La liste des conjointes des souverains d'Iméréthie comprend les noms de toutes les souveraines connues qui règnent, avec leurs époux, sur l'Iméréthie, une province géorgienne historique, entre 1259 à 1810. Elle comprend aussi les épouses des héritiers du trône après l'annexion du royaume d'Iméréthie par l'Empire russe, jusqu'à la renonciation à la prétention au trône de la famille en 2007.
Tandis que les premières souveraines d'Iméréthie portent le titre de « reine de Géorgie » pour démontrer les prétentions de leurs maris sur le royaume unifié de Géorgie, ce titre évolue en fonction de la situation politique de la région. Jusqu'au , les souveraines prennent le titre de « duchesse de Choropan », « duchesse d'Iméréthie », puis « reine d'Iméréthie » (en géorgien : ). À la suite de l'annexion du royaume par la Russie, les épouses sont réduites au rang de « princesse Imeretinskaïa » (en russe : ).
Ces souveraines sont, à plusieurs reprises, largement impliquées dans les affaires internes du royaume et, au , causent de nombreuses guerres civiles pour consolider leur pouvoir. À d'autres moments, elles jouent un important rôle dans les affaires religieuses du pays.
Contexte historique thumb|left|La reine Nestan-Daredjan au centre, qui règne à trois reprises au et dont les ambitions mènent à une guerre civile. L'Iméréthie est, avec le Karthli et la Kakhétie, l'un des trois royaumes historiques géorgiens ayant perduré du . Représentant la Géorgie occidentale, le royaume s'étend de l'Abkhazie et des montagnes de Circassie au nord jusqu'au Samtskhe et la ville turque de Trébizonde au sud, et de la mer Noire à l'ouest jusqu'au royaume de Karthli à l'est. Toutefois, à travers les siècles, les souverains du royaume perdent le contrôle de nombreuses régions et, lors des guerres civiles du , ils ne comptent que la ville de Koutaïssi et ses environs parmi leurs territoires.
Fondé durant la seconde moitié du par le roi David VI de Géorgie, qui tente de créer un royaume géorgien hors de la sphère d'influence des Mongols, le royaume de Géorgie occidentale entre rapidement en guerre avec son homologue oriental, qui annexe l'Iméréthie à deux reprises et transforme le royaume en duché vassal.. En 1490, l'indépendance de l'Iméréthie est officialisée à la suite d'un accord entre les souverains de Karthli, de Kakhétie et d'Iméréthie.. À travers ces premiers siècles de l'histoire de l'Iméréthie, les conjointes des souverains restent relativement inconnues et l'instabilité du royaume les empêche d'exercer l'influence traditionnellement accordée aux conjoints des souverains géorgiens. Une exception notable existe cependant au avec la princesse Goulkhan Bagration, qui hérite du duché vassal à la mort de son père, Démétrius , et épouse un prince géorgien, Démétrius II, pour fonder une dynastie régionale.
Comme la plupart des autres régions du monde orthodoxe, l'Iméréthie n'applique pas la loi salique et les femmes peuvent hériter du trône.. Toutefois, en raison du manque de progéniture femelle chez les rois imères, la seule femme qui hérite des droits de succession est Nino Imeretinskaïa, qui prétend au trône de 1978 à 2007, avant l'abolition des prétentions royales de sa famille.
Tandis que le royaume d'Iméréthie se stabilise, les conjointes royales jouent un rôle plus important dans les affaires religieuses du pays. À la fin du , Tamar, femme du roi Alexandre II, est citée pour ses œuvres de charité au monastère de Ghélati. À partir du règne de Tamar, la datation des règnes des souverains imères commence à dépendre de leur mariage. Ainsi, l'historien français Marie-Félicité Brosset raconte, lors d'un rapport historique auprès du gouverneur russe du Caucase :
thumb|La reine vit au palais royal d'Okros Tchardakhi, à Koutaïssi À partir du , les conjointes royales viennent souvent de familles princières et sont utilisées en gage de rapprochement diplomatique entre les nobles vassaux et le gouvernement central de Koutaïssi. Ainsi, les reines Hélène (reine en 1661), Nina (1681, 1683-1689), Tamar (1716-1720) et une princesse anonyme (1700-1701) viennent de la dynastie des Gourieli, qui règne sur la principauté de Gourie, sur les côtes de la mer Noire, tandis que Marekh (reine en 1586), Hélène-Khouarazmi (1720), Mariam (reine en 1721), Mariam (1752-1766 et 1768-1780) et Mariam (1792-1810) sont des princesses Dadiani, héritières de la puissante famille dirigeant la Mingrélie.
Au , les reines d'Iméréthie sont souvent utilisées comme courtières des royaumes voisins de Karthli, dont les rois tentent à plusieurs reprises de reformer la Géorgie via une unification des trois branches régnantes des Bagrations. Toutefois, cette stratégie est l'une des premières causes des guerres de succession à Koutaïssi (1660-1668), durant lesquelles neuf souverains se succèdent sur le trône. En effet, à la suite de la mort d'Alexandre III, qui décède en 1660 sans enfant, il laisse son royaume au jeune Bagrat V, qui est rapidement déposé lors d'un coup d'État organisé par sa belle-mère, Nestan-Daredjan. Les historiens modernes s'accordent sur le fait que cette dernière, qui a fait aveugler Bagrat V et a pris le contrôle du royaume en faisant couronner son second époux, agit alors au nom de son père, Teimouraz , ancien roi de Kakhétie et de Karthli. De la même manière, Kethevan, petite-fille de Teimouraz , épouse le prince Artchil de Karthli et l'aide à prendre le contrôle de l'Iméréthie après la mort de Nestan-Daredjan.
En 1810, l'Empire russe annexe l'Iméréthie. Les princes héritiers sont alors assimilés à la noblesse russe par leur mariage avec des nobles de leur nouveau pays À partir de 1815, plus une seule conjointe des princes royaux ne vient de Géorgie.
Titulature thumb|left|Le monastère de Ghélati contient un grand cimetière royal, dont font partie les tombes de nombreuses reines d'Iméréthie. Durant le Moyen Âge, les épouses des souverains d'Iméréthie adoptent plusieurs titres de noblesse, en fonction de la position de leurs époux. D'après les pièces de monnaie contemporaines, la première reine, Théodora Paléologue, garde son titre grec d'Augusta (αὐγούστα), ce qui démontre son origine impériale byzantine. Jusqu'en 1330, les rois de Géorgie occidentale ne contrôlent que l'Iméréthie, mais étendent leurs prétentions sur toute la Géorgie, ce qui donne aux reines le titre suivant :
À plusieurs reprises, les conjointes royales prennent le titre de « duchesse de Choropan » (1330-1387) et « duchesse d'Iméréthie » (1401-1463) lors de l'annexion du royaume par le reste de la Géorgie. C'est à la suite de l'indépendance définitive de l'Iméréthie en 1490 que les reines adoptent leur titre final :
À la suite de l'annexion du royaume par l'Empire russe, les épouses des héritiers du trône reçoivent du Conseil de l'Empire le titre de « Tsarita Imeretinskaïa », un titre de noblesse signifiant « Reine d'Iméréthie ».. Ce titre est perdu après la Révolution russe de 1917. Jusqu'en 1974, les épouses des prétendants au trône, qui émigrent au Royaume-Uni, gardent leur titre honoraire de « Princesse Imeretinski », mais la dernière conjointe d'un prétendant au trône, Romina Lorraine, meurt en 1974.
Listes Royaume de Géorgie occidentale (1259-1330) Portrait Nom et titre(s) Conjoint(Règne) Filiation Éléments biographiques 125px Théodora PaléologueLes sources géorgiennes et byzantines ignorent le nom de cette princesse grecque qui épouse le roi David VI de Géorgie. Son nom nous est parvenu grâce à une pièce de monnaie contemporaine la décrivant comme « Theodora l'Auguste pieuse, Doukaïna Paléologue ».(morte avant 1268)Reine de Géorgie occidentale(1254 - ?) David VI NarinL'histoire maritale de David VI reste confuse. Les Chroniques géorgiennes du n'attribue qu'une seule femme, la princesse byzantine, au roi, tandis que les historiens modernes se fient à des découvertes archéologiques modernes pour confirmer l'existence d'une seconde épouse, une princesse géorgienne. L'historien Ivane Djavakhichvili parle de cette princesse géorgienne comme ayant été la première conjointe de David VI, mais les écrits contemporains parlent de cette princesse géorgienne vers la fin du règne de David VI.(1259 - 1293) Maison PaléologueTandis que les Chroniques géorgiennes de Vakhoucht Bagration disent que la reine est la fille de l'empereur byzantin Michel VIII Paléologue, il est plus probable qu'elle vient d'une famille byzantine noble associée aux Paléologues. D'après l'historien contemporain Georges Pachymère, elle serait la fille illégitime d'une princesse de la dynastie militaire des Tornikios et aurait été adoptée par l'époux de sa mère, le despote Jean Paléologue, frère de Michel VIII.N. N. Tornikaïne. Theodora est offerte en épouse au roi David VI Narin en 1254., alors que le roi règne toujours sur l'ensemble de la Géorgie. Elle est probablement la mère des fils aînés du roi, dont Constantin d'Iméréthie. Elle meurt avant 1268, la probable année où David VI se remarie.
Tamar AmanelisdzeLes Chroniques géorgiennes ne mentionnent pas le prénom de cette princesse géorgienne. Toutefois, des manuscrits contemporains mentionnent une certaine Tamar comme l'épouse de David VI.Reine de Géorgie occidentale(1268 - ?) Maison AmanelisdzeLes écrits contemporains parlent de Tamar comme venant de la famille Emenelasdze. D'après l'historien Ivane Djavakhichvili, cette famille serait la même que la dynastie des Amanelisdze, qui contrôle une large partie de l'Iméréthie au . La reine Tamar épouse David VI probablement en 1268 et donne naissance à certains des fils royaux. Entre 1268 et la mort de son mari en 1293, elle vit au monastère de Ghélati où elle prie à la mémoire de l'ancienne reine Tamar de Géorgie.. Célibat du roi Constantin (1293 - 1327)L'histoire ne mentionne pas de femme au roi Constantin , qui meurt sans enfant en 1327.
N.NReine de Géorgie occidentale(durée de mariage inconnue) Michel(1327 - 1329) Inconnue Le nom de la femme au roi Michel reste inconnu. Elle serait la mère de Bagrat . Célibat du roi Bagrat (1329 - 1330)
Duché de Choropan (1330-1387) Portrait Nom et titre(s) Conjoint(Règne) Filiation Éléments biographiques
N.N. DjakeliDuchesse de Choropan(1358 - ?) Bagrat (1330 - 1372) Maison DjakeliQvarqvaré II Djakeli (mort en 1361) La duchesse de Choropan est la fille du duc Qvarqvaré II de Meskheti. Elle épouse le duc Bagrat en 1358. et donne naissance à trois fils, tous des souverains d'Iméréthie..
Anne OrbelianiDuchesse de Choropan(durée de mariage inconnue) Alexandre (1372 - 1387) Maison OrbelianiPelgini Orbeliani La duchesse Anne est héritère de l'une des plus puissantes familles géorgiennes au Moyen Âge. Les circonstances et la date de son mariage ne sont pas connues. Elle donne naissance au prince Démétrius et à Tamar, future reine de Géorgie.
Premier Royaume d'Iméréthie (1387-1401) Portrait Nom et titre(s) Conjoint(Règne) Filiation Éléments biographiques
Anne OrbelianiReine d'Iméréthie(durée de mariage inconnue) Alexandre (1387 - 1389) Maison OrbelianiPelgini Orbeliani Voir ci-dessus Célibat du roi Georges (1389 - 1392)L'histoire ne mentionne pas de femme au roi Georges , qui meurt sans enfant en 1392. Interrègne lors de l'annexation du royaume par la Géorgie(1392 - 1396) Célibat du roi Constantin II(1396 - 1401)L'histoire ne mentionne pas de femme au roi Constantin II, qui meurt sans enfant en 1401.
Duché d'Iméréthie (1401-1463) Portrait Nom et titre(s) Conjoint(Règne) Filiation Éléments biographiques
N.N.Duchesse d'Iméréthie(durée de mariage inconnue) Démétrius (1401 - 1443) Inconnue Le nom de la duchesse reste inconnu, tout comme la date de son mariage à Démétrius . Toutefois, elle donne naissance à une fille qui hérite du duché à la mort de son père.
Goulkhan Bagration(? - 1471)Duchesse d'Iméréthie(1446 - 1451) Démétrius (1446 - 1455) Maison BagrationDémétrius d'Iméréthie(? - 1443)