Lilian Greuze est une actrice française née le à Paris et morte le dans la même ville. Elle a été active au théâtre puis au cinéma, à l'époque du muet puis du parlant, des années 1900 aux années 1930.

Biographie Jeunesse Jeanne Delagereuil naît le à Paris de père et mère « non dénommés »Acte (vue 26/31), registre des naissances de l'année 1890 pour le arrondissement sur le site des Archives de Paris (avec mentions marginales de reconnaissance, mariage et décès).. Elle vit néanmoins avec sa mère, Sofia Jacoba Dittlof-Tjassens.

En 1925, elle est légitimée par le mariage de ses parents, auxquels elle sert de témoin de mariageActe (vue 26/28), registre des mariages de l'année 1925 pour le arrondissement sur le site des Archives de Paris.. Elle prend dès lors le patronyme de son père, Étienne Louis Henri Barroil.

Carrière vignette|250px|gauche|Caricature d'Yves Marevéry sur les trois acteurs jouant dans la pièce de Jehanne d'Orliac, Joujou tragique, au théâtre du Gymnase (1907). vignette|Lilian Greuze par Léopold-Émile Reutlinger.

Le journaliste et peintre Michel Georges-Michel affirme avoir rencontré la jeune fille à l'âge de 15 ans, alors qu’elle déclamait, sous le nom de Greuze, de la poésie devant la Comédie-Française. Après lui avoir choisi le prénom Lilian, il la recommande au critique Catulle Mendès, qui la recommande lui-même à Sarah Bernhardt.

Plus tard, elle racontera être apparentée au peintre Jean-Baptiste Greuze (1725-1805) et avoir pris ce nom de scène sur les conseils de Sarah Bernhardt, une amie de sa famille« Une enquête auprès des écrivains et des artistes. Pourquoi avoir choisi un pseudonyme et pourquoi l'avez-vous choisi ? » La Liberté, 27 janvier 1935, p. 2, ..

Lilian Greuze débute en 1906 comme jeune ingénue au théâtre. L'année suivante, elle joue dans la pièce de Jehanne d'OrliacJehanne d'Orliac, Joujou tragique, au côté de Roger Vincent et de la comédienne Polaire, au théâtre du GymnaseLilian Greuze par Yves Marevéry..

Lilian Greuze pose également comme mannequin pour plusieurs maisons de couture« Création Buzenet » Comœdia, octobre 1910, p. 334, .« La mode actuelle au théâtre » Comœdia illustré, 15 mars 1910, p. 355, à . et comme modèle, notamment pour divers studios photographiques pour la création de cartes postales ou d'affiches de cinéma et de théâtre. Parmi ces photographes figure le célèbre Léopold-Émile ReutlingerClichés photographiques de Léopold Reutlinger, qui la photographie dans son studio sur les thèmes de La Cruche cassée et de La Laitière, d'après les peintures de Jean-Baptiste Greuze, comme un clin d'œil avec celui dont elle a pris le nom.

En 1915, elle joue le rôle de Josette dans la pièce Mademoiselle Josette, ma femme avec Paul Gavault d'après l'œuvre coécrite par Paul Gavault et Robert Charvay.

Entre-temps, elle se porte volontaire comme infirmière auprès des blessés de la Première Guerre mondiale dans les services de la Croix-Rouge française, sur le front et à l'arrière dans l'hôpital américain de Neuilly sous l'hospice d'Henriette de Belgique.

En 1917, elle embarque pour les États-Unis, où elle retrouve Sarah Bernhardt au French Theatre de New York. Elle tourne dans le film muet The Recoil de George Fitzmaurice.

En 1918, revenue en France, elle joue dans le film Hier et aujourd'hui de Dominique Bernard-Deschamps et dans le film Simone de Camille de Morlhon.

En 1919, elle tourne en Italie dans Tragedia senza lagrime de Mario Caserini.

Sa carrière artistique prend fin en après un dernier rôle au théâtre dans Alyette, une pièce de Frédéric Boutet et Jean Aragny, et au cinéma dans Le Clown Bux un film de Jacques Natanson sorti sur les écrans à la même date. Après cette date, le nom de Lilian Greuze n'apparaît plus qu'épisodiquement dans la presse, à la rubrique mondaine, jusqu'au début des années 1950.

Mort Lilian Greuze meurt le à Paris, à l'âge de à 93 ansActe de décès , , Paris , Archives de Paris (vue 2/31).

Vie privée Au début de sa carrière, elle devient la maîtresse de Jules Gervais, sénateur et président du conseil d'administration des fromageries Gervais fondées par son père Charles Gervais. Leur relation, qui va durer longtemps, est connue et fait l'objet d'allusions plus ou moins explicites dans la presse.

En 1914, Jeanne Delagereuil reconnaît comme son enfant une fille, née en 1912 sous les prénoms de Colette RenéeActe de naissance , , Paris , Archives de Paris (avec mentions marginales de reconnaissance et de décès) (vue 20/31)Acte de reconnaissance , , Paris , Archives de Paris (vue 12/31). En 1921, la fillette est reconnue à son tour par René Nagelmackers, fils de Georges Nagelmackers, le fondateur de la Compagnie internationale des wagons-litsActe de reconnaissance , , Paris , Archives de Paris (vue 14/31).

Au milieu des années 1920, Jeanne Barroil est établie 19 rue Clément-Marot avec sa fille ColetteRecensement de population, population de résidence habituelle, Paris , Champs-Élysées, , Archives de Paris. En 1930, son mariage avec Jules Gervais est annoncé dans la presse, puis rapidement démenti. Peu après, sa fille entre comme petit rat à l'Opéra de Paris sous le nom de Colette Sylva.

Jules Gervais meurt en 1933. Au milieu des années 1930, l'actrice réside à Neuilly-sur-Seine, au 5 rue Angélique-VérienRecensement de population, Neuilly-sur-Seine, , Archives départementales des Hauts-de-Seine (vue 17/494).

En 1952, elle est légèrement blessée dans un accident de voiture. Le véhicule est conduit par sa fille.

En 1954, elle se marie à Neuilly avec Paul Henri Ziegler, président de la Compagnie de construction mécanique procédés Sulzer, et le reste jusqu'à la mort de celui-ci, en 1968.

Théâtre

1906 : L'Hydre, drame antique en 5 actes de Charles Méré, théâtre antique de la Nature à Champigny-sur-Marne ()« Courrier des théâtres. Théâtre antique de la Nature. L'Hydre », L'Indépendante, juillet 1906, p. 11, à . 1907 : Les Bouffons, pièce en 4 actes en vers de Miguel Zamacoïs, théâtre Sarah Bernhardt () : Solange de Maupré« Les premières », Le Gaulois, 26 janvier 1907, p. 3, . 1907 : Joujou tragique, pièce en 4 actes de Jehanne d'Orliac, théâtre du Gymnase () : Marguerite BerlyDessin d'Yves Marevéry, . 1908 : Le Bonheur de Jacqueline, comédie en 4 actes de Paul Gavault, théâtre du Gymnase () : Titi 1908 : La Conquête des fleurs, comédie fantaisiste en 3 actes de Gustave Grillet, théâtre de l'Athénée () : Clématys 1909 : Le Danseur inconnu, comédie en 3 actes de Tristan Bernard, mise en scène d'Abel Deval, théâtre de l'Athénée () : Jeanne« Au théâtre de l'Athénée. Le Danseur Inconnu », Comœdia, 30 décembre 1909, pp. 1-2, . 1911 : Le Vrai Chemin, pièce en 1 acte en vers d'Alfred Gragnon, Comédie-Royale () : la blanchisseuse 1911 : Midi bouge, revue en 2 actes de Michel Carré et André Barde, théâtre des Capucines ()« Capucines. Midi bouge », Le Journal amusant, 29 avril 1911, p. 11, . 1911 : Coup d'essai, comédie en 1 acte de Fernand Guizet, théâtre des Capucines () : Nichotte« Au théâtre des Capucines. Coup d'essai. La soirée », Comœdia, 7 avril 1911, pp. 3-4, . 1911 : Le Feu de la Saint-Jean, comédie en 3 actes de Frantz Fonson et Fernand Wicheler, théâtre royal des Galeries à Bruxelles () : Germaine de Luxeuil« Les premières. A Bruxelles », Le Gaulois, 12 décembre 1911, p. 4, . 1913 : L'Insaisissable Stanley Collins, pièce à grand spectacle en 5 actes et 20 tableaux de Maurice de Marsan et Gabriel Timmory, mise en scène d'Henri Prévost, théâtre du Châtelet () 1914 : Le Talion, comédie en 3 actes d'Henri de Rothschild, théâtre Marigny () : Scott« La soirée théâtrale. Le Talion au théâtre Marigny », Le Figaro, 7 avril 1914, p. 6, à . 1914 : La Revue Cordiale, revue en 2 actes et 6 tableaux de Jacques Battaille-Henri, Jean Bastia et Jean Deyrmon, théâtre des Champs-Élysées () : La Cruche cassée / Totote« Premières représentations. Comédie des Champs-Élysées », La Presse, 7 mai 1914, p. 2, à . 1919 : Les Demi-vierges, comédie en 3 actes de Marcel Prévost, théâtre de la Porte-Saint-Martin () : Jacqueline de Vouvre 1919 : Le Vieux Marcheur, comédie en 5 actes d'Henri Lavedan, théâtre de l'Ambigu () : Marie Avoine« Le théâtre. Au Nouvel-Ambigu. Le Vieux marcheur », La Liberté, 24 septembre 1919, p. 2, à . 1919 : Malices-Coco, revue en 2 actes de Jean Bastia et Charles-Alexis Carpentier, musique de Maurice Frankel, théâtre du Perchoir () : une gigolette 1920 : Une faible femme, comédie en 3 actes de Jacques Deval, théâtre Fémina () : Jacqueline Sézères« La mode au théâtre », Le Gaulois, 13 mai 1920, p. 2, . 1921 : Bethsabée, comédie en 3 actes de Fernand Nozière, théâtre de verdure du Pré-Catelan ()« Au théâtre de verdure du Pré-Catelan: Bethsabée », Comœdia, 17 mai 1921, pp. 1-2, . : Bethsabée 1922 : Le Sceptre et le Volant, comédie en 3 actes de Fernand Nozière, théâtre Robert de Clermont-Tonnerre à Maisons-Laffitte (juin) 1922 : Ma tante d'Honfleur, comédie-bouffe en 3 actes de Paul Gavault et Georges Berr, théâtre des Variétés (juin)« Au théâtre des Variétés : Ma tante d'Honfleur », Comœdia, 2 juin 1922, p. 1, à . 1922 : L'Autoritaire, pièce en 3 actes d'Henri Clerc, théâtre de l'Odéon ()« A l'Odéon. L'Autoritaire" », Comœdia, 11 décembre 1922, p. 1, . 1924 : La Flambée, pièce en 3 actes d'Henry Kistemaeckers fils, théâtre de Paris (janvier) : Thérèse Deniau [1924 : L'Homme nu, comédie en 3 actes de Marie Valsamaki, mise en scène d'Henri Beaulieu, théâtre de la Potinière () : Yvonne Legrand 1926 : Au premier de ces messieurs, pièce en 3 actes d'Yves Mirande et André Mouëzy-Éon, théâtre du Palais-Royal () 1926 : Petite Peste, pièce en 3 actes de Romain Coolus, théâtre de l'Ambigu () 1928 : Le Chauffeur des Feldstern, pièce de Paul Vialar, théâtre Michel (mars) 1928 : La Conquête des fleurs, comédie fantaisiste en 3 actes de Gustave Grillet, théâtre de l'Athénée () : Clématys 1929 : Fragile, comédie en 3 actes et 9 tableaux d'André Lang, théâtre Fémina () : Élisabeth Véri« Les premières. Fragile au théâtre Fémina », Le Journal, 19 janvier 1929, p. 4, à . 1930 : Cœur de moineau, comédie en 4 actes de Louis Artus, casino de Cannes () et théâtre royal des Galeries à Bruxelles () 1931 : Raffles, pièce policière en 4 actes d'Ernest William Hornung et Eugene Presbey, adaptation française de Dario Niccodemi, théâtre de l'Ambigu () : Miss Gwendoline Couron 1931 : Ces messieurs de la Santé, comédie en 3 actes et 6 tableaux de Paul Armont et Léopold Marchand, théâtre de Paris (avril) : Claire 1932 : L'Inspecteur Grey, pièce policière en 3 actes d'Alfred Gragnon, Plaza-Théâtre () 1935 : Alyette, pièce en 3 actes et 6 tableaux de Frédéric Boutet et Jean Aragny, théâtre de Paris ()

Cinéma

1910 : Au temps des premiers chrétiens d'André Calmettes 1914 : Cuisinier par amour de Max Linder : Lili 1917 : The Recoil de George Fitzmaurice : Marian Somerset 1917 : Max médecin malgré lui de Max Linder 1918 : Hier et aujourd'hui, drame en 4 parties de Dominique Bernard-Deschamps : Blanche de Guy-Châtel 1918 : Simone de Camille de Morlhon : Simone 1918 : L'Âme du bronze d'Henry Roussell et Georges Le Faure 1919 : Tragedia senza lagrime de Mario Caserini 1934 : Fanatisme de Gaston Ravel et Tony Lekain : la comtesse Walewska« Lilian Greuze », Comœdia, 18 août 1933, p. 4, à . 1934 : Maître Bolbec et son mari de Jacques Natanson : Magda Kramsen« Jacques Natanson présente Maître Bolbec et son mari » Comœdia, 26 juillet 1934, p. 4, à . 1935 : Le Clown Bux de Jacques Natanson : Monique Daumier« Le Clown Bux », Notre cinéma.

Bibliographie Jean-Pierre Liausu, « Lilian Greuze revient de Londres », Comœdia, « En visite » Comœdia, 24 juillet 1934, p. 6, ..

Notes et références Notes

Références

Liens externes

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