Annie de Pène, est le nom de plume de Désirée Joséphine Poutrel née le à Bonsecours (Seine-Maritime) et morte le , à Paris. Elle est écrivaine et journaliste française.
Biographie Annie de Pène est l'enfant naturelle de Clémence Désirée Poutrel, blanchisseuse, et d'un père inconnu. À l'âge de 18 ans, le , elle se marie à Bonsecours avec Charles Battendier, représentant de commerceNégociant, 4B rue de la République à Rouen, dans la promesse de mariage du ., dont elle aura deux enfants, Germaine Beaumont et Pierre Varenne. Elle se sépare en 1895 et divorce en 1898, et perd alors la garde de ses enfants. Elle se choisit son pseudonyme en référence à son père probable, Joseph Pène.
Elle part à Paris, et y ouvre une petite librairie dans le qui propose des ouvrages pieux pour l’éducation des jeunes filles de bonne famille. En 1905, elle édite et dirige une revue conservatrice, Le Lys, destinée à ce même public. La revue devient un supplément de La Presse, pour lequel elle commence à écrire des chroniques, articles sur la mode, saynètes de la vie littéraire.
Sa rencontre en 1906 avec Gustave Téry, fondateur et directeur du journal L'Œuvre dont elle devient la compagne, est déterminante. Elle commence à s'intéresser à la condition des femmes, à la politique et aux affaires sociales. Elle publie de très nombreux articles, chroniques, critiques de pièces de théâtre ou romans, nouvelles dans les journaux Le Matin, Comœdia, Akademos, L’Œuvre. À cette époque, Annie de Pène se lie avec d'autres personnalités du milieu littéraire et journalistique telles que Colette, Marguerite Durand, Henri Barbusse, Henry de Jouvenel et Robert de Jouvenel. Son roman Confidences de femmes, qui regroupe initialement dix-huit textes courts inspirés de son expérience personnelle et de confessions qui lui auraient été faites, publié la première fois en 1913 et ré-édité en 1916 (avec trente-trois textes), connaît un certain succès.
Durant la Première Guerre mondiale, elle n'hésite pas à prendre des risques pour réaliser des reportages de guerre, qui seront publiés dans L'Œuvre. Ainsi, dès l'automne 1914, elle se rend dans les tranchées. Elle décrit la dureté des combats, les conditions de vie des soldats, les blessés en attente de soins et les violences subies par les civils dans trois reportages rassemblés dans le recueil Une femme dans la tranchée publié en 1915 aux éditions de L’ŒuvreSite la cliothèque, page « Annie de Pène, une journaliste au cœur de la Grande Guerre », consulté le 3 avril 2020..
Ses Chroniques de l'arrière, parues entre et dans L'Œuvre, mettent particulièrement en avant le rôle des femmes dans le conflit au travers de ses rencontres avec des travailleuses (charbonnières, obusières, receveuses de tramway, boulangères…) obligées d'occuper les métiers laissés par les hommes partis au front.
Dans un reportage réalisé en intitulé La frontière n'est pas gardée, elle raconte comment elle a pu traverser à plusieurs reprises la frontière franco-suisse sans passeport ou sous un faux nom. L'article paraît le à la une de L'Œuvre, après vérification des bureaux de la Censure, suivi d'un commentaire du journal assurant que le ministère de la Guerre a pris les mesures nécessaires pour assurer la surveillance de la frontière. Cet article déchaîne une campagne calomnieuse de la presse nationaliste contre elle et Gustave Téry. Elle reçoit toutefois le soutien de nombreux confrères et consœurs de la presse, en particulier en dans un long article de Georges Pioch paru dans Les Hommes du jour.
Annie de Pène fut une amie très proche de Colette entre 1914 et jusqu'à sa mort en 1918. Celle-ci l'appelait affectueusement son « Annie d'enfance ». Les deux écrivaines, qui ont tant d'affinités et de points communs, échangent une correspondance importante pendant cette période. Annie de Pène, la comédienne Marguerite Moreno et l'actrice Musidora se réunissent au début de la guerre autour de Colette dans un chalet à proximité du bois de Boulogne, propriété d'Henri de Jouvenel, pour former ce que Colette nommera le « phalanstère » dans son roman où ces femmes indépendantes vivent en toute liberté. Elles restent très liées pendant le conflit et s'écrivent régulièrement.
vignette|droite|alt=GRAINES ET FLEURS. QUAND MÊME par ANNIE DE PÊNE (Photo Manuel) Pardonne-moi, m’ami, si je ne sais pas rire De ce rire d’enfant qui fuse tout à coup, Frais et clair, sans raison, qui ne veut rien dire, Rien, sinon l’ignorance adorable de tout… Moi, je sais. Je sais trop ce que valent les hommes, Je sais que nous passons comme les fleurs des champs, Je sais qu’ayant souffert, tous et toutes, nous sommes De pauvres êtres las, malheureux et méchants. Pardonne, moi, m’ami, de te dire ces choses : Mon cœur est tout meurtri d’avoir aimé trop fort Et j’ai vu se flétrir tant d’amours, tant de roses Qu’aux baisers comme aux fleurs je trouve un goût de mort. Mais de trop bien savoir à quoi je dois m’attendre, Ne crois point que je sois moins confiante en toi ; Je ne t’en aimerai que d’un amour plus tendre : Mon doute même ajoute à l’ardeur de ma foi. Oui, sans illusion, je veux t’aimer, je t’aime ; Si ton amour fait mal, je suis prête à souffrir ; Si je meurs de t’aimer, je vais à toi quand même, Et je baise la main par qui je dois mourir.|Un poème d’Annie de Pène publié le 29 mai 1920 dans l’Œuvre. Annie de Pène meurt le de la grippe espagnole dans le 8 arrondissement de ParisArchives de Paris , acte de décès , année 1918 (page 6/31). À son décès, elle est domiciliée au rue Pétrarque à Paris. Ses obsèques sont célébrées en l'église Saint-Philippe-du-Roule.
Une rue de Rouen porte son nom.
Œuvres vignette|Encart dans le journal Fémina pour la sortie de son livre : Mme Annie de Pène. (Phot. d'art Femina). Le remarquable écrivain vient de publier une oeuvre qui lui vaut les suffrages de tous les lettrés : L’Évadée.|alt=Portrait de Annie de Pène en chapeau
, 1916
Notes et références Notes
Références
Annexes
Bibliographie
Liens externes
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