Le château du Guilguiffin situé dans la commune de Landudec (Finistère), fait partie des châteaux de Cornouaille. Il fut la résidence de Nicolas Louis de Plœuc http://patrimoine.region-bretagne.fr/gertrude-diffusion/recherche/globale?ou=Landudec&texte=Le+Claire&typeDossier=op%C3%A9ration+ponctuelle et https://francearchives.fr/facomponent/5a5ef85d792223a68087c2c756a5eb7dc61c5b91(1694-1779), conseiller au Parlement de Bretagne. Construit aux abords de Landudec, le château du Guilguiffin est édifié à l’emplacement d'un ancien manoir. Il est dû à l'architecte finistérien Nicolas Pochic, connu pour avoir travaillé dans le bâti religieux.

Le domaine du Guilguiffin comporte un château construit entre 1750 et 1760, des dépendances, une chapelle, un colombier (classé monument historique), un potager, une cour d'honneur, un parc et un bois. L'ensemble suit une trame stylistique qui le rend monumental, orchestré par le principal élément qui est le granite, pierre symbolique de la Bretagne..

Le château du Guilguiffin est inscrit aux monuments historiques par arrêté du Dossier des monuments historiques concernant le château du Guilguiffin, son inscription aux monuments historiques et ses restaurations. .

Histoire Époque Ancienne et Moyen Âge gauche|vignette|201x201px|Plan de Landudec par Conen de Saint-Luc. Le domaine du Guilguiffin est un site ancien, occupé depuis les premiers siècles. Au , des vestiges de deux villages préhistoriques dans le bois alentour du Guilguiffin ont été découverts.. Un des villages s’étend des jardins du château à la ferme de Penancoët, proche d’une voie gauloise. Les vestiges du deuxième emplacement nommé Coat-An-Traon, situé à environ trois-cents mètres du premier vers l’Est, ont quasiment entièrement disparu lors de la construction des avenues menant de la route principale à la demeure noble en 1750.. Un four, des maisons et une forge se trouvaient sur ce site. C’est ensuite au que semble apparaître la première grande bâtisse, le manoir du Guilguiffin.. Dans un aveu daté de 1540, il est la possession de Guillaume de Tyvarlen, seigneur du Guilguiffin.. Le manoir est, jusqu’au , la résidence principale successive de la famille des Guilguiffin, des Tyvarlen, puis des Plœuc.

Peu de traces subsistent de la première famille, les Guilguiffin, qui semblent s’être éteints à la fin du Thézan de Gaussan, Denis-Victor-Marie de, Histoire généalogique de la maison de Ploëuc, Beauvais, Impr. de E.Laffineur, 1873.. La seigneurie du Guilguiffin devient ensuite propriété des seigneurs de Tyvarlen vers 1540 avec Guillaume, écuyer du duc de Bretagne. Ancienne lignée du Finistère, les Tyvarlen disposaient déjà de terres et d’un château du en Landudec. C’est probablement la famille des Tyrvalen qui fit édifier le manoir médiéval qui resta leur demeure jusqu’à la reconstruction du château en 1750. L’ancien manoir est cependant peu connu et sa date de construction reste indéfinie. En 1917, Gaston Conen de Saint-Luc en donne une courte description dans sa notice sur Landudec dans le bulletin de la Société archéologique du Finistère : « Le manoir auquel a succédé le château actuel ne devait guère différer des autres maisons fortes qui existaient dans cette partie de la Cornouaille aux . Ses dépendances renfermaient tous les services que comportait une résidence seigneuriale : remise à carrosses, forge, boulangerie, pressoir, écuries, bergeries… […] On retrouve également les fondations de deux tourelles d’angle que des courtines crénelées reliaient à la maison du portail. Cette maison, flanquée d’une guette assez élevée, contenait au-dessus de l’entrée voûtée un logis pouvant servir de corps de garde ».

Époque Moderne gauche|vignette|Vue du ciel du château du Guilguiffin. C’est au que la seigneurie du Guilguiffin arrive dans les mains des Plœuc, maison qui possède déjà plusieurs terres en Cornouaille et en LéonThézan de Gaussan, Denis-Victor-Marie de, Histoire généalogique de la maison de Ploëuc, Beauvais, Impr. de E.Laffineur, 1873.. Les Plœuc sont une famille noble attestée depuis le . Elle est issue des comtes de Poher et des ducs de Penthièvre originaire d’un bourg commerçant de Plœuc-sur-Lié dans les Côtes d’Armor.

Nicolas Tyvarlen (1515-1590), seigneur de Kerharo et du Guilguiffin, marié à Louise de Rosmadec ( ?- 1595), décède sans héritier mâle. Sa fille ainée Anne de Tyvarlen ( ?- 1611) épouse par contrat du Jean de Plœuc ( ?- 1590) , seigneur du Breignou et commissaire de l’arrière-ban de CornouailleArchives départementales du Finistère 16 J 58, Répertoire des archives de Ploeuc, suivi de notes historiques par Gaston Conen de Saint-Luc sur les terres et la famille de Ploeuc, 1728.. Par la suite, les Plœuc continuent à habiter le manoir en Landudec où naissent, Nicolas-Joseph (1658-1695), marquis de Plœuc, et son frère François-Hyacinthe (1661-1739), ancien évêque de Cornouaille de 1707 à 1739 et conseiller du roi en tous ses conseils de 1728-1729 . Naît aussi Nicolas-Louis (1694-1779), fils de Nicolas-Joseph, initiateur de la construction du château de GuilguiffinArchives nationales 272AP/5, papiers de François-Hyacinthe de Ploeuc.. Dès 1713, Nicolas-Louis rejoint la marine et sert de garde-marine au département de Brest, puis devient garde du pavillon amiral en 1716 sur le vaisseau l’Argonaute. Le , il entre dans le régiment de dragons où il reste dix ans avant de quitter le service militaire. De retour en Cornouaille, le marquis de Ploeuc est qualifié « haut et puissant seigneur » de multiples fiefs dans plus d’une quarantaine de villages. À partir de 1730, Nicolas-Louis obtient la charge de conseiller au parlement de Bretagne. Marié en secondes noces avec Marie du Boisguéhenneuc, il eût la réputation d'être un véritable tyran à l'égard de ses paysans.

Depuis longtemps, Nicolas-Louis souhaitait reconstruire le manoir familial qui tombait en ruine. Dès le , les premiers paiements sont donnés aux ouvriers et à son architecte Nicolas Pochic, la construction du château a débutéArchives privées conservées au château de Guilguiffin, 16 J 101.

L’architecte Nicolas Pochic est originaire de Pont-Croix. Il est surtout connu pour avoir réalisé des réparations et des procès-verbaux d’expertise dans des presbytères (Cosquer d’Irvillac, Cléden-Cap-Sizun, Peumerit, Ergué-Armel …). Il travaille notamment au presbytère de Plovan pour François Marie de PenfentenyoFamille de Penfentenyo de Kervéréguen qui est issu d’une branche cousine des Penfentenyo constructeurs d’un autre grand château en Cornouaille du , Cheffontaines en Clohars-FouesnantArchives départementales du Finistère, B484, Minutes du greffe, procès-verbaux d'expertise et devis estimatifs des réparations à faire : dans les églises paroissiales de Beuzec-Cap-Caval, et dans la chapelle de Saint Guénolé [...], 1726-1789..

En 1750, Nicolas Pochic est considéré comme entrepreneurs et maître des ouvrages au château du Guilguiffin en Landudec. Sur ces chantiers Nicolas Pochic ne travaille jamais seul. Il est toujours accompagné de maîtres menuisiers, maçons, d’huissiers, ou d’architectesArchives départementales du Finistère B482..

Époque contemporaine La Révolution en 1789 divise cette famille, l’édifice se vit dépouillé de ses biens.. Après la mort en 1843 de Jean-Louis-Armand Fortuné, dernier marquis de Ploeuc et possesseur du Guilguiffin, sa fille Jeanne-Rose (1786-1844), mariée à Athanase Conen de Saint-Luc comte de Saint-Luc, riche famille de députés et parlementaires bretons, hérite du domaine. Athanase Conen de Saint-Luc effectue, avec sa descendance, de nombreuses restaurations au château du Guilguiffin. Il faut surtout attribuer aux Conen de Saint-LucFamille Conen de Saint-Luc la reconstruction de la chapelle en 1847DRAC, dossier concernant le château du Guilguiffin. . Leur petit-fils Gaston Conen de Saint-Luc (1840-1920) fut un érudit, passionné par l'histoire locale.

Aujourd'hui, le château est privé et a été reconverti en chambres d'hôtes.

Architecture et décoration Matériaux Le château de Guilguiffin est composé de plusieurs matériaux, des ardoises pour le toit, ou encore du fer forgé pour l’escalier. Mais celui qui prédomine est le granite. Le granite est à la fois prélevé dans des sources granitiques à Plogastel-Saint-Germain., mais est également issu de récupération.

Dès le début de 1750, la démolition du manoir familial est bien avancée. Les pierres sont ensuite retaillées et servent à l'édification de la nouvelle maison. Hypothétiquement, l’ancien manoir familial des Ploeuc n’apparaît pas avoir été le seul édifice utilisé pour la construction du château de Guilguiffin. Le manoir de Tyvarlen en Landudec semble avoir été dépouillé de ses pierres pour servir à l’édification de la bâtisse de Nicolas-Louis de Ploeuc.

Façades Le château du Guilguiffin comporte une façade Sud (corps de logis central et deux pavillons en légère saillie), sobre, classique, avec peu de décoration. Une grande symétrie est à noter dans les fenêtres. La façade principale au Sud, d’une longueur de soixante mètres environ, donne sur la cour d’honneur et est orientée plein sud.

L’édifice comporte trois niveaux : rez-de-chaussée, premier étage, et étage sous comble. Le toit est à long pan en ardoise et est orné de lucarnes et de cheminées. L’utilisation d’une haute toiture peut paraître étonnante et apparaît en opposition avec les traités de l’époque qui prône l’emploi d’une couverture discrète.. Les hautes toitures sont néanmoins de nombreuses fois utilisées en Bretagne, avec le château de Cheffontaines en Clohars-Fouesnant (v.1770-1780) ou encore celui de Lézergué en Ergué-Gabéric (1752).

La façade Nord reprend une disposition quasiment identique à la façade Sud. S’ajoute deux éléments : des tourelles accolées aux pavillons et un pavillon en saillie dû à l’escalier hors-œuvre.

Distribution intérieure vignette|Plans du château du Guilguiffin. Les demeures aristocratiques sont marquées au par une forte mutation dans leur architecture.. Le château est un lieu de réception, mais également un lieu de vie, où résident le seigneur et sa famille. La demeure doit pouvoir répondre aux différents besoins exigés par ses habitants. Le château du Guilguiffin se situe entre deux courants, à la fois utilisant des nouveaux concepts tels que le couloir pour la circulation, et d'autres comme l'escalier hors œuvre ou les hautes toitures, apparaissent moins novateurs et plus traditionnels, hérités des manoirs bretons du .

Le corps de logis a une rangée de pièces simples et est entouré de deux pavillons. L’entrée dans la demeure se fait dans l’axe central qui donne directement sur le vestibule dallé et sur l’escalier. Deux pièces s'ouvrent de chaque côté du vestibule, à l’Ouest de l'entrée se trouve une salle à manger et à l’Est un salon. Toutes deux comportent des boiseries d’origine, et des poutres apparentes qui ont été restaurées au Dossier des monuments historiques concernant le château du Guilguiffin, son inscription aux monuments historiques et ses restaurations. .

Le pavillon Ouest contient un bureau, une petite salle à manger, une cuisine, son four en pierre, et un couloir menant sur la cour des communs et à l’office disposé à l’Est de la cuisine dans la tourelle accolée à la demeure. Le pavillon Est comporte un cabinet, entièrement refait à la fin du , un débarras, un vestiaire et une salle d’eauDrac, dossier concernant le château du Guilguiffin..

Les pièces sont disposées en enfilade, leurs portes sont arrangées côté jardin pour rendre la vue plus agréable.