Louis Cantin, né le à Avignon et mort le à Antibes, est un violoniste, chef d'orchestre et directeur de théâtre français. Il a dirigé le Théâtre des Folies-Dramatiques (1870-1880) et le théâtre des Bouffes-Parisiens (1879-1885).
Biographie Louis Cantin débute à Marseille comme chef d'orchestre et violoniste. Mais un accident de chasse lui mutile le médium de la main gauche et il se trouve du jour au lendemain dans l'impossibilité de jouer, privé brusquement de son gagne-pain. Il est sans fortune personnelle. Il cherche alors autre chose pour vivre. Il entre chez un homme d'affaires à Paris. Il se révèle un homme d'affaires hors ligne et ouvre son propre cabinet.
Il achète une partie importante des actions des Folies-Dramatiques et devient directeur à la place de . Après de médiocres débuts, le succès vient avec Héloïse et Abeilard d’Anicet-Bourgeois et Francis Cornu, puis la Boîte de Pandore de Théodore Barrière, et il réalise d'énormes bénéfices, notamment avec La Fille de madame Angot en et Les Cloches de Corneville en . Selon Comœdia, certains mois, les recettes des Folies-Dramatiques dépassent celles de tous les théâtres de Paris, l'Opéra compris. À la suite des succès sans précédent d’Héloïse et Abeilard, de Jeanne, Jeannette et Jeanneton de Constantin, Madame Favart, la Fille du tambour-major, etc., lorsqu’une pièce n’atteindra que sa centième représentation, on la considérera à peu près comme un four..
Il était donc déjà fort riche quand il a passé la main à Victor Blandin., pour passer des Folies aux Bouffes-Parisiens., où il renoue le succès avec la Mascotte d’Edmond Audran, créée le .. La série de ses succès se poursuit avec les Mousquetaires au couvent, Gillette de Narbonne, etc.
Au début des années 1880, sujet à des difficultés financières aux Bouffes, il se met à la recherche de nouveaux talents pour redresser les comptes de son établissement. Dans ses Souvenirs de théâtre, Albert Carré raconte la genèse de l’opérette de Louis Varney :
En 1881, il fonde, avec Eugène Bertrand et , l'Eden-Théâtre, rue Boudreau, inauguré le . La scène grandiose permet d'accueillir de luxueux ballets, tel Excelsior, le , de Manzotti, monté avec un luxe inouï, qui comptera parmi les plus beaux spectacles représentés à Paris, ou Sieba de Marenco, mais les recettes, bien que convenables, ne réussissent pas à couvrir l'énormité des frais engagés, et feront de l’Eden-Théâtre .
Après avoir lancé les Lecocq, les Planquette, les Lacôme, les Audran, les Varney et tant d’autres, il a voulu à sa mort accomplir une dernière bonne œuvre, son extrême habileté en affaires ayant également fait de lui le plus gros actionnaire de L'Intransigeant, en laissant par testament, à sa mort, deux de ses nombreux immeubles et , à l’ et l’. Il avait également fondé plusieurs lits d’hôpitaux, faisait élever à ses frais des orphelins d’artistes, versait des pensions à certaines d’entre lorsqu’il ne les conservait pas comme pensionnaires.
De l’artiste Alexandra Mathieu, dite Sacha., qu’il avait épousée, il avait une fille, lauréate d’un premier prix de piano au Conservatoire, qui était l’épouse d’Henri Chabrillat, rédacteur du Figaro. Le nombre de notabilités artistiques venues saluer sa dépouille était tel que l’église Saint-Eugène était trop petite pour les contenir tous. Il repose au cimetière Condé.
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Naissance à Avignon Catégorie:Naissance en novembre 1821 Catégorie:Directeur français de théâtre Catégorie:Décès en avril 1893 Catégorie:Décès à Antibes Catégorie:Décès à 71 ans Catégorie:Personnalité inhumée au cimetière Condé