vignette|Antonio de Pereda, Immaculée conception, 1634. Les collections des peintures espagnoles du musée des Beaux-Arts de Lyon forment un ensemble très réduit avec quelques belles œuvres, sur une période allant du Moyen Âge au Siècle d'or espagnol, allant du .

Moyen Âge et Renaissance Le est représenté avec le polyptyque de Miquel Alcanyís, peintre actif à Valence entre 1421 et 1442, une huile sur bois, Scènes de la vie de saint Michel. Acquis par le musée en 1917, les deux volets latéraux sont aujourd’hui conservés au musée. Ces tableaux fonctionnent en dichotomie, ils peuvent se lire indépendamment l’un de l’autre mais peuvent aussi se compléter, l’usage d’un second titre nous confirme cette tendance. En effet il est aussi nommé Scènes de la légende de saint Michel. Ce peintre fut le plus actif représentant du gothique international en Espagne. C’est un mouvement européen de la fin du , qui porte une attention particulière sur l’élégance et les couleurs brillantes ainsi que les descriptions minutieuses dans une volonté réaliste. Pendant longtemps on ne s’est pas accordé sur la paternité de cette œuvre, que l’on a pu attribuée aux « primitifs italiens » faute de connaissance sur les « primitifs espagnoles ». Ce n’est qu’en 1952 que l’on s’est arrêté sur Miguel Alcañiz après la découverte d’une note du commanditaire.

On peut aussi admirer deux tableaux du maitre espagnol de , arrivés au Musée en 1862. Ce sont deux huiles sur bois, de la fin du , qui proviennent du couvent Santa Clara de Palencia : La mort de la vierge et Le couronnement de la vierge (1500-1507 ?). Ici encore l’attribution a été difficile. Tantôt les spécialistes se sont accordés sur la provenance flamande de l’œuvre, puis française, pour finalement l’accorder à un artiste originaire de la région de la Rioja. Les doutes entre les spécialistes ont pu se vérifier. En effet cet artiste appartenait à l’école Hispano-Flamande de Castille, souvent actif sur les terres de Palencia et Burgos.

Œuvres notables

Miquel Alcanyís, Scènes de la légende de saint Michel (deux panneaux), vers 1421. Bois, . (don de Francisque Aynard en 1917, Inv. B-1174a et B-1174b)Miquel Alcanyís, Scènes de la légende de saint Michel : J. Marette, Connaissance des primitifs par l'étude du bois du , Paris, 1961, , . J. F. Revel, « La peinture espagnole en France », L'Œil, décembre 1962, , fig. J. Vergnet-Ruiz, « Peintures espagnoles des musées de France », La Revue du Louvre et des musées de France, , 1962, . M. Laclotte et J. Baticle, « Spanish paintings from french museums », Apollo, février 1963, . C. R. Post, « The Schools of Aragon and Navarre in the early Renaissance », A History os spanish painting, vol. XIII, 1966, Cambridge, . M. Boskovits, « Il maestro del Bambino Vispo : Gherardo Starnina o Miguel Alcaniz ? », Paragone, , septembre 1975, . M. Heriard Dubreuil, « A propos de Miguel Alcaniz peintre de Valence, du nouveau sur primitif espagnol », L'Œil, janvier-février 1978, , 94-95. C. Syre, Studien zum « Maestro del Bambino Vispo » und Starnina, Bonn, 1979 (Starnina). M. Heriard Dubreuil, Valencia y el gotico internacional, Estudios universitarios 21, Valence 1987 (Alcaniz). A. T. Lurie, « In search of a Valencian Madonna by Starnina », The Bulletin of the Cleveland Museum of Art, 76, , décembre 1989, , voir les notes 47 et 50 .. Ces panneaux sont sans doute des latéraux du polyptyque commandé Mosén Bartolomé Terolnotice sur le site de l'Université complutense de Madrid pour la chapelle de l'église de Jérica en 1421. Il a été acquis en 1895 par Édouard Aynard en Espagne ; puis passe dans la collection de son fils Francisque Aynard. Ce dernier le donne au musée en 1917 sous l'attribution de l'école d'Avignon.

L'attribution de ces panneaux a longtemps été délicate. Ils sont entrés dans les collections du musée en étant considérés comme italiens. le catalogue de René Jullian de 1960 Collections publiques de France, Memoranda, le musée de Lyon, peintures les désignant sous l'école de Valence, et plusieurs chercheurs se demandant s'ils ne sont pas l'œuvre de Gherardo Starnina. Ceci jusqu'à la découverte d'un document relatant la commande du prêtre Terol de l'église de Jérica d'un retable sur la vie de saint Michel à Miguel Alcaniz. Grâce à ce document, on sait que les panneaux entouraient une représentation centrale en grand du saint (aujourd'hui perdue), et d'une pièce surplombant le tout montrant la crucifixion. Cette dernière œuvre a fait partie de la collection P. Jackson Higgs à New York (huile sur bois, ). Des parties inférieures des deux panneaux ont été coupées à une date inconnue. En 1989, ils ont été examinés par le L. R. M. F. ; ils ont été restaurés et remis au format original en 1991. En 1963, ils ont été exposés à Paris au musée des Arts décoratifs lors de l'exposition Trésors de la peinture espagnole, églises et musées de Francenotice BNF du catalogue.. .

Maître de Santa Clara de Palencia, Le Couronnement de la Vierge et La mort de la Vierge, fin du . Bois, . (Acquis de M. Botton en 1862, Inv. A-2938 et A-2939)Maître de Santa Clara de Palencia, Le couronnement de la Vierge et La mort de la Vierge : F. Bologna, « Les Primitifs méditerranéens », Paragone, , janvier, Paris, 1961, , (école du Rhône vers 1480). J. Vergnet-Ruiz, « Peintures espagnoles des musées de France », La Revue du Louvre et des musées de France, , 1962, (peintre hispano-flamand de Palencia). M. Roques, Les apports néerlandais dans la peinture du sud-est de la France, Bordeaux, 1963, , 267, pl.XVIII (école du Rhône vers 1480). M. Laclotte et J. Baticle, « Spanish paintings from french museums », Apollo, février 1963, (Maître de Santa Maria del Campo). M. Laclotte, « Le Maître de Santa Clara de Palencia, à propos de deux tableaux du musée des Beaux-Arts », Bulletin des musées et monuments lyonnais, , 1964, (Maître de Santa Clara de Palencia). M. Laclotte et D. Thiébaut, L'École d'Avignon, Paris, 1983, . M. Diaz Padron, Catalogue de l'exposition « Spendeurs d'Espagne et les villes belges » au palais des Beaux-Arts 1500-1700, Bruxelles, 1985, II, .. Les deux panneaux sont deux volets d'un grand polyptyque démembré qui se trouvait au de Palencia. Deux autres panneaux de l'ensemble sont connus et conservés au Musée archéologique national de Madrid, La Vierge de la Miséricorde et La Messe de saint Grégoire. Les deux panneaux lyonnais sont arrivés au musée en 1862 sous l'attribution à Jan van Scorel. Ils ont été nettoyés en 1992.. Ils ont été exposés à trois reprises. En 1904, ils participent à l'exposition de Paris au Palais du Louvre Exposition des primitifs français de 1904 sous l'attribution de l'école de Bourgogne et datés vers 1480. En 1950, ils sont présentés à l'exposition La Vierge dans l'art français au Petit palais à Paris sous l'attribution de l'école du Rhône et datés au troisième quart du . Enfin, le musée les prête pour l'exposition à Dijon Le grand siècle des ducs de Bourgogne en 1951. Leur attribution a beaucoup fluctuée, passant d'une origine espagnole à une flamande tant le style présente des influences des deux aires artistiques. Leur auteur est encore anonyme et a été appelé par commodité du lieu d'origine du polyptyque. Au fil du temps, le nom de Juan de Nalda a été avancé, sans preuve, mais avec une grande vraisemblance. Le contrat rédigé pour la commande n'a pas été retrouvé, mais il est peut-être princier car il semble que les figures de Ferdinand II d'Aragon et d'Isabelle la Catholique soient présent dans le panneau de La Vierge de Miséricorde.

Liste des autres œuvres Anonyme, Saint André, . Bois, . (Don de Jean Tricou en 1956, Inv. 1957-22). Anonyme, Un évêque de Maurienne, . Bois, . (Don de Jean Tricou en 1956, Inv. 1957-23). Anonyme, Saint Jean-Baptiste, . Bois, . (Don de Jean Tricou en 1956, Inv. 1957-24). Anonyme, Crucifiction, vers 1440-1450. Bois, . (Don de Renaud Icard en 1971, Inv.1971-48).

Époque moderne vignette|Salle 1 des peintures espagnoles du musée. Peu de musées français disposent d'une collection regroupant des exemples de la peinture espagnole depuis le Moyen Âge jusqu'au avec pour chaque période des œuvres majeures.

Les œuvres notables sont notamment du , siècle d’or espagnol, avec des tableaux d'Antonio de Pereda, L’immaculée Conception (vers 1634) envoyés au musée par l’État en 1811. Chose remarquable qui plus est, il s’agit très certainement de la première Immaculée Conception de l’artiste qui en fera une dizaine au total. Cette œuvre de jeunesse est précieuse, car on y voit toute la technique et le talent de l’artiste, cette reconnaissance aboutira sur l’entrée de l’artiste à la cour du Roi . Le musée détient également une œuvre du Greco, qui représente le début du avec une œuvre maniériste, l’Espolio (vers 1578) léguée par le peintre Alfred de Poisat au musée en 1884. Cette collection est complétée par une œuvre de Francisco de Zurbarán, Saint François d'Assise (vers 1645), arrivée dans les collections en 1807 en provenance du couvent Sainte-Élisabeth de Lyon. Francisco de Zurbaràn est contemporain et ami de Velàzquez. Il se distingue dans la peinture religieuse, son art révélant une grande force visuelle et un profond mysticisme. Le se clôt sur La conversion de Saint-Paul (vers 1660) par Juan de Valdés Leal, acquis récemment en 1987L’œuvre est d’abord entrée dans le musée sous anonymat, l’attribution de ce tableau date de 1990..

Le nous livre quelques très belles œuvres, avec notamment celles de Jusepe de Ribera, présent avec quatre œuvres dont la plus remarquable est Le repentir de Saint-Pierre acquise en 1873. C’est une œuvre qui s’insère dans l’idéal de la Contre-Réforme avec un sujet, la pénitence, qui est devenue un véritable Leitmotiv à la fin du . Une seconde œuvre de l’artiste Pereda, Le martyre de Saint-Barthélemy (1626-1632), nous montre l’influence du Caravage sur sa peinture. En effet cette première époque est dite « Caravagesque » et se caractérise par un profond dramatisme dû à l’utilisation des couleurs sombres et des forts contrastes lumineux.

Œuvres notables Francisco de Zurbarán, Saint François debout, momifié, date inconnue. Toile, . (Acquis du peintre Jean-François de Boissieu en 1807, Inv. A-115)Francisco de Zurbaran, Saint François debout, momifié : La bibliographie complète sur cette œuvre est présentée dans l'article détaillé..

Cette toile a été conservée au couvent Sainte-Elisabeth de Lyon jusqu'en 1789. Vendu à la Révolution, il est acquis par le peintre Jean-Jacques de Boissieu qui le vend au musée lyonnais en 1807 comme un Ribera. Cette toile est la seule connue en France de Zurbaran avant la Révolution. Une hypothèse suppose qu'elle provienne du couvent franciscain des Descalzas Reales de Madrid, protégé par Marie-Anne d'Autriche reine d'Espagne, qui l'aurait donné à sa cousine Marie-Thérèse d'Autriche, reine de France. Le sujet a été peu représenté, et est apparu en Espagne au début du . Il tire son origine de la légende du pape Nicolas V qui visite en 1449 la crypte où est enterré Saint-François d'Assise et qui l'aurait trouvé debout, intact, momifié et en extase. La toile a une puissance évocatrice forte. Le sujet apparait en pleine lumière sur un fond sombre et selon Lavergne-Durey, . Antonio de Pereda, L'Immaculée conception, vers 1634. Toile, . (Envoi de l'État en 1811, Inv. A-116)Antonio de Pereda, L'Immaculée conception : Notice des principaux tableaux recueillis en Italie par les commissaires du gouvernement français, Troisième partie, Paris, 1800, , (Guido Reni), . F. Rolle, « Enlèvement des tableaux du musée de Lyon en 1815 », Revue du Lyonnais, I, 1867, (Nuvolone). L. Clément de Ris, Les musées de Province, histoire et description, Paris, 1872, . M. L. Blumer, « Catalogue des peintures transportées d'Italie en France de 1796 à 1814 », Bulletin de la Société de l'histoire de l'art français, 1936, , .