Iași (prononcé ) (traditionnellement écrit en français, anglais et allemand Jassy ou Iassy, translittéré du russe À la suite des traités de Koutchouk-Kaïnardji, d'Iași et de Bucarest, voir La Paix de Jassy (Ясский мир) dans le « Dictionnaire encyclopédique » russe Brockhaus & Ephron de 1890-1907 (Энциклопедический словарь Брокгауза и Ефрона) en 86 tomes et Neagu Djuvara, Les pays roumains entre Orient et Occident : les Principautés danubiennes au début du , Publications orientalistes de France, 1989., en hongrois Jászvásár, en italien Jassi, en arménien Yash, en turc Yaş, en yiddish יאס Yas) est une ville en Moldavie roumaine, chef-lieu du județ de Iași et troisième ville du pays après la capitale Bucarest.. Iași fut la capitale de la Moldavie entre 1564 et 1859, puis une des deux capitales des Principautés unies de Moldavie et de Valachie entre 1859 et 1862, et enfin capitale de la Roumanie en 1916-1918.
En 2021, la ville compte , soit la troisième ville de Roumanie. La métropole de Iași regroupe et rassemblerait plus de .
Iași est le centre culturel, économique et universitaire de la région roumaine de Moldavie. Plus de fréquentent les universités de la ville, où fut fondée l'université Alexandru Ioan Cuza, une des plus prestigieuses du pays.
En 1882, Gustave Eiffel y a construit le Dominique Missika, L'Affaire Bernard Natan, Paris, Denoël, 2023, 13 ..
Géographie La ville se trouve sur le Bahlui, un affluent de la Jijia, qui se déverse dans le Prut. Elle s'étend sur sept collines, avec une altitude qui varie entre dans le bassin du Bahlui et des collines Păun et Repedea. Les principales collines sont Copou, Tătărași et Galata.
Villes voisines Pașcani ( O) Vaslui ( S) Galați ( S) Botoșani ( NO) Suceava ( NO) Piatra Neamț ( O) Focșani ( S)
Histoire thumb|Palais culturel. thumb|Monastère.
Débuts dans l'Antiquité Les recherches archéologiques ont conduit à la découverte d'amphores romaines rue Ciurchi, dans les vignes de la colline du Copou ainsi qu'à Holboca, à quelques kilomètres de Iași.. De même, des monnaies romaines ont été trouvées près de la colline de Cetățuia. À Valea Lupului (près de l'usine d'antibiotiques) on a découvert des tombes sarmates, des vases daces et des objets ornementaux. Enfin, on identifie 19 hameaux de l'antiquité tardive dans la région de Iași, où on a retrouvé des artefacts peut-être carpiens datant du Gheorghe Bichir, Cultura Carpicǎ, éd. Academiei RSR, Bucarest 1973.
Moyen Âge On a découvert également des habitations de forme rectangulaire (), avec des fours en forme de U et de nombreux outils, des vêtements et des ornements attribués à la culture balkano-danubienne de Dridu. Un objet en céramique avec des composants techniques du , et typique de l'artisanat de Moldavie du Nord, a également été retrouvé.
Gheorghe Ghibănescu a montré qu'en 1238, l'établissement des Tatars dans la steppe pontique provoque l'exode de , appelés Iasses (en roumain Iași) vers la région dont la ville de Iași (Asci, civitas Iassiorum) est le centre.La ville figure dans les chartes hongroises et polonaises du sous le nom de Asci, civitas Iassiorum : voir N. P. Comnène, Romania through the ages/La terre roumaine à travers les âges (en anglais et français), Payot, Paris-Lausanne 1919. Entre 1299 et 1302, la majorité de ces Alains quitte la Moldavie pour s'engager comme mercenaires de l'Empire byzantin.
Le village de Iași était donc au un petit bourg rectangulaire fortifié, capitale provisoire des Iasses qui l'appelèrent « Aski ». Le nom de Iași apparaît pour la première fois dans sa forme roumaine, dans un privilège commercial émis en 1408 par le prince de Moldavie (Alexandru cel Bun), mais d'autres historiens considèrent qu'en 1395 une localité existait déjà, puisque cette date est inscrite dans l'église arménienne du vieux centre.
Une légende populaire place la fondation de Iași dans « des temps immémoriaux », lorsqu'un voïvode cria à un berger nommé Dediu de sortir de sa bergerie pour lui parler. Il lui dit : (« Sors, que nous puissions parler un peu ! » : ieși - sors - se prononce en roumain presque comme le nom de la ville, Iași). Cette légende est un jeu de mots fantaisiste, mais elle rappelle les occupations principalement pastorales des « Valaques » avant la fondation des principautés roumaines.
Depuis 1500 Beaucoup d'événements importants pour les Roumains ont eu lieu à Iași, capitale de la Moldavie, durant trois siècles (1566-1862). Le premier acte d'union des principautés est signé par Michel Ier le Brave en 1600. Ici se trouvait la résidence permanente ou temporaire des voïvodes , , et Basile le Loup ; ce dernier créant l'Académie Vasiliană et introduisait l'imprimerie. Un traité entre l'Empire russe et l'Empire ottoman a été signé à Iași en 1792..
La ville a été pillée et incendiée par les Tatars et les Cosaques, mais elle a pu renaître chaque fois. Elle a été un des théâtres des révolutions de 1821, 1848 et 1989. Ses communautés arménienne, grecque et juive sont parmi les plus anciennes de Roumanie.
En 1869, la ville est reliée à la Galicie et à la Bucovine austro-hongroises par le Chemin de fer Lemberg-Czernowitz-Jassy.
Pendant la Première Guerre mondiale Iași fut la capitale provisoire de la Roumanie, en grande partie occupée par les Allemands, et la base arrière de la mission française Berthelot, traduit d'un article publié en roumain le 3 octobre dans Historia.
Comme toute la Roumanie, Iași a souffert des régimes dictatoriaux carliste, fasciste et communiste de à , mais connaît à nouveau la démocratie et renaît économiquement et culturellement depuis la révolution de 1989 et depuis son entrée dans l’Union européenne en 2007.
Pendant la Seconde Guerre mondiale, la Roumanie est alliée de l'Allemagne du Troisième Reich, jusqu'en . Quelques jours après l'attaque nazie contre l'URSS le pogrom de Iași ensanglante la ville le . On compta tués, soit sur place, soit durant leur déportation. Le pharmacien Beceanu et Viorica Agarici (présidente de la Croix-Rouge locale), des « justes », parvinrent difficilement à en sauver quelques-uns. Mais le régime fasciste antonescien considérait indistinctement les Juifs comme des suppôts du bolchévisme : prétextant un incident impliquant des déserteurs qui avaient tiré sur une patrouille, ce régime ordonna à la police de Iași, aidée par la police bessarabienne (il s'agit des policiers et gendarmes du territoire occupé par l'URSS, qui avaient échappé à la déportation au Goulag et s'étaient regroupés à Iași), à la gendarmerie et aux agents du SSI (Service Spécial d'Information) la déportation de tous les Juifs iassiotes et l'exécution sur place de ceux qui résisteraient ou protesteraient. Sachant qu'elle n'aura pas de comptes à rendre, la pègre de la ville en profita pour piller et violenter les victimes. De à , la ville fut violemment bombardée par les soviétiques (puis occupée par eux de 1944 à 1958) : ce fut cette fois en 1944 une partie de la population iassiote qui subit des pillages et exactions, comme la population moldave de Bessarabie avant elle.
Extension de la ville La vieille ville est comprise dans un quadrilatère limité par les rues actuelles Ștefan cel Mare, Alexandru Lăpușneanu, la rue de l'Indépendance, Elena Doamna et Grigore Ghica, le noyau de la ville se trouve dans la zone du Palais de la Culture (ancienne cour des hospodars) et rue Costache Negri.
La ville nouvelle s'est étendue dans toutes les directions, en englobant dans une première phase (aux ) les quartiers Copou, Sărăria, Țicău, Tătărași, Ciurchi, Galata et partiellement Nicolina et Păcurari ; dans une deuxième phase (au ) ont été inclus les quartiers Păcurari (nouvelle partie, à l'ouest), Nicolina (nouvelle partie, au sud, appelé aujourd'hui CUG), Frumoasa-PoitiersDu boulevard Poitiers, ainsi nommé depuis le jumelage des deux villes., Socola, Bucium, Canta, Mircea cel Bătrân, Alexandru cel Bun, Dacia et Grădinari, plus la Zone industrielle.
Démographie
Ethnies Ethnie19302002.2011Roumains61,40 %98,50 %88,94 %Juifs33,69 %4210,13 %2150,02 %Allemands9800,95 %1660,05 %800,03 %Russes9180,89 %4330,13 %1970,07 %Polonais5050,49 %220,00 %170,01 %Hongrois5430,53 %2600,08 %1010,03 %Roms3400,33 %0,59 %0,47 %Grecs730,07 %4330,13 %1780,06 %Non déclarée1950,19 %210,00 %9,83 %Autres1,46 %0,35 %0,55 %Total100,00 %100,00 %100,00 %
Religions En 2011, la population de la ville est à 84,42 % orthodoxe et à 2,98 % catholique, alors que pour 10,09 % de la population, l'appartenance religieuse n'est pas connue..
Langues Langue19301948http://sas.unibuc.ro/uploads_ro/1147/51/AG48a.RECENSAMANT48.pdf20022011.Roumain73,77 %85,04 %99,18 %89,46 %Yiddish21,74 %14,11 %960,02 %630,02 %Russe1,27 %3200,09 %1400,05 %Allemand9790,95 %1080,11 %950,02 %650,02 %Hongrois4960,48 %2310,25 %2390,07 %960,03 %Polonais3540,34 %150,00 %90,00 %Romani2660,26 %6610,20 %6230,21 %Grec390,04 %3550,11 %1500,05 %Non déclarée1820,18 %80,00 %9,80 %Autres9990,96 %4670,50 %8150,25 %0,36 %Total100,00 %100,00 %100,00 %100,00 %
Politique et administration
+ Élections municipales de 2016.PartiSièges Parti social-démocrate (PSD)14 Parti national libéral (PNL)8 Parti Mouvement populaire (PMP)2 Alliance des libéraux et démocrates (ALDE)2 Indépendant1
Transports
Comme d'autres villes roumaines, Iași a été noyée par la prolifération des automobiles depuis l'essor économique qui a suivi le rétablissement de la démocratie. La circulation y est très difficile. Côté transports urbains, 10 autobus Renault R.312 venus de France ont été cédés par la RATP au modeste réseau de Iași en octobre et . 10 Saviem Sc10 ont également été cédés au réseau de Iași par la RATP. Sur les 10 Saviem Sc10 vendus par la RATP, 8 seront réformés.
La ville compte un réseau de tramways : huit lignes qui s'étendent sur .
Iași est également desservie par un aéroport international elle compte aussi l'une des plus anciennes gares du pays.
Éducation et culture La première institution d'enseignement supérieur du territoire roumain est l'Académie Vasiliană (1640) créée par le prince Basile le Loup comme école supérieure pour l'enseignement du latin et des langues slaves qui est suivie par l'académie princière de Iași en 1707. Le premier établissement enseignement supérieur en langue roumaine est créé à l'automne 1813 par l'ingénieur Gheorghe Asachi qui met en place une classe d'ingénieurs dans les locaux de l'académie grecque Princely.
En 1835, le prince Mihail Sturdza fonde l'Academia Mihăileană. En 1860, par décret d'Alexandre Jean Cuza, trois facultés de l'académie de l'Academia Mihăileană forment le noyau de l'université de Iași, la première université de Roumanie. Elle compte aujourd'hui quinze facultés et plus de . Le bâtiment principal, monument d'architecture, est construit en 1896. Des écoles spécialisées pour les arts sont aussi établies dans les années 1860.
En 1937, les deux facultés de sciences de l'université de Iași deviennent des départements de l'université technique Gheorghe-Asachi, nouvellement créée. L'université technique est renommée en École polytechnique en 1948. Elle étend ensuite ses domaines d'activité en ingénierie et redevient l'université technique en 1993.
On peut trouver aussi en ville des instituts d'enseignement supérieur : l'université agronomique, l'université technique, l'université de médecine et de pharmacie et l'université des arts Georges-Enesco. Place Eminesco, durant l'entre-deux-guerres, on construit le bâtiment de la Fondation culturelle royale, qui héberge aujourd'hui la Bibliothèque centrale universitaire Mihai-Eminescu, avec un fonds documentaire d'à peu près un million de livres, dont certains sont très rares. Les principaux campus étudiants sont ceux de Tudor-Vladimirescu, Titu-Maiorescu, Târgușor-Copou, Codrescu (dont le complexe international) et celui d'Agronomie.