Raphy Dallèves, né à Sion le où il est mort le , est un peintre valaisan de l’École de Savièse.
Biographie
Raphy Dallèves est le fils de Raphaël, Chancelier d’État, et de Marie Cropt, fille du fondateur de la première École de droit du Valais. Pendant ses études classiques au Collège de Sion, il suit des cours de dessin et de peinture que lui donne Joseph Morand, artiste-portraitiste valaisan, dont l’atelier et la demeure ne sont autres que l’actuel Manoir de la ville de Martigny. Encouragé par Morand, le jeune Dallèves poursuit ses études artistiques à Paris, entre 1899 et 1905 : Académie Julian et École des Beaux-Arts.
En 1903, il est parmi les fondateurs de la section de Savièse de la Société des peintres et des sculpteurs suisses. La même année, il participe à la création de la Société des traditions valaisannes. En 1937, il est nommé membre de la commission cantonale des monuments historiques.
Il fréquente le peintre vaudois Ernest Biéler (1863-1948), qui séjourne chaque année à Savièse depuis 1884 et qui s’y installe dès 1900. vignette|L'homme à l'ecuelle, 1910, par Raphy Dallèves L’influence de l’aîné vaudois sera grande sur le peintre sédunois, en particulier pour le recours à une technique tombée en désuétude, la détrempe ou technique a tempera, que l’un et l’autre étudient à partir des peintres appelés « primitifs », à savoir les Primitifs flamands d’une part et les primitifs italiens ou quattrocentistes d’autre part. Ces recherches sont entreprises par les deux peintres dès 1906..
1905 avait marqué le retour définitif de Dallèves dans sa ville natale. Il ne la quitte que pour se ressourcer en Italie, sur les traces des peintres florentins, particulièrement Fra Angelico et Botticelli.
L’art de Raphy Dallèves est largement reconnu sur la scène suisse : il participe à plusieurs reprises à l’Exposition Nationale des Beaux-Arts, organisée par le Département fédéral de l’Intérieur et dont la sélection est faite par un jury de professionnels, artistes et directeurs de musée. Le peintre valaisan a également été membre de la Société nationale des Beaux-Arts de Paris dont le Salon est l’événement le plus fameux. Même si l’artiste n’a jamais cherché à exposer individuellement, il a participé à d’importantes expositions collectives internationales, notamment à Munich, Berlin et Rome. Sa dernière manifestation date de 1936, où il expose dans la salle du Casino à Sion.
Raphy Dallèves passe tous ses étés aux Mayens-de-Sion, lieu de villégiature des familles sédunoises sur les hauteurs de Sion, où il séjourne dans le chalet familial avec son frère Étienne et continue de peindre ses modèles paysans jusqu'à sa mort en 1940..
Raphy Dallèves meurt à Sion le . Dans son testament, il lègue à la Ville de Sion et à l’État du Valais l’entier de son œuvre. Ce geste permettra la création du Musée cantonal des Beaux-Arts du Valais.
Spécialiste du portrait et des gestes de la vie quotidienne, Dallèves consacre son œuvre au monde paysan du Valais, en particulier aux habitants de Savièse, d’Hérémence et d’Évolène, qu’il représente en costume traditionnel. Ernest Biéler voyait en lui « une âme pure et fervente, tel un chrétien de l’Évangile »Louis Buzzini, Raphy Dallèves, Lausanne, Éd. la Concorde, 1941.. Selon Frédéric Elsig, il élabore un « langage primitiviste » et contribue, avec les autres peintres de l’École de Savièse, à façonner une image idéalisée du Valais rural et de ses traditions.
Expositions et réception Dallèves expose régulièrement de son vivant : au Salon de la Société nationale des beaux-arts à Paris, où il est admis pour la troisième fois dès 1909« Un peintre valaisan expose à Paris », Le Confédéré, 31 mars 1909, p. 2., au Salon suisse (Zurich, 1925), ainsi que lors d'expositions personnelles à Sion en 1926« Un régal artistique », Nouvelliste valaisan, 9 octobre 1926, p. 3. et 1931« Exposition Raphy Dallèves », Nouvelliste valaisan, 22 octobre 1931, , p. 3.. Quelques jours avant sa mort, il offre ses derniers tableaux à l'État du Valais et à la Ville de Sion à condition qu'ils soient réunis dans une salle portant le nom de « Musée Raphy Dallèves », legs que les autorités acceptent« Un musée Raphy Dallèves à Sion », Nouvelliste valaisan, 24 juillet 1940, p. 3..
À sa mort, l'écrivain Maurice Zermatten lui consacre un hommage, voyant en lui le « document » fidèle d'un monde paysanMaurice Zermatten, « Sur la tombe de Raphy Dallèves », Nouvelliste valaisan, 10 juillet 1940.. Rendant compte de la monographie de Louis Buzzini (1941) dans la Gazette de Lausanne, le critique Grellet reprend la formule de celui-ci selon laquelle l'œuvre constitue « le mémorial et l'armorial d'une race »Grellet, « Raphy Dallèves et son art », Gazette de Lausanne, repris dans le Nouvelliste valaisan, 11 septembre 1941, p. 3.. Dans les Annales valaisannes, le juriste et écrivain Jean Graven le qualifie de « peintre valaisan par excellence » et rapproche son trait de celui de Hokusai, des Clouet et de HolbeinJean Graven, « Louis Buzzini : Raphy Dallèves » (compte rendu), Annales valaisannes, 1941..
Après la Seconde Guerre mondiale, son œuvre tombe dans un relatif oubli jusqu'à une rétrospective au Manoir de la ville de Martigny en 1999, organisée par Bernard Wyder et réunissant environ quatre-vingts œuvresJoël Jenzer, « Le Manoir rend hommage à Raphy Dallèves », Le Nouvelliste, 9 août 1999, p. 2-3.. Il figure ensuite dans l'exposition « Welcome to Paradise. L'École de Savièse » au Musée d'art du Valais (2024-2025).
Bibliographie
René Édouard-Joseph, Dictionnaire biographique des artistes contemporains, tome 1, A-E, Art & Édition, 1930,
Notes et références
Liens externes
Catégorie:Peintre suisse du XXe siècle Catégorie:Peintre lié au canton du Valais Catégorie:Naissance à Sion Catégorie:Naissance en janvier 1878 Catégorie:Décès en juillet 1940 Catégorie:Décès à 62 ans Catégorie:Décès à Sion