Ahed Tamimi (en ), ou Ahed al-Tamimi, née le . à Nabi Salih, est une militante palestinienne qui agit contre l'occupation des territoires palestiniens.

Le , en Cisjordanie, à Nabi Salih, village du territoire palestinien occupé par Israël depuis plus de 50 ans., elle gifle deux militaires israéliens appuyés sur un muret, dans la cour de sa maison.. La scène de la gifle est filmée puis diffusée rapidement dans les médias... Ahed Tamimi est arrêtée le par l'armée israélienne. Condamnée à huit mois d’emprisonnement, elle est libérée le et entame une tournée internationale où elle poursuit son militantisme. Elle est de nouveau arrêtée par l’armée Israélienne le puis libérée le dans le cadre de la trêve humanitaire dans la bande de Gaza permettant l'échange d'otages israéliens du Hamas contre des prisonniers palestiniens en Israël.

Biographie Environnement Ahed Tamimi vit dans le village de Nabi Salih dans le district de Ramallah en Cisjordanie., peuplé de moins de 600 habitants fidèles au Fatah, tous liés par le sang ou le mariage et partageant presque tous le nom de Tamimi..

Elle est la seule fille de la fratrie de quatre enfants du couple formé par le militant palestinien et Nariman Tamimi. Ses deux parents sont devenus des symboles de la lutte contre l’occupation israélienne en Cisjordanie.. En effet, depuis 2009, sa famille et d'autres villageois accompagnés souvent de Juifs, Israéliens ou militants pro-palestiniens. manifestent pacifiquement chaque semaine leur opposition à l'expansion des colonies israéliennes, à l'expropriation des Palestiniens au profit de la colonie voisine de Halamish installée dans les années 1970 dans l'ancien fort britannique, et tout particulièrement contre le partage des ressources d'eau..

Contexte familial vignette|Manifestation en 2016 avec la famille Tamimi en tête de cortège : à gauche Bassem le père, au centre la fille Ahed, à droite Nariman la mère, et la tante maternelle (à Nabi Salih, en Cisjordanie occupée).|gauche Le père d'Ahed Tamimi, , est un maître d'école se revendiquant pacifique, qui organise ces manifestations hebdomadaires. Il a été arrêté en 2011 par les autorités israéliennes, et accusé d'envoi de jeunes jeteurs de pierres, d'organisation de manifestation sans autorisation, de provocation, et d'obstruction à la justice. Déclaré défenseur des droits de l'homme par l'Union européenne. et prisonnier d'opinion par Amnesty International., il est libéré après 13 mois de détention à la suite de son acquittement par un tribunal militaire des chefs d'accusation de provocation et d'obstruction à la justice. Il est cependant condamné à la peine déjà purgée (13 mois) ainsi que deux mois avec sursis pour les deux autres chefs d'accusations(en) « Palestinian protester cleared of incitement charge : Israeli military trial acquits Bassem Tamimi of main charge but convicts him of soliciting protesters to throw stones », Harriet Sherwood, The Guardian, 20 mai 2012. Lire en ligne.. Malgré ses revendications pacifiques, il a déjà déclaré qu'il considère les jets de pierre comme « des messages ». Avant 2011, il a été arrêté 11 fois par les autorités israéliennes, ayant déjà passé jusqu'à 3 ans dans une prison israélienne en détention administrative. En 1993, il passe huit jours dans le coma à la suite de la torture subie lors d'un interrogatoire mené par les Israéliens..

Invité en dans le Massachusetts, a dit que les sionistes « voulaient intimider » les médias américains et a accusé Israël d'utiliser la Shoah comme un prétexte pour ses actions« Tamimi spoke of how Zionists “bully” the media in the United States and accused Israel of using the Holocaust as an excuse for its actions », D. Van Zile, .

La mère d'Ahed Tamimi, Nariman, a publié en 2015 un dessin explicite pour des agresseurs potentiels afin de leur indiquer où cibler leurs coups de couteau sur le corps des soldats d'occupation pour qu'ils soient les plus dommageables pour les victimes... Elle a soutenu , co-responsable d'un attentat-suicide à Jérusalem à la pizzeria Sbarro, qui a fait de nombreuses victimes en 2001. Elle a aussi publié une vidéo où Ahed appelle à des protestations internationales et justifie la violence dans des termes qui lui vaudront d'être poursuivie par les autorités coloniales pour avoir tenté d’influencer l’opinion publique « d’une manière qui pouvait bien perturber la sécurité ou l’ordre publics »..

La tante d'Ahed Tamimi, , a été impliquée dans l'attaque terroriste à la pizzeria Sbarro de Jérusalem en 2001AhlanTamimi, condamnée à la prison à vie pour sa participation active à l'attentat sanglant de 2001, a été libérée dans le cadre des échanges de terroristes contre l'otage franco-israélien Gilad Shalit, en 2011. À cette occasion, la télévision de l'Autorité palestinienne a envoyé ses « meilleurs vœux de fidélité » à Ahlan Tamimi. Voir professeur Alan Johnson, [ « Quels sont vos héros ? Le cas de Ahlam Tamimi »], sur Hurryunpharry.org, ., qui a fait 15 morts dont 8 mineurs et 130 blessésFrimer Roth, (en) « Se souvenir des bombardements de Sbarro cinq ans après », Haaretz, 11 août 2006. Lire en ligne.. Condamnée à la prison à vie, elle est libérée lors de l'échange de l'otage israélien Gilad Shalit, en 2011.

« Un autre membre de la famille avait participé à l'enlèvement, à l'assassinat et à l'incendie du corps d'un colon israélien en 1993 ».

Certains membres de la famille Tamimi sont tués par les forces d'occupation israéliennes lors de la première et seconde intifada.

Montée en notoriété Une grande partie de la popularité d'Ahed Tamimi provient d'images et de vidéos virales. Figure de la résistance palestinienne ou , elle est surnommée par ses opposants « Shirley Temper » (en référence à l'actrice des années 1930-40 Shirley Temple, enfant star de renommée internationale), incarnant une figure de ce que certains appellent Pallywood ou l'effort de mise en scène palestinien pour discréditer Israël, et qualifiée de « provocatrice qui sait médiatiser ses actes » via les smartphones l'accompagnant quand elle provoque les soldats et l'exploitation qu'en fait sa famille (pages Facebook, chaîne YouTube, blogs, Twitter, e-mailings aux journalistes, etc.).. Le quotidien israélien Haaretz la compare à Jeanne d'Arc., tandis qu'Amnesty International la qualifie de .. De son côté, la jeune fille rêve de devenir footballeuse.

France Culture signale que pour ses détracteurs, « il s’agit d’un personnage particulièrement sulfureux notamment pour son rapport à la violence pour le moins ambigu, bien éloigné du pacifisme affiché et revendiqué des militants de la cause »..

Pour la psychiatre Samah Jabr interrogée par le journal Le Monde, ..

En , à l'âge de 11 ans, elle est photographiée en pleurs alors qu'elle tente de s'opposer à des soldats israéliens lors d'un raid dans son village..., levant le poing face aux soldats.

vignette|A. Tamimi lors de la conférence au Parlement européen sur « Le rôle des femmes dans la Résistance populaire palestinienne », septembre 2017. Deux nouvelles confrontations ont lieu en novembre puis en . À l'occasion de ce dernier incident, Ahed Tamimi, accompagnée de sa mère Nariman, est accueillie en triomphe« She (Ahed) and Nariman were invited to Istanbul, where, to their surprise, Nariman said, they were greeted at the airport by dozens of children wearing T-shirts printed with Ahed's photo. They drove past billboards displaying Ahed's image. Reporters followed them everywhere. Crowds gathered when they walked in the streets. They were taken to Prime Minister Recep Tayyip Erdogan in the southeastern city of Urfa, Nariman said, and flew back with him to Istanbul on his plane. », The New York Times, , . Lire en ligne. à Istanbul, où elle est reçue par le Premier ministre Recep Tayyip Erdoğan qui partage son avion privé avec elle. Elle reçoit le prix Hanzala du courage attribué par la municipalité de Başakşehir en Turquie, pour avoir critiqué les soldats israéliens qui ont arrêté son frère, Mohamed Tamimi....

Le , elle est filmée par une demi-douzaine de journalistes palestiniens devant son père qui n'intervient pas, avec d'autres membres de sa famille criant et molestant un soldat israélien, armé et masqué, qui tente d'arrêter son frère Mohamed pour avoir lancé des pavés à la tête d'un soldat. Dans une vidéo qui est devenue elle aussi virale, on la voit crier sur le soldat, puis devant son manque de réaction, frapper le soldat et le mordre à la main...

Le , elle participe à une conférence intitulée Le rôle des femmes dans la résistance populaire palestinienne, au Parlement européen., aux côtés de Leïla Khaled, du Front populaire de libération de la Palestine (FPLP).

Incident du 15 décembre 2017 Le se déroule à Nabi Salih en Cisjordanie, une nouvelle manifestation, interdite par les autorités d'occupation, de quelque 200 personnes contre la décision américaine de reconnaître Jérusalem comme capitale d'Israël., et que l'armée israélienne cherchait à contenir malgré quelques jets de pierre. Son cousin est blessé à la tête par une balle en caoutchouc tirée par un soldat israélien et plongé dans un coma artificiel à l'hôpital où il a été transporté...

Une vidéo prise lors de ces événements par sa mère montre Ahed Tamini intimer à deux militaires israéliens qui s'étaient introduits dans la cour de sa maison de quitter les lieux, puis leur donner des coups de pied et des gifles.. Bientôt Ahed Tamimi et sa cousine sont rejointes par d'autres habitantes et finissent par former une chaîne humaine pour bloquer l’entrée du domicile.

Les images sont diffusées rapidement sur les réseaux sociaux à partir de la page Facebook de Nariman Tamimi, la mère d'Ahed., et dans les médias. Selon ses proches, tirée par un soldat israélien...

Après que la vidéo est devenue virale sur internet., Ahed Tamimi est arrêtée le par l'armée israélienne. Le , elle est présentée devant un tribunal militaire israélien, siégeant en Cisjordanie, qui retient douze chefs d’inculpation contre elle. ; elle est poursuivie pour avoir agressé un soldat. Sa cousine Nour Tamimi et sa mère Nariman Tamimi sont simultanément interpellées ; celle-ci est poursuivie pour incitation au terrorisme pour la période du au ..

Réactions Une mobilisation sur les réseaux sociaux et une campagne d'affichage à Londres demandent la libération d'Ahed Tamimi..vignette|Popularité internationale : « Free Ahed », Lisbonne, Portugal, 2018. Dans l’autre camp, on accuse la famille Tamimi de tourner et publier ce genre de vidéos dans un but lucratif, ou de manipulation de la presse à travers notamment l'agence de presse Tamimi PressTamimi Press ; le père d'Ahed Tamimi s’en défend en arguant qu’il utilise une caméra non pas pour faire de la propagande, mais pour dénoncer une occupation militaire violente..

Selon The New York Times, la réaction des Palestiniens est ambivalente : s'ils louent tous le courage de la jeune fille, ils se demandent s'ils n'ont pas déprécié leur cause en montrant des soldats israéliens se conduisant humainement ou s'ils l'ont aidée en montrant que la résistance, même désarmée peut être efficace..

Le site israélien de nouvelles Ynetnews considère pour sa part que les images d'Ahed Tamimi sont la preuve que .

L'ONG israélienne B'Tselem, opposée à la politique israélienne de défense et de développement, considère qu'Ahed Tamimi n'est pas un cas unique dans son genre mais qu'elle « a attiré l'attention particulière des médias ».