François Tréchot (né le à ChalluyExtrait du registre des actes de naissance de Challuy, Archives nationales de France. et mort le à BonnevalTranscription de l'acte de décès (avec date et lieu de naissance) à Bonneval, à la mairie de Paris , n° 1099, vue 20/31.) est un marinier français devenu explorateur sur les rives du fleuve Congo, puis administrateur d'une société concessionnaire dont l'action commerciale s'est inscrite dans le cadre de la colonisation française du Congo.

Biographie Parti en Afrique en 1889 pour assister les autorités françaises à mettre en état et à conduire des navires pour les expéditions militaires, et notamment les expéditions Liotard et Marchand, il s’installe à son compte en créant des factoreries, c’est-à-dire des comptoirs locaux pour lui permettre de commercer avec les populations indigènes.

Avec des bateaux à vapeur il explore le fleuve Congo et ses affluents, tout en apprenant les langues et les coutumes locales.

Il sera ainsi le premier européen à pouvoir pénétrer certaines régions d'Afrique centrale.

Le village de Maloukou-Tréchot, situé à 65km à l'est de Brazzaville le long du fleuve Congo, fut ainsi nommé en sa mémoire.

Il sera ensuite rejoint par ses frères Henri et Louis, puis Aimé et Ernest.

Avec ces deux premiers il participe à la fondation, en 1897, et sous le patronage de Savorgnan de Brazza, d'une société qui deviendra par la suite la Compagnie Française du Haut Congo (abrégée CFHC)Ainsi Catherine Coquery-Vidrovitch écrit (op. cit. 1, Chapitre II. La création des compagnies, p. 51-70, voir Bibliographie) : "La Cie Française du Haut-Congo (C.F.H.C.) était elle aussi l’affaire d’un petit groupe d’hommes très au fait des problèmes du Congo. Les cinq frères Tréchot étaient d’anciens agents de la maison Daumas, arrivés au Congo en 1888, qui s’étaient établis à leur compte en 1892 « avec presque rien ». (...) Invités par Brazza, toujours impatient d’encourager les initiatives privées, à le suivre en haute Sangha, ils en obtinrent une recommandation auprès de son fournisseur Conza. Cette garantie leur assura enfin des capitaux à Paris : ils fondèrent en octobre 1897, avec le négociant Georges Brack, seul commanditaire, une société en nom collectif « Tréchot frères et Cie » au capital de 300 000 frs, dite Cie Française du Haut-Congo, qui exploitait le fleuve à l’aide de deux vapeurs, à partir des entrepôts de Brazzaville et Loango et des factoreries progressivement fondées à Djoundou au confluent de l’Oubangui (1894) et à Bonga à l’embouchure de la Sangha (1896).".

Celle-ci obtiendra par le décret du Journal Officiel de la République Française du 13 juin 1899, Archives en ligne de la Bibliothèque Nationale de France. la concession d'un territoire d'environ 36 000 kilomètres carrés qui comprenait le bassin de la Likouala-Mossaka, et sur lequel elle avait le monopole de la vente des produits finis et de l’achat des matières premières.

Une demeure construite en 1905, intitulée «La Case Tréchot» est l’ambassade actuelle de Russie à BrazzavilleMaison de la Compagnie Française du Haut Congo, Patrimoine du Congo Brazzaville..

Après la fin du régime des concessions en 1930, la CFHC fut l’une des rares sociétés concessionnaires qui existait encore et de nombreux investissements furent réalisés dans les palmeraies et la construction d’immeubles à Brazzaville ou à Pointe-NoireAbraham Constant Ndinga Mbo écrit (op. cit. 5, Introduction, p. xxvi, voir Bibliographie): "La Cuvette congolaise, territoire des Ngala, devint le domaine des «Frères Tréchot » : ils fondèrent, en vue de sa mise en valeur, la « Compagnie Française du Haut Congo » (CFHC), qui deviendra en 1931 - après 1929, date de la fin statutaire du régime concessionnaire - « Compagnie Française du Haut et Bas Congo » (CFHBC), avec siège à Brazzaville.".

Reprise par la Banque d’Indochine en 1952, la CFHC voit son patrimoine et notamment sa flotte cédés au gouvernement congolais en 1965Gilles Sautter (op. cit. 6, page 303-312) décrit les conditions dans lesquelles la CFHC (devenue CFHBC en 1929) disparut durant l'année 1965, et ce malgré le soutien de la Banque d’Indochine qui tenta après 1950 un sérieux effort de rénovation.. Elle sera dissoute en 1979.

François Tréchot a regagné la métropole au début du pour raison de santé.

Il y est décédé le et repose au cimetière de Guérigny.

Dans la culture

Il est assez probable que l'adaptation cinématographique réalisée par Jean Pierre Melville du livre de Simenon l'aîné des ferchaux se soit inspiré des aventures africaines de François Tréchot.

Si l'anecdote n'est pas absolument vérifiée, il aurait été fait usage de l'utilisation d'une dynamite jetée par François Tréchot sur ses guides alors que ces derniers étaient résolus à l'abandonner en pleine forêt. Dans le film de Melville le personnage est appelé Dieudonné et il se trouve contraint à quitter la France accompagné d'un secrétaire (joué par Jean Paul Belmondo) lorsque ce scandale devient une affaire politique. Ils partent alors tous deux pour un long périple à travers les états unis de New York jusqu'à la nouvelle Orléans.

Notes

Références

Voir aussi Bibliographie

Liens externes

1865, Naissance de François Tréchot, marin au Congo, Académie des Sciences, Arts et Belles-Lettres de Dijon Les frères Tréchot et la CFHBC grandeur et décadence d’un empire économique colonial Fonds documentaire sur l'histoire du Congo Brazzaville Les Frères Tréchot, Base de connaissances consacrée au département de la Nièvre

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