Les relations entre l'Allemagne et l'Espagne sont les relations bilatérales de l'Allemagne et de l'Espagne, deux États membres de l'Union européenne.

Histoire Relations entre les deux régions et émergences des peuples modernes Durant l'Antiquité, toute l'Hispanie ainsi que l'ouest et le sud de l'actuelle Allemagne étaient sous domination romaine. Durant les périodes de migrations de l'Antiquité tardive, des tribus germaniques se sont installées dans la péninsule Ibérique, notamment le royaume suève (à partir de 409) et le royaume wisigoth (à partir de la seconde moitié du ). À partir de 711, une grande partie de l'Espagne tombe sous domination musulmane. Charles Martel, alors roi des Francs (dont le royaume couvrait les actuels territoires français et allemands) arrêta l'expansion des Maures qui avançaient de l'Espagne vers le sud-ouest de la France lors de la bataille de Poitiers (732). Les royaumes chrétiens ont pu se maintenir au nord de la péninsule Ibérique. C'est à partir de 722 que commença la Reconquista, qui dura jusqu'en 1492.

Alphonse X de Castille Alphonse X de Castille, roi de León et de Castille de 1252 à 1282, a mené une croisade contre les Maures. De 1257 à 1273, il fut anti-roi de Germanie, étant lié par sa mère, Béatrice de Souabe fille de Philippe de Souabe, à la maison de Hohenstaufen. À la mort de Guillaume II en 1256, il est le rival de Richard de Cornouailles en 1257 après leur élection durant laquelle ils ont chacun reçu le même nombre de voix. Une lutte débuta alors pour obtenir la couronne impériale, cependant Alphonse ne put lever suffisamment d'argent pour le Romzug. Afin d'obtenir de l'argent, il grava des pièces et essaya de contrôler la hausse des prix par une fiscalité idiosyncratique. Le commerce de détail, les citoyens et les paysans subirent cette politique. Finalement, l'élection unanime de Rodolphe de Habsbourg comme roi du Saint-Empire romain germanique en 1273 signifia la déposition d'Alphonse.

Charles Quint : « Sur mon empire, le soleil ne se couche jamais » La Reconquista pris fin sous les rois catholiques Isabelle et Ferdinand II en 1492. La même année, Christophe Colomb découvrit l'Amérique et posa la première pierre de l'Empire espagnol. Jean d'Aragon en fut l'héritier. Il épousa Marguerite de Habsbourg, fille de l'empereur des Romains Maximilien , mais il mourut en 1497 sans héritiers. La sœur de Jean, Jeanne épousa Philippe le Beau en 1497, lui aussi fils de Maximilien et également duc de Bourgogne. Cependant, après avoir montré des signes de « folie » aux yeux de ses contemporains, Ferdinand prit le relais. Avec la mort de Ferdinand, le fils aîné du mariage de Jeanne, Charles Quint, hérita de l'Espagne. vignette|droite|Charles-Quint, empereur germanique et roi d'Espagne, à Strasbourg en 1552. Afin de sécuriser son patrimoine, Charles conclut en 1516 le traité de Noyon pour mettre un terme à une controverse entre la France et l'Espagne. En 1519, après la mort de son grand-père Maximilien, il hérite des Austro-Habsbourg. Il a été élu roi des Romains et fut couronné en 1520 avec le titre . Ce couronnement a entraîné un retour de la rivalité avec François de France et Henri VIII d'Angleterre mais également avec Frédéric III de Saxe. L'un des facteurs décisifs fut le soutien financier fourni par la famille Fugger. Le coût total de l'élection s'élevait à , dont ont été prêtés par Fugger. En Espagne la guerre des Communautés de Castille éclata contre le règne de Charles Quint, lequel était considéré comme un étranger, qui avait alors levé les impôts pour financer ses guerres. Le soulèvement fut principalement porté par la bourgeoisie des villes de Castille, dont notamment Tolède. Il trouva le soutien d'une partie du clergé et de la noblesse afin de lutter le pouvoir royal en faveur des Cortes. Dans le royaume de Valence, un mouvement révolutionnaire social, la Germania. Les insurgés, menés par Juan de Padilla, furent vaincus à Villalar en 1521 et la rébellion fut supprimée en 1522.

Guerre contre la France et les Ottomans (1521-1556)

Au niveau européen, les combats entre la France et les Habsbourg étaient d'une grande importance. Cependant, pour l'empereur, cela était dangereux car le pape et Venise penchaient de plus en plus du côté de la France. En 1525, les troupes de Charles Quint capturèrent François lors de la bataille de Pavie. Toutefois, Charles accepte les propositions d'une paix modérée. Ceci conduisit à la signature du traité de Madrid en 1526, dans lequel la France renonce à ses revendications dans le nord de l'Italie. Charles espérait que François et lui mène un combat commun contre les Ottomans et contre les Luthériens. Cependant, après la libération de François, il révoqua le traité. Il a réussi à gagner avec la Sainte Ligue de Cognac du Pape, de Venise, de Florence et même des alliés de Milan.

Division de l'empire des Habsbourg (1556-1598)

Quand Charles Quint établit son gouvernement en 1556, l'Espagne perdit les possessions autrichiennes de la maison des Habsbourg et de la couronne impériale, mais conserva les Pays-Bas, le comté libre de Bourgogne, le duché de Milan et les royaumes de Naples, de Sicile et de Sardaigne. En 1570, son fils et successeur Philippe II a épousé Anne d'Autriche, qui deviendra la mère de l'héritier du trône Philippe.

Au , l'Empire ottoman était une puissance majeure en expansion. Venise et l'Espagne envoyèrent une flotte commune dans la Méditerranée orientale. Celle-ci gagna contre les Turcs lors de la bataille de Lépante du . Bien que le Saint-Empire romain germanique ne faisait pas partie de la Sainte-Ligue, le commandant en chef de la flotte était Juan d'Autriche, un fils illégitime de l'empereur Charles V et de la bourgeoise Barbara Blomberg, de Ratisbonne.

Guerre de succession d'Espagne (1701-1714)

L'extinction des Habsbourg espagnols en 1701 déclencha la guerre de Succession d'Espagne. La Grande Alliance, composée de l'empereur Austro-Habsbourg, du Saint-Empire romain germanique, de l'Angleterre et la Grande-Bretagne et des Provinces-Unies, a combattu la France et ses alliés l'électorat de Cologne, le Duché de Mantoue et l'électorat de Bavière. Avec la mort de Joseph , la guerre prit un tournant défavorable pour les Habsbourg, mais l'évènement secoua aussi la France. La maison des Habsbourg était devenue sous Léopold et Joseph une grande puissance européenne. Finalement, la France parvint à faire respecter Philippe V en tant que roi d'Espagne. Cet évènement marque la fondation de la dynastie des Bourbons en Espagne, qui est toujours au pouvoir aujourd'hui. Presque toutes les puissances impliquées dans la guerre ont obtenu des concessions, au moins partielles, à la fin de la guerre.

En 1869, la Cortes espagnol a proclamé une nouvelle constitution qui prévoyait une forme de monarchie parlementaire. Parmi les candidats prometteurs se trouvait Léopold de Hohenzollern-Sigmaringen, descendants d'une ligne secondaire catholique de la maison de Hohenzollern-Sigmaringen. Il était persuadé que sa nomination serait acceptée au printemps 1870 par Otto von Bismarck. Léopold retira sa candidature après les menaces de la France qui craignait un encerclement. Napoléon III demande au roi de Prusse une renonciation formelle, afin d'éviter un nouveau dépôt de candidature. Otto von Bismarck, alors ministre-président du roi Guillaume de Prusse, établit un résumé d’une communication de son roi. Le ton de la dépêche (dite dépêche d’Ems) — moins courtois que la lettre royale — provoque la colère de la France et enflamme l’opinion publique. La France, outrée, déclare la guerre à la Prusse.

Par le traité germano-espagnol de 1899, l'Espagne vendit ses possessions à l'Allemagne. L'Empire allemand prit alors possession des îles Carolines, des îles Mariannes du Nord, des Palaos et d'autres territoires, qui formèrent la Nouvelle-Guinée allemande.

Première Guerre mondiale et entre-deux guerres Pendant la Première Guerre mondiale, l'Espagne resta neutre tandis que l'Allemagne et les autres puissances centrales perdent la guerre contre la Triple-Entente. Les monarques allemands abdiquent alors. La défaite allemande se ressent également dans les relations entre l'Allemagne et l'Espagne, jusqu'alors rivales dans les possessions coloniales au Maroc. Les frères Mannesmann avaient une propriété dans le Rif couvrant un huitième du territoire. Durant la guerre du Rif, les Espagnols tentèrent d'étendre leur domination à l'ensemble du territoire colonial au nord du Maroc. Les armes chimiques utilisées en ont été développées par le chimiste allemand Hugo Stoltzenberg. Les Espagnols ne prirent le contrôle de la région qu'en .

L'entre-deux-guerres marquait une période d'incertitude et d'instabilité pour la plupart des pays européens. Les idées démocratiques étaient menacées à droite par les fascistes et à gauche par les idéologies communistes. La république de Weimar, durement touchée par le traité de Versailles, essayait de se consolider. En Espagne, la dictature du général Miguel Primo de Rivera débuta en 1923 et dura jusqu'en 1930 puis, en 1931, la Seconde République espagnole fut proclamée. Les tensions entre le gouvernement républicain, les anarchistes catalans et l'opposition nationaliste aboutirent à la guerre civile de 1936-1939. L'Allemagne, l'Italie et l'Union soviétique mirent en place une alliance militaire.

Guerre civile espagnole (1936-1939) Allemagne nazie et guerre civile espagnole thumb|right|La ville de Guernica en ruines Sous les auspices de la Société des Nations, quelques puissances européennes formèrent le Comité international pour la non-intervention dans la guerre d'Espagne, mais seule la France et le Royaume-Uni pratiquèrent une politique de non-ingérence. L'Italie et l'Allemagne soutenaient de leur côté les putschistes, tandis que l'Union soviétique fournit des armes et des conseillers aux Républicains.

Après que Francisco Franco a demandé l'aide de Hitler, celui-ci apporta son soutien à la Phalange espagnole. Pour le régime nazi, la guerre civile était l'une des batailles dans le combat global contre le « bolchevisme » alors que la France était depuis sous un gouvernement du Front populaire. Immédiatement après le coup d'État de Franco, tous les employés des sociétés allemandes ont soit déménagé dans des zones contrôlées par Franco ou ont quitté l'Espagne. Environ ont combattu du côté de Franco et environ 300 ont été tués. L'aide financière de Berlin s'est élevé à environ 43 millions de livres en 1939, dont 62,6 % pour la légion Condor. Les putschistes n'ayant pas assez de réserves de change, il fut convenu avec Berlin d'échanger des équipements de guerre contre des concessions minières. Plus tard, Franco donna au Reich allemand six mines contre 480 millions de marks. IG Farben et Siemens ont soutenu la Légion Vidal, qui organisa un coup d’État pour les rebelles.

Le , le « Sonderstab W » est formé par Hermann Göring pour être dirigé par Helmut Wilberg et Erhard Milch. Avec la Unternehmen Feuerzauber, des troupes du Maroc espagnol ont été transportées vers le continent. Le transfert de étrangers et de 500 tonnes de matériel eut lieu du au mois d'. Les navires blindés allemands et l’Admiral Scheer ont assuré l'escorte des navires de transports dans le détroit de Gibraltar.

Allemands du côté républicain

Des miliciens allemands ont également rejoint les Espagnols contre les troupes de Franco. Cela inclut Edgar André, d'où le bataillon Edgar André, le bataillon Hans, le groupe Hoffmann et le groupe Thälmann (dirigé par Arthur Pfeiffer) et la colonne Thälmann, unité formée par Hans Beimler, l'unité Maxim Gorki, la division PSUC Carlos Marx.