La Bénédictine est une liqueur digestive, fabriquée à Fécamp en Normandie.

La société de production appartient au groupe Bacardí-Martini France.

Histoire

Création vignette|Véritable liqueur bénédictine (tableau de Louis Tauzin, 1901) : la bouteille portait à l'origine une étiquette en diagonale sur le col, un cachet de cire écartelé de trois mitres (sceau de l'abbaye de Fécamp) et une étiquette ronde sur le ventre, et une étiquette rectangulaire à la base. Selon la légende maison, un élixir de santé aurait été mis au point par un moine vénitien, Dom Bernardo Vincelli à l'abbaye de Fécamp en 1510. Alchimiste et herboriste, il aurait distillé quelques-unes des plantes médicinales qu'il trouvait en abondance sur le plateau cauchois. Le breuvage aurait été très apprécié par le roi François .. Au fil des ans, la recette initiale aurait été perdue, puis retrouvée en 1863 par le négociant en vin Alexandre Le Grand.

Historiquement, il n'existe aucune trace monastique de l'existence d'un moine dénommé Bernardo VincelliL'existence d'un Dom Bernardo Vincelli, qui aurait été le précurseur en inventant la recette est pour le moins énigmatique, car aucune liste de moine de Fécamp, ni liste de moines bénédictins conservées ne le mentionne. Source : abbaye de Saint-Wandrille., ni du fait que François ait apprécié un élixir provenant de l'abbaye de Fécamp. Une autre version explique en complément qu'à la dispersion de l'ordre des bénédictins lors de la Révolution française, le manuscrit contenant la formule est racheté par un notable de Fécamp en 1791 sans connaître son contenu, et que ce document soit retrouvé dans la bibliothèque familiale par son lointain descendant Alexandre Le Grand en 1863. Sans doute plus précisément, il semble qu'Alexandre Le Grand ait concocté lui-même la liqueur, aidé d'un pharmacienD'après une interview de M. Alain Le Grand, donnée pour FR3 dans le cadre du reportage Le Palais Bénédictine de Fécamp., à partir de vieilles recettes médicinales qu'il possédait dans un livre, ayant appartenu à l'abbaye, un de ses aïeux maternels ayant exercé la charge de procureur fiscal de l'abbaye. Alexandre Le Grand entreprend la création d'un nouvel « élixir de santé » qu’il baptise « Bénédictine »...

Industrialisation

Alexandre Le Grand se lance dans sa fabrication industrielle en construisant un « palais-usine » de style néo-gothique et néo-Renaissance, œuvre de l'architecte Camille Albert, le Palais Bénédictine.

Le succès immédiat de la Bénédictine, dont la production atteint près de par an, dès 1873, oblige son créateur à lutter contre les contrefaçons de son produit. 130 actions en justice sont intentées pendant les premières années de commercialisation.. Des centaines d'imitations sont recensées.. Le nom Bénédictine est déposé dès 1875.

En 1969, l'entreprise rachète GET Frères, produisant la liqueur Pippermint Get, qu'elle renomme Get 27La distillerie revéloise GET - lauragais-patrimoine.fr.

En 1986, le groupe Martini & Rossi prend le contrôle de Bénédictine-GetSaint-Orens-de-Gameville. Légion d'Honneur pour la PDG de Get 27, ladepeche.fr, 10 mars 2013, groupe lui-même racheté par le groupe familial Bacardí en 1992.

Internationalisation En 2010, 75 % de la production est exportéeXavier Oriot, Bénédictine : de l'élixir de santé à la liqueur, ouest-france.fr, 6 novembre 2010.. Ses plus gros consommateurs sont les États-Unis, la Malaisie et Singapour.

En 2020, Bacardi sort Bénédictine 1888, un assemblage de Bénédictine et cognac..

Bouteille Chaque bouteille de Bénédictine est munie d’un bouchon portant l’inscription : « Véritable Bénédictine » tout autour, avec en dessous le sigle D.O.M. (Deo Optimo Maximo, latin pour : « À Dieu, le meilleur, le plus grand », devise des moines de l'abbaye de Fécamp), et une large ligature de plomb autour du col des bouteilles avec l’inscription : « Véritable † Bénédictine ».

En 2019, 300 bouteilles de Bénédictine sont récupérées dans l'épave du SS Kyros coulé en 1917..

Ingrédients vignette|redresse|Certaines des épices entrant dans la composition de la Bénédictine.

La Bénédictine est composée à partir de miel de trèfle et de vingt-sept épices orientales et de plantes locales dont les trois principales sont les tiges de mélisse, les racines et graines d'angélique et les feuilles d'hysope, auxquelles on ajoute baies de genièvre, fleurs de génépi, graines de cardamome, myrrhe, bourgeons de pin, résine d'aloès, fleurs d'arnica, feuilles de capillaire, feuilles de thé noir, thym, coriandre, noix de muscade et macis, girofle, citron, gousses de vanille, zeste d’orange, baies rouges, amandons d'abricot, graines d'ambrette, tiges de cannelle, sirop de sucre et enfin safran qui donne la teinte dorée à la liqueur. Elle titre à 40 % d'alcool.

Un seul herboriste connaît les dosages et fait le mélange.. . Les alambics de cuivre que le visiteur peut apercevoir dans les locaux sont ceux d'origine du temps d'Alexandre Le Grand, toujours utilisés aujourd'hui pour la distillation. Le moelleux du produit fini nécessite plusieurs processus de distillation et environ deux ans de vieillissement en fût de chêne, toujours localisés dans le Palais de Fécamp. L'embouteillage, lui, se fait désormais dans l'usine du groupe Bacardí-Martini à Beaucaire, dans le Gard.

Gastronomie

Spécialités normandes La Bénédictine est largement utilisée en Normandie dans la confection de confiseries telles que les « truffes à la Bénédictine » ou de desserts tels que les « crêpes », le « soufflé à la Bénédictine, » ainsi qu’à rehausser la saveur des gâteaux, comme le Bénédictin. Elle peut également être utilisée avec les légumes, la viande, les fruits de mer ou le poulet.

Cocktails La Bénédictine entre dans la composition de certains cocktails, dont : Béné dégraissée (moitié Bénédictine, moitié calvados) B & B (moitié Bénédictine, moitié cognac - le B est pour Brandy - à raison de 40 % de cognac et 60 % de Bénédictine) Crazy Ben Creole Cocktail Gypsy Variation Kentucky Colonel Moonstar Maxim's Coffee Orient Express Rolls Royal Cocktail Singapore Sling Sunny day Tarantula Toothfull Vieux Carré Winters Moon

Le B&B a été inventé par le barman du 21 Club à New York dans les années 1930 et est surtout vendu à l’export pour les pays anglophones, ce qui explique que le nom du produit soit en anglais.

Culture Publicité

En 1990, l'affichiste Michel Bouvet est invité à composer une image.

À l'occasion du (1510-2010), trente-deux artistes contemporains exposent au Palais Bénédictine, les œuvres qu'ils ont conçues sur le thème des mystères de l'alchimie.

Art La Bénédictine et son flacon ont inspiré des artistes comme les peintres Paul Gauguin, Le Douanier Rousseau (La Bougie rose) ou Marcel Duchamp, et des affichistes comme Mucha, Paul Iribe et Leonetto Cappiello qui l'ont représenté dans certaines de leurs œuvres.

Voir aussi Bibliographie

René Jeannin-Naltet, La bénédictine, Almanach Bourguignon 1990 .

Articles connexes Le Palais Bénédictine Alexandre Le Grand

Liens externes

Notes et références

Catégorie:Liqueur Catégorie:Boisson normande Catégorie:Fécamp Catégorie:Boisson alcoolisée à base de plantes Catégorie:Recette secrète