Le (du ), est un phénomène qui consiste à fabriquer et manger des plats et souvent à avaler des quantités exagérées de nourriture tout en se filmant et en interagissant avec le public connecté éventuellement en direct... Certains pratiquants sont devenus des célébrités dans ce domaine comme Park Seyeon. Certaines personnes gagnent leur vie ainsi et ce créneau est exploité par l'industrie publicitaire.
Étymologie Le mot () est un mot-valise composé des mots coréens pour « manger » () et « diffusion » ()..
Origines et développement
Cette pratique vient de Corée du Sud où elle a eu lieu la première fois en 2009 sur le service de streaming en pair-à-pair AfreecaTV, avant que cela devienne une tendance sur plusieurs chaînes de télévision du câble puis sur certains réseaux sociaux. Ils se développent en raison de l'isolement social : beaucoup de Coréens mangeant seuls regardent ces lives pour avoir une forme de compagnie virtuelle.
Les mukbangs deviennent rapidement populaires hors de la Corée, et notamment aux États-Unis, où la pratique des concours d'ingurgitation de nourriture a une histoire ancienne, qui précède l'invention du mukbang. Tandis que les coréens recourent aux lives, les « mukbangers » occidentaux ont plus tendance à enregistrer des vidéos et à les diffuser en différé.
Accompagnant le développement du mukbang, Twitch introduit en 2016 la nouvelle catégorie de vidéos , devenue ensuite .
Le visionnage de vidéos de mukbang connaît un pique pendant la pandémie de COVID-19.
Tendances De nombreux hôtes génèrent des revenus en acceptant des dons ou en s'associant à des réseaux publicitaires.
Ce type de programmation met l'accent sur l'attrait de la personne qui prépare la nourriture devant la caméra. Ce sont des programmes rentables pour les sociétés de télédiffusion car leurs coûts de production sont très inférieurs à ceux de la plupart des programmes culturels ou de divertissement.
Explications de la popularité du mukbang Selon Kim-Hae Jin (doctorante à l'Université de Chosun), le spectateur satisfait par procuration le désir de nourriture en regardant l'émission dans laquelle les hôtes interagissent avec eux en discutant. Les hôtes jouent parfois le rôle de marionnette télécommandée par public et acceptent de faire exactement ce que les gens leur demandent de faire.
Critiques En , au motif que l'obésité augmente en Corée du Sud, le gouvernement annonce des directives sur le mukbang, dans le cadre de , car il peut induire des comportements de frénésie alimentaire chez certains spectateurs et ainsi nuire à la santé publique. Les mesures du Ministère de la santé et du bien-être de Corée du Sud suscitent aussitôt des protestations sur les réseaux sociaux : le Siège du gouvernement reçoit une quarantaine de pétitions contre la règlementation du mukbang, argumentant qu' et que .
Selon The Lancet, en , certaines émissions encouragées par des plateformes Internet populaires en Asie (Kuaishou, Douyin…) pourraient avoir favorisé des comportements à risque sanitaire et épidémique. Des mukbangs réunissent parfois des personnes en train de manger des aliments étranges ou dangereux. Ainsi, en 2016, un pratiquant de mukbang avait mangé en direct une soupe de chauves-souris. D'autres fois, ce sont des escargots africains, des grenouilles, des rats chinois du bambou ou des pieuvres qui étaient mangés, parfois crus, voire vivants (le poulpe notamment), malgré le risque biologique (bactéries, parasites ou virus sauvages).
Les créateurs de contenus mukbang se font souvent vomir ou prennent des laxatifs afin de ne pas prendre de poids. Certains deviennent obèses.
Il y a aussi des accusations de trucage mettant en doute la réalité des quantités prétendument ingurgitées. Certaines accusations ont été confirmées.
Des recherches suggèrent le caractère addictif du visionnage des vidéos de mukbang pour un partie de l'audience à l'instar d'autres comportements en ligne, avec des conséquences néfastes sur la santé mentale et physique et la vie sociale. Le visionnage de mukbang mènerait aussi à développer des troubles alimentaires.
Articles connexes
Notes et références
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