical d'urgence. De retour à Londres donc, il écrit son dernier récit pour le , une révision du de W. R. Le Fanu. Il décède dans sa maison de Highgate le , à l'âge de quarante-et-un ans. Il est enterré dans le cimetière d', aux côtés de son père et son grand-père.
Carrière Imprimeur et typographe alt=Portrait en noir et blanc d'un homme au visage grave.|vignette|260x260px|L'exposition organisée par Blades et Reed est inaugurée par William Ewart Gladstone.|gauche Alors que Reed déclare en plaisantant que son travail au sein de l'entreprise familiale est pour lui une , en réalité, il est tellement enthousiaste de pouvoir pratiquer le métier de typographe qu'il fait d'énormes efforts afin de bien le maîtriser. Au début de sa carrière, il rencontre l'un des plus grands imprimeurs et bibliographes de l'époque, William Blades, qui lui fait découvrir une fascination pour les métiers de l'imprimerie et de la typographie. Bien que relativement inexpérimenté, Reed est sollicité par Blades pour participer à l'organisation d'une grande exposition marquant le de l'impression de par William Caxton. Cet ouvrage sur les échecs est considéré à cette époque comme le premier livre imprimé d'Angleterre. Toutefois, les recherches effectuées par Blades indiquent que le premier livre imprimé par Caxton en Angleterre est , datant de 1477. Par conséquent, les deux hommes changent la date des célébrations, initialement prévue en 1874. L'exposition est donc reportée à l'été 1877, à South Kensington, et son inauguration est confiée à William Ewart Gladstone, ancien Premier ministre britannique. Des ouvrages imprimés de Caxton, ainsi que de nombreux autres imprimés datant de la même époque (des incunables) sont exposés. Reed rédige un essai intitulé pour le compte de l'exposition. Cette célébration bénéficie du soutien des grands imprimeurs, éditeurs, libraires, antiquaires et chercheurs londoniens de l'époque, tout en suscitant un grand intérêt de la part du public.
Son père, Sir Charles Reed, qui est fait chevalier sur recommandation de Gladstone en 1874, meurt en 1881. Quelques mois plus tard, son frère aîné, Andrew, quitte l'entreprise pour des raisons de santé. Ce qui fait qu'à l'âge de 29 ans, Talbot devient le directeur général de l'entreprise de Fann Street, poste qu'il occupe jusqu'à sa mort. En 1878, sur une suggestion de Blades, il commence à travailler sur l'écriture de l'histoire de la typographie en Angleterre, une tâche qui l'occupe par intermittence pendant presque dix ans. Publié par Elliot Stock en 1887 sous le titre , le livre devient une référence sur le sujet. Les de cet ouvrage sont illustrés par des modèles de police d'écriture et des symboles typographiques utilisés depuis quatre siècles. Le texte est présenté dans un style moderne, tandis que la première lettre de chaque chapitre est ornée d'un motif classique datant de 1544. En 1887, Reed produit un livre de modèles typographiques pour la fonderie de Fann Street, avec de nombreux nouveaux dessins de caractères et autres ornements artistiques.
En tant qu'expert reconnu dans son domaine, Reed est sollicité comme conférencier auprès de la société intellectuelle. Il imprime en 1890 pour la Royal Society of Arts et en 1892 pour la Library Association. Après la mort de Blades en 1890, il entreprend de terminer l'œuvre inachevée de son mentor, intitulé , et y ajoute un long hommage commémoratif. La même année, sa fonderie commence à fabriquer des modèles sur mesure, à l'instar de la police Golden Type, commandée par la Kelmscott Press de William Morris et, en 1893, il persuade ce dernier de donner une conférence sur l'ouvrage pour la Bibliographical Society.
Collaboration avec The Boy's Own Paper