Tzipora Malka Livni (  prononcé en hébreu : ), dite Tzipi Livni (  ), née le à Tel Aviv, est une femme politique israélienne.

Depuis son élection à la Knesset en 2001 comme députée du Likoud, elle a occupé de nombreux postes dans divers gouvernements. Le plus élevé est celui de vice-Premier ministre et ministre des Affaires étrangères à partir et ce jusqu'à la formation du second cabinet de Benyamin Netanyahou, en 2009.

Elle est élue chef du parti politique Kadima en et se présente à la succession d'Ehud Olmert au poste de Premier ministre. Son parti arrive en tête des élections législatives de 2009, avec une faible avance sur le Likoud, mais c'est Benyamin Netanyahou que le président Shimon Peres charge de former un nouveau gouvernement. Tzipi Livni prend alors la tête de l'opposition. Shaul Mofaz lui succède à la présidence de Kadima en 2012, et elle fonde un nouveau parti, Hatnuah. Elle est réélue députée en 2013, puis devient ministre de la Justice dans le nouveau gouvernement Netanyahou. Elle est limogée par Benyamin Netanyahou l’année suivante.

En 2015, elle s'allie au président du Parti travailliste israélien, Isaac Herzog, pour les élections législatives anticipées de la même année. Un temps donnée en tête du scrutin, leur Union sioniste finit en deuxième position, derrière le Likoud de Netanyahou. Elle est chef de l'opposition à la Knesset d’ à . Elle se retire de la vie politique la même année.

Biographie Enfance Elle est la fille d', un immigré d'origine polonaise, qui fut directeur des opérations de l'Irgoun, une organisation armée sioniste, proche du parti sioniste révisionniste. Il fut membre du Likoud et également élu à la Knesset. Sa mère Sara Rosenberg fut également membre de l'IrgounTzipi Livni, an ex-spy who defies stereotypes, may one day lead, Los Angeles Times, 9 juillet 2007..

Elle est mariée et mère de deux enfants.

Agent du Mossad Au début des années 1980, après avoir fait une année de droit et quitté l'armée (abandonnant alors son grade de lieutenant), Livni se mit à travailler pour le Mossad. On ne sait pas exactement combien de temps ni sur quelles missions elle fut engagée, et Tzipi Livni se garde d’en parler avec précision : « J'ai servi pendant quatre ans au sein du Mossad. J'ai également suivi des stages de formation et j'ai été en fonction à l'étranger », souffla-t-elle laconiquement à la radio militaire israélienne.. Les médias israéliens et étrangers avaient déjà évoqué son passé au sein du service de renseignement israélien, entre 1980 et 1984, mais elle n'avait jusqu'alors jamais confirmé ces informations.

Elle occupa officiellement le poste de conseillère juridique de 1980 à 1984, mais aurait été, selon le Sunday Times, repris en français dans le Figaro et Courrier International., un agent clé en Europe pour au moins quatre ans, période durant laquelle elle aurait appartenu au Kidon (« baïonnette » en hébreu : service action du Mossad). Francophone, elle aurait été basée à Paris et dirigé ce que l'on appelle une « safe house », maison sécurisée servant de base arrière ou de lieu de repli pour ses collègues du Mossad. Comme pour tous les agents secrets, ses états de services restent confidentiels, mais le Sunday Times ainsi que le site d'information journalistique Bakchich rappellent deux affaires ayant eu lieu sur son terrain d'action, entre 1980 et 1983Tzipi Livni, du Mossad à la tête du gouvernement ?, Doug Ireland, Bakchich.info, 23 juin 2008.

Elle démissionne en 1984 pour retourner en Israël et terminer ses études de droit, en raison, selon le Times, de trop fortes « pressions » dans son travail d’agent secret. « J'ai quitté le Mossad quand je me suis mariée, car je ne pouvais plus vivre ce genre de vie », avait-elle officiellement expliqué.

Carrière politique Débuts Tzipi Livni est diplômée de la faculté de droit de Bar Ilan et a exercé en tant que juriste, spécialisée dans le droit public et commercial. Elle devient en 1996 directrice de l'office des sociétés d'État. Dans ce rôle, elle est chargée de la privatisation des compagnies et des monopoles d'État.

Entrée à la Knesset En 1999, elle est élue député du Likoud à la Knesset, elle fait alors partie de la commission de la Constitution Droit et Justice, et de la commission pour la Promotion du statut de la femme. Elle est également présidente de la sous-commission chargée de la législation préventive contre le blanchiment d'argent.

Ministre sous Sharon et Olmert Gouvernement d’Ariel Sharon De 2001 à 2003 elle est ministre de la Coopération régionale au sein du dirigé par Ariel Sharon, puis de l'Agriculture et du Développement rural. En 2003, au sein du elle est successivement ministre du Logement, de l'Intégration, de la Justice et des Affaires étrangères (cette dernière fonction lui étant assignée après de nombreuses démissions Likoud à la suite de la fondation de Kadima, fin 2005).

Le , elle est la première personnalité politique de droite à prendre la parole pendant la commémoration officielle des dix ans de l'assassinat d'Yitzhak Rabin. En , elle quitte le Likoud pour rejoindre Ariel Sharon dans son nouveau parti, Kadima.

Elle a soutenu en 2005 le plan de désengagement des territoires occupés d'Ariel Sharon et s'est impliquée fortement pour que ce plan soit approuvé par la Knesset, notamment en tentant une médiation avec les membres du parti opposés à cette opération. Elle est alors connue pour être une colombe du Likoud, et sert souvent d'intermédiaire entre les faucons et colombes au sein de son parti.

Le , elle déclare que la barrière de séparation que construit l'État hébreu en Cisjordanie ne sera pas sans conséquence sur la future frontière avec les Palestiniens : « On n'a pas besoin d'être un génie pour voir que cette barrière aura des implications sur la future frontière » […] « Ce n'était pas la raison de son installation mais cette barrière pourrait avoir des implications politiques ». Dans le même temps elle suit Ariel Sharon dans le nouveau parti Kadima.

Gouvernement d’Ehud Olmert Le , à la suite de l'hospitalisation du Premier ministre Ariel Sharon, elle déclare aux journalistes : , mettant fin en même temps aux rumeurs qui prétendaient qu'elle pourrait succéder à Sharon à la tête de la nouvelle formation Kadima. Kadima remporte les élections et Tzipi Livni se positionne troisième sur cette liste, ce qui l'assure de participer au gouvernement. Le , elle entre dans le gouvernement d'Ehud Olmert en tant que ministre des Affaires étrangères et vice-Premier ministre.

Elle est troisième parmi les têtes de liste du parti Kadima aux élections législatives israéliennes de 2006. Elle devient donc membre de la Knesset après la victoire du parti aux élections.

Tzipi Livni est la première membre d'un gouvernement israélien à faire la distinction entre les attaques palestiniennes visant des cibles militaires israéliennes et les attaques causant des dommages parmi les civils. Elle déclare ainsi à la télévision américaine, le : ., soit « Quelqu'un combattant des soldats israéliens est un ennemi et nous nous battrons contre lui, mais je crois que cela ne correspond pas à la définition du terrorisme, si la cible est un soldat ».

À la suite du conflit israélo-libanais de 2006, Ehud Olmert est de plus en plus critiqué par l'opinion publique israélienne par exemple pour sa mauvaise gestion de cette guerre. Fin , une version intérimaire du rapport Winograd qui analyse les raisons de la défaite israélienne lors de la guerre extrêmement meurtrière et destructrice qu'Israël a menée contre le Liban est publié. Livni appelle alors à la démission d'Olmert, mais ne propose pas sa propre démission, se proposant même comme successeur à la tête du parti Kadima s'il venait à démissionner. Le , Livni finalement se déclare opposée à des élections anticipées et affirme ne pas vouloir démissionner de son poste pour faire tomber le gouvernement, tout en confirmant se déclarer prête à prendre le poste de Premier ministre par intérim. Son appel fut ignoré par Olmert et sa décision de ne pas démissionner a élevé quelques controverses.

vignette|Tzipi Livni, le .

En , à la Conférence d'Annapolis, à Mahmoud Abbas, un plan de paix fondé sur la création d'un État palestinien avec Jérusalem-Est comme capitale et le retour d'un million de réfugiés palestiniens en Israël.

Après le témoignage accablant de l'homme d'affaires Morris Talansky, elle critique le manque de probité d'Olmert et se présente comme la « Propre » de la classe politique israélienne mettant en avant son intégrité et sa droiture. Désormais pour les sondages, elle est la seule à pouvoir concurrencer Benjamin Netanyahou, le leader du Likoud. Pourtant, les sondages sont peu optimistes quant à la victoire de Tzipi Livni, qui serait alors la deuxième femme Premier ministre en Israël après Golda Meir. Le Premier ministre est ulcéré par son manque de loyauté, mais elle ignore Olmert et multiplie les réunions avec la base du parti. En outre, elle brigue le poste de Premier ministre.

Le , Ehud Olmert finalement annonce sa démission mais déclare quitter ses fonctions une fois que les élections internes au parti Kadima effectuées. Tzipi Livni est pressentie gagnante dans la course à la présidence du parti contre Shaul Mofaz l'actuel ministre des Transports soutenu par Olmert.

Le , Shimon Peres la charge de former le prochain gouvernement. Mais son échec oblige le président Peres à convoquer des élections anticipées, en .

Elle est critiquée par le journaliste Jean Stern dans son livre Mirage gay à Tel Aviv (2017) pour avoir organisé la campagne de communication d'Israël visant à faire du « pinkwashing » en mettant en valeur la ville de Tel Aviv-Jaffa, masquant le fait que 47 % des Israéliens considèrent l’homosexualité comme une maladie (en comparaison, moins de 10 % en France et moins de 5 % en Espagne ou en Belgique sont de cet avis) ou encore, selon l'auteur, que cela tenterait d'atténuer en termes d'image la politique israélienne dans les territoires palestiniensJean Stern, interviewé par Mathias Chaillot, « Comment Israël a utilisé le « pink washing » pour attirer les gays et changer son image », neonmag.fr, 26 octobre 2017..

En 2006, elle est classée comme la la plus puissante au monde par le magazine Forbes. En 2007, elle est classée et en 2008, .

Guerre de Gaza Tzipi Livni a soutenu la guerre de Gaza de 2008-2009 aux côtés d'Ehud Olmert. Elle se prononce en ces termes fin 2008, au sujet des tirs de roquettes effectués par le Hamas depuis : Le elle déclare .

Le , un mandat d'arrêt est émis au Royaume-Uni à l'encontre de Tzipi Livni en raison d'accusation de crimes de guerre pendant l'« opération Plomb durci ». La compétence universelle des tribunaux britanniques permet à quiconque de demander d'émettre un mandat d'arrêt contre un « criminel de guerre » supposé, sans que le gouvernement en ait connaissanceLe Monde, 16 décembre 2009. Des personnalités israéliennes comme le ministre de la défense Ehud Barak avaient déjà été menacées de telles procédures à la demande d'organisations pro-palestiniennes par le passéLe Monde, 15 décembre 2009..

Le mandat d'arrêt est révoqué le 14. Les officiels du ministère des Affaires étrangères israélien le qualifièrent de « cynique », tandis que le bureau de Tzipi Livni fait savoir qu'elle est « fière de toutes les décisions prises lors de l'« opération Plomb durci »<ref>, BBC News, 15 décembre 2009.</ref> ». Livni, qui a reçu le soutien du Premier ministre Gordon Brown« Mandat d'arrêt/Livni: soutien de Brown », Le Figaro, 16 décembre 2009., a qualifié ce mandat d'abus de droit britannique. et a appelé à une réforme de la compétence universelle des tribunaux britanniques« Affaire Livni: Israël réplique », Le Journal du dimanche, 15 décembre 2009..

Élections législatives de 2009

Dans l’opposition à Netanyahou