Vanessa Beeley, née le , est une blogueuse britannique vivant en France. Elle est connue pour ses prises de position en faveur de l'ancien président syrien Bachar el-Assad lors du conflit syrien, pour lequel elle est accusée de faire de la propagande, ainsi que pour la désinformation qu'elle diffuse, notamment à propos des secouristes syriens connus sous le nom de Casques blancs et les contenus complotistes qu'elle partage.
Biographie
Vanessa Beeley est la fille de Patricia Brett-Smith et de Sir Harold Beeley, diplomate britannique, qui fut conseiller du secrétaire d'État des Affaires étrangères Ernest Bevin. Elle commence sa carrière dans le secteur de l'ingénierie et du recyclage des plastiques au Royaume-Uni et en Europe centrale.. En 2021, elle vit en Syrie à Damas..
En , son compte Twitter est suspendu pendant quelques heures..
Blog
Elle crée son blogue The Wall will fall à la fin de 2012, après son premier séjour en Palestine.. Ses billets portent en général sur le conflit israélo-palestinien, en soutien de la cause palestinienne. Elle dit avoir vécu dans les territoires palestiniens durant des bombardements israéliens ; l'homme politique danois Naser Khader, l'un de ses détracteurs, affirme qu'elle y militait dans des groupes opposés à l'existence d'Israël. En , elle apparaît au théâtre de la Main d'Or lors d'une conférence sur la Palestine organisée par Dieudonné et Laurent Louis aux côtés de Marion Sigaut et Jacob Cohen..
Depuis 2015, elle concentre son travail sur la guerre civile en Syrie, prenant parti pour le gouvernement de Bachar el-Assad. Ses articles de blog et interventions sont mis en avant par les gouvernements syriens et russes.. Elle a également écrit des textes vecteurs de théories du complot , notamment sur le 11 septembre 2001, selon lequel l'attentat contre Charlie Hebdo aurait été mis en scène, mais aussi déclaré que « les sionistes dirigent la France» et que les Juifs contrôlent l'ONG Human Rights Watch. En 2017, elle apporte également son soutien à François Asselineau lors de la campagne pour l'élection présidentielle française.. Ses écrits sont également publiés sur le site d'extrême-droite d'Alain Soral, Égalité et réconciliation.
21st Century Wire Elle intervient également sur le site 21st Century Wire, dont elle est la rédactrice adjointe. Selon Snopes, 21st Century Wire est un site conspirationniste qui sert essentiellement de relai de propagande pour la désinformation des régimes russes et syriens concernant la guerre civile en Syrie, 21st Century Wire a accusé sans preuve les casques blancs d'avoir des liens avec le terrorisme. Et Vanessa Beeley fait partie d'un réseau de blogueurs pro-Assad qui propagent des théories du complot détournant sur d'autres acteurs la responsabilité du régime syrien dans les atrocités commises : l'une de ses théories du complot est que le Casques blancs mettraient en scène des massacres à l'arme chimique.. Selon le Décodex, 21st Century Wire est un site diffusant régulièrement des théories conspirationnistes.. Libération le décrit comme « un site d’information proche de Russia Today, du genre à affirmer que Hitler a en fait fui en Argentine à la fin de la Seconde Guerre mondiale ». EU vs Dsinformation affirme que 21st Century Wire participe à la diffusion d'une théorie conspirationniste russe concernant une attaque chimique en Syrie.. Vanessa Beeley publie des articles également sur .
The New York Review of Books publie : « la plupart des apologistes occidentaux d’Assad ne sont présents que sur Twitter et sur des sites Web aussi obscurs que 21st Century Wire (un site Web fondé par un ancien rédacteur en chef du théoricien du complot américain Alex Jones’s Infowars), mais il serait insensé de les ignorer. Les travaux de ce petit groupe sont également diffusés par un éventail de théoriciens du complot d'extrême gauche et anti-occidentaux ; les antisémites ; des partisans de la Russie, de l'Iran et du Hezbollah; libertaires; et groupes d'extrême droite. Beeley, la fille d'un diplomate britannique, est au centre de leurs préoccupations. ».
Selon les autorités ukrainiennes, en 2022, 21st Century Wire contient des articles niant l'existence du coronavirus, des « mentions d'une guerre que les États-Unis mèneraient en Ukraine », et un « tweet qui parle de Zelensky comme d'un politicien qui extermine son peuple »..
Working Group on Syria, Propaganda and Media En 2019, Vanessa Beeley rejoint le Working Group on Syria, Propaganda and Media (ou ), fondé par des universitaires et anciens universitaires britanniques, aux côtés de Tim Hayward, Piers Robinson, David Miller, Paul McKeigue et Tara McCormack. Le groupe soutient le régime de Bachar el-Assad, dont il relaye la propagande, et a attiré l'attention des médias anglophones et les critiques pour avoir défendu des thèses complotistes, contesté la véracité de l'utilisation d'armes chimiques dans la guerre civile syrienne et participé à une tentative de discrédit du travail de l'OIAC sur l'attaque chimique de Douma en lien avec un agent du renseignement russe et des diplomates russes.......
Guerre civile syrienne
Présentée par les agences d'information officielles russes (RT, Sputnik) comme journaliste indépendante, elle est aussi très souvent considérée comme une propagandiste au service de Bachar el-Assad, un « fervent soutien »., « pro-Assad »., etc. Vanessa Beeley ne publie jamais de critique des crimes du régime de Bachar el-Assad, bien qu'elle ait reconnu la torture dans une conversation privée divulguée, où elle déclare en outre qu'elle « ne le dira jamais publiquement ».
Elle réfute l’idée qu’un soulèvement populaire se soit produit en Syrie en 2011, qualifiant de « terroristes » les rebelles, critiques et rivaux du régime. Elle accuse les gouvernements occidentaux de vouloir renverser le régime syrien pour leurs propres intérêts. Elle présente sa rencontre avec le président syrien comme « son plus grand moment de fierté »..
En , elle effectue son premier voyage en Syrie. Elle s’entretient durant deux heures avec le président syrien, en tant que membre d'une délégation du , rencontre qu'elle décrit comme sa « plus grande fierté ». Plus tard, elle est invitée à Moscou pour discuter de la guerre en Syrie ; elle y rencontre différents officiels russes dont Mikhaïl Bogdanov, vice-ministre des Affaires étrangères, et Maria Zakharova, directrice de l'information et de la presse dans le même ministère.
En 2016, elle est membre du comité de direction de Syria Solidarity Movement, une organisation fondée en 2013, financée par des dons et qui organise des manifestations de soutien au gouvernement syrien et des voyages en Syrie .. En , accusée par l'homme politique danois Naser Khader d’être un soutien actif de Bachar el-Assad et de Vladimir Poutine, Vanessa Beeley affirme dans le Jyllands-Posten : . Elle déclare à la même occasion qu'elle ne fait plus partie de l'organisation Syria Solidarity Movement - mais son nom figure alors encore sur le site du mouvement.
Selon le journaliste Oz Katerji, le fait que le représentant du régime de Bachar el-Assad à l'ONU, Bachar Jaafari déclare son « amour » pour Eva Bartlett et Vanessa Beeley dans une interview est une preuve supplémentaire de sa proximité avec le régime syrien. Le journaliste Chris York, du Huffington Post, estime quant à lui que Fares Shehabi, parlementaire syrien, est un « très grand fan » de Vanessa Beeley.
Elle a été adhérente à la section suisse de Reporters sans frontières, qui la considère toutefois comme une « pseudo-journaliste ».
Contre les principaux médias
Beeley accuse les principaux médias occidentaux de dépeindre le conflit syrien uniquement à travers les yeux des rebelles et de ne pas dévoiler toute la vérité. Par opposition aux médias dits « occidentaux », elle se présente comme source d'information alternative sur la Syrie. Elle a notamment accusé Channel 4 d'être . Elle a également refusé de répondre aux questions du Huffington Post et du Guardian au sujet des Casques blancs, estimant que ces questions n'étaient pas pertinentes et relevaient de l'époque du maccarthysme ; peu après ce refus, elle réalise une vidéo critiquant l'approche du Guardian concernant ce sujet. Sur les réseaux sociaux, elle appelle à signaler aux autorités des journalistes indépendants et médias couvrant le conflit syrien pour avoir prétendument violé la loi britannique contre le terrorisme..
Lors d'un meeting de soutien à François Asselineau, elle explique « Je suis une journaliste indépendante qui a passé trois mois en Syrie en 2016 […] J’ai été à Alep pour sa libération, une libération de l’occupation terroriste financée par l’Otan. J’ai recueilli des témoignages vidéos de civils syriens émergeant [sic] de cinq ans de prison payés par nos régimes au service des États-Unis et de l’Otan. Nous vivons actuellement dans un monde gouverné par des mensonges, des mensonges diffusés par nos médias compromis de l’État, par nos ONG qui travaillent toutes pour promouvoir l’agenda de l’Otan, dirigé par les États-Unis. Que ce soit au Yémen, en Libye, en Irak, en Palestine ou en Syrie, on nous ment ! ».
Le site 21stCenturyWire, pour lequel elle est rédactrice associée, est présenté comme complotiste par Conspiracy Watch et Snopes qualifie 21stCenturyWire de « peu recommandable » : il « publie une désinformation pro-Assad parmi une panoplie de pseudosciences et de négationnisme ».
Critiques générales de son travail Selon Orient News, des Syriens qui s'opposent à Assad se sont vu refuser l'entrée ou ont été expulsés physiquement de ses conférences par des membres anglais des chabiha.
Patrick Hilsman, journaliste indépendant qui a couvert le conflit syrien de 2012 à 2015 souligne que les discours de Vanessa Beeley et Eva Bartlett ne subsistent qu'en raison de l'impression erronée qui prévaut chez leur audience peu informée qu'aucun autre journaliste n'aurait été sur le terrain en Syrie.
Pourtant, Vanessa Beeley participe à un évènement intitulé « media on trial » (les médias en procès) pour faire le procès des médias pour leur couverture de la Syrie : il s'agissait pour le "jury" de déterminer si les journalistes qui ont effectué des reportages depuis des zones de conflit en Syrie et Libye doivent être considérés comme des terroristes. L'évènement, qui devait avoir lieu au musée de Leeds le , a dû être déplacé par décision du conseil municipal. Il avait pour objet de déterminer si les journalistes de Britain’s Channel 4 et de la BBC devaient être qualifiés de terroristes.. Pour le Committee to Protect Journalists (Comité pour protéger les journalistes), l'événement a des similitudes alarmantes avec ce que font les gouvernements autoritaires pour réprimer le journalisme indépendant, à savoir, assimiler le reportage sur le terrorisme au terrorisme lui-même.
Déclarations antisémites et accusations d'antisémitisme Lors d'une conférence, elle déclare que l'ONG Human Rights Watch est un « faux » groupe de défense des droits de l'homme financé par un milliardaire sioniste et dirigé par une organisation juive, « Washington Elite ». New Statesman et Conspiracy Watch rappellent sa présence aux côtés de Dieudonné et Laurent Louis, l'un condamné pour antisémitisme et l'autre pour négationnisme, et son affirmation que : « Les sionistes gouvernent la France ». New Stateman écrit que Vanessa Beeley a un « historique de déclarations antisémites ».. Elle a également écrit que le journaliste Shawn Carrie était probablement « un Juif ashkénaze » et l'a qualifié d'« agent sioniste », après l'article de ce dernier mettant en cause le financement douteux derrière l'activisme pro-Assad de Beeley et de ses associés. Le journaliste accuse Vanessa Beeley d'insulte antisémite, affirmant que « son but était de diffamer les journalistes et de susciter la haine ».