Pelantaro (du mapudungun pelontraru : « caracara lumineux », composé de pelon, lumineux, et de traru, caracara) était un vice-toqui (chef militaire) mapuche.
Originaire de la région de Purén, passé maître dans le maniement de la cavalerie militaire, il se mit à la tête, en 1598, de la deuxième rébellion mapuche et fut, avec ses lieutenants Anganamón et Guaiquimilla, à l’origine de la mort du gouverneur espagnol Martín García Óñez de Loyola, pendant la bataille de Curalaba, le .
Batalla de Curalaba
Cette bataille, que les Espagnols baptiseront « le Désastre de Curalaba », cinquante Espagnols en effet y laissant la vie, en plus du gouverneur du Chili lui-même, permit à Pelantaru de s’auréoler de suffisamment de prestige pour convoquer toutes les tribus mapuches, de les placer sous son commandement et de déclencher un soulèvement général de tous les indigènes associés au peuple mapuche, lesquels, mettant à profit leur supériorité militaire, entreprirent de détruire la presque totalité des implantations espagnoles au sud du fleuve Biobío, hormis l’île de Chiloé, qui fut ravagée par des flibustiers hollandais. Ainsi la ville de Valdivia fut incendiée, les bourgs d’Angol et de La Imperial se dépeuplèrent et Villarrica fut détruite et tomba dans l’oubli pour 283 ans, jusqu’à ce que l’armée de l’État chilien n’en découvre les ruines envahies par la selve ; les villes fondées par les Espagnols sur le territoire ne seront pas reconstruites avant la conquête de l’Araucanie dans la deuxième moitié du . Le , les Mapuches attaquèrent le fort de Boroa.
Pelantaro aurait été présent lors du siège mis par Anganamón devant la ville de Villarrica entre mai et C. Errázuriz, . La ville aurait été attaquée par quatre mille indigènes. L’auteur indique que « quasi tous les chroniqueurs nommèrent comme capitaines de cette opération Pelantaro et Paillamaco ; cependant, Alvarez de Toledo, dans le chant XVIII de Purén Indómito, attribue cette gloire à Calleuman, beau-père de Pelantaro, en ajoutant que l’âme de l’expédition fut l’Espagnol Jerónimo Bello, qui était passé du côté des Indiens à La Imperial.. De même, il joua un rôle dans l’attaque contre Osorno les 19 et , où il serait accouru aux côtés d’Anganamón avec cinq mille hommes, mais, s’avisant que la résistance allait être plus forte que prévu, « il ordonna, après s’être retiré de là momentanément, aux Indiens de la région de se diviser en groupes pour harceler ceux du village et les empêcher de prendre les récoltes [...] ».
Il gardait en sa précieuse possession, en guise de trophée de guerre, les crânes de Pedro de Valdivia et de Martín Óñez de Loyola, et les utilisait comme récipient de chicha (boisson fermentée à base de maïs), avant de les céder en signe de pacification en 1608.
À la suite de ce désastre, le successeur au poste de gouverneur, Alonso de Ribera, se résigna à redéfinir la frontière et prit plusieurs initiatives propres à lancer la dénommée Guerre défensive, telle qu’imaginée par le père jésuité Luis de Valdivia. Le désastre de Curalaba mit fin à la période appelée, dans l’historiographie chilienne, conquête du Chili.
Capture par les Espagnols
Pelantaro fut capturé en 1616 par le maître de camp Ginés de LilloD. Rosales (1878), . et incarcéré, semble-t-il dans le fort de LebuC. Valenzuela Solis de Ovando (1979), pendant un an et demi, jusqu’à la mort de Ribera. Le successeur de celui-ci, Fernando Talaverano Gallegos, le remit en liberté dans le vain espoir d’obtenir la paix.
Bibliographie
Notes et références
Catégorie:Mapuche Catégorie:Histoire du Chili Catégorie:Colonisation espagnole des Amériques Catégorie:Guerrier d'Amérique centrale et d'Amérique du Sud Catégorie:Participant à la Guerre d'Arauco