Le Bouillon est une résurgence formant la source principale du Loiret, affluent de la Loire.
La résurgence est située dans le parc floral de la Source, dans le quartier d'Orléans-la-Source situé au sud de la ville d'Orléans, chef-lieu du département du Loiret, région Centre-Val de Loire, en France.
Les sources du Loiret sont remarquables sur plusieurs aspects, essentiellement dus à la nature karstique du sous-sol local.
Elles sont situées dans le parc floral de la Source sur la commune d'Orléans, à environ cinq kilomètres au sud-est de la vieille ville et à au nord de la RD 14 reliant Saint-Cyr-en-Val au sud-est et Olivet au nord-ouest..
Histoire des sources Trois sources ont été décrites : le Bouillon , l'Abîme en aval du Bouillon, et le Gouffre. L'Abîme était la principale source au . Quand elle s'est retrouvée bouchée, le débit de la source du Bouillon a augmenté.. Il a même été dit que la source du Bouillon n'est apparue qu'en 1672, lors d'un colmatage accidentel de l'AbîmeP. Boismoreau, À la source. De bonne source. Source et/ou résurgence ?. Dans La Loire et ses terroirs, automne 2009, , ..
Jusqu'à la fin du , le parc floral actuel ne contient que deux sources : la Grande Source (dite aussi l'Abîme ou le Grand Bouillon) et le Petit Bouillon (l'actuel Bouillon)..
Lord Bolingbroke, revenu en France en 1735 (voir article sur Bolingbroke), vit au château de la Source et y modifie les bassins des sources, comme l'indique le plan II ci-dessus de 1736.
Dans la première moitié du , le porche d'entrée du Grand Bouillon s'effondre ; subséquemment, le débit de la source diminue notablement. Vers la même époque, le château et les jardins subissent des aménagements ; la vasque du Grand Bouillon est utilisée comme décharge pour les gravats et autres rebuts de construction. Elle finit par se boucher entièrement et la source est oubliée.. En parallèle, le débit de la source du Bouillon augmente.
En 1994, rencontre de Philippe Boismoreau et Jacques Munerot, spéléologues et plongeurs membres de l'association Spéléologie subaquatique Loiret (SSL) d'une part, et de Michel Lepiller, spéléologue et hydrogéologue, et Patrick Albéric, géochimiste, tous deux étudiants chercheurs à l'université d'Orléans et axés sur les circulations souterraines locales d'autre part. Les quatre premières années de leur collaboration sont consacrées à l'exploration de diverses pertes hydrologiques, galeries, émergences et autres phénomènes d'hydrologie karstique locaux : de 1994 à 1996 : la perte de la Goule de l'Anche dans la vallée du ruisseau de l'Anche. entre Saint-Denis-de-l'Hôtel et Châteauneuf-sur-Loire ; et l'émergence temporaire des Vernelles. à Saint-Denis-de-l'Hôtel ; de 1996 à 1998 : la galerie noyée du karst sous le plan d'eau. Voir aussi une vidéo de survol de l'île sur utube.com. de la base de loisirs de l'Île Charlemagne ; l'émergence sous-fluviale de Bellevue. à la Chapelle-Saint-Mesmin ; différentes émergences dans la rivière le Loiret : Béchets., traçage à la fluorescéine le mars 2009), Tacreniers., etc. Depuis 1998, l'équipe s'est focalisée sur les sources du Loiret..
En 2001, il ne reste plus de l'Abîme qu'une cuvette boueuse de deux mètres de profondeur parsemée de quelques affleurements de calcaire, avec un mince filet d'eau sortant au pied d'une petite barrière de calcaire. Au printemps 2002, la source de l'Abîme est désobstruée après plusieurs sessions d'excavation totalisant de travail pendant l'hiver 2001-2002 ; un travail ralenti par des glissements de terrain dont la fréquence et l'amplitude augmentent au fur et à mesure des sessions. Le collecteur de l'Abîme est enfin atteint à environ de l'entrée.
Le Gouffre est depuis 1877 « le puits du Gouffre », un captage d'eau pour la ville d'Orléans à laquelle s'ajoutent Saint-Denis-en-Val, Saint-Jean-le-Blanc et Saint-Pryvé-Saint-Mesmin..
Provenance de l'eau des sources du Loiret L'origine des eaux a fait l'objet de discussions dès la fin du où les deux hypothèses en vigueur étaient une résurgence de la Loire ou des eaux venant de la Sologne. L'idée d'une circulation souterraine d'un bras de la Loire réapparaissant sous forme de Loiret devient prédominante en raison d'arguments de débit : Henri Sainjon, inspecteur général des Ponts et Chaussées, effectue vers 1880 une série de mesures du débit de la Loire depuis le hameau de Bouteille sur Guilly ( en amont d'Orléans) jusqu'aux abords d'Orléans. Or, le débit en amont de Guilly baisse constamment sur ce trajet et les perdus sur ce trajet ne sont récupérés par des résurgences qu'à en aval d'Orléans (soit plus de en aval de Guilly) et en aval de la confluence du Loiret.. Le baron de Beaucorps confirme le fait grâce à sa baguette de sourcier. En 1901, Félix Marboutin en fait définitivement la preuve en retrouvant dans le Loiret un colorant qu'il a dilué plus en amont dans la Loire, l'origine de la déviation se situant dans les environs de la commune de Jargeau.
Ceci confirme que l'eau de la Loire participe à l'alimentation du Loiret, mais ne dit pas que la Loire en est la seule origine. Il est vrai que le Loiret est principalement formé de résurgences de la Loire ; la source du Bouillon est un des points d'accès classiques du réseau karstique et activement exploréeL'association Spéléologie subaquatique du Loiret et ses membres, en particulier Olivier Cantaloube et Jacques Munerot, ont mis en ligne plusieurs vidéos d'exploration de la source du Bouillon et d'autres sources liées, dont : « source du Loiret – Bouillon 8 octobre 2015 » (durée : ), plongée d'exploration, bonne vue de l'entrée de la source. : on voit nettement sur la gauche de l'image deux petites résurgences jaillissant de la paroi sous forme de deux petits nuages noirs ; vidéo d'une plongée pour fléchage le 23 octobre 2015 (durée : 13 min 33 s) et vidéo de plongée dans le Loiret en novembre 2015 (durée : 16 min 42 s) ; « plongée pour prélèvement d'eau dans le gouffre de l'Île Charlemagne (Orléans) » (durée : 13 min 08 s) ; « plongée pour injection de fluorescéine dans la perte de Saint-Martin à Olivet (45), 15 juin 2015 » (durée : 4 min 09 s) ; « coloration du Loiret, fin 2015 » (durée : 0 min 52 s) ; « exploration des Vernelles, 27 décembre 2015 » (durée : 2 min 37 s). D'autres vidéos sur des actions similaires dans la zone de la Loire orléanaise ont été mises en ligne par le CETRAHE (université d'Orléans) : « Projet iFontis : Injection de naphtionate le 12/09/14 dans une perte en Loire à Jargeau (Loiret) » (durée : 6 min 40 s) ; « Projet iFontis : Injection d'uranine le 13/09/14 dans un fontis à Jargeau (Loiret) » (durée : 21 min 50 s) ; et d'autres listées dans le menu à droite de l'écran de la page liée.. Mais une partie de son eau provient de la forêt d'Orléans, c'est-à-dire en rive droite de la Loire, côté nord. Michel Lepiller a démontré par traçage le lien entre la source du Loiret et le gouffre de l'Anche à Châteauneuf-sur-Loire, ainsi qu'avec les fosses de la Noue. sur le ruisseau de Chenailles à Saint-Denis-de-l'Hôtel.. La Goule de l'Anche, la plus grosse de ces pertes, a été explorée par l'association SSL ; elle se présente comme une cavité exondée avec de petits siphons. La carrière de Darvoy, à en aval du pont de la D921 à Jargeau et en bord de Loire, est reliée à la Loire par un chenal depuis les crues de 2003 ; elle est aussi reliée au Bouillon, dont elle est éloignée de à vol d'oiseau, par le réseau karstique qu'elle parcourt en . En , le chenal reliant la carrière à la Loire a été bouché par des alluvions, si bien que l'eau de la Loire ne pouvait plus pénétrer dans la carrière ; le niveau du Loiret a baissé et s'est rétabli rapidement dès que le chenal de la carrière a été débouché..
Formation du réseau karstique Pour comprendre le Loiret et ses sources, il faut comprendre la Loire dans la région.
À Gien, la Loire entre dans une zone dont la roche-mère est le calcaire lacustre de la Beauce, qui participe de la formation géologique du Bassin parisien. De plus, à partir de Guilly ( en aval de Sully-sur-Loire – là ou le Dhuy s'approche à d'elle) et sur environ 33. à , elle traverse le val d'Orléans, une vallée d'alluvions dont les couches peu épaisses laissent parfois le calcaire à nu.. Le calcaire se trouve entre et environ de profondeur. L'eau dissout le calcaire ; celle de la Loire (légèrement acide.Le pH de l'eau de la Loire s'est légèrement acidifié au cours des 30 ans entre 1980 et 2010, sa moyenne annuelle de pH passant de 8,65 à 8,3. Voir .) dissout la roche-mère ; sur ces , son cours prend une pente à 5 % alors que la pente du terrain n'est que de 1 %. Et, dans cette zone de calcaires fissurés, une bonne partie du débit d'étiage est souterrainAbel Poitrineau. La Loire – les peuples du fleuve, ch. Une turbulente famille . Éd. Horvath, Saint-Étienne, 1989. . : elle y perd entre /s dans un réseau karstique particulièrement développé qui ne lui restitue son eau qu'en aval de la confluence avec son affluent le Loiret.. Déjà Sainjon, qui avait poursuivi ses travaux au-delà du Loiret, avait démontré l'existence de résurgences formées dans le lit même de la Loire en aval de sa confluence.
Ce réseau karstique repose sur une couche inférieure dite « molasses du Gâtinais », imperméable et à ce jour non traversée. Les galeries dans le calcaire vont par endroits jusqu'à de profondeur et ont été façonnées par la Loire en seulement quelques dizaines de milliers d'années. Les premières pertes de la Loire sont celles de Châteauneuf-sur-Loire, qui peuvent atteindre ..
La source du Bouillon est un des points d'accès classiques de ce réseau et activement explorée.
Parmi leurs nombreuses recherches sur le terrain, l'équipe d'étude verse le de la fluorescéine dans les pertes dans le Loiret en face de l'hôtel-restaurant le Rivage.. Le colorant est retrouvé pour une bonne part à en aval dans le bassin du moulin de Saint-Julien., mais aussi à l'ouest – en aval – au pont Saint-Nicolas sur le Loiret. ; à l'émergence sous-fluviale de Bellevue, à au nord-ouest dans la Loire à La Chapelle-Saint-Mesmin ; et dans la Loire à Tavers, au sud-ouest.. Le transit de l'eau dans le réseau est plutôt rapide : 48 h entre les pertes de Jargeau et le puits du Gouffre.
Cette distance de vers l'aval ainsi que les en amont depuis Guilly donnent une idée de la grande amplitude du réseau karstique local. Outre ceci, l'idée à retenir est que le Loiret est une entité complexe avec des échanges souterrains multidirectionnels sur tout son parcours.
Les risques du karst Les du parcours de la Loire en terrain sédimentaire sont classés en « risque karstique », val d'Orléans en tête de liste avec plus d'un gouffre par . La plupart ont été rebouchés, mais l'eau ne cesse de creuser son chemin. Des bîmes se forment fréquemment sur les digues, sur tout ce parcours. Des effondrements se produisent parfois, avec en exemple récent celui qui a entièrement englouti une maison à Saint-Pryvé-Saint-Mesmin en 2010.. Les interventions humaines provoquent également des effondrements à l'occasion : témoin en 1979 le premier forage géothermique de Melleray à Saint-Denis-en-Val, où à environ de profondeur, la foreuse de gros diamètre a traversé la voûte d'une large cavité ; un large cratère de plusieurs mètres de circonférence s'est créé au-dessus du vide sous la plate-forme de forage en béton qui s'y est affaissée et le châssis entier, supportant foreuse et moteurs, s'est retrouvé suspendu et retenu seulement par les bords du cratère.