Maria Caterina Rosalbina Carradori-Allan (née de Munck en à Milan, décédée le à Surbiton) est une soprano française qui s'est produite au .
Biographie Née dans la maison palatine d'un père français, le baron de Munck, colonel alsacien dans l'armée française, et d'une mère de nom CaradoriIl semble que Maria Caterina, tout en prenant le nom de sa mère en guise de nom de scène, ait préféré la graphie avec deux r., qui était originaire de Saint-Pétersbourg. La mort de son père laisse la famille sans le sou, mais comme Maria-Caterina de Munck avait été formée au chant par sa mère, elle peut se produire dans des concerts et des opéras dès ses .
Après une tournée en France et en Allemagne sous le nom de , elle obtient du comte St. Antonio un engagement au King's Theatre de Londres, où elle fait ses premières apparitions, sous le nom de , comme Cherubino dans Le nozze di Figaro le , ce qui a des échos jusqu'en FranceLe critique français rend compte de la prestation de Mme de Munck, qui se fait appeler Rosaldina Caradori, en Cherubino : « Elle réunit à une taille avantageuse, quoi qu'un peu trop élevée pour le rôle de page, une figure agréable, une physionomie très-expressive, et un air modeste et même timide. Sa voix n'a ni la force, ni l'étendue que l'immensité de la salle exige ; mais elle est douce, mélodieuse et d'une justesse parfaite; l'excellente méthode avec laquelle Mme Caradori a chanté les deux airs Non sopiu cosa et Voi che sapete, lui ont mérité de vifs applaudissements ; ces deux airs ont été redemandés. Tout annonce que cette jeune personne, lorsqu'elle aura acquis l'aisance que donne l'habitude de la scène, occupera un rang distingué parmi les cantatrices. » (). En , elle est engagée de nouveau et chante le rôle de Vitellia dans La clemenza di Tito de Mozart et en Carlotta dans de Saverio Mercadante, et ses interprétations font parler d'elle jusqu'en FrancePour son rôle dans Il Barone di Dolsheim de Giovanni Pacini, au théâtre de Covent Garden, le , .
En 1824, elle épouse Mr. E. T. Allan, secrétaire du King's Theatre, où elle est engagée de nouveau, chantant avec Angelica Catalani dans Nuovo latico per la Musica de Mayr et comme Zerlina dans Don Giovanni. L'année suivante, elle joue Carlotta dans L'Adelina de Pietro Generali, Fatima dans Pietro l'Eremita de Gioachino Rossini, et Palmide dans Il crociato in Egitto de Giacomo Meyerbeer - où elle joue avec le castrat Giovanni Battista Velluti, ce qui est moyennement apprécié des Anglais, malgré la qualité de leurs prestations.
En 1826, elle chante avec Giuditta Pasta dans Giulietta e Romeo de Zingarelli, et interprète Rosine dans Il barbiere di Seviglia. Elle chante le solo de soprano à la première anglaise de la Symphonie nº 9 de Beethoven, le , et participe à des festivals à York ou à Gloucester. L'année suivante est son ultime saison en Angleterre, où elle participe aux festivals de Leicester et Worcester, puis elle se rend sur le continent.
Elle chante à Venise en 1829-1830, où elle crée le rôle de Giulietta dans I Capuleti e i Montecchi de Bellini. Elle fait un séjour attendu à Paris en 1831, où elle apparaît d'abord dans le rôle de Rosine, et la critique la décrit comme : « une jeune dame blonde, jolie et gracieuse », « habituée à la scène ». Elle retourne en Italie pour des apparitions à Gênes, à Venise, à Senigallia et à Florence (1832). Après une saison à Paris où elle se fait apprécier en Cenerentola, elle passe de nouveau à Florence et à Saint-Pétersbourg en 1833 pour des concerts, ainsi qu'à la cour de Russie.
En 1834 elle revient à l'opéra italien de Londres, participe au festival Haendel de Westminster Abbey. Après 1835 elle demeure en Angleterre jusqu'à sa mort. À la fin de sa carrière, elle abandonne la scène pour chanter des oratorios ou dans des concerts, ce qui lui réussit bien. En 1836 elle est au festival de Winchester avec Maria Malibran, qui s'écroule dans ses bras au terme d'un bis pour mourir peu après. En 1838 et 1840, elle fait une tournée aux États-Unis. En 1846, elle participe à l'exécution de l'oratorio Elias de Mendelssohn au festival de Birmingham. Elle contribue régulièrement aux , et enseigne le chant, voire compose quelques duettos pour voix féminines (Le Due Rose, Il Canto del Trovadore,et Il sospiro) ou quelques romances (La plus jolie, Le sourire ou La fileuse).
Elle prend sa retraite en , après le Concert of Ancient Music du . Elle accepte de faire une dernière intervention le au concert du Crystal Palace pour le début de l'Exposition universelle de 1851. Elle meurt à Elm Lodge, Surbiton, le .
Caractéristiques de ses interprétations En 1831, la critique française la décrit ainsi : « sa voix est un peu faible et pleine de charme ; la méthode de Carridori est pure et facile ; ses fioraetti sont faits avec goût, elle aborde avec assurance les passages difficiles et les reproduit nettement. ». En 1832, le Mercure de France est moins enthousiaste : « talens de second ordre », « l'uniformité de son chant et la froide correction de sa méthode ».
Tout au long de sa vie, elle fut assez populaire, par son naturel aimable. Elle était très accomplie en musique, lisant les partitions sans difficulté et composant elle-même des airs pour solo ou pour ensemble vocal. Sa façon de chanter était plus du côté de la perfection que de la force ; sa voix était pure, douce, claire, argentine et flexible. Cependant, elle a plus charmé que surpris son public.
Interprétations Rôles créés Fausta dans Costantino in Arles de Giuseppe Persiani, à La Fenice de Venise, le La critique est peu favorable à cet opéra (« une musique longue et ennuyeuse »), dont n'émergent que les airs chantés par « Grisi et Caradori Allan », ou par « Pelligrini et Bonfigli », cf. . Le rôle-titre dans Maria di Brabante d', à La Fenice de Venise, le . Giulietta dans I Capuleti e i Montecchi de Bellini, face à Giuditta Grisi en Romeo, à La Fenice de Venise, le
Autres Creusa dans Medea in Corinto de Simon Mayr, face à Giuditta Pasta, au King's Theatre de Londres (Haymarket), en . Ottavia dans L'ultimo giorno di Pompei de Giovanni Pacini, au Teatro Carlo Felice de Gênes, durant le carnaval et de nouveau à La Fenice de Venise, le . Le rôle-titre dans Anna Bolena de Donizetti, au Teatro Comunale de Senigallia, l'été . Amina dans La sonnambula de Bellini, au Teatro della Pergola de Florence, l'automne et de nouveau l'automne suivant
Hommages Une rose porte son nom , la Caradori-Allan : « fleur moyenne, presque pleine ; fleur poussant en corymbes ; coloris rose vif »..
Notes et références
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