Un genderfuck (anglais : gender bender), en argot LGBT, est une personne qui perturbe, ou « fléchit » (de l'anglais bend), les rôles de genre. C'est un terme spécifique de la théorie queer qui est principalement développé dans le monde anglo-saxon.

Terme Définition La définition venant de l'anglais signifie littéralement « flexion/torsion du genre », avec un jeu de mots sur l'argot et le péjoratif « courbé » : « celui qui pend », « celui qui est inversé », indique que la personne qui transgresse le comportement attendu du rôle de son genre (par exemple, par travestissement).

Dans le cadre général de la théorie queer, la définition de gender bender est considérée comme « une forme de militantisme social en réponse à des hypothèses ou des généralisations sur les genres ».

Historique Le terme genderfuck a longtemps fait partie de la langue vernaculaire gay, et a commencé à apparaître dans les documents écrits dans les années 1970.

Jesse Sheidlower remarque une définition du terme gender fuck dans le travail de L. Humphreys sorti en 1972 Out of the Closets: Sociology of Homosexual Liberation comme « une forme de théâtre de guérilla étendue ».

Il est également cité dans le numéro d' du magazine Rolling Stone, en référence au style glam rock : « Le nouveau travestissement macho, appelé vulgairement gender fuck, une satire curieuse d'usurpation d'identité féminine – robes, pompes, couverts de maquillage et barbes – est représenté par, entre autres, trois hommes en uniformes WAC et de grandes moustaches ».

Militantisme Il peut y avoir différentes raisons militantes au genderfucking, simultanément ou non.

Rejet de l'intolérance Cela peut être une réaction et une protestation contre l'homophobie, la transphobie, la misogynie ou la misandrie.

Rejet de rôles oppressifs Le fléchissement du genre est parfois une forme de militantisme social entrepris pour détruire des rôles de genre trop rigides et défier les stéréotypes sexuels, notamment lorsqu'une personne non conforme trouve ces rôles oppressifs.

Politique identitaires Le fléchissement du genre peut être politique, issu des premiers mouvements de politique identitaires des années 1960 et 1970, dont l'un des principes directeurs est l'idée que ce qui est personnel est politiqueElisa Glick. Sex Positive: Feminism, Queer Theory, and the Politics of Transgression. Feminist Review, No. 64, Feminism 2000: One Step beyond?. (Spring, 2000), ..

Dans son article Genderfuck and Its DelightsChristopher Lonc. Genderfuck and Its Delights. Gay Sunshine 21 (Spring 1974)., paru en 1974, Christopher Lonc explique sa motivation pour être genderfuck : Cité dans .

Rejet de la binarité de genre Pour fuck with les genres, une attente doit exister pour qu'il soit possible de se rebeller contre cette attente. Ces attentes sont socialement construites et peuvent varier considérablement entre les cultures.

La binarité de genre, c'est l'idée que seuls deux genre existent : les hommes et les femmes. Dans de nombreuses cultures, il n'est acceptable pour un individu que d'incarner l'un des deux rôles de genre. Les rôles de genre imitent souvent les attentes sociales des catégories « masculin » et « féminin ». Dans cette attente culturelle, on s'attend à ce que les personnes désignées comme étant masculines soient masculines, tandis que celles désignées comme féminines devraient être féminines. La croyance et l'adhésion à ces rôles de genre est connue sous le nom de binarité de genre.

Rejet de l'essentialisme du genre Ainsi, le genderfucking proteste contre une vision essentialiste du genre. Ce concept est rejeté non seulement par une apparence non normative, mais aussi par la remise en question de rôles, des caractéristiques ou des comportements normatifs de genre - par exemple en présentant un individu clairement féminin affirmatif et non domestique afin de défier la notion d'essence féminine.

Genderbending non-politique Le genderfucking n'est pas toujours une prise de position politique. Selon Butler, le genre est quelque chose qui est interprété ; il n'a de signification culturelle que dans la mesure où cela lui est attribué. Malgré la binarité de rôle de genre imposés par la société, il existe de nombreuses façons pour les individus d'exprimer des variations de genre et tous ne sont pas intentionnellement du radicalisme politique.

De plus, en 1995, Tamsin Wilton a fait valoir que :

Attentes culturelles Dans de nombreuses cultures, pour qu'une personne soit considérée comme appartenant à une catégorie de genre particulière, l'individu doit non seulement avoir une constitution anatomique particulière (y compris génitale), mais doit se conformer aux stéréotypes appropriés de cette culture. Ces rôles sont fortement influencés par la culture et les pairs. Ces stéréotypes comprennent l'orientation sexuelle, et ceux qui vont à l'encontre des comportements attendus, par exemple les gays et les lesbiennes, peuvent être considérés comme « inférieurs » ou « différents ».

Occident Dans les cultures occidentales, les rôles de genre ont quelque peu changé au fil des ans. Cependant, la culture occidentale dominante a toujours tendance à attendre des comportements « féminin » stéréotypés chez les femmes et « masculin » chez les hommes.

Une étude menée par l'université de Princeton a décrit ces stéréotypes de genre courants et normatifs :

Le "masculin" - agit comme un leader et en a les compétences, est agressif, ambitieux, analytique, sûr de lui, athlétique, compétitif, défend ses propres croyances, dominant, puissant, indépendant, individualiste, prend des décisions facilement et de manière autonome, autosuffisant, forte personnalité, prêt à prendre position, et prêt à prendre des risques.

Le stéréotype « féminin » tels que définis par cette même étude : est affectueux, gai, enfantin, compatissant, n'utilise pas de grossièretés, désireux d'apaiser les sentiments blessés, facile à flatter, doux, crédule, aime les enfants, fidèle, sensible aux besoins des autres, timide, à une voix douce, sympathique, tendre, compréhensif, chaleureux, généreux.

Cultures catholiques et juives Dans les cultures catholiques et juives, les rôles de genre et la présentation de genre ont été contrôlés depuis les temps bibliques :

Transgresser ces lignes a été interprétée par certains catholiques, comme une transgression morale.

Autochtone Cependant, d'autres cultures, souvent des peuples autochtones, ou des sous-cultures qui existent dans les cultures occidentales - peuvent conceptualiser le genre comme ayant plus de deux options, et peuvent même voir leurs individus comme remplissant plus d'un rôle de genre.

Certains peuples autochtones de l'Amérique du Nord ont historiquement plus de deux rôles de genre dans leur structure socialeEstrada, Gabriel S. 2011. "Two Spirits, Nádleeh, and LGBTQ2 Navajo Gaze." American Indian Culture and Research Journal 35(4):167-190., tandis que d'autres, qui peuvent ou non avoir embrassé cette diversité historiquement, acceptent la bispiritualité des individus dans leurs communautés modernes.

D'autres cultures peuvent voir les gens comme capables d'incarner un rôle de genre différents à différents moments, ou d'être « au milieu », « embrassant à la fois l'esprit masculin et féminin »Cleveland International Film Festival, selections; Kumu Hina: A Place in the Middle. Un exemple est le peuple Bugis du Sulawesi du Sud en Indonésie qui a un total de cinq genres. Ces genres comprennent ce qui serait considéré comme homme et femme cisgenres, plus les hommes et femmes transgenres et les chamans androgynes de Bissu.

Genderfucking en pratique Genre des personnes genderfuck Certains genderfucks s'identifient avec le genre qui leur a été assigné à la naissance, mais remettent en question les normes sociétales qui assignent des comportements particuliers à ce genre. Cette rébellion peut impliquer des vêtements androgynes, des accessoires et des comportements de genre atypiques.

Les genderfucks peuvent aussi s'identifier comme trans ou travestis. Cependant, de nombreuses personnes trans ne se considèrent pas comme des "gender benders".

D'autres s'identifient comme « bispirituels » ou membres d'un troisième genre.

Apparence Le genderfucking est basé sur la représentation du genre : le concept de genre comme apparence. Cela peut se réaliser dans une présentation physique (par exemple des vêtements, des cheveux, du maquillage et des caractéristiques sexuelles secondaires), ainsi que dans le comportement.

Souvent, la parodie et l'exagération sont utilisés pour transgresser les rôles de genre, généralement pour en exposer l'artificialitéWilkinson, Sue et Celia Kitzinger (1996). "The Queer Backlash". In Quoted in . Par exemple, une personne qui s'engage dans le genderfucking peut volontairement exagérer les notions conventionnelles de la féminité ou de la masculinité.

Le genderfucking peut également être réalisé via du travestissement et de l'androgynie, qui défient et contribuent tous deux à démanteler la binarité de genre, en séparant l'expression ou la représentation du genre de la perception du sexe biologiques ou physiologiques.

Travestissement Le travestissement serait une forme de flexion du genre parce que le but est de "fuck with gender" au niveau des rôles et de la présentation.

Une grande partie des représentations de genre s'exprime à travers les vêtements, parce que dans les sociétés où la binarité de genre est présente, il existe une notion établie et répandue que certains vêtements sont « masculins » et ne devraient être portés que par des hommes, et d'autres « féminins » ne devrait être porté que par des femmes.

Hawkes, sociologue et auteur, aborde ce et de l'opportunité d'une résistance : Hawkes, G. (1995). "Dressing-up – cross-dressing and sexual dissonance". Journal of Gender Studies 4(3): 261–270..

Androgynie L'androgynie n'est pas spécifiquement genderfucking, mais il peut être considéré comme genderfucking si quelqu'un est intentionnellement androgyne. Beaucoup de gens qui sont androgyne peuvent ne pas le faire par un effort conscient sur leur apparence : « Ce peut être aussi quelque chose d’involontaire : les enfants pré-pubères sont tous plus ou moins androgynes, même si les parents ou l’environnement s’efforcent de masculiniser les garçons et de féminiser les filles ; parfois, l’androgynie à l’adolescence est liée à une puberté tardive ».. L'origine du mot androgyne vient du latin , qui lui-même est dérivé du grec ancien « androgynos » signifiant « homme-femme ».

Drag vignette|Conchita Wurst, une drag queen à barbe.

Le genderfucking est vu dans de nombreux styles de vie. L'une de ces formes est l'habillement « drag », consistant à mettre en scène la féminité (pour les drag queens) ou la masculinité (pour les drag kings).

Les spectacles de drag sont des spectacles sur scène où les artistes qui jouent sont drag queen ou drag king. Les costumes et le maquillage drag peuvent dans certains cas impliquer simplement un acteur décrivant un personnage d'un genre différent du leur, ou la performance elle-même peut être une parodie ou une critique des genres et de leurs rôles. Souvent, les stéréotypes de genre féminins ou masculins de la culture des personnes sont exagérés pour des effets comiques ou satiriques.

Les revues de drags impliquent typiquement des costumes élaborés et glamour et des représentations musicales. Les artistes peuvent chanter, danser ou faire du lip-sync.

Un faux drag (ou bio drag) est une personne qui joue le genre auquel il s'identifie dans la vie de tous les jours mais sous une forme exagérée. Par exemple, une femme qui se comporte comme drag queen est une fausse queen (bio queen), et un faux king dans l'autre sens.