Terrorisme en France en 2018 présente une chronologie des actes de terrorisme ou projets d'attentats en France durant l'année 2018 ainsi que des principaux événements en relation avec des attentats des années précédentes.
Attentats Date Lieu Nombre de morts Nombre de blessés Description11 janvierVendin-le-Vieil (Pas-de-Calais)03 Trois surveillants du centre pénitentiaire de Vendin-le-Vieil (Pas-de-Calais) ont été poignardés par un détenu affilié à Al-Qaïda condamné pour des faits de terrorisme. Condamné à 18 ans de prison pour complicité dans l'attentat de Djerba en 2002 commis par Al-Qaïda. Il est soupçonné d'être directement lié aux Attentats du 11 septembre 2001.23 marsCarcassonne et Trèbes (Aude)5 (dont 1 terroriste)15 Série d'attaques dans l'Aude : trois attaques sont perpétrées par Radouane Lakdim, un franco-marocain originaire du Maroc et âgé de 25 ans, dans un premier temps contre deux passagers d'une voiture et 4 CRS lors d'une fusillade à Carcassonne et ensuite contre des clients d'un supermarché dans une prise d'otage à Trèbes. Un officier de gendarmerie, Arnaud Beltrame, se substitue à un otage et meurt égorgé par le terroriste. Le bilan est de 5 morts dont le terroriste et 15 blessés dont deux graves. Les attaques sont revendiquées par l'État islamiqueAttentat dans l'Aude: le gendarme "héros" est décédé, le bilan s'alourdit à 4 morts, Challenges, 24 mars 2018.12 maiParis ( arrondissement)2 (dont 1 terroriste)4Attaque au couteau à Paris : Khamzat Azimov, un franco-russe originaire de Tchétchénie et âgé de 20 ans, poignarde plusieurs passants dans le quartier de l'Opéra et tente de s'en prendre à des policiers avant d'être abattu. Il fait et dont 2 gravement. L'attaque est revendiquée par l'État islamique..11 décembreStrasbourg (Bas-Rhin)511Fusillade à Strasbourg : Chérif Chekatt, un Strasbourgeois âgé de , ouvre le feu aux abords du marché de Noël, tue et en blesse . Le tireur est blessé par un militaire de l'Opération Sentinelle avant de prendre la fuite. Il est finalement abattu par la police le surlendemain dans le quartier du Neudorf. L'attaque est revendiquée par l'État islamique.
Tentatives d'attentats déjouées Date Lieu Description début janvier Épinay-sous-Sénart (Essonne), Rennes (Ille-et-Vilaine) Interpellation en région parisienne d'une étudiante de d'origine toulousaine préparant un attentat à Rennes. Radicalisée depuis deux ans, elle est arrêtée par la DGSI qui l'avait repérée sur le réseau Telegram. À son domicile d'Épinay-sous-Sénart, les enquêteurs retrouvent son testament. Se disant et regretter de ne pas être passée à l’action plus tôt, elle est mise en examen pour association de malfaiteurs en relation avec une entreprise terroriste criminelle puis placée en détention provisoire. 16 janvier Nîmes (Gard)Un homme de est interpellé par la DGSI alors qu'il voulait se procurer une arme et tenait des propos menaçants sur les réseaux sociaux. Dans son appartement, une vidéo d'allégeance à l'État islamique est retrouvée, ainsi que des produits entrant dans la composition d'explosifs. Un engin potentiellement explosif avec un système de mise à feu est également découvert dans ce même appartement. 13 mars Grenoble (Isère)Quatre hommes et une femme sont interpellés. Ils sont soupçonnés d'appartenir à une filière djihadiste ayant favorisé des départs vers la zone irako-syrienne en 2014 et 2015 et d'avoir aidé à financer leur séjour sur place. 11 mai Paris () Le , le ministre de l'Intérieur Gérard Collomb annonce l'arrestation une semaine plus tôt de deux jeunes gens d’origine égyptienne (dont l'un a été relâché sans inculpation) qui auraient préparé un attentat à l’explosif ou à la ricine qui avaient été repérés sur la messagerie Telegram. Le suspect est placé en détention provisoire. 8 juin Belgique,France 9 juin Seine-et-Marne De source judiciaire, deux hommes de 21 et originaires de Montereau-Fault-Yonne et Champagne-sur-Seine sont arrêtés par la DGSI. Ils sont mis en examen le pour association de malfaiteurs criminelle, et placés en détention provisoire pour avoir envisagé un projet d'attentat qui aurait visé notamment la communauté homosexuelle au nom de l’État islamique. 13 juin Châteauroux (Indre) Un projet d'attentat visant un club libertin est déjoué avec l'interpellation le d'un homme converti et radicalisé, âgé de . Un engin explosif improvisé est découvert à son domicile et il a reconnu ses intentions. Il est mis en examen pour association de malfaiteurs terroristes en vue de la préparation d'un crime d'atteinte aux personnes et préparation individuelle à la commission d'un acte de terrorisme. 24 juin France, Ambassade de France au SalvadorUne dizaine d'individus d'ultradroite du groupuscule Action des forces opérationnelles soupçonnés d'avoir planifié des attaques contre des musulmans sont interpellés en région parisienne, Corse, Gironde, Vienne et Charente. Une vingtaine d'armes à feu sont saisies et un laboratoire clandestin d'explosifs artisanaux est démantelé. La cellule aurait souhaité se venger d'attaques islamistes en ciblant des islamistes radicalisés, mais ils entendaient aussi attaquer des femmes musulmanes au hasard dans la rue. L'enquête montrera qu'ils voulaient également assassiner le rappeur Médine et qu'ils avaient prévu d'empoisonner de la nourriture halal dans les supermarchés afin de tuer au hasard. L'affaire rebondira en , lorsque le n°2 de l'Ambassade de France au Salvador sera arrêté et mis-en-examen car soupçonné d'être un membre actif de l'AFO. En tout, 14 membres de l'AFO seront arrêtés. 30 juin France, Belgique Allemagne Six personnes sont interpellées dans le cadre d’un projet d’attentat déjoué contre un rassemblement du mouvement de l’opposition iranienne des Moudjahiddines du peuple qui tenait un meeting à Villepinte (Seine-Saint-Denis). Le , un couple de ressortissants belges d’origine iranienne a été arrêté à Woluwe-Saint-Pierre en Belgique dans un véhicule contenant de TATP et un mécanisme de mise à feuVincent Jauvert, Assadi, l'espion iranien qui voulait commettre un massacre en France, L'Obs, 2 octobre 2018.. Interrogé par la police, le couple avoue qu'ils avaient pour objectif de commettre un attentat contre les Moudjahiddines du peuple à Villepinte, le jour même de leur arrestation, et que les explosifs leur avaient été fournis par Assadollah Assadi, diplomate à l'ambassade d'Iran à Vienne, en Autriche. Ce dernier est arrêté quelques jours plus tard en Allemagne, où il passait ses vacances. Le , une vaste perquisition a lieu à Grande-Synthe chez douze personnes liées au Centre Zahra France, une association musulmane chiite, proche du Hezbollah et du régime iranienMarc Semo et Elise Vincent, Paris accuse le renseignement iranien d’avoir commandité le projet d’attentat de Villepinte, Le Monde, 2 octobre 2018.. Le même jour, les autorités française gèlent pour six mois les avoirs de la direction du ministère du renseignement iranien en France, ainsi que les avoirs de Zahra France. Une source diplomatique française déclare au Monde, à l'AFP et à Reuters que l'attentat de Villepinte a été commandité par la direction des opérations du ministère du renseignement iranien. Téhéran réagit en évoquant un des États-Unis et d'Israël visant à saborder les relations entre la France et l'IranLe ministère du renseignement iranien a commandité le projet d'attentat de Villepinte, selon une source diplomatique, Europe 1 avec AFP, 2 octobre 2018..
Juste avant le transport de la bombe vers Villepinte, l’attentat est déjoué, à Bruxelles, le jour prévu de l'attentat. Selon les experts belges, l'onde de choc causée par la bombe aurait pu s’étendre sur une centaine de mètres, faire de nombreuses victimes et créer un mouvement de panique potentiellement mortel. La neutralisation de la bombe a blessé un policier belge. Des services de renseignement européens – et très probablement le Mossad israélien – avaient découvert le projet fomenté par quatre Iraniens, dont le procès s'ouvrira fin à Anvers. Le 4 février 2021, Assadi est condamné à 20 ans de prison par la justice belge. Trois complices belges d'origine iranienne sont condamnés à des peines allant de 15 à 18 ans de prison, ainsi qu'à la déchéance de leur nationalité belge. 17 juilletAlbi (Tarn)Un homme de 28 ans est interpellé a Albi par les policiers de la DGSI, à son domicile les enquêteurs retrouvent plusieurs tutoriels et recherches sur la fabrication d'explosifs. Le suspect était en contact avec un islamiste actuellement incarcéré en prison. L'homme interpellé a été mis en examen pour « association de malfaiteurs terroriste criminelle » et « fabrication non autorisée d’engins explosifs en relation avec une entreprise terroriste » par le parquet antiterroriste de Paris. 6 novembre Bouzonville (Moselle)Quatre sympathisants de l'ultradroite (parfois surnommés par la presse « Les Barjols » en référence au titre de la page Facebook où ils échangeaient), surveillés par la DGSI depuis le sont arrêtés le sont mis en examen le pour "association de malfaiteurs criminelle terroriste" et "détention non autorisée d'armes de catégorie B en relation avec une entreprise terroriste", dans l'enquête sur le projet d'action violente visant Emmanuel Macron. Ils avaient prévu d'attaquer au couteau le président de la République le , durant la période des commémorations du 11-Novembre à Charleville-Mézières. Deux autres membres seront arrêtés en . Et la cheffe présumée, Delphine T., est arrêtée chez elle par la DGSI le . Le , la figure complotiste Éric-Régis Fiorile est arrêté par la DGSI dans le cadre de cette enquête. 13 novembre Saint-ÉtienneUne opération anti-terroriste s'est déroulée à Saint Étienne. Le durant leur garde à vue ils affirment avoir voulu attaquer le mouvement des Gilets jaunes le et avaient prêté allégeance à Al-Qaïda. Quatre personnes sont mises en examen.
Mesure de lutte contre le terrorisme Le , le Gouvernement annonce une série de dont certaines sont classées secret défense. Parmi elles figure un rôle de accordé à la direction générale de la Sécurité intérieure (DGSI) pour la lutte contre le terrorisme. Il est annoncé la création d’un parquet national antiterroriste (PNAT), distinct du parquet de Paris, auquel le Gouvernement affirmait plus tôt ne pas retenir. Ce parquet spécialisé devrait comprendre de 25 à , soit 4 ou de plus qu'en 2018. Installé au sein du palais de justice des Batignolles, le PNAT aura si besoin un « droit de tirage » sur les effectifs du parquet de Paris et il absorbera le pôle crime contre l’humanité du TGI de Paris. Il est annoncé la création au sein de l’UCLAT d'une unité de suivi des personnes sortant de prison susceptibles de représenter une menace alors que le Premier ministre affirme que les prisons françaises comptent au détenues pour actes de terrorisme et de droit commun identifiés comme radicalisés, dont 450 devraient être libérés d'ici à fin 2019. Une « cellule de profilage » des auteurs d’attaques terroristes et d’identification des facteurs de passage à l’acte doit également être constituée. L’École nationale de la magistrature doit accueillir à partir de un nouveau cycle de formation spécialisé pour les magistrats , le Gouvernement annonce la création d'un juge de l’indemnisation dédié aux victimes de terrorisme afin d'accélérer leur indemnisation .
Enquêtes En , la Direction du Renseignement de la préfecture de police de Paris est mise en cause dans l'attentat de l'église de Saint-Étienne-du-Rouvray par Mediapart. Un des fonctionnaires du « groupe informatique et procès » aurait alerté sur les agissements suspects d'Adel Kermiche quelques jours avant l'attentat, mais sa hiérarchie lui aurait demandé de modifier ses signalements postérieurement aux faits.