Fedora (FEDORA – The European Circle of Philanthropists of Opera and Ballet) est un cercle européen de mécènes créé en 2014 pour soutenir le renouveau et le rajeunissement du ballet et de l'opéra et révéler les nouveaux talents. Il est doté de deux prix, le Prix Fedora - Rolf Liebermann pour l'opéra doté de euros — devenu le Prix Fedora - Generali en 2017 — et le Prix Fedora - Van Cleef & Arpels pour le ballet, doté de euros. L'association à but non lucratif a son siège social au Palais Garnier à Paris.
Historique
Créée vingt ans auparavant sous l'acronyme inspiré du nom de l'héroïne et du titre de l'opéra vériste d'Umberto Giordano Fedora par le compositeur, chef d'orchestre et directeur d'opéra, Rolf Liebermann et Marina de Brantes, vice-présidente du conseil d'administration de l'Association pour le rayonnement de l'Opéra national de Paris (AROP) et présidente de l'association des American Friends of the Paris Opera and Ballet (AFPOB)« Les étés de la danse de Paris », Théâtre du Châtelet, 7-24 juillet 2010 (lire en ligne), avec pour objectif le renouveau et le rajeunissement de la danse et de l'art lyrique en Europe, la Fédération européenne des associations et fondations pour le rayonnement des opéras (FEDORA) est avant de renaître en « Fédérer les amateurs d’opéra et de ballet à l’échelle européenne » Stratégies, 16 avril 2015 (lire en ligne).
Enregistrée auprès de la préfecture de police du département de Paris le , l'association déclare avoir pour objet : et avoir son siège social au numéro 8 de la rue Scribe dans le arrondissement de Paris« Annonce n° 1215 - page 234 », Journal officiel, 18 janvier 2014, dans les locaux du Palais Garnier où siègent également l'Opéra national de Paris, l'association (AROP) et la fondation (FRONP)« Fondation pour le rayonnement de l'Opéra de Paris », Fondation de France (lire en ligne) pour son rayonnement ou encore le Cercle Carpeaux, structures dans lesquelles se retrouvent les abonnés historiques de l'Opéra Garnier« Cercles culturels : lieux de pouvoir », Martine Robert, Les Échos, 9 octobre 2015 (lire en ligne)L'Opéra de Paris, coulisses et secrets du Palais Garnier, Jean-Philippe Saint-Geours et Christophe Tardieu, paris, Plon, 2015, 439 p. , p.15-16. Fedora est constituée par les mécènes individuels et d'entreprises qui ont ainsi créé leur cercle européen à l'exemple des maisons d'opéra européennes qui ont créé leur réseau, « Opéras et ballets en quête de nouvelles ressources », Martine Robert, Les Échos, 5 janvier 2015 (lire en ligne).
L'initiative en revient à ses deux membres fondateurs, Léone-Noëlle Meyer et Gianmarco Monsellato« Gianmarco Monselatto », taj.fr (lire en ligne)« Musique et entreprise - Prix Fedora 2017, un mécénat pour le futur », Alain Cochard, concertclassic.com, 22 juin 2017 (lire en ligne) et à son président, Jérôme-François Zieseniss, mélomane, président du Circolo La Fenice« Circolo La Fenice », La Fenice, 5 octobre 2011 (lire en ligne) et du Comité français pour la sauvegarde de Venise« Jérôme-François Zieseniss, profession : mécène », Martine Robert, Les Échos, 20 janvier 2015 (lire en ligne).
En 2017, Fedora est sélectionnée dans la catégorie Best Philanthropist par les International Opera AwardsCommuniqué de presse Fedora - Generali, 18 janvier 2017 (lire en ligne).
Mission La mission de Fedora est de soutenir la création et la diffusion de nouvelles coproductions d'opéras et de ballets par des artistes prometteurs avec des valeurs centrées autour du renouveau, de l'innovation et de la créativité et de fédérer les amateurs d'opéra et de ballet à l'échelle européenne à l'heure où les soutiens publics aux maisons d'opéra sont en régression. En effet, si un opéra est limité dans ses moyens financiers il se retrouve dans l'obligation de jouer le grand répertoire dans les décors et costumes existants — conservés aux ateliers Berthier ou dans des conteneurs maritimes au port de Gennevilliers pour l'Opéra de Paris — ce qui laisse peu de place à l'innovation et à la création.
Les Français, les Espagnols et les Britanniques sont particulièrement amateurs de danse et d'art lyrique. Bien que de nombreux théâtres aient dû fermer faute de subventions dans le premier, l'Italie, par tradition culturelle, et l'Allemagne, sont les plus actifs en termes de production artistique. Certains opéras d'Europe de l'Est comme celui de Prague proposent des spectacles innovants. L'Europe compte plus de trois-cents maisons d'opéra, accueillant chœurs, orchestres et ballets et employant au total près de personnes, dont 8 en Grande-Bretagne, 20 en Espagne, 25 en France, 30 en Russie, 40 en Italie, 82 en Allemagne. Vingt-cinq mille représentations attirant de dix à quinze millions de spectateurs par an sont données en moyenne chaque année dans une quarantaine de pays.
Or, ces institutions voient leurs budgets de plus en plus réduits, entraînant des licenciements quand ce ne sont pas des dépôt de bilan. Des orchestres permanents ont disparu en Bulgarie, au Danemark, en Allemagne, en Grèce, aux Pays-Bas, en Espagne. Les institutions prestigieuses ne sont pas épargnées : le Concertgebouw d'Amsterdam est fragilisé par les restrictions budgétaires tandis que la Südwestrundfunk a fusionné ses deux formations, l'Orchestre symphonique de la radio de Stuttgart et l'Orchestre symphonique de la SWR de Baden-Baden et Fribourg-en-Brisgau« La fusion des orchestres de Baden-Baden et de Stuttgart est officialisée », France Musique, 22 juillet 2014 (lire en ligne) La fusion des deux formations de Radio France, l'Orchestre philharmonique de Radio France et l'Orchestre national de France serait à nouveau en projet en 2017 : « Le milieu de la musique classique réagit après les réformes chocs du ministère de la Culture », Victor Tribot Laspière, France Musique, 20 novembre 2017 (lire en ligne).
Déjà en 2011 Riccardo Muti protestait contre les coupes sombres dans le budget de la culture lors de la représentation du Nabucco de Giuseppe Verdi à l'Opéra de Rome donnée pour le anniversaire de l'unité italienne« Riccardo Muti Bis del Va' Pensiero di Verdi, Roma 2011 », Riccardo Muti Music, 7 septembre 2012 (voir et écouter en ligne). La mobilisation suscitée par la Semaine internationale des orchestres organisée par la Fédération internationale des musiciens en permet aux 182 instrumentistes et choristes de l'Opéra de Rome, licenciés en octobre, d'être réintégrés, au prix d'une réduction d'un million et demi d'euros de la masse salariale« Fin du conflit à l'Opéra de Rome », Fédération internationale des musiciens, décembre 2014 (lire en ligne). D'autres institutions italiennes sont au bord de la faillite. La Scala s'en sort grâce à ses nombreux mécènes et aux touristes qu'elle draine en élargissant sa saison à la durée de l'Exposition universelle de 2015 qui se tient à Milan du au . En Belgique, la Monnaie de Bruxelles, a dû réduire ses coûts de personnel de 4 % et ses dépenses d'exploitation de 20 %. Les cent-vingt levers de rideau annuels et la mutualisation des moyens qu'il pratique avec l'Opéra-Comique en échangeant décors et costumes a permis à l'Opéra royal de Wallonie de s'en sortir lorsqu'il a perdu une grande partie des subventions publiques. Des chefs comme Ludovic Morlot, Franz Welser-Möst à l'Opéra d'État de Vienne ou Ricardo Muti ont annoncé leur départ, évoquant un désaccord artistique lorsqu'ils étaient contraints de renoncer à des cachets exorbitants qui ne sont plus de mise.
En période de crise, le mécénat est également aléatoire et fluctuant. Ainsi, Bernard Foccroulle s'est-il vu subitement abandonné par le principal sponsor du Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence, Vivendi, plus soucieux de sauvegarder la compétitivité du groupe industriel et de favoriser les artistes d'Universal. Le Festival de Glyndebourne ne perçoit aucune aide publique et privilégie un mélange de membership et de mécénat qui génère le tiers de son budget. D'autres solutions sont trouvées avec la réduction des coûts de production par des formes de représentations plus légères comme les opéras en version de concert programmés notamment par les théâtres des Bouffes-du-Nord, de l'Athénée ou l'Opéra-Comique. En Allemagne et en Europe de l'Est le financement public est majoritaire à 75 et 80 %. Dans les autres pays le privé domine et un nouveau mode de financement se fait jour, assuré à 30 % par le public, 30 % par des soutiens privés, 30 % par la billetterie, 10 % par d'autres recettes commerciales.
Des initiatives pour trouver des ressources nouvelles voient le jour en permanence mais les pays européens n'ont pas tous la même appréhension du mécénat. Dans les pays scandinaves ou existe encore un préjugé qui veut que la culture soit destinée à une élite et non un besoin commun, la notion de philanthropie est cependant en développement. La France quant à elle s'initie petit à petit au modèle anglo-saxon du mécénat le plus performant. À titre d'encouragement, les membres donateurs de Fedora se voient offrir un service de billetterie exclusive, des accès privilégiés, des voyages vers les pays aux maisons d'opéra prestigieuses.
Organisation Fedora collabore étroitement avec qui regroupe cent-soixante-dix maisons d'opéra et festivals dans quarante-trois pays. L'organisation constitue un réseau européen de soixante-douze opéras, compagnies de danse, festivals et associations d'amis de l'art lyrique et du ballet comme l'Association pour le rayonnement de l'Opéra national de Paris ainsi que des mécènes privés, particuliers et entreprises, dans dix-neuf pays, qui mettent leurs ressources en commun.
À la tête de Fedora, Jérôme-François Zieseniss, président depuis une douzaine d'années du Comité français pour la sauvegarde de Venise, est rompu à l'exercice de la levée de fonds privés pour pallier la régression des subventions publiques. Il est aussi administrateur pour la France et membre du conseil européen du Fonds mondial pour les monuments et membre du Comité d'honneur du Souvenir napoléonien. Jean-Yves Kaced, directeur du développement et du mécénat de l'Opéra de Paris et de l'Association pour le rayonnement de l'Opéra national de Paris est également secrétaire général de Fedora dont la vice-présidence est assurée par la duchesse Clotilde Corsini et la direction par Edilia Gänz« Le Prix Fedora », Agnès Izrine, Danser canal historique, 22 janvier 2015 (lire en ligne). L'administration de Fedora est confiée à l'un de ses deux membres fondateurs, Gianmarco Monsellato.
L'association fonctionne avec un budget de euros grâce à la générosité de ses membres, particuliers ou entreprises comme Anaxago, Carlara International, Compagnie des Alpes, , Mangopay et grâce aux services proposés aux adhérents comme la billetterie VIP, les voyages culturels et les événements spéciaux.
Le réseau de Fedora compte notamment le Festival international d'art lyrique d'Aix-en-Provence, l'Opéra national de Paris, le théâtre des Champs-Élysées, des maisons d'opéra de province, le Royal Opera House, de Londres, le Festival de Glyndebourne, le Théâtre royal de Madrid, le Nederlands Dans Theater, la fondation Béjart Ballet Lausanne, la Monnaie de Bruxelles, le de Taïwan.
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