300px|vignette|Richard von Drasche-Wartinberg : Dans l'hiver profond. La représentation des paysages d'hiver dans l’art en Europe commence au .

Les paysages hivernaux et enneigés n'ont pas été représentés avant le , du fait que la grande majorité des productions étaient religieuses. Les peintres évitaient les paysages en général, pour ces mêmes raisons qu'ils ne trouvaient pas de sujets religieux liés au paysage, à la neige et à l'hiver.

Les premières représentations de la neige en Europe sont apparues aux Environnements de la Terre : Passé, Présent et Futur, de David Huddart et Tim Stott, (quoted), 2010, John Wiley & Fils, . Les toiles qui représentent la neige sont le plus souvent des paysages, même si certains de ces travaux impliquent des paysages religieux ou même fantastiques.

Dans l'histoire de l'art, la majorité de ces paysages hivernaux sont des représentations de scènes hivernales réalisées sur le motif, en utilisant la lumière grise de l'hiver pour créer l'atmosphère unique de l'hiver.

La représentation de l'hiver est essentiellement un thème du nord de l'Europe Kent, Neil (2004), Soul of the North: a Social, Architectural and Cultural History of the Nordic Countries, 1700-1940, London: Reaktion Books .

Histoire

Entre la Renaissance et la naissance du romantisme vignette|redresse|Février, attribué aux Frères de Limbourg, 1412 et 1416, Musée Condé. Les premiers peintres européens ne peignent généralement pas la neige, puisque leurs représentations sont en majorité des productions à caractère religieux.

Les premières représentations artistiques de la neige apparaissent aux . D'abord dans le nord de l'Europe, du fait que les chutes de neige y sont plus fréquentes en hiver. Depuis le début du , les artistes ont produit des scènes représentant l'hiver pour la décoration de grandes surfaces dans les églises, ainsi qu'à plus petite échelle comme sur des écrits de dévotion, tel que le Livre d'heures, sur des collections de textes de dévotion, de prières, et sur le Livre des Psaumes. Ce sont souvent des enluminures tel que Les Très Riches Heures du duc de Berry, un cycle de douze peintures qui illustrent la vie en société, le labeur agricole, le temps, et les paysages de chaque mois de l'année.

Janvier et février y sont illustrés enneigés, comme on le voit pour le mois de février dans ce célèbre cycle Les Très Riches Heures du duc de Berry, illustré en 1412–1416.

Certains paysages enneigés apparaissent aussi dans une série de fresques créées par Master Wenceslas, au début du pour le Palais épiscopal à Trente. Ils représentent des personnages se lançant des boules de neigeFlorian Heine, The First Time : Innovations in Art, Bucher, Munich, 2007 à 33, et de même la neige apparaît dans des détails dus à Ambrogio Lorenzetti dans sa fresque intitulée : Allégorie et effets du Bon et du Mauvais Gouvernement (1337–39)Philip McCouat, The Emergence of the Winter Landscape, Journal of Art in Society.

À cette période, les paysages n'étaient pas encore perçus comme un genre à part entière dans l'art, ce qui explique le peu d'œuvres représentant des scènes d'hiver dans la peinture médiévale. Comme dans les représentations des mois d'hiver sur les calendriers, la neige n'était représentée que lorsqu'elle donnait du sens à l'œuvre.

L'intérêt pour les paysages dans les peintures s'est développé pendant la Renaissance nordique mais surtout pendant le Siècle d'or néerlandais au . L'hiver de 1564 à 1565 est considéré comme le plus long et le plus rude d'une période de plus de cent ans. C'est aussi le début d'une période très froide dans le nord de l'Europe, connue sous le nom de Petit Âge glaciaire. Pour les qui suivent cette période, les hivers dans le nord de l'Europe sont encore relativement rudes. vignette|275px|gauche|Pierre Breughel l'Ancien, Chasseurs dans la neige, 1565, huile sur toile, Kunsthistorisches Museum. Les paysans ne sont pas gâtés à cette époque : les mauvaises récoltes, de grosses chutes de neige et des avancées de glaciers dévastent les pâturages et les villages.

Pieter Bruegel a créé Chasseurs dans la neige au début de l'hiver 1565. Ce tableau est considéré comme une véritable représentation de l'hiver en peinture.

Il fait partie d'une séries de peintures qui illustrent les mois de l'année, des thématiques similaires au traditionnel Livre d'heures (dans Les Très Riches Heures du duc de Berry). En plus du tableau des Chasseurs (décembre et janvier), la série inclut La Moisson (août).

Chasseurs dans la neige, représente la vie d'un village, dans un cadre flamand, en saison de neige, et l'on y voit non seulement des chasseurs munis de leurs lances qui descendent la colline avec leurs chiens, mais aussi des villageois se rassemblant autour d'un feu, des lacs gelés sur lesquels on aperçoit des patineurs, des maisons et des églises au loin, le tout sur un fond de montagnes enneigées. Cette série a été commandée en 1565 par un opulent mécène d'Anvers, Niclaes Jonghelinck.

Les tableaux réalisés par l'artiste flamand Pieter Brueghel l'Ancien étaient plus grands que les tableaux des calendriers, et mesuraient approximativement 0,9 par . Bruegel a continué à peindre la neige dans ses œuvres : il a illustré par deux tableaux la première scène de l'adoration des mages : l' Adoration des mages, mais qui n'est pas sous la neige et L'Adoration des mages dans un paysage d'hiver, qui elle est sous la neige. Il a lancé la mode de la peinture d'hiver dans les Flandres, avec, par exemple : Le Massacre des innocents (Brueghel), qui est un autre exemple de peinture sous la neige, Paysage d'hiver avec patineurs et trappe aux oiseaux, Le Dénombrement de Bethléem.

Par contre, aux Pays-Bas du Nord, la popularité des paysages était le reflet de la disparition des peintures religieuses dans une société devenue protestante (calviniste), qui préférait des thèmes qui n'ont pas de rapport avec la religion, comme des natures mortes, des scènes de genre, et des peintures de paysages.

La tradition de peinture de paysages a perduré jusqu'au et a évolué ensuite vers la peinture romantique.

Entre 1780 et 1820, du fait de la mode provenant du des représentations de l'hiver en Flandre, les références à l'hiver sont redevenues populaires. Mais les paysages d'hiver sont devenus populaires à leur propre titre, puisque le mouvement romantique a développé quant à lui un nouvel intérêt distinct pour les paysages, en général.

Ce nouvel intérêt associé au déclin des peintures religieuses aux , en Europe, a donné un sens aux peintures de paysages, non pas comme simple fond de tableau mais comme un tableau à part entière, et ce style a d'autant plus une meilleure réputation au qu'il n'en avait auparavant.

Peinture des paysages dans le romantisme vignette|288px| Caspar David Friedrich: Paysage d'hiver (c. 1811) Plus tard, après une période relativement chaude qui coïncide avec la fin du (Siècle d'or néerlandais), le climat européen s'est refroidi à nouveau, avec un creux dont le moment le plus froid a été relevé lors de la deuxième décennie du .

En 1809, une série de grandes éruptions volcaniques ont provoqué l'arrivée d'une période particulièrement froide, du fait que les nuages de poussière provenant de ces éruptions bloquent les rayons du soleil. De 1810 à 1819, il s'agit de la période la plus froide en Angleterre jamais relevée depuis le .

En 1812, la Grande Armée est forcée de se retirer de Moscou à cause de l'hiver, que les Russes appellent le Général Hiver. Ce climat a joué un grand rôle dans le développement de ce nouveau genre artistique des paysages d'hiver Une brève histoire de la neige dans The Guardiandu 7 janvier 2010.

À la fin du , le mouvement romantique grandissant a développé un nouvel intérêt pour la représentation de paysages, et notamment les paysages d'hiver. Parmi les artistes, on trouve le peintre Caspar David Friedrich, qui a représenté des paysages reculés et sauvages très particuliers. Caspar David Friedrich était un peintre de paysages romantique, et était l'un des premiers artistes à peindre l'hiver comme image de lieux austères et isolés. Ses œuvres baignent dans la gravité et l'immobilité. vignette|Caspar David Friedrich: La mer de glace au Kunsthalle de Hambourg Elles sont souvent réalisées en plein air, l'artiste s'aidant de la lumière grisâtre de l'hiver pour créer l'atmosphère propice et illustrer le jeu de lumière et la réflexion dans la neige.

Selon l'historien d'art Hermann Beenken, Friedrich a peint des paysages de neige immaculés, c'est-à-dire de neige fraîche, dans laquelle personne n'a marché. Même si ces œuvres sont peintes en observation directe, elles ne reproduisent pas la nature, mais sont plutôt à l'origine d'un effet dramatique, tout en prenant la nature comme reflet des émotions humaines.

Le but de Friedrich est de se recentrer sur lui par la spiritualité et par le biais de la contemplation de la nature. Il est sur une parallèle au romantisme qui souvent représente les émotions intenses telles que l'appréhension, la peur, l'horreur, la terreur et la crainte.

La crainte en particulier, que l'homme ressent quand il est confronté au sublime de la nature sauvage. L'intérêt de Friedrich, comme on peut le voir dans ses représentations idéalisées, se porte sur les côtes, les forêts et les montagnes escarpées. Friedrich crée la notion de paysage romantique plein de sentiments : die romantische StimmungslandschaftElizabeth Prettejohn, Beauty & Art, 1750–2000, Oxford : Oxford University Press, 2005, . . Ces œuvres détaillent de nombreux éléments géographiques, et il utilise la représentation de paysages comme l'expression d'un mysticisme.

Avec les autres peintres romantiques, Friedrich a aidé la peinture de paysage à devenir un genre important dans l'art occidental. Son style a influencé ses contemporains : le peintre norvégien Johan Christian Dahl (1788-1857), et plus tard Arnold Böcklin (1827-1901) et beaucoup de peintres russes, en particulier Arkhip Kouïndji (1842-1910) et Ivan Chichkine (1832-98).

Les œuvres de l'École de peinture de Düsseldorf, au siècle, sont caractérisées par des paysages finement détaillés, qui représentent souvent des allégories ou des histoires religieuses. Les principaux membres de l'école de Düsseldorf préféraient la peinture en plein air, et utilisaient souvent une palette composée de couleurs très neutres. Cette école de Düsseldorf s'est développée et a fait partie du romantisme allemand.

L’école comptait parmi ses élèves des étudiants notables, tels que Friedrich Wilhelm Schadow, Rudolf Koller, Carl Friedrich Lessing, Johann Wilhelm Schirmer, Andreas Achenbach, Hans Fredrik Gude, Oswald Achenbach and Adolf Schrödter.vignette|300px|Les Icebergs de Frederic Edwin Church, (1861), Dallas Museum of Art

Les peintres français ont mis plus de temps à travailler sur les paysages, mais dans les années 1830, Jean-Baptiste-Camille Corot et d’autres artistes de l'école de Barbizon ont établi une tradition paysagiste française qui, au siècle, deviendra l’une des plus grandes en Europe.

On dit souvent que la peinture de plein air a commencé avec l’impressionnisme au siècle alors qu’en réalité, le mouvement était déjà populaire à la fin du , avec les travaux de plein air américains des membres de la Hudson River School[Je préfère les œuvres produites dans les années 1860. On pense souvent que le plein air a commencé avec le mouvement Impressionniste, bien qu’il soit antérieur à ce dernier, apparu vers la fin du .