Jean-Antoine-Léon de Prémonville de Maisonthou, né le à Paris et mort le à Paris , est un officier général français du .

Biographie Fils d'un directeur du service des contrôleurs aux recettes des contributions directes de ParisAlmanach royal et national de l'an 1837, ., il s'engage à 19 ans dans l'armée. Il est nommé brigadier l'année suivante et envoyé à l'École de cavalerie de Saumur. Il va gravir successivement tous les échelons de la hiérarchie, jusqu'au grade de général de division, et faire la plupart des campagnes militaires de l'époque.

En Algérie De 1832 à 1849, il participe aux campagnes de la conquête de l'Algérie. Il s'y fait particulièrement distinguer aux combats contre la tribu pillarde des HaractasElle avait abattu trois hommes du régiment de chasseurs d'Afrique.. Les Haractas furent atteints, le , sur les bords de l'oued Meskiana. Cette rivière séparait les deux partis. Les spahis de Constantine la franchirent immédiatement, abordèrent l’ennemi avec la plus grande résolution et l'action devint des plus vives. Le lieutenant Lepic, digne fils d'un des plus braves généraux de l'Empire, tomba frappé mortellementLe capitaine de Prémonville s'était porté à son secours, sans succès. En fait alors capitaine en second, Antoine Lepic, né en 1811, tué à 29 ans, était le fils du général d'Empire Louis Lepic, auprès de qui il repose à Andrésy dans la sépulture familiale.. M. de Prémonville fut atteint de deux coups de feu presque à bout portant. Plusieurs spahis furent tués à ses côtésHilarion de Forsanz, .. Il se distingue aussi le , à la tête du escadron du 3e régiment de chasseurs d'Afrique, dans l'expédition contre la tribu des Ouled-SoltanRapport du prince d'Aumale, in Hilarion de Forsanz, ..

A la Gendarmerie Jean de Prémonville est nommé chef d'escadron, puis lieutenant colonel en 1852, à la Garde Républicaine de Paris. En 1855, avec le grade de colonel, il commande le régiment de gendarmes à pied de la Garde Impériale, créé en et composé de trois bataillonsIl y succède au colonel Pierre, à la suite des combats du 7 juin 1855, glorieux mais désastreux.. Il est avec son régiment en Orient, du au , à la guerre de Crimée. Il en reste le chef de corps jusqu'en 1859Il est remplacé par le colonel Peytavin. Il est ensuite nommé général de brigade et inspecteur général de la Gendarmerie, fonction qu'il occupe jusqu'en 1870Auguste Castan, , note 60.. Il est promu général de division en 1866 et élevé à la dignité de grand officier de la Légion d'honneur en 1869Décret du 11 août 1869, qui indique : 46 ans de service, 20 campagnes, 2 blessures, 2 citations..

Guerre franco-prussienne La guerre de 1870 entraîne le retour sur le terrain du général de PrémonvilleAuguste Castan, .. Léon Gambetta, ministre de l'Intérieur et de la Guerre du Gouvernement de la Défense nationale l'appelle le au commandement de la place fortifiée de Besançon. Il s'y trouve dès son arrivée dans une situation difficile. Les défenses de la place sont devenues insuffisantes. Il n'est plus possible, après la capitulation Sedan2 septembre 1870. et celle de Metz24 octobre 1870 d'espérer une contre-offensive française. La défense de la place ne peut se faire qu'avec ses seuls moyens. Or, les Prussiens disposent d'une artillerie de siège redoutable,, avec des canons d'une portée de . Les fortifications de Vauban et celles construites ensuite sont maintenant insuffisantes pour empêcher à cette distance le bombardement de la ville. Le général de Prémonville entreprend aussitôt la mise en place en urgence d'une ceinture de forts à de la ville, dont la réalisation est confiée à son directeur des fortifications, le colonel Xavier Benoît. Des redoutes et des batteries d'intervalles sont prévues sur un périmètre de , sur les collines et les crêtes. Vu l'urgence, les travaux portent en premier lieu sur l'aménagement des plateformes de batteries et de leurs levées de terre et fossés de protection.

Cependant, les moyens militaires de la place sont insuffisants et les travaux n'avancent pas au rythme espéré, alors que l'ennemi peut attaquer la place forte à tout moment. Le général parait un peu âgé. Extrait du cadre de réserveAuguste Castan, ; Nos gardes nationaux glosaient sur l'inaction de Prémonville, id., ., il atteint ses 65 ans. Si son patriotisme ne fait pas de doute, il n'est pas non plus très bien accueilli par les milieux républicains de Besançon, qui voient d'abord en lui un général de Napoléon III, ayant de plus capitulé à SedanLouis Fernier, républicain modéré, a été nommé maire de Besançon après la chute de l'Empire ; v. Auguste Castan, ... Prémonville reçoit le renfort d'un capitaine de vaisseau de 49 ans, Marius Rolland, commandant de la subdivision de Haute-Saône, un dur à cuireAuguste Castan, / de la marine, qui s'est mis à sa disposition et s'impose rapidement pour mobiliser toutes les énergies. Rolland apporte aussi 20 pièces de marine à longue portée, servies par des matelots dévoués corps et âmesAuguste Castan , , note 76.. Il fait aussi appel aux civils, qu'il mobilise en grand nombreIls seront au début de 1871.. Le programme s'accélère ainsi fortement.

Le , le général de Prémonville est nommé commandant de la division militaire et part à LimogesAuguste Castan, p. 36.. Le décret de nomination parait faire suite à une pétition envoyée le à Léon Gambetta par des officiers et des notables bisontins, demandant la nomination du capitaine de vaisseau Marius RollandAuguste Castan, p. 36 et note 16.. Ce dernier est effectivement promu général de division à titre provisoire et nommé commandant de la place de Besançon et de la division. Le général de Prémonville reste à la division jusqu'au et passe dans le cadre de réserve le .

Il se retire dans son hôtel familial parisien180, rue de Grenelle ; cet hôtel a été détruit au . où il meurt à l'âge de 74 ans. Il avait trois enfants de son épouse Marie Froelicher, fille de l'architecte Joseph-Antoine Froelicher. Ses obsèques ont lieu à Église Saint-Pierre-du-Gros-Caillou, où les honneurs militaires lui sont rendus7 février 1877.. Il repose au cimetière du Montparnasse à Paris.

Décorations

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dans l'ordre du Médjidié

50px Chevalier de 1re classe du Nichan Iftikhar

Médaille de la valeur militaire (Sardaigne).

Médaille de Crimée.

Sources Historique de la Garde impériale, en ligne. Auguste Castan, "Journal tenu pendant la guerre de 1870-71", 18 p. , Revue d'histoire du siècle, en ligne. Général Hilarion de Forsanz, Le régiment de chasseurs d'Afrique, 425 p., Berger-Levrault, Paris, 1888, en ligne. Archives militaires, SHD.

Notes et références

Liens externes

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Catégorie:Naissance dans l'ancien 10e arrondissement de Paris Catégorie:Naissance en novembre 1805 Catégorie:Général français du XIXe siècle Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière du Montparnasse Catégorie:Grand officier de la Légion d'honneur Catégorie:Décès en février 1877 Catégorie:Décès dans le 7e arrondissement de Paris Catégorie:Décès à 71 ans