vignette|droite|Un miroir en bronze carré avec des motifs de phoenix d'or et d'argent incrustés de laque. . La dynastie Tang (618–907) est une période de l'histoire de la Chine durant laquelle ont eu lieu des progrès significatifs en matière de sciences et techniques, et plus particulièrement dans les domaines de la xylographie, de la mesure du temps, du génie mécanique, de la médecine, de l'ingénierie des structures, de la cartographie et de l'alchimie.
Xylographie vignette|Le Sūtra du Diamant, exemplaire daté de 868 ap. J.-C. et conservé à la British Library. C'est le plus ancien ouvrage complet, imprimé par procédé xylographique et daté à nous être parvenu. La popularisation de la xylographie sous la dynastie Tang a mis l'écrit à la portée d'une population bien plus importante que sous les dynasties précédentes. Grâce à la production, la mise en circulation et la distribution d'écrits divers en quantité bien plus importantes qu'auparavant, la population chinoise a été pour la première fois en mesure d'acheter des copies à prix abordable d'un grand nombre de textes, ce qui a favorisé une plus grande alphabétisation. Si dans un premier temps, la xylographie ne crée pas un changement radical dans la société chinoise, à long terme, les effets accumulés de l'alphabétisation accrue permettent d'élargir le vivier de talents dans lequel le pouvoir central pioche pour recruter ses fonctionnaires. Aux lettrés issus de lignées anciennes, se rajoutent alors des hommes venant de milieux bien plus divers, qui vont intégrer le système des examens impériaux pour essayer de devenir des serviteurs de l'État. Ce mouvement lent, qui débute sous les Tang, atteint son plein essor plus tard, sous la dynastie Song.... L'importance de la xylographie sous les Tang est attestée par l'un des plus anciens documents imprimés au monde à nous être parvenu intact; une miniature bouddhiste sur laquelle se trouve un sutra dharani, qui a été trouvée lors de fouilles à Xi'an en 1974, datant de 650- 670.. Une copie du Sūtra du Diamant trouvée à Dunhuang est le plus ancien ouvrage complet et imprimé en utilisant la xylographie à avoir survécu jusqu'à nos jours. Toutes les pages composant ce sûtra ont la même taille régulière, des illustrations sont incluses dans le texte et il est daté de manière précise, ayant été imprimé en 868... Parmi les premiers documents à avoir été imprimés, on trouve des textes bouddhistes ainsi que des calendriers, ces derniers étant essentiels pour calculer et noter les jours fastes et néfastes composant une année en Chine.. Le succès commercial et la rentabilité de la xylographie sont attestés par un observateur britannique de la fin du , qui a noté que, même avant l'arrivée des méthodes d'impression occidentales, le prix des livres et des documents imprimés en Chine avait déjà atteint un prix étonnamment bas par rapport à ce qui pouvait être trouvé dans son pays d'origine. Voici son avis sur le sujet:
Bien que Bi Sheng ait par la suite inventé les caractères mobiles au , la xylographie telle qu'elle est pratiquée sous les Tang reste le mode dominant d'impression en Chine, jusqu'à ce que les méthodes d'impression européennes se répandent et se généralisent en Extrême-Orient.. Cependant, il faut préciser que ce n'est pas la typographie telle qu'elle a été inventée par Gutenberg qui permet aux méthodes d'impression occidentales de s'imposer en Chine, mais la lithographie, une technique inventée en Allemagne au début du .
Cartes à jouer
Les cartes à jouer ont probablement été inventées sous la dynastie Tang, autour du , grâce à la popularisation de la xylographie. eng: "it is also now rather well-established that dominoes and playing-cards were originally Chinese developments from dice." eng: "Numbered dice, anciently widespread, were on a related line of development which gave rise to dominoes and playing-cards (à peu près , Chine).". La première référence probable à des jeux de cartes provient d'un texte du connu sous le nom de Collection de Miscellanea à Duyang, écrit par Su E, un écrivain de la dynastie Tang. Il décrit la princesse Tongchang, la fille de l'empereur Tang Yizong, en train de jouer au "jeu des feuilles" en 868 avec les membres de la famille de son époux, Wei BaohengJoseph Needham and . (1985). Science and Civilization in China: Volume 5, Chemistry and Chemical Technology, Part 1, Paper and Printing. Cambridge University Press., réimprimé à Taipei: Caves Books, Ltd.(1986). Le premier livre connu sur le "jeu des feuilles" est le Yezi Gexi, qui est supposé avoir été écrit par une femme de la dynastie Tang. Cet ouvrage a été commenté par plusieurs auteurs au fil des dynasties ayant succédé aux Tang. Ouyang Xiu (1007 – 1072), un homme d'État et écrivain de la dynastie Song, affirme que ce jeu existe au moins depuis la période correspondant à la moitié de la dynastie Tang et il associe son invention au développement des feuilles imprimées comme support d'écriture. Cependant, Ouyang prétend également que les "Feuilles" étaient des pages d'un livre utilisé dans un jeu de plateau joué avec des dés, dont les règles sont déjà perdues à l'époque où il en parleParlett, David, "The Chinese "Leaf" Game", mars 2015..
D'autres jeux datant de la dynastie Tang et tournant autour de la consommation d'alcool impliquent l'utilisation d'une sorte de jeu de cartes. Toutefois, ce ne sont pas des cartes à jouer au sens moderne du terme, avec des chiffres et des figures, mais des cartes sur lesquelles sont imprimées des instructions à suivre par les joueurs.
La première mention d'un jeu de cartes "moderne" dans les archives chinoises date du 17 juillet 1294 quand "Yan Sengzhu et Zheng Pig-Dog ont été pris en train de jouer aux cartes [Zhi Pai] et que les blocs de bois pour les imprimer ont été confisqués, ainsi que neuf desdites cartes."
William Henry Wilkinson suggère que les premières cartes peuvent avoir été une sorte de papier-monnaie doublé d'un jeu, les chiffres imprimés représentant les sommes mises en jeu, pour un usage similaire à celui des cartes à échanger. L'utilisation du papier-monnaie est gênante et risquée dans le cadre de ces jeux, de sorte qu'il est remplacé par cet argent dédié au jeu, connu sous le nom d'"Argent de cartes ". Un des jeux de carte chinois les plus anciens et dont nous connaissons les règles est le Madiao, un jeu de levées qui date de la dynastie Ming (1368-1644). Lu Rong, un savant du , explique qu'il est joué en utilisant 38 cartes, divisées en quatre groupes: 9 pièces de monnaie, 9 liasses de piècesCes dernières ont pu être confondues avec des bâtonnets pour dessiner, 9 myriadesDe pièces ou de liasses et 11 dizaines de myriadesUne myriade vaut . Ce sont des personnages du roman Au bord de l'eau qui sont imprimés sur les deux dernières cartes, et non des numéros. Les rangs et valeurs de ces personnages sont imprimés en caractères chinois, juste à côté de l'image les représentant. Pour gagner à ce jeu, il faut avoir des cartes de la plus faible valeur faciale possible, la carte d'une pièce étant la plus puissanteMoney-suited playing cards at The Mahjong Tile Set.
Horlogerie et mesure du temps Si la dynastie Tang est une période d'avancées technologique, les savants de l'époque savent aussi s'inspirer de leurs prédécesseurs. C'est ainsi que Yi Xing (683-727), qui est à la fois ingénieur, moine et astronome, s'inspire des travaux de Zhang Heng (78-139) et Ma Jun (200-265) quand il met au point la première horloge à échappement chinoise en 725.. Pour créer son horloge, il combine une clepsydre et une roue à aubes, pour alimenter une sphère armillaire rotative utilisée dans le cadre d'observation astronomique.. Le dispositif de Yi Xing inclut également une cloche équipée d'une minuterie mécanique, qui frappe automatiquement ladite cloche chaque année, et un tambour qui, lui, est frappé automatiquement tous les quarts d'heure. Heng a donc créé une des premières horloges « sonnantes ».. L'horloge astronomique de Yi Xing et sa sphère armillaire à eau deviennent célèbres dans tout le pays, puisque les étudiants tentant de passer les examens impériaux en 730 doivent écrire un essai sur l'appareil dans le cadre des épreuves..
Cependant, le type le plus commun d'appareil de mesure du temps reste la clepsydre, et ce aussi bien pour les sujets de l'empereur que pour l'empereur lui-même. Sa conception est améliorée durant les années 610 par Geng Xun et Yuwen Kai, deux ingénieurs de la dynastie Sui. Ils ont rajouté un système de balancier, ressemblant fortement à une balance romaine, qui permet d'assurer l'ajustement saisonnier de la tête de pression du réservoir compensateur et ainsi contrôler le débit d'écoulement pour les différentes durées de jour et de nuit au fil des saisons..
Mécanismes et automates vignette|gauche|Automates en bois représentant des gardiens de tombes. Sous les Tang, les automates en bois servent, entre autres, de porte-gobelets, verseurs de vin et danseurs...
De nombreux automates et autres mécanismes complexes sont inventés sous la dynastie Tang. Parmi ces inventions, on trouve un automate conçu pour servir du vin, haut de , fabriqué au début du , qui a la forme d'une montagne artificielle en fer et qui repose sur un cadre en bois laqué en forme de tortue.. Ce dispositif complexe utilise une pompe hydraulique, qui permet au vin de sortir de robinets en métal en forme de tête de dragon, ainsi que dans des bols inclinables. Ces derniers sont conçus pour renverser le vin dans un lac artificiel lorsqu'ils sont remplis, avant de reprendre leur position initiale, juste en utilisant la gravité. Enfin, dans ledit lac se trouvent des fausses feuilles en fer qui surgissent du vin pour être utilisées comme des plateaux sur lesquels sont disposés des mets à déguster durant les fêtes. Voici comment l'historien Charles Benn décrit les autres raffinements de cet automate:
Bien que l'utilisation dans ce dispositif d'un petit automate destiné à taquiner les invités soit ingénieuse, ce n'est pas vraiment une nouveauté en soi. En effet, cet automate mécanique servant du vin s'inscrit dans une longue tradition chinoise, qui remonte à la dynastie Qin (221-207 av. J.-C).. Pendant la période des trois royaumes, l'ingénieur Ma Jun avait conçu un théâtre mécanique entier, avec des marionnettes actionnées par la rotation d'une roue à eau. Les automates perfectionnés de la dynastie Tang sont donc les héritiers de plusieurs siècles de savoir-faire.
Parmi les très nombreux automates fabriqués sous les Tang, on trouve la statue en bois du général Yang Wulian, qui représente un moine tendant les mains pour recueillir une obole. Lorsque la quantité de pièces atteint un certain poids, le mécanisme du moine se déclenche et la statue déplace ses bras pour déposer les pièces dans une sacoche.. Autre exemple, la loutre en bois de Wang Ju, qui, selon les chroniques de l'époque, aurait été capable d'attraper du poisson. Needham pense qu'une sorte de mécanisme à ressort a été utilisé pour animer cette loutre.
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