Le (en français le régiment du comté de Gloucester), communément appelé le , était un régiment d'infanterie de l'Armée britannique de 1881 à 1994. Il trouve son origine dans le régiment du colonel Gibson qui a été constitué en 1694 et devint en 1751 le de ligne, le . En 1881, le régiment fut formé par amalgame du et du de ligne, le . Il hérite de l'unique distinction dans l'Armée britannique de porter un badge aussi bien au recto qu'au verso de sa coiffe, une tradition qui a pour origine la bataille d'Alexandrie en 1801 où ils combattirent sur deux rangs dos à dos.
Pendant la Première Guerre mondiale, le régiment compta un total de ; seize prirent part aux combats en France et en Flandres, ainsi qu'en Italie, aux Dardanelles, en Mésopotamie et à Salonique, perdant un total de et recevant quatre . Quatre bataillons furent actifs sous les couleurs du régiment durant la Seconde Guerre mondiale : les et combattirent dans la bataille de France, le se faisant détruire lors de la bataille de Dunkerque ; reformé, le débarqua sur le et fit ensuite la campagne du Nord-Ouest de l'Europe. Le fut impliqué dans la retraite de Rangoon lors de la conquête japonaise de la Birmanie, et le participa à de la défaite des forces japonaises durant la campagne de Birmanie en 1944-1945.
Pendant la guerre froide, le régiment fut réduit à un bataillon, célèbre lors de la guerre de Corée quand il tint sa position durant trois nuits contre les Nord-Coréens durant la bataille de la rivière Injin. Ce fait d'armes, bloquant l'encerclement des autres unités des Nations unies, anéanti temporairement le bataillon. Puis le régiment fut envoyé en Allemagne, en Afrique, aux Caraïbes, en Amérique centrale, au Moyen-Orient, ainsi que dans le conflit nord-irlandais.
Peu de temps après avoir célébré son tricentenaire en 1994, le régiment fut amalgamé avec le régiment royal du duc d'Édimbourg pour former le régiment royal du Gloucestershire, du Berkshire et du Wiltshire. Le nouveau régiment hérita du badge au verso, et lorsqu'il fusionna en 2007, il transmit ses traditions à son successeur, .
28th Regiment of Foot alt=Uniforme du vers 1742 à décorations jaunes|vignette|Uniforme du vers 1742 : habit rouge à parements jaunes (pour col, revers, manches, fausses poches et retroussis des basques). L'arme est un , un fusil fonctionnant avec une platine à silex. Le régiment du Gloucestershire plonge ses racines dans l'unité levée en 1694 par John Gibson, le gouverneur de Portsmouth, sous le nom de . Ce régiment à un seul bataillon est envoyé tenir garnison à Terre-Neuve, avant d'être dissous en 1697 (une large part de l'effectif n'ayant pas survécu à l'hivernage).. Reformé en 1702 avec le même colonel pour la guerre de Succession d'Espagne, il garnisonne d'abord en Irlande, puis est débarqué en Flandres en 1704, participant aux batailles d'Eliksem en 1705 et de Ramillies en 1706 ; de retour en Angleterre, il embarque ensuite pour le Portugal, pour être engagé pendant la bataille d'Almansa en 1707, puis à Tarragone en 1708. Lors de la guerre de la Quadruple-Alliance, il participe à la descente de Vigo en 1719. Pendant la guerre de Succession d'Autriche, le régiment débarque en Flandres en 1743, combat lors de la bataille de Fontenoy en 1745, participe au siège de Lorient en 1746 puis aux opérations autour de Hulst. L'unité garnisonne ensuite en Irlande à partir de 1749..
En 1751, le régiment prend le rang de de ligne, en anglais . La guerre de Sept Ans l'envoie en Amérique du Nord dès 1757 : il combat au siège de Louisbourg en 1758, à la bataille des Plaines d'Abraham en 1759 et à la bataille de Sainte-Foy en 1760. Le est envoyé ensuite aux Antilles, pour prendre la Martinique aux Français puis La Havane aux Espagnols en 1762.
Le revient en Irlande en 1767, puis repart en Amérique en 1775 pour la guerre d'indépendance des États-Unis, combattant à Brooklyn, White Plains et Fort Washington en 1776 ; la Brandywine et Germantown en 1777 ; puis aux Antilles, participant à la capture de Sainte-Lucie en 1778. Les compagnies du régiment se rendent aux Français à la fin du siège de Brimstone Hill sur Saint-Christophe en 1782. La même année, le régiment reçoit le nom de en complément de son numéro. La paix de 1783 permet de rapatrier les prisonniers en Angleterre. Le régiment tient ensuite garnison en Irlande à partir de 1786.
En 1793, après le déclenchement de la guerre de la première coalition, le régiment est envoyé à Jersey. Il revient ensuite en Flandres en 1794, combattant à Nimègue puis à Geldermalsen, participant à la catastrophique retraite britannique de l'hiver 1794-1795, les survivants se rembarquant à Brême pour l'Angleterre. Le repart outre-mer, une tempête dispersant les compagnies entre la Barbade et Gibraltar. Un détachement participe à la reprise de Minorque en 1798. Le régiment participe ensuite à la reconquête de l'Égypte en 1801, au profit de l'État ottoman : il débarque à Aboukir, combat au camp des Romains, à Mandora et devant Alexandrie ; lors de cette dernière bataille, il eut à combattre en ligne sur les deux fronts, la cavalerie française chargeant ses arrières ().. Afin de commémorer cette action, le régiment commença à porter un badge aussi bien verso que recto de sa coiffe, une distinction qui fut autorisée en 1830..
De retour en Angleterre en 1802, un second bataillon est formé en 1803 à Plymouth. Le est engagé lors de l'expédition de Copenhague en 1807 ; il débarque ensuite au Portugal en 1808, participe à la retraite vers la Galice et la bataille de La Corogne, rentrant en Angleterre en . Puis le fait la descente de Walcheren en 1809, caserne à Gibraltar en 1810, puis participe à la campagne d'Espagne avec les batailles de Barrosa et d'Arroyo dos Molinos en 1811, de Burgos en 1812, de Vitoria, des Pyrénées, de la Nivelle et de la Nive en 1813, d'Orthez et de Toulouse en 1814. Le garnisonne d'abord en Irlande, puis débarque en Espagne, participant aux batailles de Buçaco en 1810 et d'Albuhera en 1811 ; les pertes durent telles que les restes furent versés au . Le est dissous en 1814.
upright=1.5|alt= à Quatre Bras.|vignette|Le à la bataille des Quatre Bras, par Elizabeth Butler (en 1875) : le , reconnaissable à son shako « tuyau de poêle », a formé le carré d'infanterie contre la cavalerie française. En réponse au retour de Napoléon en France, le Royaume-Uni envoie en 1815 une armée autour de Bruxelles. Lors de la campagne de Belgique, le combat lors de la bataille des Quatre Bras, puis de la bataille de Waterloo. Après avoir défilé sur les Champs-Élysées le , le régiment, réduit à quatre compagnies, participe à l'occupation de la France ; puis en 1816 le régiment rentre en Angleterre..
Le régiment tient garnison ensuite à Malte en 1817, puis aux îles Ioniennes en 1818, en Irlande à partir de 1829, en Australie en 1835 et en Inde en 1842. Il participe à la campagne du Sind en 1843. Le revient en Angleterre en 1848, puis est envoyé en Crimée en 1854, participant à la bataille de l'Alma, puis celle d'Inkerman et le siège de Sébastopol. Le régiment repart en garnison, à Malte en 1855, en Inde en 1858, Angleterre en 1865, Gibraltar en 1868, Malte en 1872, Hong Kong en 1876, Malaisie en 1878 et Irlande en 1879..
61st Regiment of Foot En 1756, juste avant la guerre de Sept Ans, un est adjoint au , bataillon levé à Chatham. En 1758, il devient indépendant sous le nom de de ligne, le , puis envoyé aux Antilles.
En 1759, il participe à l'échec de la descente à la Martinique, puis à la prise de la Guadeloupe. De retour en Angleterre en 1760, il est envoyé dans les îles Anglo-Normandes en 1762. La paix de 1763 l'envoie en Irlande ; puis il stationne à Minorque en 1771, se rend aux Espagnols en 1782., revient en Angleterre en 1782, reçoit le nom de , puis passe en Irlande en 1783, à Gibraltar en 1792, aux Antilles en 1794, il combat à Sainte-Lucie en 1795 et 1796, rentre en Angleterre en 1796, aux îles Anglo-Normandes en 1797, enfin dans la colonie du Cap en 1798.
Un détachement est envoyé aux Indes en 1801, participant à la capture de Broach en 1803 pendant la seconde guerre marathe. La majorité du régiment est dirigé vers l'Égypte, sans y avoir une part active aux combats. En 1803, un second bataillon est levé, tenant ensuite garnison en Angleterre, puis en Irlande. Quant au , il tient garnison à Malte en 1803, au sud de l'Italie en 1805 (bataille de Maida), en Sicile en 1806, à Gibraltar en 1807 et est débarqué au Portugal en 1809. Le bataillon combat à Talavera en 1809, à Buçaco en 1810, à Fuentes de Oñoro en 1811, Arapiles et Burgos en 1812, Vitoria, Pyrénées, Nivelle et Nive en 1813, Orthez et Toulouse en 1814. En , le embarque à Bordeaux pour Cork, puis rejoint Dundalk où est dissous le en octobre.
Le tient ensuite garnison à la Jamaïque en 1816, revient en Angleterre en 1822, repart à Ceylan en 1828, en Angleterre en 1840 et arrive en Inde en 1845. Il y participe à la campagne du Pendjab lors de la seconde guerre anglo-sikhe en 1848-1849, participant aux batailles , et de Gujrat (Goojerat en anglais). Puis le régiment participe à la répression de la révolte des cipayes, notamment lors du en 1857, où le chirurgien du régiment reçoit la Victoria Cross. Après quinze ans aux Indes, le arrive à l'île Maurice en 1859, débarque en Angleterre en 1860, aux îles Anglo-Normandes en 1863, en Irlande en 1864, aux Bermudes en 1866, au Canada en 1870, en Irlande en 1872, aux îles Anglo-Normandes en 1875, en Angleterre en 1876, à Malte 1878 et retrouve l'Inde en 1880. Dans le même temps, le fantassin britannique est réarmé successivement avec le fusil Enfield 1853 à canon rayé et percussion, puis le Snider-Enfield 1867 à chargement par la culasse et le Martini-Henry 1871 à levier.
Un autre fil qui doit être rattaché à l'histoire du est celui des forces auxiliaires administrées par des civils qui suppléaient les forces armées en cas de nécessité. Au milieu du les comtés établirent des milices destinées à défendre les biens personnels et à constituer des troupes de réserve pour l'armée régulière. En 1760, le Gloucestershire a institué deux bataillons de milice qui furent organisés en 1763 comme la milice du Sud Gloucestershire stationnée à Gloucester et la milice du Nord Gloucestershire à Cirencester. En 1859, des corps de carabiniers volontaires () au sein des comtés furent structurés, conduisant à la formation du (ville de Bristol) de carabiniers volontaires du Gloucestershire et carabiniers volontaires du Gloucestershire.
Amalgame de 1881 alt=Drapeau dans la cathédrale de Gloucester|vignette|Les deux drapeaux du régiment dans la cathédrale de Gloucester : celui régimentaire (, portant la croix de saint Georges et des noms de bataille, les ) ainsi que le drapeau britannique (). Une série de lois modifient le recrutement et l'organisation de l'Armée britannique pendant la seconde moitié du , car celle-ci manque d'effectifs et d'efficacité (mis en lumière notamment en Crimée en 1855 et en Inde en 1857). Il y d'abord les réformes Cardwell de 1868 à 1871, puis les réformes Childers en 1881. Ces dernières réorganisent l'infanterie britannique, par amalgame de deux régiments en un ; les et fusionnent pour former le , avec pour dépôt la caserne de Horfield () à Bristol et théoriquement six bataillons : d'active, anciennement le (du Nord Gloucestershire) ; d'active, anciennement le (du Sud Gloucestershire) ; de milice, anciennement la milice royale du Sud Gloucestershire ; de milice, anciennement la milice royale du Nord Gloucedtershire ; (ville de Bristol) de volontaires, anciennement le (ville de Bristol) de carabiniers volontaires du Gloucestershire ; de volontaires, anciennement le carabiniers volontaire du Gloucestershire.