Le secteur de l'énergie en Angola est vital pour l'économie du pays, producteur majeur de pétrole (au mondial en 2018) et membre de l'OPEP.
Le pétrole représente 83,9 % de la production d'énergie primaire du pays en 2019, 43,4 % de la consommation intérieure d'énergie primaire et 19 % de la production d'électricité. Il constitue la quasi-totalité des exportations de l'Angola. En 2019, l'Angola a exporté 94,5 % de sa production de pétrole brut.
La biomasse traditionnelle représente encore 8 % de la production d'énergie primaire (contre 15 % en 1990), 43,3 % de la consommation intérieure d'énergie primaire et 46,1 % de la consommation finale d'énergie.
La part de l'électricité dans la consommation finale d'énergie n'est que de 10,8 % en 2019, mais elle progresse très rapidement : +2164 % depuis 1990, date à laquelle sa part n'était que de 1,1 %.
Les émissions de liées à l'énergie par habitant s'élèvent à en 2019 en Angola, soit seulement 13 % de la moyenne mondiale.
Production d'énergie primaire La production d'énergie primaire atteignait en 2019, en progression de 181 % par rapport à 1990. Elle était composée de 83,9 % de pétrole, 8,0 % de biomasse, 6,9 % de gaz naturel et 1,2 % d'hydroélectricité. Depuis 1990, la production de pétrole a progressé de 183 %, celle de biomasse de 49 %, celle de gaz naturel de 1159 % et la production hydroélectrique de 1400 % Energy Statistics Data Browser - Angola : Balances 2019, Agence internationale de l'énergie, octobre 2021..
Secteur pétrolier Réserves Les réserves de pétrole de l'Angola sont estimées par BP à (millions de tonnes) fin 2018 (), soit 0,5 % du total mondial BP Statistical Review of World Energy 2019 - 68th edition, BP, 11 juin 2019..
L'essentiel du territoire angolais est formé d'un socle cristallin avec une couverture sédimentaire limitée. Le potentiel pétrolier est donc concentré dans des bassins sédimentaires le long de la côte, en grande majorité offshore. L'USGS recense plusieurs systèmes pétroliers dans deux bassins. Le principal, partagé avec le Congo-Brazzaville, est le bassin correspondant à l'embouchure du fleuve Congo et son système pétrolier le plus riche a pour piège des formations de turbidite. Il procure à l'Angola les richesses pétrolières au large de la l'enclave de Cabinda et des environs de Soyo. Le deuxième bassin correspond également à l'embouchure d'un fleuve, le Kwanza, il se situe à hauteur de Luanda.
Historique Les premiers travaux d'exploration ont été menés par la compagnie belge Fina dans les années 1950 (alors que l'Angola est encore une colonie) le long du littoral, et dévoilent quelques modestes gisements. En 1966 Elf et ses partenaires procèdent au premier forage offshoreASPO newsletter 36, décembre 2003.
Système de concessions Les attributions de concessions offshore en Angola se font suivant un découpage en blocs d'exploration numérotés. Le bloc 0 comprend la zone à faible profondeur au large de Cabinda. Les blocs 1 à 13 sont situés le long du littoral, du nord au sud du pays. Les blocs 14 à 30 forment la deuxième ligne plus éloignée de la côte, également du nord au sud. Enfin les blocs en offshore ultra-profond sont numérotés à partir de 31.
Production La production de pétrole de l'Angola, qui est presque totalement offshore, s'élève en 2018 à 2,05 million de barils par jour, au mondial avec 2,2 % de la production mondiale. En 2019, elle atteint , soit 83,9 % de la production d'énergie primaire du pays.
Le bloc zéro, dont l'opérateur est Chevron, fut longtemps le plus productif, cependant sa production a culminé en 1999. Les blocs situés en eaux plus profondes, à commencer par la bloc 14 (situé dans le prolongement du bloc zéro et également exploité par Chevron), ont pris le relais.
En mai 2024, TotalEnergies annonce le lancement du projet « Kaminho », situé à au large des côtes angolaises, par de profondeur d'eau. TotalEnergies en détient 40 % des parts au côté de ses partenaires Petronas (40 %) et Sonangol (20 %). Ce projet consiste en la conversion d'un tanker en unité flottante de production, de stockage et de déchargement (FPSO), reliée à un système de puits sous-marins. La production devrait démarrer en 2028, avec un objectif de de pétrole par jour. C'est le septième projet de ce type de TotalEnergies en Angola et le tout premier développement dans le bassin de la KwanzaHayat Gazzane, Pétrole : TotalEnergies lance un nouveau projet au large de l'Angola, Les Échos, 21 mai 2024.
+ Blocs les plus productifs en 2017 : Bloc Opérateur Principaux gisements 0 Chevron 14 Chevron Complexe Benguela-Belize-Lobito-Tomboco 17 Total 15 Chevron 18BPGreater Plutonio31BP32TotalKaombo
Exportations vignette|droite|Un des FPSO au large de l'Angola. En 2019, l'Angola a exporté 94,5 % de sa production de pétrole brut.
La production de Chevron et ses partenaires dans les blocks 0 et 14 est exportée par un terminal nommé Malongo, situé dans le port de Cabinda. Pour le reste, les gisements sont exploités par des plates-formes de type FPSO qui chargent directement les pétroliers, ainsi le pétrole est directement exporté sans transiter par le littoral.
Le pétrole constitue la quasi-totalité des exportations de l'Angola : en 2015, selon la Banque mondiale, les exportations du pays se chiffraient à 33 milliards de dollars dont 31,4 étaient représentés par le pétrole, le reste étant essentiellement des diamants. La Chine est devenue le principal client du pétrole angolais, absorbant en 2015 45 % du brut exporté par le pays. Les autres acheteurs importants sont l'Inde, l'Espagne, les États-Unis et la France.
Sonangol, la compagnie pétrolière nationale, a formé une coentreprise avec l'armateur suédois Stena, qui exploite une importante flotte de pétroliers assurant une partie des exportations du pays.
Gaz naturel
Le gaz associé produit par les gisements de pétrole angolais fut longtemps gaspillé par destruction en torchère, faute d'infrastructure pour l'utiliser. Cette pratique culmine à la fin des années 1990, où selon des estimations basées sur les mesures par satellite, environ de gaz naturel étaient annuellement détruits de cette manière.. Des mesures ont cependant été prises pour réduire ce gaspillage. Depuis 2013, il existe un terminal d'exportation de gaz naturel liquéfié à Soyo. Il a été construit par un consortium de compagnies pétrolières (Sonangol, Chevron, Total, BP, Eni), qui apportent le gaz de leurs gisements respectifs. Les GPL produits en association avec le gaz naturel sont prioritairement destinés au marché intérieur. Pour le reste, d'importantes quantités de gaz sont réinjectées dans les gisements de pétrole pour y maintenir la pression, et les plates-formes pétrolières en utilisent une petite quantité pour leurs propres besoins en énergie.
En 2019, la production de gaz naturel de l'Angola s'est élevée à , soit 6,9 % de la production d'énergie primaire de l"Angola.
Consommation intérieure Consommation d'énergie primaire La consommation d'énergie primaire par habitant de l'Angola s'élevait en 2019 à , soit seulement 25 % de la moyenne mondiale : ; celle de l'Afrique du sud était de , celle de la France de , celle de la Chine de et celle des États-Unis de Agence internationale de l'énergie (AIE - en anglais : International Energy Agency - IEA), Key World Energy Statistics 2021 (pages 60-69), septembre 2021, ..
La consommation intérieure d'énergie primaire de l'Angola s'est élevée à en 2019, en progression de 153 % depuis 1990. Elle est composée de 50,5 % d'énergies fossiles (pétrole : 43,4 %, gaz naturel : 7,1 %), 49,5 % d'énergies renouvelables (biomasse : 43,3 %, hydroélectricité : 6,3 %). Depuis 1990, la consommation de pétrole s'est accrue de 511 %, celle de gaz naturel de 141 %, celle d'hydroélectricité 1400 % et celle de biomasse de 49 %. La consommation d'énergies fossiles a progressé de 402 % et celle d'énergies renouvelables de 68 %, la part de ces dernières reculant de 74,5 % en 1990 à 49,5 % en 2019.
Consommation finale d'énergie La consommation finale d'énergie de l'Angola s'élevait à en 2019, dont 43,1 % de consommation directe de combustibles fossiles (pétrole : 39,8 %, gaz naturel : 3,3 %), 46,1 % de biomasse et 10,8 % d'électricité. Depuis 1990, elle a progressé de 134 % (pétrole : +398 %, gaz naturel : -20 %, biomasse : +53 %, électricité : +2164 %). Sa répartition par secteur est la suivante : industrie 10,1 %, transport 24,5 %, secteur résidentiel 57,5 %, secteur tertiaire 6,1 %, agriculture 0,1 %, usages non énergétiques (chimie) 1,8 %. L'industrie a progressé de 39 % depuis 1990, les transports de 672 %, le résidentiel de 88 % et le tertiaire de 402 %.
Biomasse traditionnelle Comme ailleurs en Afrique subsaharienne, l'essentiel de la population, particulièrement de la population rurale, a peu ou pas accès aux formes modernes d'énergie et fait appel à la biomasse traditionnelle (c'est-à-dire le bois, le charbon de bois, les résidus de récolte et le fumier) pour l'essentiel de ses besoins. Cette utilisation se fait généralement en autoconsommation ou en cycle très court et est donc difficile à mesurer, mais elle représentait en 2002 au moins la moitié de l'énergie primaire consommée dans le pays.
Secteur électrique
Production d'électricité L'Angola a produit en 2019, dont 70,4 % d'hydroélectricité et 29,6 % à partir de combustibles fossiles (pétrole : 19 %, gaz naturel : 10,6 %). Cette production a progressé de 1738 % depuis 1990, la production à base de pétrole de 2435 % et celle d'hydroélectricité de 1400 % ; le gaz naturel n'entrait pas encore dans le mix électrique en 1990 Statistics Data Browser : Angola - Electricity 2019, Agence internationale de l'énergie, octobre 2021..
En 2015, l'Angola produisait un peu moins de d'électricité. Si cette production a doublé en six ans, le niveau de consommation par habitant reste extrêmement bas, et seulement 30 % de la population a accès à l'électricité.
Hydroélectricité
Selon l'International Hydropower Association (IHA), la production hydroélectrique de l'Angola s'est élevée à en 2021, soit 0,67 % de la production mondiale et 7,5 % de la production africaine, au en Afrique, derrière la Zambie : , le Mozambique : , l'Éthiopie : et l'Égypte : . La puissance installée des centrales hydroélectriques angolaises atteint fin 2021, soit 10 % du total africain, au en Afrique derrière l'Éthiopie (). Aucune mise en service n'a été réalisée en 2021 2022 Hydropower Status Report (9, 30-33, 46-47), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), juin 2022..
L'Angola a mis en service en 2020, dont les derniers groupes de la centrale de Lauca (), qui devient ainsi la la plus puissante en Afrique après celle de Cahora Bassa () au Mozambique 2021 Hydropower Status Report (pages 6-9, 30-33, 46-47), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), ..
Les centrales hydroélectriques de l'Angola totalisaient une puissance de fin 2018 ; elles ont produit en 2018, au africain derrière le Mozambique () et la Zambie ().
En 2018, ont été mis en service, dont deux nouvelles turbines de la centrale de Laúca, qui devient ainsi la centrale angolaise la plus puissante avec provisoires, devant atteindre ; à son achèvement en 2020. La centrale en construction de Caculo Cabaça () devrait être achevée en 2024.
Ces deux projets contribuent pour plus du tiers à l'objectif de d'ici 2025. Le gouvernement s'est engagé à porter le taux d'électrification à 60 % et a entrepris une évaluation environnementale stratégique sur son potentiel hydroélectrique de 2019 Hydropower Status Report (pages 48, 72 et 101), Association internationale de l'hydroélectricité (IHA), 13 mai 2019..
Réseaux électriques Une ligne de transport à haute tension de reliant les réseaux du nord et du sud est en construction pour mise en service en 2023, financée par la Banque africaine de développement, permettant le transfert de d'hydroélectricité à bas coût, économisant de diesel par an et d'émissions de .