La voiture électrique s'est développée en France surtout à partir de 2011, bien que la France ait été pionnière dans la création des premières voitures électriques au . Après un premier âge d'or au début du , elle a cédé la place aux voitures thermiques, devenues moins chères et jouissant d'une plus grande autonomie.
Les immatriculations de voitures particulières électriques sont passées de 180 en 2010 à en 2025 (20 % du marché) ; celles d'utilitaires électriques sont passées de 796 en 2010 à en 2025 (9 % du marché). Au , la France compte en circulation soit 3 % du parc. La part de la France dans le marché de la voiture 100 % électrique de l'Union européenne atteignait 17,4 % en 2025, au derrière l'Allemagne (29 %).
La France disposait fin 2025 de points de recharge accessibles au public, dont 19 % délivraient une puissance d'au moins 50 kW.
En 2016, France Stratégie estime qu'un parc automobile français composé uniquement de véhicules électriques consommerait près de par an, soit 20 % de la consommation d'électricité française ou environ la quantité d'électricité exportée par la France en 2015. Le principal problème est le risque de concomitance des recharges : de véhicules électriques se rechargeant en même temps à , même lentement à , appelleraient une puissance supplémentaire de , soit presque le double de la demande de pointe actuelle. France stratégie en conclut qu'une gestion intelligente, visant à répartir la recharge sur , doit être prévue dès le départ avec des incitations tarifaires.
L'État accordait, dès 2015, aux voitures électriques, un bonus écologique fiscal pouvant aller jusqu'à ; la loi relative à la transition énergétique pour la croissance verte institue de surcroît une prime à la conversion pour l'échange d'un véhicule Diesel contre un modèle électrique de , ramenée en 2018 à . Le ministre de l'Écologie d'alors, Nicolas Hulot, a annoncé le l'objectif d'interdire la vente de voitures essence ou Diesel d'ici à 2040 et la Commission européenne a annoncé l'interdiction de vente de voitures thermiques pour 2035.
vignette|La Peugeot e-208, voiture électrique la plus vendue en France en 2022.. vignette|La Renault Zoe, voiture électrique la plus vendue en France de 2013 à 2020..
Histoire
Les premiers prototypes de voitures électriques utilisaient des batteries qui ne se rechargeaient pas. Le français Gaston Planté invente en 1859 la batterie rechargeable au plomb acide. Le premier modèle probant de voiture électrique est mis au point en 1881 par trois Français : Camille Faure, électro-chimiste qui travaille à l'amélioration des batteries au plomb de Planté, Charles Jeantaud, constructeur automobile, et Nicolas Raffard, ingénieur en mécanique. Gustave Trouvé, ingénieur concepteur d'engins électriques, présente à l'académie des sciences son moteur électrique, qu'il adapte d'abord à une barque, puis à un tricycle. Ce véhicule est présenté à l'Exposition internationale d'Électricité de Paris en comme la première voiture électrique de l'histoire..
Charles Jeantaud produit de 1893 à 1906 une voiture électrique qui porte son nom et bat les records de vitesse : . C'est l'âge d'or du véhicule électrique : près du tiers des véhicules circulant en 1900 sont propulsés par des batteries. Ces voitures électriques ont à cette époque l'avantage d'être très faciles à démarrer et n'ont pas le défaut d'émettre de fumées nauséabondes.
thumb|Deux voitures électriques des postes parisiennes, livrées le 16 octobre 1904. La Poste livre le courrier en voiture électrique dès 1901 en Mildé, fabriquée à Levallois-Perret, qui possède une autonomie de et une vitesse de pointe de pour un poids total de près de .
Mais les progrès technologiques dans le domaine des batteries sont rares, alors que les progrès du moteur à combustion interne sont continus. Le coup de grâce est donné à la voiture électrique par le lancement de la Ford T en 1908, qui marque petit à petit la démocratisation du véhicule thermique personnel. La voiture électrique cède la place dans les années 1920 : sa trop faible autonomie la rend incompatible avec les nouveaux usages et les réseaux routiers qui s'étendent. C'est également le début de l'abondance de l'essence bon marché et le défaut de compétitivité économique par rapport aux véhicules thermiques augmente : les Ford industrialisées coûtent jusqu'à deux fois moins cher.
En 1973, le premier choc pétrolier redonne sens au concept de la voiture électrique. Durant la première moitié des années 1990, les constructeurs réalisent différent prototypes d'automobiles électriques. PSA lance une série de modèles de voitures électriques (prototype en 1984, l'utilitaire Peugeot J5 en 1989, en 1995, Citroën AX en 1993 Saxo en 1997). L'autonomie reste inférieure à , le prix de vente élevé et le réseau peu enclin à vendre ce genre de véhicule, la diffusion reste faible... Renault proposera des Clio et Express, teste la Zoom en 1992, une micro-citadine, et s'initie à l'hybride série en 1995 avec le programme Next. En 1995, chaque constructeur français lance quelques flottes test de voitures écologiques auprès d'administrations ou de clients pilotes. En 1996, le prototype Vert de Renault tente de pallier la faiblesse de l'autonomie avec une hybridation série à un générateur au gaz. Renault lance en 2003 un Kangoo Elect'road, véhicule hybride dont la production sera abandonnée après vendus.
En 2007, la majorité des voitures électriques étaient possédées par des entreprises ou des collectivités territoriales : leur utilisateur était La Poste, qui avait décidé de tester de nouveaux véhicules électriques : des Cleanova II, reposant sur le Renault Kangoo.. La distribution du courrier est particulièrement exigeante pour les véhicules, qui subissent une utilisation urbaine intensive et alternent en permanence départs et arrêts ; leur consommation de carburant est ainsi couramment le double de celle d'un véhicule ordinaire.
La Poste souhaitait exploiter, d'ici 2015, un parc automobile de près de légers et utilitaires et envisageait, à terme, d'utiliser uniquement des véhicules électriques.. Le Citroën Berlingo électrique est le premier véhicule électrique utilisé par l'entreprise. à l'échelle nationale avec . mises en circulation à travers le territoire français à partir de 2010.
La loi sur l'air impose à certains acteurs (collectivités territoriales, EPIC et entreprises publiques) un taux de renouvellement de 20 % en véhicules fonctionnant à l'électricité ou au GNV ou au GPL.
En France, après le Grenelle de l'environnement, le gouvernement fait du développement des véhicules électriques et hybrides une priorité importante de sa politique de réduction des émissions de gaz à effet de serre.
Le , Jean-Louis Borloo, ministre de l'Écologie, et Christian Estrosi, ministre de l'Industrie, présentent un plan national« Tout savoir sur le plan national pour le développement des véhicules électriques et hybrides », AVEM, . pour la mise en circulation de deux millions de voitures électriques et hybrides en 2020. Dans ce plan sont présentées quatorze actions concrètes afin de favoriser le déploiement de ce nouveau moyen de transport.
Le Gouvernement français signe en une charte. avec les constructeurs automobiles PSA et Renault, ainsi que douze villes phares pour l'installation, dès 2011, d'infrastructures de recharge accessibles au public.
En 2010 et 2011, Toyota et EDF ont testé à Strasbourg une nouvelle voiture hybride dérivée de la Prius, en vue d'une future commercialisation. Cette voiture essence hybride, rechargeable sur une prise électrique domestique, permettait pour les petits trajets de rouler exclusivement à l'électricité, la propulsion essence étant réservée aux trajets plus longs« La Prius hybride rechargeable en test à Strasbourg », autoplus.fr, 27 avril 2010..
En 2016, les sociétés d'autoroute annoncent sur Lille-Paris-Lyon-Marseille ainsi que sur la liaison Bordeaux-Narbonne. Ces sont équipées par Sodetrel, Tesla, Nissan et les groupes pétroliers et doivent permettre de recharger des véhicules en une demi-heure« Lille-Marseille en électrique courant 2017 », Le Point, 9 décembre 2016..
En , Renault annonce un plan d'investissement d'un milliard d'euros dans ses usines en France pour accroître ses capacités de production de véhicules électriques : l'usine de Douai accueillera la plate-forme industrielle électrique de l'alliance Renault-Nissan-Mitsubishi, sur laquelle seront produites à partir de 2021 les voitures à batterie de Renault autres que la Zoe. Les capacités de production de la Zoe à l'usine de Flins (Yvelines) seront doublées, de par an ; l'usine de Cléon triplera sa capacité de production de moteurs électriques, passant à par an ; l'usine de Maubeuge bénéficiera d'investissements pour la production de la prochaine génération de Kangoo électriques« Renault adapte ses usines françaises à la voiture électrique », Les Échos, 14 juin 2018..
En 2019, Peugeot commence à assembler des moteurs électriques, à partir de composants achetés à des fournisseurs extérieurs, dans son usine de Trémery, réputée comme le plus grand site au monde pour la production de moteurs Diesel, tombés depuis en déclin. Cette production devrait atteindre en 2019, puis en 2020 et en 2022. Ensuite, l'usine produira entièrement les moteurs, en coentreprise avec le japonais Nidec, visant un rythme de croisière de en 2025 avec « Diesel, électrique : PSA adapte son usine de Trémery à la nouvelle donne », Les Échos, 15 juin 2019..
En , lors de la présentation de la troisième génération de sa Zoe, Renault affirme que son avance lui permet déjà de rentabiliser ses véhicules électriques, même si la marge n'est pas encore au niveau de celle de l'ensemble du groupe« Avec la nouvelle Zoe, Renault veut rester leader dans la voiture électrique », Les Échos, 9 juillet 2019..
Fin 2022, la France compte et hybrides rechargeables en circulation et ouverts au public.
Le , le constructeur chinois BYD annonce le lancement de ses ventes en France : cinq modèles 100 % électriques seront proposés. Il a signé des contrats avec cinq grands réseaux de concessionnaires en France, couvrant les régions et les plus grandes villes du pays, et prévoit d'en signer avec cinq autres groupes de distribution d'ici la fin de 2023, prévoyant 15 à de vente fin 2023 et une centaine d'ici à 2025. BYD a déjà investi en 2022 le Benelux, l'Autriche, la Suède, la Finlande et le Danemark ; en mai, il s'est lancé sur les marchés espagnols, portugais et irlandais et se lance en Italie en juin, en Allemagne en septembreLe géant chinois de la voiture électrique BYD débarque en France avec cinq modèles, Les Échos, 8 juin 2023..
Statistiques d'immatriculations
En 2025, les immatriculations de voitures électriques ont atteint , en hausse de 12,5 % dans un marché automobile en recul de 5 %. La part de l’électrique a ainsi atteint 20 %, contre 16,9 % en 2024. Les ventes de Tesla continuent à reculer : -32,8 % pour la Tesla et -47,3 % pour la . Aucun modèle chinois ne figure dans les ventesVoici le top 20 des ventes de voitures électriques en 2025 en France, automobile-propre.com, .. La répartition des voitures électriques vendues en 2025 selon le pays où elles ont été fabriquées est la suivante : Allemagne 27,9 % (+18,7 %), France 27,2 % (+74,5 %), Chine 13,3 % (-2,5 %), Espagne 8,4 % (-34,2 %), Slovaquie 7,0 % (+94,9 %), Tchéquie 5,2 % (+54,8 %)Dans quels pays ont été fabriquées les voitures électriques vendues en France en 2025 ?, automobile-propre.com, 6 janvier 2026..