AsmaraTerme recommandé par la Commission générale de terminologie et de néologie, et publié au Journal officiel de la République française le 24 septembre 2008. http://www.legifrance.gouv.fr/affichTexte.do?cidTexte=JORFTEXT000019509867&dateTexte= (en tigrigna : ; en arabe : ), ou Asmera, est la ville la plus peuplée et la capitale de l'Érythrée. Elle est aussi la capitale de la région de Maekel depuis sa création en 1996. Située au centre du pays, sur le plateau de Hamasen, dans les hauts plateaux Érythréen, la ville s'étend jusqu'au bord du plateau. Elle est inscrite au patrimoine mondial de l'UNESCO.
La population d'Asmara est d'environ en 2020. et son aire urbaine comptait en 2007.
Géographie Elle est située sur le plateau de Hamasen à d'altitude et est la deuxième capitale la plus élevée d'Afrique et la sixième au niveau mondial.
Climat La ville est soumise à un climat semi-aride montagnard (Köppen : BSk, Trewartha : BSll) avec une courte saison humide d'juillet et août et des températures douces tout au long de l'année.
Étymologie Il existe plusieurs étymologie possibles pour le nom d'Asmara : en tigrigna, il signifierait « les quatre sont unis » ; ce serait le nom de l'un des anciens villages du plateau de Hamasen signifiant en tigrigna « l'endroit du bon pâturage »Louis Deroy et Marianne Mulon, Dictionnaire des noms de lieux, Le Robert, 1994 , .
Histoire Au début du , le fils aîné de Kantiba Zar'ay, chef de Hazzega, Ayte Salomon, règne sur les hautes terres d'Asmara. Salomon accède au pouvoir au milieu des années 1820 et attaque Tse'azzega. Il est vaincu rapidement, s'enfuit à Gura'e et meurt approximativement en 1837. Embet Ilen, son épouse, combat par deux fois pour venger sa défaite. Après avoir noué des alliances, elle devient gouverneure d'Asmara.
Au début de 1885, le ras Alula, dirigeant tigréen de la province du Mareb-Mellash, fait d'Asmara son chef-lieuErlich (Haggai), Ras Alula and the cramble for Africa - A political biography : Ethiopia & Eritrea 1875-1897, Lawrenceville (NJ), Asmara, First Red Sea Press, 1996, chapitre 6., en remplacement de Tse'azzega.
Elle est occupée par l'Italie en février 1889, et devient la capitale de l'Érythrée italienne en 1900. Vers la fin des années 1930, les Italiens modifient profondément la ville avec un nouvel ordonnancement et de nouveaux bâtiments; Asmara est alors appelée par les colons italiens Piccola Roma (« la petite Rome »)Roman Adrian Cybriwsky, Capital Cities around the World: An Encyclopedia of Geography, History, and Culture, ABC-CLIO, USA, 2013, . De nombreux bâtiments ont été construits à cette époque, et les commerces portent souvent des noms italiens : Bar Vittoria, Pasticceria moderna, Casa del formaggio, Ferramenta…
En 1939, des Italiens présents en Érythrée vivaient à Asmara. En , la ville tombe entre les mains des Britanniques. 95 % des Italiens partirent entre 1941 et 1948.
Durant la guerre d'indépendance de l'Érythrée, l'aéroport d'Asmara joue un rôle central. Les Éthiopiens l'utilisent pour apporter armes et fournitures. Assiégée en 1990, elle est la dernière ville à tomber aux mains du Front populaire de libération de l'Érythrée, sans combat, le .
Le , lors de la guerre du Tigré, plusieurs roquettes lancées depuis l'Éthiopie par le Front de libération du peuple du Tigré ont touché Asmara. Deux roquettes ont touché l'aéroport international d'Asmara.
Démographie
Depuis 1950, l'évolution démographique de Asmara a été :
Histogramme de l'évolution démographique de Asmara
Économie Les textiles, les chaussures et les boissons sont les principaux produits industriels.
Patrimoine L’architecture futuriste d’Asmara remonte à la colonisation italienne de 1935 à 1941. Asmara, « nouvelle Rome » pour les colonisateurs, est connue pour ses bâtiments du : le Cinéma Impero de style art déco, la Pension Africa de style cubiste, L' La grande mosquée d'Al Khulafa Al Rashiudin, le bâtiment futuriste Fiat Tagliero, qui évoque un avion, l'Église Notre-Dame-du-Rosaire, église latine néo-romane l'ancien palais du Gouverneur.
On peut aussi citer une université et un fort du .
L'UNESCO a inscrit samedi la ville d’Asmara sur sa liste du patrimoine mondial.
Le patrimoine moderniste d'Asmara a fait l'objet d'un projet financé par la Banque mondiale (projet CARP) entre 2001 et 2006. Depuis cette date l'Union européenne a également lancé un programme relatif au patrimoine culturel et prévoit entre autres la restauration du cinéma Capitol et celle du Marché central (Projet Cultural Heritage 2009/2012).
Culture La ville accueille le Musée national d'Érythrée.
Jumelages
Personnalités Tedros Adhanom Ghebreyesus (1965-), secrétaire général de l'Organisation mondiale de la santé, né à Asmara. Ficre Ghebreyesus (1962-), peintre, cuisinier et restaurateur, né à Asmara. François Abraha (1918-2000), prélat catholique né et mort à Asmara. Tesfay Abraha (1990-), coureur cycliste, né à Asmara. Isaias Afwerki (1946-), homme politique et premier président de l'État d'Érythrée depuis son indépendance en 1993, né à Asmara. Giuseppe Aleffi (1939-), député italien, né à Asmara. Nguse Amlosom (1986-), coureur de fond, né à Asmara. Yared Asmerom (1980-), coureur de fond spécialiste du marathon, né à Asmara. Hamid Barole Abdu (1953-), écrivain érythréen contemporain de langue italienne, né à Asmara. Natnael Berhane (1991-), coureur cycliste, né à Asmara. Giovanni Boselli (1924-2007), dessinateur italien de bandes dessinées, né à Asmara. Nando Cicero (1931-1995), réalisateur italien, né à Asmara. Marina Colasanti (1937-2025), femme de lettres italo-brésilienne, née à Asmara. Mekseb Debesay (1991-), coureur cycliste, né à Asmara. Dehab Faytinga (1964-), chanteuse et musicienne érythréenne, née à Asmara. Biniam Girmay (2000-), coureur cycliste, né à Asmara. Meb Keflezighi (1975-), coureur de fond érythréen, né à Asmara. Saba Kidane (1978-), poétesse, journaliste, et militante politique érythréenne, née à Asmara. Merhawi Kudus (1994-), coureur cycliste, né à Asmara. Bruno Lauzi (1937-2006), auteur-compositeur-interprète, poète, écrivain et cabarettiste italien, né à Asmara. Enzo Muzii (1926-2014), scénariste et réalisateur italien, né à Asmara. Gianfranco Rosi (1964-), réalisateur et documentariste italien, né à Asmara. Meron Russom (1987-), coureur cycliste érythréen, né à Asmara. Petros Solomon (1951-), homme politique et un prisonnier d'opinion érythréen, né à Asmara. Jani Tewelde (1990-), coureur cycliste érythréen, né à Asmara. Luciano Vassalo (1935-2022), footballeur italo-éthiopien, né à Asmara. Woldeab Woldemariam (1905-1995), homme politique et journaliste, mort à Asmara. Erminia Dell'Oro (1938 -) écrivaine Auteur d paru chez Oscar Mndadori en 1993. Remo Girone (1948-2025), acteur italien.
Transports La ville est reliée par le transport aérien avec l'aéroport international d'Asmara (Yohannes IV, code AITA : ASM), et est reliée au port de Massaoua par le chemin de fer érythréen.
Lieux de culte Parmi les lieux de culte, il y a des mosquées musulmanes et des églises et des temples chrétiens : Église érythréenne orthodoxe, Archéparchie d'Asmara (Église catholique), églises protestantes, églises évangéliquesJ. Gordon Melton, Martin Baumann, ‘‘Religions of the World: A Comprehensive Encyclopedia of Beliefs and Practices’’, ABC-CLIO, USA, 2010, .
Notes et références
Bibliographie Edward Denison, Guang Yu Ren, Naigzy Gebremedhin and Guang Yu Ren, Asmara: Africa's secret modernist city, 2003 Antoinette Jeanson, Paul-Antoine Martin, Asmara, la petite Rome africaine, 2015 Pierre Couté, Edward Denison, Restoration of a selected number of modernist public buildings in Asmara, European Union identification and preparation mission. Asmara 2008/2009 Pierre Couté, Edward Denison, Final documentation for the Cultural Heritage Project of the EC Delegation to the State of Eritrea including project design, ECD Asmara, 2009
Littérature Ryszard Kapuściński, Ébène, 1998 Jean-Christophe Rufin, Asmara et les causes perdues, 1999, prix Interallié
Liens externes
Un site sur Asmara : asmera.nl
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