Miracle de la rose est un roman autofictionnel de Jean Genet, publié pour la première fois en à Lyon par les éditions L'Arbalète à moins de 500 exemplaires. Écrit à la prison de Fresnes, Miracle de la rose est avec Notre-Dame des Fleurs l’un des romans que Jean Genet a composés durant ses périodes d’incarcération.

Historique Jean Genet évoque en alternance ses souvenirs de la colonie pénitentiaire de Mettray, où il fut emprisonné à l'âge de seize ans, et ses souvenirs de prison à la maison centrale de Fontevraud. Mettray est présenté comme « l'endroit le plus beau de la plus belle Touraine », et Fontevraud est chargé d'un imaginaire royal avec les tombes des Plantagênet. Il est intéressant de noter que le vrai Genet ne l'a jamais fréquenté, l'écrivain se trouvant au centre pénitentiaire de Fresnes lors de la rédaction du livre.

Résumé Dans Miracle de la rose, Genet poursuit l'entreprise entamée dans Notre-Dame-des-Fleurs de mêler à sa réalité carcérale à ses fantasmes. Le procédé est doublé dans Miracle d'un flou constant sur les conditions d'écriture du roman, ainsi que des incohérences récurrentes sur la temporalité de la narration.

Le narrateur alterne en effet entre le récit des mois qu'il passe à Fontevraud, alors qu'Harcamone attend son exécution, et les souvenirs de son passé à Mettray, où il avait déjà rencontré Harcamone. Se rajoutent le récit de son amour naissant pour Bulkaen, également un ancien de Mettray qui appartenait à la famille Jeanne d'Arc, et ses retrouvailles avec Divers, qu'il avait épousé à Mettray. Le récit du "miracle de la rose", au début du roman, raconte comment les chaînes d'Harcamone se transforment en une guirlande de roses blanches devant le narrateur, et ouvre sa rêverie quasi mystique à propos du condamné :En quittant la Santé pour Fontevrault, je savais déjà qu'Harcamone y attendait son exécution. À mon arrivée, je fus donc saisi par le mystère d'un de mes anciens camarades de Mettray, qui avait su, notre aventure à nous tous, la pousser jusqu'à sa pointe la plus ténue : la mort sur l'échafaud qui est notre gloire.Le texte final est parfois plus poème que roman, tant la narration est hachée et complexe. Les différents imaginaires de Genet s'y croisent : les fleurs, la question de l'enfance, l'érotisation des criminels et la violence.

Si la partie sur Mettray a pu inspirer certains passages du Surveiller et Punir de Michel Foucault, il n'est pas possible d'en faire une lecture sociologique ou réaliste. Genet n'a pas écrit son texte comme un témoignage mais comme une rêverie fantasmatique sur la colonie pénitentiaire, présentée parfois comme une utopie homosexuelle, au point de passer sous silence une partie de la violence.

Personnages Bulkaen Divers Harcamone

Notes et références

Catégorie:Roman à thématique gay Catégorie:Roman français à thème LGBT Catégorie:Œuvre de Jean Genet Catégorie:Roman français paru en 1946