Émile Davout, connu sous le pseudonyme de Jacques Cailly, né le à Ségrie-Fontaine et mort en à Bizanos, est un journaliste et militant antisémite français.

Biographie

Louis-Ferdinand-Émile Davout est le fils de Pierre-Ferdinand Davout, huissier et maire de Ségrie-FontaineArchives départementales de l'Orne, état civil de Ségrie-Fontaine, registre des naissances de 1877, acte du 26 février (vue 22 sur 149)..

Ami d'Édouard Dubuc et animateur du groupe antisémite du arrondissement de Paris depuis 1896La Libre Parole, 16 décembre 1896, , ., le dessinateur Émile Davout, dit « Jacques Cailly », est le secrétaire de la Jeunesse antisémitique ainsi qu'un des collaborateurs du journal de cette ligue, Le PrécurseurChevalier-Marescq, .. Il fréquente également la Ligue des patriotes (LDP), dont il sera membre de manière intermittenteJoly, . bien qu'il reproche à Déroulède de ne pas être antisémiteLa Libre Parole, 3 juillet 1899, , .. Pendant l'Affaire Dreyfus, il écrit les paroles d'une chanson antidreyfusardeLa Libre Parole, 13 janvier 1898, , ..

vignette|gauche|Cailly lors du procès pour complot devant la Haute Cour, croquis d'audience par Malteste (1899).

Cailly est arrêté à Flers le La Libre Parole, 12 septembre 1899, , ., quelques semaines après la grand coup de filet visant d'autres militants antidreyfusards. Découverte lors d'une perquisition, une lettre qu'il a adressée à Édouard Brunet, jeune militant antisémite normand, est retenue contre lui malgré sa contestation de l'authenticité de la date portée sur cette pièceChevalier-Marescq, .. Le , bien que le sénateur Bérenger ait estimé que le jeune homme « peut difficilement être pris au sérieux », Cailly fait partie des 17 accusés désignés par la commission sénatoriale chargée d'instruire le procès pour complot devant la Haute Cour. Pendant les audiences, il se fait remarquer par son comportement provocateur à l'encontre de ses juges, ce qui lui vaut plusieurs exclusions ainsi qu'une peine de trois mois de prisonChevalier-Marescq, .. Le , le procureur général Bernard requiert l’acquittement en raison du jeune âge de l'accuséChevalier-Marescq, .. Le lendemain, un arrêt de la Haute Cour se conforme à cette réquisition et ordonne la libération de CaillyChevalier-Marescq, ..

Après sa libération, Cailly continue à prendre part à des manifestations nationalistes. En , Henri Rochefort l'envoie à Londres pour tenter de négocier, par l'intermédiaire de l'ambassadeur Paul Cambon, la libération des Français capturés par les Britanniques pendant la seconde guerre des BoersL'Intransigeant, 18 novembre 1900, , , et 29 novembre, , .. Le , la Jeunesse antisémitique se transforme en Parti national antijuif (PNA), dont Cailly intègre le comité directeur et le comité centralL'Intransigeant, 8 mai 1901, , ..

Employé à L'Intransigeant de Rochefort jusqu'en 1901, Cailly entre ensuite au Drapeau, journal de la LDP, où il écrit sous le pseudonyme de « Pierre Legrand ».

En , Cailly annonce qu'il pourrait être candidat dans la Nièvre contre Claude Goujat à l'occasion des élections législatives de 1902L'Aurore, 20 juillet 1901, , .. Finalement, c'est dans le arrondissement de Paris qu'il décide de se présenter, face à Paschal Grousset, et avec l'aide financière de l'industriel Gaston Japy, mécène des Jaunes. Il y subit cependant la concurrence d'un autre antisémite, Charles Meiss, qui bénéficie du soutien de la Ligue de la patrie française et du Comité national antijuifLa Libre Parole, 24 avril 1902, , .. Au soir du premier tour, avec seulement (11,5% des votants), Cailly n'arrive qu'en quatrième position, nettement devancé par Grousset, Meiss et le socialiste FribourgL'Intransigeant, 29 avril 1902, , .. Avant le second tour, Cailly se retire mais prétexte une maladie pour ne pas annoncer officiellement son désistement en faveur de MeissL'Intransigeant, 12 mai 1902, , ., qui sera largement battu par Grousset. Deux ans plus tard, financé cette fois-ci par M. Milleville d'Amiens, Cailly tente sa chance dans le quartier de la Santé lors des élections municipales, mais il échoue dès le premier tour face au conseiller radical-socialiste sortant, Jules Hénaffe.

Par la suite, Jacques Cailly passe à l'Action française. Employé comme correcteur par le quotidien de ce mouvement royaliste, il reste à ce poste jusqu'à l'Exode de 1940. Retiré à Bizanos, il y meurt des suites d'une maladie. Sa nécrologie est publiée dans L'Action française du .

Notes et références

Bibliographie Henri Chevalier-Marescq (dir.), Revue des Grands procès contemporains, t. XIX (« Complot antisémite, nationaliste et royaliste »), 1901, 770 p. (consultable en ligne sur Gallica). Bertrand Joly, Dictionnaire biographique et géographique du nationalisme français (1880-1900), Paris, Honoré Champion, 2005, .

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