Émile-Henry Tilmans est un artiste peintre, dessinateur, graveur (eau-forte, gravure sur bois, gravure au burin, lithographie), illustrateur et modeleur belge né à Louvain en avril 1888. Il vécut rue de Saxe-Cobourg, 41 à Bruxelles puis au 42bis, rue d'Elbeuf à Rouen et est mort à Rouen en 1960. Il se fit d'abord connaître en Belgique sous son nom de naissance, Émile-Henry Tielemans, avant d'adopter en France cette seconde signature sous laquelle il est plus fréquemment évoqué.
Biographie Famille Émile Henri Tielemans est né à LouvainLouvain, acte de naissance n° 360 du 5 avril 1888. La déclarante de la naissance était Marie Berthels, âgée de 62 ans, garde-couches, née et domiciliée à Louvain. Les témoins étaient Emile Saen, 24 ans, peintre, domicilié à Louvain, et Edouard Gooris, 47 ans, journalier, domicilié à Louvain. L'acte de naissance porte en mention marginale que l'enfant a été reconnu par sa mère, Marie Mathilde Tielemans, âgée de 44 ans, caissière, née à Louvain et domiciliée à Bruxelles, ainsi qu'il conste de l'acte de reconnaissance reçu par l'officier de l'Etat civil de la ville de Bruxelles le 8 février 1905. le 3 avril 1888 à quatre heures de l'après-midi. Sa mère, Marie Mathilde Tielemans, célibataire, était couturière, âgée de 28 ans, née à Louvain et y domiciliée rue de Saint-Martin n° 113. Celle-ci s'établira ensuite à Bruxelles où elle sera caissière. Elle était née à LouvainLouvain, acte de naissance n° 310 du 2 avril 1860. le 31 mars 1860 et ses parents, Joseph Henri Tielemans, né en 1839 à Beverloo, ouvrier tailleur, résidant à Louvain, et Jeanne Dimartinelli, née en 1839 à Louvain, l'avaient légitimée lors de leur mariage à LouvainLouvain, acte de mariage n° 72 du 4 mai 1864. Joseph Henri Tielemans, né le 26 septembre 1839 à Beverloo, résidant à Louvain, ouvrier tailleur était le fils de Joseph Tielemans, mort le 7 avril 1862 à Louvain et de Françoise Jeanne Robert, morte le 22 février 1848 à Louvain. Jeanne Dimartinelli, née le 17 février 1839 à Louvain, et domiciliée à Louvain, était repasseuse et la fille d'Henri Dimartinelli, résidant à Louvain, marchand de pommes de terre de profession, et de Jeanne Kestens, résidant à Louvain, ménagère. Les témoins étaient Bernard Pladys, âgé de 48 ans, cabaretier à Louvain, Martin Vanderhoeght, âgé de 43 ans, cousin de Jeanne Dimartinelli et maître charpentier à Louvain, Jean Baptiste Dimartinelli, âgé de 29 ans, frère de Jeanne Dimartinelli et marchand de pommes de terre à Louvain, et Jacques Petitjean, âgé de 66 ans, oncle de Jeanne Dimartinelli, ouvrier du canal à Louvain. en 1864.
Même si Henri Tielemans était né à Beverloo, les Tielemans sont une famille louvaniste et les registres paroissiaux notent déjà le baptême d'un premier ancêtre du nom au tout début du XVIIIe siècle. Du côté maternel, les Dimartinelli étaient établis depuis près d'un siècle et demi à Louvain, et descendent d'un musicien italien qui avait épousé une Gantoise vers 1658 et qui eut une postérité de musiciensJ. Scheerder, De Familie Di Martinelli en de Kruisheren te Diest. Clairlieu, XXXIII, 1975, pp. 79-118. Par ailleurs, il existe aux Archives de la KULouvain depuis 1990 - 1998, un fonds compilé par la dynastie de musicien Di Martinelli, comprenant des sonates copiées dans la dernière décennie du XVIIe siècle. Le premier ancêtre connu de cette famille, Carolus ou Charles Di Martinelli aurait émigré de Gênes vers les Pays-Bas vers le milieu du XVIIe siècle. Voyez KU Leuven Universiteitsarchief, P206 ainsi que Eugeen Schreurs, The Di Martinelli, active in Ghent, The Hague and Diest (1659-1797), dans Eugeen Schreurs, Bruno Bouckaert (éd.), The Di Martinelli music collection (KULeuven, Archives de l'Université) : musical life in collegiate churches in the low countries and Europe : chant and polyphony (acte du colloque à Louvain le 2 février 1998, Louvain, 25 octobre 1998, Louvain 21 et 22 novembre 1999), Louvain, Alamire, 2000 (Yearbook of the Alamire Foundation, 4), pp. 69-97.. Le musicien Jacques Guillaume Di Martinelli vint s'établir à Louvain où il épousa une jeune femme de cette ville en 1714 et où il fit souche.
En Belgique, Émile-Henry Tielemans vignette|gauche|200px|Académie royale des beaux-arts de Bruxelles Émile-Henry Tielemans est successivement l'élève de l'Académie des beaux-arts de Louvain et l'Académie royale des beaux-arts de Bruxelles. À Bruxelles, il fréquente un cercle symboliste du nom de « La Guirlande », Christian Denesle, Catalogue de l'atelier Émile-Henry Tilmans, hôtel des ventes de Rouen, 2005.. vignette|110px|Henri Liebrecht En 1923 (une monographie lui est consacrée par Charles Conrardy l'année suivante), il fonde avec l'écrivain Henri Liebrecht le comité de la Gravure originale belge qui regroupe des artistes comme , Jan-Frans Cantré, , Henri Van Straten, Eduard Pellens, Kurt Peiser, Walter Sauer, Ferdinand Giele, Louis Titz, Pierre Paulus, Maurice Langaskens, Armand Rassenfosse, Léon Buisseret, Albert Delstanche, Jules Grosfils, Charles Bernier, Arthur Greuell, Charles Michel, Albert Van Holsbeek, Victor Mignot et Walter VaesEugène Rouir, Histoire de la gravure en Belgique, article du Dictionnaire biographique illustré des arts plastiques en Belgique depuis 1830, Arto, 1987. Il est ainsi co-organisateur en 1924-1925 des expositions du comité La gravure originale belge, catalogues d'expositions, 1924-1925., lequel publiera, entre 1924 et 1939, onze albums d'eaux-fortes et de bois gravés par ses membres. C'est Émile-Henry Tielemans lui-même, souligne Céline de Potter, entre la Gravure originale belge et le Salon de la Société de la gravure originale en noir qui se tient à Paris et auquel notre artiste participe entre 1923 et 1928Céline de Potter, « Présence et réception des graveurs belges dans les salons parisiens », Cahiers de l'I.R.H.I.S. n°9 - Journées France-Belgique : gravures/gravure, Université de Lille, 2010, .
On remarque également qu'Émile-Henry Tielemans co-dirige avec le metteur en scène et comédien Albert Lepage (1895-1966) le petit théâtre de l'hôtel Paul-Visschers, dans le quartier Louise de Bruxelles, vers 1926-1927 Paul Aron, Une histoire du théâtre belge de langue française, 1830-2000, Éditions Fédération Wallonie-Bruxelles, 2017.. vignette|200px|Le musée des beaux-arts, première relation de Tilmans à Rouen en 1916
En France, Émile-Henry Tilmans La toute première relation de Tielemans à la ville de Rouen remonte à où l'on note sa participation avec la peinture titrée La Dame à la violette, datée de 1916, à l'exposition de peintres belges et normands pour leurs mutilés, au musée des beaux-arts qui, après l'exposition, conservera dans ses collections l'œuvre présentéeCentre national des arts plastiques, "La dame à la violette" dans les collections.
En 1940, l'artiste qui va dorénavant se faire appeler Émile-Henry Tilmans s'installe définitivement à Rouen Dictionnaire Bénézit, Gründ, 1999, vol.13, . où la Seconde Guerre mondiale va lui inspirer .
En tant que peintre - ses supports sont la toile, l'isorel, le carton et le cuivre -, . En tant que graveur, . On trouve également dans son œuvre des créations d'ex-librisBruxelles Sprouts, Ex-Libris par Émile-Henry Tilmans.
Une part de son œuvre, datée de 1955, énonce un séjour en Tunisie (Gosse tunisien, peinture ; Mendiante à Tunis, dessin).
Œuvre Contributions bibliophiliques vignette|120px|Maurice Maeterlinck vignette|120px|André Maurois vignette|120px|Alexandre Kouprine Émile-Henry Tielemans, Les ex-libris d'Émile-Henry Tielemans, cinq recueils de gravures originales (dont les ex-libris de Marcel Wyseur, Jeanne Goosemans, Fernand Scouflaire, Émile-Henry Tielemans lui-même), toutes signées au crayon, Biblion, Bruxelles, 1921Justin Croft, libraire, Les ex-libris d'Émile-Henry Tielemans. P. Poirier, Six poèmes, six bois gravés d'Émile-Henry Tielemans, Biblion, Bruxelles, 1921. Paul Avort, Les sérénades de la drôlesse, illustrations d'Émile-Henry Tielemans, Éditions L'Essor belge, 1922. Maurice Maeterlinck, La Princesse Maleine, bois gravés d'Émile-Henry Tielemans, Société de bibliophilie « Les Cinquante », Bruxelles, 1923. Jean Émile Laboureur, Considérations sur la gravure originale, burins de décorations d'Émile-Henry Tielemans, cent quinze exemplaires numérotés, La gravure originale belge, Bruxelles, 1928 (exemplaire en ligne). Maurice de Laborderie, Aspects pittoresques du vieux Limoges, gravures sur bois d'Émile-Henry Tilmans, L'Imagerie française, Limoges, 1945. Maurice de Laborderie, Cirque, vingt-quatre gravures sur bois d'Émile-Henry Tilmans, L'Imagerie française, Limoges, 1946. Émile-Henry Tilmans, Aspects du vieux Rouen, texte et vingt-cinq gravures sur bois d'Émile-Henry Tilmans, L'Imagerie française, Limoges, 1946. André Maurois, Rouen dévasté, eaux-fortes et lithographies d'Émile-Henry Tilmans, Société normande des amis du livre / Imprimerie Lecerf, Rouen, 1947. Marcel Provence, Belle Provence, vingt-huit gravures sur bois par Émile-Henry Tilmans, deux cents exemplaires numérotés, Ophrys, Gap, 1947. Pierre-René Wolf, Rouen, poèmes d'exil, illustrations d'Émile-Henry Tilmans, Éditions H. Defontaine, Rouen, 1947. Alexandre Kouprine, Olessia, la jeune sorcière, illustrations d'Émile-Henry Tilmans, L'Amitié par le livre, 1951. Marcel Pédoja, Flamme rouge, illustrations d'Émile-Henry Tilmans, L'Amitié par le livre, 1951. Léon Tolstoï (préface et traduction de Théodore de Wyzewa), Hadj Mourad, illustrations d'Émile-Henry Tilmans, L'Amitié par le livre, 1951. Pechon de Ruby, La vie généreuse des mercelots, gueux et bohémiens, contenant leur façon de vivre, subtilités et jargon - Mis en lumière par M. Pechon de Ruby, ayant été avec eux en ses jeunes ans, où il a exercé ce beau métier, eaux-fortes d'Émile-Henry Tilmans, édité par l'artiste, Rouen, 1952. Jehan Le Povremoyne, En passant par la Normandie, illustrations d'Émile-Henry Tilmans, Éditions des Provinces françaises, Paris, 1953. Roger Parment, Bestiaire fantasque, trente poèmes en prose commentant trente bois gravés d'Émile-Henry Tilmans, sept cents exemplaires numérotés, édité par Émile-Henry Tilmans, Rouen, 1956.
Écrits de Tilmans André Lhote, František Kupka, Jean-Gabriel Daragnès, co-écrit avec Maximilien Gauthier et Bernard Nebout, Éditions de la Société des artistes rouennais et de Normandie / Les Affiches normandes, 1949. Émile Baes - Adrien Segers, Éditions du Salon des artistes rouennais / Imprimerie du Journal de Rouen, 1951. Porcelaines de France, de Fernand Guey, Éditions des Deux Mondes, 1953. Faïences de France, de Fernand Guey, Éditions des Deux Mondes, 1954. Le bijou, Flammarion, 1961.
Expositions Expositions collectives Exposition générale des beaux-arts (salon triennal), Bruxelles, 1914. Exposition de peintres belges et normands pour leurs mutilés, Musée des beaux-arts de Rouen, - . La gravure belge depuis cinquante ans, Maison des maîtres-graveurs contemporains, Paris, mai- La gravure belge depuis cinquante ans, catalogue d'exposition, Imprimerie de l'Union typographique, Paris, 1923.. Salon de la Société de la gravure originale en noir, Paris, 1923, 1925, 1926, 1928. La gravure originale belge, Musée du livre, Bruxelles (, novembre ), Cercle des beaux-arts de Tournai (), galerie du Journal de la Meuse, Liège (novembre-), Maison des œuvres sociales, Bordeaux () La gravure originale belge, catalogue d'exposition, Imprimerie Delmas, Bordeaux, 1926., Palais des expositions, Lyon (). Salon d'hiver, Musée des beaux-arts de la ville de Paris, 1948Salon d'hiver, catalogue, 1948, n°1671-1673 , 1949Salon d'hiver, catalogue, 1949, n°1712-1717 , 1950Salon d'hiver, catalogue, 1950, n°1754-1763 , 1951Salon d'hiver, catalogue, 1951, n°1811-1820 , 1952Salon d'hiver, catalogue, 1952, n°104 et n°1694-1703 , 1953Salon d'hiver, catalogue, 1953, n°1459-1466 , 1954Salon d'hiver, catalogue, 1954, n°1377-1386 .